<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098</id><updated>2012-01-27T01:18:00.310+01:00</updated><title type='text'>Lui &amp; Elle</title><subtitle type='html'>Lui et Elle sont deux êtres ordinaires 
qui s'essaient à l'amour ...</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>40</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-1063830306231397780</id><published>2008-10-13T00:21:00.002+02:00</published><updated>2008-10-13T00:27:23.361+02:00</updated><title type='text'>Chapitre H (Hiver) Jeudi 1er décembre 2005</title><content type='html'>Jeudi 1er décembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le départ de Stan, je suis restée allongée sur mon lit à chercher son parfum dans mes draps. Un parfum boisé avec une pointe de cacao et de poivre, quelque chose d'envoûtant et de sucré. Je pensais à lui et à son sourire. A ses mains et à ses douces caresses. A sa bouche et à ses baisers enflammés. La sonnerie du téléphone fixe m'a sortie de cette douce rêverie. Comme d'habitude, j'ai laissé mon répondeur prendre le message. J'ai entendu quelqu'un pleurer puis cette même personne essayait désespérément de laisser un message. Ses sanglots ne lui permettaient pas d'émettre un son correct. Finalement j'ai décroché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"-Allô?&lt;br /&gt; - ...&lt;br /&gt; - Qui est à l'appareil ?&lt;br /&gt; - C'est...c'est...c'est moi, Sophie. Je suis devant ton appartement.&lt;br /&gt; - Monte alors. Tu te souviens du code ? Je t'ouvre la porte d'entrée.&lt;br /&gt; - Viens me chercher s'il te plaît. Je ne suis pas en mesure de faire un pas de plus.&lt;br /&gt; - J'arrive. Ne bouge pas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai effectivement retrouvé Sophie devant la porte d'entrée. Son maquillage coulait sur son visage en larmes. Elle fixait le mur d'en face mais son regard semblait vide. Je l'ai prise par les épaules et je l'ai fait entrer à l'intérieur du hall. Elle s'est laissée emmener sans un mot comme un enfant. Ses sanglots devenaient de plus en plus forts au fur et à mesure que nous nous approchions de mon appartement. Je l'ai installée sur le canapé puis je lui ai apporté un paquet de mouchoirs. J'ai essuyé son visage grimaçant avec des lingettes de démaquillants. Pendant toute l'opération, elle n'a émis aucun son et je n'ai pas osé rompre ce silence. Je l'ai déshabillée comme un enfant. J'ai caressé ses cheveux pour l'apaiser. J'ai attendu qu'elle arrête de pleurer et qu'elle retrouve son calme. Elle a posé sa tête sur mes genoux et s'est finalement endormie avant même de me raconter ce qui lui était arrivé. Je l'ai longuement regardée dormir puis je me suis levée tout doucement. Je l'ai allongée sur le canapé et ai posé une couverture sur elle. A sa respiration régulière, rassurée, j'ai rejoint mon lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi matin, Sophie a préparé le petit-déjeuner pour nous deux. Elle était en train de s'affairer dans la cuisine quand je me suis levée. Elle chantonnait et me souriait tout en tartinant les toasts. J'ai préféré ne rien lui demander et nous avons simplement pris notre café ensemble tout en parlant de la pluie et du beau temps parisien. Je n'ai pas cherché à la questionner sur ses larmes, elle n'a pas cherché à m'expliquer. Je n'avais aucune envie de lui tirer les vers du nez et j'ai préféré rester discrète sur son arrivée étrange de la veille. Elle m'a parlé du coup de fil qu'elle avait passé à l'homme mystérieux rencontré au café près du Jardin de Luxembourg. Visiblement le courant passait plutôt bien entre eux deux et elle avait même un rendez-vous prévu pour le week end. Pour ma part,je n'osais lui avouer ma relation avec Stan de peur de sa réaction. Nous nous sommes séparées devant la station du Métro Place d'Italie après un dernier sourire complice. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la matinée au bureau, j'ai reçu un mail de Stan qui proposait un dîner dans un restaurant japonais avec Emilienne, son infirmière de Cochin. Je me suis souvenu de la douceur infinie qui se lisait dans ses yeux et cette pointe de gaieté pétillante qui la rendait attachante. J'ai eu envie de la revoir et j'ai évidemment répondu à Stan. Son mail m'a donné le sourire pour le reste de la journée, ses mots me donnaient des frissons. J'ai repris les dossiers avec le sourire. Ce sourire est resté sur mes lèvres jusqu'à ce que la porte de mon bureau s'ouvre sur Karine Levilain et mon boss. Elle venait d'obtenir un stage de quelques mois dans notre cabinet et on m'annonçait la lourde responsabilité de la chaperonner. J'étais ahurie de cette situation et je me demandais comment je pouvais m'en sortir sans faire d'éclat. La seule vision de cette étudiante dans mon propre bureau allait me donner des boutons. J'ai pris mon boss à part dans le couloir à la suite de cette annonce très surprenante. J'ai prétexté un emploi du temps trop surchargé pour la prendre sous mon aile et que par ailleurs, mon statut de professeur ne me permettait pas de la prendre en stage. Mon boss n'a fait aucune remarque et l'a emmenée dans le bureau d'à côté. Un vent de panique a failli souffler dans mon bureau ! Un SMS de Stan a heureusement illuminé le reste de la matinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Je pense à toi et à tes lèvres douces. RDV, ce soir 19h30 au Métro Quatre-Septembre pour le resto jap avec Emi. Je dépose un baiser tendre sur ta bouche.Ton Stan"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces petites phrases m'ont redonné le sourire après l'épisode de mon ex-stagiaire de quelques minutes. Je n'ai pas osé sortir de mon bureau pour ne pas la croiser dans les couloirs et pour ne pas devoir lui adresser la parole par politesse. Dès midi, je me suis précipitée du cabinet pour me diriger vers la fac. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi soir, j'ai rejoint donc au Métro Quatre-Septembre Stan tout excité et Emilienne tout aussi excitée à l'idée de nous revoir. Elle a affiché un grand sourire dès que nos yeux se sont croisés. Comme la dernière fois, elle m'a embrassée spontanément en faisant claquer ses baisers sur mes deux joues. Elle s'est jetée dans mes bras toujours avec cette affection douce et tendre. Après ces retrouvailles chaleureuses, nous nous sommes dirigés vers la rue Sainte Anne à la recherche d'un bon restaurant japonais. Ce n'était pas une tâche facile puisque cette rue regorge uniquement de restaurants japonais. Emilienne et moi avons laissé à Stan le soin de nous choisir le meilleur maître de sushi de toute la rue. Nous avons ri en nous installant devant notre table dressée à la japonaise, nous avons dû enlever nos chaussures et nous asseoir en tailleur devant la table basse. Cette position fort inconfortable nous a fait rire pendant de longues minutes et pour finir, nous avons carrément allongé nos jambes. Emilienne était émerveillée à la vue du grand plateau sur la table. Des couleurs et des saveurs venues d'ailleurs nous ont mis en appétit. Nous nous sommes jetés sur les sushi et les sashimi tout en discutant de la vie de chacun. Plus j'écoutais Emilienne, plus je ressentais de l'affection pour elle. Elle était d'une douceur et d'une fraîcheur incroyables. Elle savait mettre n'importe qui à l'aise et s'intéressait vraiment à beaucoup de choses. Elle nous a invités à venir l'écouter dans une lecture publique de ses poèmes prochainement. Quelques verres de saké sont venus clore cette soirée exquise. Nous étions tous les trois légèrement éméchés mais tellement heureux d'avoir pu passer la soirée ensemble et nous nous sommes promis d'en faire d'autres. Nous avons quitté notre amie devant la station du Métro Quatre-Septembre et nous nous sommes dirigés vers la station Opéra. Durant tout le trajet, ses yeux ne quittaient pas les miens, ses lèvres déposaient fréquemment un baiser délicat sur les miennes, sa main caressait la mienne. La séparation devant la porte de mon immeuble a été un moment difficile. Après un énième baiser langoureux, il est rentré chez son père et je suis rentrée dans mon appartement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première personne que j'ai croisée hier matin dans l'ascenseur a été l'étudiante blondasse. Elle a eu un grand sourire auquel j'ai répondu discrètement.  Elle était habillée d'un tailleur noir avec un chemisier blanc. Elle portait des chaussures à talons hauts avec une certaine prestance. Elle semblait une des nôtres dans cette tenue à la fois classe et stricte.Elle avait envie d'engager visiblement une conversation avec moi mais je ne sais pas pourquoi je ne cessais de regarder fixement devant moi, l'air préoccupé. Arrivée à l'étage de mon bureau, je me suis dépêchée de m'éclipser pour ne plus l'entendre et la voir. Il y avait quelque chose en elle que je ne pouvais supporter. Philippe m'avait dit que je la voyais comme une rivale potentielle et que je la jalousais. Pour ma part, je crois tout simplement que son attitude et son arrogance me donnaient des boutons. Elle était l'archétype même de l'étudiante à haïr. En tout cas, j'étais de fort mauvaise humeur en débutant ma journée d'hier. Fort heureusement le reste de la journée n'a pas été aussi désagréable. Je me suis lancée dans les dossiers qui ne me laissaient très peu de répit donc j'ai totalement occulté cette fameuse stagiaire de ma pensée. En fait, j'ai tout fait pour ne pas m'aventurer dans les couloirs car je n'avais aucune envie de la croiser. Du reste, j'étais très occupée entre mon travail et les mails des autres folles dingues. Loraine, Delphine, Blandine et Sophie avaient décidé qu'il était plus que temps de nous retrouver autour d'un verre et de refaire le monde à notre sauce. Après une dizaines de mails de négociation, nous avons convenu de nous retrouver le soir même aux Marronniers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir donc nous étions toutes autour d'un verre de Mojito sans aucune exception. Delphine a lâché son financier le temps d'une soirée tandis que Blandine son professeur de Maths. Sophie et Loraine en étaient à leur deuxième Mojito quand je suis arrivée la dernière aux Marronniers. Nous étions toutes heureuses de nous retrouver dans un de nos bars préférés même si nous avons eu beaucoup de mal à nous entendre car nous parlions toutes ensemble. Par ailleurs le bar était bondé et la musique d'ambiance n'était pas tellement discrète. Bien que je ne visse pas Blandine, j'ai réussi néanmoins à suivre ses quelques aventures avec son prof de maths tandis que je n'arrivais à rien entendre des péripéties italiennes de Loraine même si je voyais bien ses lèves bouger. Sophie a eu assez de toute cette cacophonie et nous a demandé de parler une par une afin que nous puissions connaître en détail la vie de chacune d'entre nous. De verre de Mojito en verre de Mojito, nous avons passé la soirée ainsi à écouter les histoires de coeur des unes et les rencontres des autres, des escapades en amoureux des unes et les voyages à la dernière minute des autres. Pour ma part, j'ai juste mentionné l'essayage de la robe de mariée de ma mère. Cette révélation à elle seule  a recueilli beaucoup de remarques donc je n'avais pas eu besoin d'ajouter mes propres histoires. Malgré la bienveillance de mes amies, je n'avais pas envie de leur faire part de mon histoire secrète avec Stan, comme si j'avais honte de la leur révéler. Perdue dans mes pensées, je n'ai pas écouté la discussion passionnelle des autres qui essayaient de choisir un restaurant. Car la faim commençait à nous ronger. Depuis le début de la soirée, nous n'avions grignoté que quelques cacahuètes et cela ne suffisait pas à nous nourrir. Nous avons fini chez Marianne, non loin de là. Une soirée comme j'aime avec ceux que j'aime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si le réveil a été difficile ce matin, ce n'était rien à côté de la journée car j'ai cru qu'elle n'allait jamais se terminer. Entre mes cours à la fac, les dossiers qui m'attendaient au bureau, les nombreux coups de fils de ma mère à propos de ma tenue pour son propre mariage, je ne savais pas où donner de la tête. Les choses se sont enchaînées sans répit pour moi. Je n'ai même pas eu le temps de prendre un sandwich ce midi. Avec les autres filles, nous nous sommes auto-félicitées de la soirée d'hier et de notre amitié toujours vaillante par mail collectif pour aller plus vite. De cette journée, je n'ai reçu qu'un seul SMS de Stan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Pardon, j'étais très occupé hier et aujourd'hui. J'espère que tu vas bien. Je t'embrasse. Stan"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce message anodin m'a laissé perplexe tout à l'heure lorsque je l'ai reçu. D'apparence, il n'y a là rien d'alarmant mais rien d'enthousiasmant non plus.  J'ai même presque senti un pincement au coeur. J'ai essayé de l'appeler sur son portable sans succès, je tombais systématiquement sur son répondeur auquel je n'ai laissé aucun message. J'ai finalement envoyé un SMS en guise de bonne soirée.  Je ne m'inquiète pas puisqu'il m'a envoyé un message. J'aurai sans doute de ses nouvelles demain quand il allumera son téléphone.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 1er décembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes restés finalement bien sages sur son lit à parler de nous. Mes mains s'égaraient de temps en temps sur sa peau douce. Nous avons parlé comme si nos heures étaient comptées. Chaque fois qu'un sujet se terminait, nous trouvions un autre sujet de conversation rapidement. De temps en temps, nous laissions quelques silences s'installer entre nous pour mieux savourer la présence de l'autre. Je la dévorais des yeux. Ses yeux pétillaient et sa bouche riait de bon coeur. Un sourire sincère qui vous fait fondre en quelques instants. Pas un sourire forcé qui montre trop les dents. J'aurais aimé rester ainsi toute la nuit à ses cotés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père lisait le journal avec la TV allumée en fond sonore et la chaîne Hi-Fi chantonnant le Requiem de Gabriel Fauré. A ma vue, il a souri et m'a invité à le rejoindre sur le canapé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"- As-tu passé une bonne soirée ?&lt;br /&gt; - J'étais chez Margaux. Tu savais que son appartement n'était pas loin d'ici ?&lt;br /&gt; - Oui, bien sûr. Comment va-t-elle ?&lt;br /&gt; - Fatiguée de sa journée mais elle allait bien, très bien. Et toi ta soirée ?&lt;br /&gt; - Léa m'a abandonnée, il y a déjà quelques heures. Je suis heureux de savoir que vous vous entendiez bien malgré votre différence d'âge. Considère que tu as à présent une grande soeur, petit veinard !&lt;br /&gt; - Hum...&lt;br /&gt; - Ah j'allais oublier. Tu as un ton premier rendez-vous avec ton nouveau psy demain. On m'a dit que c'était le meilleur et je veux bien le croire car j'ai obtenu ce rendez-vous avec beaucoup de difficultés.&lt;br /&gt; - C'est à quelle heure ?&lt;br /&gt; - Demain à 13h45. Je t'accompagne pour ton premier face-à-face donc ne t'inquiète pas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons fini notre discussion sur d'autres sujets plus futiles: la robe de mariée de Léa. Mon père s'insurgeait d'être le seul à ne pas l'avoir vue, même pas en image. Je n'ai évidemment donné aucun détail à son grand désespoir. Le voir dans un état aussi exaspéré me faisait beaucoup rire et je savourais de voir la frustration gagner mon père. J'ai rejoint ma chambre en le laissant grognon. Sur le lit, j'ai souri en repensant à Margaux, à l'euphorie de mon père. En me couchant, je me considérais comme le plus heureux des hommes car tout semblait parfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi matin, j'avais envie de faire des efforts physiques. Mon corps réclamait une fatigue saine. J'ai pris mes baskets et j'ai couru jusqu'au Jardin de Luxembourg. Je me sentais d'une humeur étrange. Tandis que je croisais tous ces étudiants sur leur chemin d'école et tous ces jeunes cadres dynamiques courir après les bus, je me suis demandé quand j'allais suivre ces troupeaux et avoir la même vie ennuyeuse qu'eux. Parce que je me rendais compte tout en les observant que ma vie n'étais qu'une succession de parenthèses qu'on ouvrait et qu'on fermait. Je n'ai jamais eu une vie normale de monsieur tout le monde. Perdu dans mes réflexions existentielles, je suis littéralement rentré dans quelqu'un. Mais j'étais étonné de n'entendre aucun cri et aucune insulte de l'autre personne. J'ai levé les yeux et j'ai vu le sourire d'Emilienne. Peut-être parce qu'elle ne portait pas sa blouse habituelle, elle me paraissait différente. Les cheveux au vent et dans une tenue moins médicale, elle ressemblait à n'importe qui. Tout sauf à une infirmière. Profitant de cette rencontre fortuite, je lui ai proposé de lui offrir un café. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés devant un capuccino chaud au Starbucks des Gobelins. Nous avons repris nos discussions commencées à Cochin comme de vieux amis. Me souvenant de la promesse d'un resto japonais dans la rue Sainte Anne, je lui ai proposé de nous retrouver le soir-même. En la quittant, je me sentais plus léger qu'au réveil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En début d'après-midi, mon père et moi étions en train de feuilleter les revues de la salle d'attente de mon nouveau psychiatre. La salle était plutôt petite avec une déco épurée: un canapé en cuir et une table basse en verre. Aux murs, quelques reproductions de grands peintres étaient sagement accrochées. Nous y étions les seules personnes alors que j'entendais des pas sourds et des claquements de portes au loin. A 13h45 précis, la porte s'est ouverte sur un homme d'une cinquantaine d'années. Il m'a simplement invité à le suivre dans un long couloir où je ne voyais que des portes. Je me suis demandé s'il y avait des patients derrière toutes ces portes et comment mon psy savait quelle porte ouvrir. Perdu dans mes pensées, je n'ai pas vu qu'il s'était arrêté devant une porte. Trente minutes plus tard, j'ai retrouvé mon père dans la salle d'attente où il étudiait ses nombreux dossiers. En sortant du cabinet, je lui ai demandé de me déposer sur le pont des arts car j'avais envie d'errer dans la capitale. J'avais plus que besoin d'être seul pour digérer cette première séance. Mon père l'a bien compris puisqu'il m'a laissé partir sans se poser de question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai traversé le pont des Arts avec les Gymnopédies d'Erik Satie dans les oreilles. Ces airs me permettaient de faire abstraction de la foule qui m'entourait et des bruits qui m'agressaient. Je me suis laissé emporter par le flot des touristes et j'ai atterri sans le vouloir au Louvre. Puis au jardin des Tuileries, à la Concorde, à la Madeleine, à l'Opéra... Ma montre indiquait 17 heures. Fatigué de ma promenade, je suis rentré dans le Café de la Paix. Encore deux heures avant le rdv. J'ai vaguement essayé de lire un roman que j'avais laissé dans une des poches de ma veste. J'ai commandé et bu plusieurs tasses de café. J'ai surtout observé les autres clients du café tout en feignant de lire. La plupart  était des touristes américains ou japonais. Une seule cliente sortait du lot et attirait mon attention. A vue d'oeil, une petite trentaine habillée très chichement des pieds à la tête. Sa tenue respirait le bon goût. Visiblement elle s'adonnait au même jeu que moi. Elle se cachait derrière un écran d'ordinateur portable. Plusieurs fois nos regards se sont croisés avec un certain amusement dans ses yeux. J'ai vainement essayé de me replonger dans mon roman mais mes yeux revenaient sans cesse vers elle. Ses cheveux étaient savamment montés en chignon tandis que ses ongles sortaient d'un french manucure. Ses doigts fins ne portaient aucun séquelle de l'âge ou d'une quelconque corvée ménagère. Son port de tête gracile et parfait la rendait agaçante. Mais ce qui me fascinait le plus était ses yeux. Ils transpiraient une personnalité affirmée et transperçaient mon âme. Je me sentais fébrile chaque fois que nos regards se croisaient. Elle a pris l'initiative de me rejoindre en me demandant du feu pour sa cigarette qu'elle a sortie d'un étui en or. J'étais certain qu'elle avait un briquet assorti à son étui mais je me suis laissé entraîner dans son jeu et lui ai offert mon briquet. De plus près, ses yeux verts étaient encore plus perçants et plus fascinants. Obnubilé par sa présence, je n'ai pas vu tout de suite sa carte de visite près de mon roman. Je ne l'ai ramassée qu'une fois qu'elle eut quitté les lieux et l'ai rangée soigneusement dans mon porte-feuille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emilienne était à l'heure devant la station métro Quatre-Septembre. Elle avait toujours ce même sourire apaisant qui me donnait envie de la suivre jusqu'au bout du monde sans me poser de question. Nous étions dans un état d'excitation extrême qui a surpris Margaux lorsque celle-ci nous a rejoints. Je riais et hurlais de joie comme si je venais de prendre des cachets, complètement euphorique. Etait-ce à la vue de Margaux ou à l'idée de pouvoir montrer notre amour sans avoir peur de choquer quelqu'un ? En effet, Emilienne connaissait le lien qui m'unissait à ma belle amoureuse et était enchantée d'être au courant de notre liaison secrète. Elle ne voyait pas les différences qui nous séparaient. Au contraire, elle les considérait comme un plus par rapport aux couples conventionnels. Avec un naturel qui déconcertait Margaux, je lui ai pris la main et j'ai emmené ma petite troupe vers la rue Sainte Anne à la recherche du meilleur restaurant japonais. Je n'avais qu'une seule chose en tête: passer une bonne soirée avec elles. Je faisais abstraction de mes crises et de mes envies suicidaires au plus profond de moi car je ne voulais que de la légèreté, des rires et des éclats de joie. Mes invitées devaient avoir la même envie que moi puisqu'il n'était question que de lectures, de voyages, de cuisines et de vins. Nous ne nous sommes pas du tout entretenu sur mon dernier séjour à Cochin, de mon premier RDV avec mon nouveau psy, des médicaments et des traitements. J'étais amusé de voir les yeux de mon infirmière préférée s'agrandir devant la taille du plateau de sushis. Nous nous sommes battus en riant très fort de nos maladresses avec les baguettes. J'étais quand même le plus doué de nous trois. Les verres de saké ont définitivement fini de nous rendre joyeux et insouciants. Lorsque je me suis retrouvé seul avec Margaux dans le métro, j'ai senti une boule au fond de ma gorge. Une grosse boule d'angoisse et pourtant j'aurais dû être heureux à ses côtés. Malgré mes sourires et mes baisers, je n'avais qu'une seule envie: m'enfuir bien loin d'elle. Plus je la serrais contre moi, plus je me détachais d'elle comme si le charme s'était rompu entre nous. Malgré ce vide entre nous que je ressentais, j'essayais à nouveau de déposer mes lèvres sur les siennes, d'attraper ses mains à la recherche d'une quelconque sensation. La répétition de ces gestes amoureux ne faisait que confirmer ce que je craignais déjà. Lorsque je l'ai quittée devant la porte de son immeuble, j'étais soulagé de me retrouver seul. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier je ressentais le besoin de me retrouver seul et de faire le point. Je n'ai pas pu fermer l'oeil de toute la nuit, une grosse boule d'angoisse me paralysait. Je tournais sans cesse dans mon lit ne trouvant aucun sommeil et aucune paix. J'ai passé toute ma journée ainsi dans mon lit prétextant une petite forme. Le médecin que mon père a appelé à mon chevet a diagnostiqué une grande fatigue qui passerait après quelques jours de repos total.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des questions m'assaillent sans cesse sans que je trouve de réponses satisfaisantes depuis hier. J'ai mal à la tête et je n'arrive pas à me concentrer. J'écoute un CD que je change aussitôt. Je feuillette des livres que je lis à peine, les lettres dansent devant mes yeux. Je n'arrête pas de bouger de ma chambre  vers les autres pièces de l'appartement. Je m'allonge dans le lit puis je me vautre dans le canapé en cuir de mon père puis je finis assis dans le rocking-chair sur la terrasse. Le vent claque sur mes joues alors que j'écris ces mots dans ce carnet. J'ai fait l'effort de lui envoyer un texto afin de ne pas l'inquiéter puis j'ai éteint le portable. Je veux qu'on me laisse tranquille. Quelque chose est en train de m'échapper. Je n'ai envie de rien. Je me sens perdu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-1063830306231397780?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/1063830306231397780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=1063830306231397780' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/1063830306231397780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/1063830306231397780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2008/10/chapitre-h-hiver-jeudi-1er-dcembre-2005.html' title='Chapitre H (Hiver) Jeudi 1er décembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-8764889564828223511</id><published>2008-05-02T15:20:00.005+02:00</published><updated>2008-05-02T15:42:14.969+02:00</updated><title type='text'>Coup de coeur</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SBsVfOJJz1I/AAAAAAAAABs/0bKgB7uq6Og/s1600-h/mlys.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://3.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SBsVfOJJz1I/AAAAAAAAABs/0bKgB7uq6Og/s400/mlys.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5195770221218615122" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui vous n'aurez pas encore la suite des aventures de Margaux et de Stanislas mais je dois vous faire part d'un coup de coeur. Je fais rarement de pub ici mais ce blog vaut vraiment le détour. Moi en tout cas, chaque matin je commence ma journée avec un bon fou-rire grâce à&lt;a href="http://www.mae-bd.fr/"&gt; Lui &amp; Elle.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Elle est chipie, adore la DS, chante "merveilleusement" bien, adore Dora et Spiderman, zozote...elle est un vrai petit ange !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui est un vrai adulescent, adore sa DS et ne veut la prêter sous aucun prétexte, cherche les coordonnées de la super Nany, adore Clara Morgan, adore dessiner des leçons d'éducation qui rappellent la pub d'une certaine marque de lingerie !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous encourage à aller jeter un coup d'oeil sur l&lt;a href="http://www.mae-bd.fr/"&gt;e blog de Maé et de son papa Pacco&lt;/a&gt; ! Vous allez les adorer et vous aurez envie de les adopter car ils sont tellement irrésistibles !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ps: J'ai eu droit à une spéciale dédicace !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-8764889564828223511?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/8764889564828223511/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=8764889564828223511' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/8764889564828223511'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/8764889564828223511'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2008/05/coup-de-coeur.html' title='Coup de coeur'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SBsVfOJJz1I/AAAAAAAAABs/0bKgB7uq6Og/s72-c/mlys.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-4025884182330151667</id><published>2008-04-16T07:57:00.003+02:00</published><updated>2008-04-16T08:06:50.372+02:00</updated><title type='text'>Chapitre H (Hiver) Jeudi 1er décembre 2005 -teaser-</title><content type='html'>Jeudi 1er décembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le départ de Stan, je suis restée allongée sur mon lit à chercher son parfum dans mes draps. Un parfum boisé avec une pointe de cacao et de poivre, quelque chose d'envoûtant et de sucré. Je pensais à lui et à son sourire. A ses mains et à ses douces caresses. A sa bouche et à ses baisers enflammés. La sonnerie de mon téléphone fixe m'a sortie de cette douce rêverie. Comme d'habitude, j'ai laissé mon répondeur prendre le message. J'ai entendu quelqu'un pleurer puis cette même personne essayait désespérément de laisser un message. Ses sanglots ne lui permettaient pas d'émettre un son correct. Finalement j'ai décroché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"-Allô?&lt;br /&gt; - ...&lt;br /&gt; - Qui est à l'appareil ?&lt;br /&gt; - C'est...c'est...c'est moi, Sophie. Je suis devant ton appartement.&lt;br /&gt; - Monte alors. Tu te souviens du code ? Je t'ouvre la porte d'entrée.&lt;br /&gt; - Viens me chercher s'il te plaît. Je ne suis pas en mesure de faire un pas de plus.&lt;br /&gt; - J'arrive. Ne bouge pas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai effectivement retrouvé Sophie devant la porte d'entrée. Son maquillage coulait sur son visage en larmes. Elle fixait le mur d'en face mais son regard semblait vide. Je l'ai prise par les épaules et je l'ai fait entrer à l'intérieur du hall. Elle s'est laissée emmener sans un mot comme un enfant. Ses sanglots devenaient de plus en plus forts au fur et à mesure que nous nous approchions de mon appartement. Je l'ai installée sur le canapé puis je lui ai apporté un paquet de mouchoirs. J'ai essuyé son visage grimaçant avec des lingettes de démaquillants. Pendant toute l'opération, elle n'a émis aucun son et je n'ai pas osé rompre ce silence. Je l'ai déshabillée comme un enfant. J'ai caressé ses cheveux pour l'apaiser. J'ai attendu qu'elle arrête de pleurer et qu'elle retrouve son calme. Elle a posé sa tête sur mes genoux et s'est finalement endormie avant même de me raconter ce qui lui était arrivé. Je l'ai longuement regardée dormir puis je me suis levée tout doucement. Je l'ai allongée sur le canapé et ai posé une couverture sur elle. A sa respiration régulière, rassurée, j'ai rejoint mon lit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 1er décembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes restés finalement bien sages sur son lit à parler de nous. Mes mains s'égaraient de temps en temps sur sa peau douce. Nous avons parlé comme si nos heures étaient comptées. Chaque fois qu'un sujet se terminait, nous trouvions un autre sujet de conversation rapidement. De temps en temps, nous laissions quelques silences s'installer entre nous pour mieux savourer la présence de l'autre. Je la dévorais des yeux. Ses yeux pétillaient et sa bouche riait de bon coeur. Un sourire sincère qui vous fait fondre en quelques instants. Pas un sourire forcé qui montre trop les dents. J'aurais aimé rester ainsi toute la nuit à ses cotés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père lisait le journal avec la Tv allumée en fond sonore et la chaîne Hi-Fi chantonnant le Requiem de Gabriel Fauré. A ma vue, il a souri et m'a invité à le rejoindre sur le canapé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"- As-tu passé une bonne soirée ?&lt;br /&gt; - J'étais chez Margaux. Tu savais que son appartement n'était pas loin d'ici ?&lt;br /&gt; - D'accord. Comment va-t-elle ?&lt;br /&gt; - Fatiguée de sa journée mais elle allait bien, très bien. Et toi ta soirée ?&lt;br /&gt; - Léa m'a abandonné, il y a déjà quelques heures. Je suis heureux de savoir que vous vous entendiez bien malgré votre différence d'âge. Considère que tu as à présent une grande soeur, petit veinard !&lt;br /&gt; - Hum...&lt;br /&gt; - Ah j'allais oublier. Tu as un ton premier rendez-vous avec ton nouveau psy demain. On m'a dit que c'était le meilleur et je veux bien le croire car j'ai obtenu ce rendez-vous avec beaucoup de difficultés.&lt;br /&gt; - C'est à quelle heure ?&lt;br /&gt; - Demain à 13h45. Je t'accompagne pour ton premier face à face donc ne t'inquiète pas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons fini notre discussion sur d'autres sujets plus futiles: la robe de mariée de Léa. Mon père s'insurgeait d'être le seul à ne pas l'avoir vu, même pas en image. Je n'ai évidemment donné aucun détail pour son malheur. Le voir dans un état aussi exaspéré me faisait beaucoup rire et je savourais de voir la frustration gagner mon père. J'ai rejoint ma chambre en le laissant grognon. Sur le lit, j'ai souri en repensant à Margaux, à l'euphorie de mon père. En me couchant, je me considérais comme le plus heureux des hommes car tout semblait parfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;TO BE CONTINUED...&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-4025884182330151667?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/4025884182330151667/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=4025884182330151667' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/4025884182330151667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/4025884182330151667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2008/04/chapitre-h-hiver-jeudi-1er-dcembre-2005.html' title='Chapitre H (Hiver) Jeudi 1er décembre 2005 -teaser-'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-996383205504878566</id><published>2008-01-02T21:32:00.000+01:00</published><updated>2008-01-02T21:38:26.467+01:00</updated><title type='text'>Happy New Year !</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/R3v1OQhrNrI/AAAAAAAAABM/GEEyfqIUobI/s1600-h/IMGP6075.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://2.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/R3v1OQhrNrI/AAAAAAAAABM/GEEyfqIUobI/s320/IMGP6075.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5150980224131479218" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aimerais que votre année 2008 soit à l'image de cette photo de Santa Monica, douce, paisible, belle, romantique, chaleureuse, sereine. Mes meilleurs voeux pour cette nouvelle qui débute à peine et je prends la ferme résolution de reprendre la plume pour continuer les aventures de Stan &amp; de Margaux. Je voulais aussi profiter de cette occasion pour remercier mes fidèles lecteurs et lectrices d'être aussi patients avec moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne et Heureuse Année à tous ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mlys&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-996383205504878566?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/996383205504878566/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=996383205504878566' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/996383205504878566'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/996383205504878566'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2008/01/happy-new-year.html' title='Happy New Year !'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/R3v1OQhrNrI/AAAAAAAAABM/GEEyfqIUobI/s72-c/IMGP6075.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-3266515129016785059</id><published>2007-12-24T10:40:00.000+01:00</published><updated>2007-12-24T10:48:41.979+01:00</updated><title type='text'>Bonnes Fêtes !</title><content type='html'>La valise est bouclée, le passeport est dans mon sac à main, l'iPod est rechargé, "Kafka sur le rivage" est calé dans mon sac à main...ça sent le départ ! Je prends l'avion dans quelques heures pour rejoindre mon amoureux sous le ciel radieux de la Californie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais avant de partir, je voudrais vous souhaiter de joyeuses fêtes de Noël avec tous les vôtres et j'espère que le Père Noël sera très généreux avec vous. Je souhaite pour tous que ces fêtes de fin d'année soient un moment de paix, de retrouvailles , de chaleur, de joie et de compréhension.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une de mes nouvelles résolutions de 2008 sera de continuer ce blog délaissé depuis trop longtemps! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Affectueusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mlys/flower by kenzo&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-3266515129016785059?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/3266515129016785059/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=3266515129016785059' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3266515129016785059'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3266515129016785059'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/12/bonnes-ftes.html' title='Bonnes Fêtes !'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-4085532721499730313</id><published>2007-10-25T12:54:00.000+02:00</published><updated>2007-11-09T13:45:26.385+01:00</updated><title type='text'>Vacances ...</title><content type='html'>Non seulement je vais partir en vacances sous le soleil de L.A tandis que d'autres vont rester sous la grisaille de Paris ou dans le froid en France (Lyon,Toulouse,Strabourg,Marseille,Nancy,Nantes,Bruxelles...comment ça Bruxelles n'est pas en France ?) mais de plus je ne vais pas pouvoir tenir ma promesse. En effet, vous allez devoir attendre le prochain épisode durant encore quelques semaines car j'ai une obligation professionnelle que je ne peux remettre à plus tard.(un écrit à rendre pour mi-novembre) Je suis désolée d'être aussi lente et de vous faire languir à ce point ...Mais promis dès que mi-novembre passé, je me mets sérieusement à l'écriture de cet épisode tant attendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, je vous souhaite de très bonnes vacances pour ceux qui en ont (les veinards!) et bon courage pour ceux qui travaillent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amicalement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mlys.flower&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edit du 9 Novembre 2007&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis rentrée de L.A...c'était magnifique et j'ai hâte d'y retourner en décembre. Mais avant je dois finir mon mémoire donc ce n'est pas encore aujourd'hui que vous allez me lire. Je suis désolée mais promis, j'essaie de m'y mettre sérieusement dès que je serai plus libre. Sinon tout va bien. Certes je suis un peu décalée, fatiguée et triste mais ça va aller...il le faut!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A bientot. Affectueusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;mlys.flower&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-4085532721499730313?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/4085532721499730313/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=4085532721499730313' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/4085532721499730313'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/4085532721499730313'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/10/vacances.html' title='Vacances ...'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-3247111725060957177</id><published>2007-09-25T02:58:00.000+02:00</published><updated>2007-09-25T03:21:50.810+02:00</updated><title type='text'>Interlude</title><content type='html'>Je sais, je me fais rare ici ...mais soyez patients, l'épisode 34 arrive! Oui, il sera là avant les vacances de la Toussaint ! Parce qu'on m'a demandé (&lt;a href="http://rose-karnivore.over-blog.com/"&gt;Rose K&lt;/a&gt;), parce que j'aime bien jouer, parce que j'ai envie de vous poser des tas de questions...je me lance dans ce jeu d'interview.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici les règles de jeux:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"1 Laissez-moi un commentaire en me disant un truc aléatoire, comme vos paroles préférées dans la chanson que vous écoutez tout le temps ces temps-ci. Ou votre type préféré de sandwich. Un truc aléatoire. Ce qui vous tente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2 Je répondrai en vous posant cinq questions pour avoir une chance de vous connaître mieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3 Vous posterez sur votre blog vos réponses aux questions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4 Vous devrez inclure cette explication et offrir de poser des questions aux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5 Vous donnerez cinq questions aux gens qui commenteront pour avoir des questions. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;1 - Si tu devais choisir entre ne plus écrire et ne plus rire, tu choisirais quoi ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une question difficile... Alors je choisirais sans aucun doute de ne plus rire. Parce que d’une part, je n’ai aucun sens d’humour donc ne plus rire ne manquerait pas trop. D’autre part, ne plus écrire serait une vraie torture pour moi. Je ne me vois pas « ne plus écrire » car c’est devenu quelque chose de fondamental et vital chez moi comme respirer ou me nourrir. C’est un peu prétentieux de ma part de dire de telle chose mais c’est vrai …je préfèrerais ne plus rire que de ne plus écrire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;2 - Tu écries sur l'amour... mais toi et l'amour, justement, ça donne quoi ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amour et moi ? Je suis très heureuse en amour. J’ai un homme merveilleux qui m’aime depuis presque six ans et même s’il est très loin actuellement, tout se passe bien pour nous. Il est vrai que longtemps, l’amour et moi, nous étions un peu fâchés, j’ai eu des moments d’égarements et des désillusions. Mais heureusement j’ai rencontré une personne formidable. Il est entré dans ma vie avec un sourire éclatant en irradiant tout au passage. Je l’aime tellement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;3 - Y'a quoi ce soir à la tv ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes lundi soir et il y a sur TF1 « Preuve à l’appui », sur la 2 « Cold case », sur la 3 « Au bout de mes rêves », sur M6 « Dix pièges à éviter », sur MTV  « Pimp my ride » et enfin sur Paris Première « MI-5 »…Je passe mon temps à zapper, à regarder le début d’un film puis reprendre la fin d’une émission. Pire, je laisse la plupart du temps la Tv allumée pour avoir un fond sonore mais je ne la regarde pas tellement, c’est une compagnie agréable qui me donne l’illusion de ne pas être seule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;4 - C'est quoi le bonheur ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bonheur, ce sont les petites choses qui nous font sourire, qui nous touchent, qui nous apaisent, qui nous font vibrer, qui nous font vivre. Le bonheur, c’est pouvoir être et être soi-même dans ses actes et dans ses dires. Le bonheur, c’est un macaron, un roman de Murakami Haruki, un mojito, un film au mk2 Bibliothèque avec lui, mon répertoire de téléphone avec les gens que j’aime et que j’apprécie, les sourires des uns et les mots des autres, un baiser de lui, sa voix…C’est drôle que tu me poses cette question car le titre de mon roman était « Bonheur absolu » avant de devenir « Lui &amp; Elle ». Comme je viens de t’écrire le bonheur ne peut être absolu et c’est pourquoi j’ai préféré le changer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;5 - Si tu devais donner une interprétation privée de la joconde, tu en dirais quoi ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai jamais réellement compris le grand engouement des gens pour la Joconde alors j’aurais du mal à te donner une interprétation privée ! Le sourire mystérieux de la Joconde la rend très célèbre …mais je n’ai jamais été très sensible à ce sourire mystérieux. Les rares fois où je suis allée au Louvre, je n’ai pas réussi à l’apercevoir à cause de la foule, des touristes, des japonais…Personnellement je la trouve assez ordinaire ce portrait de femme. Pour pouvoir te répondre, j’ai même une reproduction de la Joconde devant moi. Je me demande si elle était amoureuse de quelqu’un quand Léonard de Vinci l’a peinte, je me demande quel genre de relation elle entretenait avec le peintre, je me demande si elle pensait entrer dans la postérité grâce à ce portrait. Rires…je ne t’ai donné aucune interprétation, au contraire, je t’ai embrouillée avec d’autres questions: c'est tout moi ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à &lt;a href="http://rose-karnivore.over-blog.com/"&gt;Rose K&lt;/a&gt; pour ces questions...et à présent à vous de jouer !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-3247111725060957177?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/3247111725060957177/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=3247111725060957177' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3247111725060957177'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3247111725060957177'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/09/interlude.html' title='Interlude'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-693952514715855731</id><published>2007-07-12T16:38:00.000+02:00</published><updated>2007-07-13T10:00:10.543+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Lundi 28 novembre 2005</title><content type='html'>Lundi 28 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi soir, après ces retrouvailles heureuses avec Stanislas, je suis allée dîner avec François et ma mère. Nous nous sommes retrouvés dans l'appartement de ma mère. J'étais sortie quelques heures plus tôt de l'hôpital pour ne pas les croiser dans le couloir. Cette précipitation était aussi due à ma peur de rencontrer Philippe. Chose étonnante, ma mère avait laissé son amant se mettre aux fourneaux alors qu'habituellement elle faisait appel au talent culinaire de sa femme de ménage. J'étais amusée de les voir tourner autour des casseroles et de la planche à découper. Leur complicité, leur rires, leurs regards. J'ai essayé de me rappeler si je l'avais déjà vue dans ce genre de situation avec mon père. Mais même en cherchant dans les souvenirs les plus lointains, rien ne venait à l'esprit. C'est comme si je venais de réaliser qu'elle pouvait être une femme heureuse au foyer alors que dans ma mémoire, elle était surtout une femme maîtresse qui butinait d'amant en amant. François la rendait heureuse et sûrement plus sereine avec elle-même. Nous nous sommes attablés et d'emblée ils m'ont fait part de leurs soucis et de leur projet pour Stanislas. Ma mère souhaitait que je lui consacre du temps pour superviser ses études. Tandis que François cherchait à me confier le rôle de la grande soeur complice. Je suis restée bouche bée devant leurs demande. Non pas qu'elles soient illégitime mais tout simplement parce que je ne me voyais pas entrer dans sa vie de cette manière. Devant mon silence, François a commencé à me parler de la maladie de Stanislas. Les nombreuses tentatives de suicides, les séances de psy, les médicaments, l'instabilité d'humeur, les crises de manie et de déprime. Je me suis demandé s'il parlait de la même personne qui quelques heures plus tôt m'avait dit la plus belle phrase. Devant la mine inquiète de ma mère, j'ai compris que tout cela n'était pas une vaste plaisanterie mais l'absolue vérité. Ce séjour à l'hôpital n'était pas l'unique mais faisait partie d'une longue série. J'étais abasourdie par ces révélations inattendues. Mais au lieu de me faire peur, elles me faisaient aimer encore davantage Stanislas. Alors j'ai accepté de lui venir en aide comme ils le souhaitaient. Ils ont reçu ma réponse avec soulagement et sourire. Le dîner s'est prolongé jusque tard dans la nuit. Je les ai quittés en leur promettant d'être là pour la sortie du fils prodige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi matin, comme prévu, j'étais à leurs côtés à l'hôpital. Stanislas avait le choix entre intégrer une maison de repos ou de vivre avec son père. Il a choisi la deuxième solution. Le fait que François habite dans le XIII et moi également n'était pas étranger à sa décision. Lorsque je suis arrivée, j'ai essayé de contenir mes sentiments et je l'ai à peine embrassé sur la joue. Lui-même n'a pas cherché à montrer une effusion de tendresse devant nos parents. Il était déjà habillé et avait abandonné l'horrible pyjama de Cochin. Il était terriblement beau. Ses yeux noirs m'hypnotisaient et malgré moi j'y revenais sans cesse. Heureusement son père et ma mère parlaient pour nous quatre. Ils riaient, emballaient les affaires, en jetaient d'autres, s'adressaient tantôt à Stanislas, à moi ou à l'un d'eux. Ils étaient les seuls à se mouvoir dans toute la pièce alors que ni Stan ni moi n'osions bouger. Nous nous observions ne sachant que faire. Ma mère a voulu jeter mes roses blanches et Stan s'est précipité pour les lui enlever des mains. Il lui a simplement répondu qu'elles étaient trop belles pour être jetées et qu'il voulait les faire sécher. J'ai souri dans sa direction et il m'a rendu mon sourire. Dans la voiture de François, nous nous sommes retrouvés à l'arrière tous les deux. Durant tout le trajet, sa main a effleuré la mienne. J'ai senti mes joues rougir. J'ai eu quelques bouffées de chaleur chaque fois que ma mère se retournait pour demander notre avis. Je retirais précipitamment ma main de la sienne. Heureusement il y avait un énorme sac entre nous deux et elle ne voyait rien de notre jeu de mains. Mais je n'étais pas très à l'aise et lui non plus d'ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était la première fois que j'allais chez François. Son appartement au dernier étage d'un immeuble près de la mairie du XIII avait une vue surprenante sur Paris. La terrasse ressemblait à un véritable jardin. Ma mère s'y déplaçait comme si elle était chez elle tandis que moi je passais d'une salle à une autre curieuse et avide de découvrir l'univers de François. Pendant que son père et ma mère se préoccupaient du déjeuner, Stan m'a entraînée dans sa chambre. Elle était très grande et lumineuse. Dès qu'il a fermé la porte, il s'est jeté sur moi avec une telle force que j'ai été projetée sur son lit. Nos lèvres s'entrechoquaient. Nos soufflés étaient coupés. Plus rien n'existait. Je n'ai jamais pu penser qu'un simple baiser pouvait être aussi puissant. Au bout de quelques minutes, je me suis dégagée de ses bras pour observer sa chambre. Une grande bibliothèque occupait un côté des murs tandis qu'un bureau où jonchaient des piles de livres en tout genre occupait l'autre côté de mur. Deux fauteuils en velours bordeaux étaient posés devant les fenêtres. Sur le troisième mur était posé un cadre énorme avec des photos. Je me suis amusée à les regarder une par une. On y voyait un petit garçon tout rieur dans les bras d'une très belle femme. Le même garçon espiègle avec un couple plus âgé. Des photos de François avec un livre, sur une plage, devant une voiture, avec Stan. Des images d'autres visages inconnus, des sourires, des mines surprises,des tenues étonnantes, des rues, des objets, des immeubles, des monuments. Des centaines de photos étaient étalées comme un patchwok de sa vie. Tandis que je regardais chaque photo attentivement, il est venu m'entourer de ses bras par derrière. Son souffle sur ma nuque me faisait frissonner. Ses mains caressaient mon corps tandis que nos bouches se cherchaient timidement puis de plus sauvagement. Un bruit discret à la porte nous a ramenés à la réalité et nous avons essayé de mettre un peu d'ordre dans nos habits tout en riant. Ma mère a passé sa tête par la porte pour nous appeler à table. Le déjeuner a été convivial et jovial. François nous faisait tous rire avec ses imitations burlesques. Stan riait de bon coeur et n'avait d'yeux que pour moi. Je n'arrêtait pas de lui lancer des regards furtifs tout en essayant de m'intéresser aux deux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ce déjeuner familial, nous nous sommes sauvés dans les rues du XIII ème en laissant les amoureux ensemble. Ne sachant très bien où aller, j'ai invité Stan chez moi. A peine sortis de l'appartement de François, Stan m'a pris la main droite et l'a tenue fermement comme s'il voulait me garder prisonnière. Nous n'avions que quelques minutes de marche entre les deux appartements pourtant nous avons mis beaucoup plus de temps car nous nous arrêtions tous les dix mètres pour nous embrasser. Je me noyais littéralement dans ses yeux sombres. Dans mon chez moi, il était curieux de tout regarder, de tout toucher, tout demander comme un petit garçon. Je le voyais passer d'une pièce à une autre complètement excité. Pour finir, nous nous sommes accordés un moment de pause sur mon canapé. Allongée sur son torse, j'écoutais son coeur battre. Des battements réguliers qui m'apaisaient. Je l'écoutais me murmurer de doux mots à l'oreille. Le timbre de sa voix me rassurait. Dans ses bras, je me sentais protégée de tout. Plus rien ne pouvait m'atteindre. Nous atteindre. Afin de ne pas éveiller de soupçon, j'ai poussé Stan à regagner l'appartement de son père. Nous n'avons encore pas eu de discussion à propos de notre relation et nos parents. Dans la nuit profonde,un dernier sms de sa part m'a donné le  sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier j'ai passé la majeure partie de ma journée avec Sophie et Blandine. Delphine était partie en week end amoureux en Normandie avec son financier tandis que Loraine visitait la capitale italienne pour son plus grand plaisir. Donc nous étions en effectifs réduits pour nos retrouvailles. Sous un soleil radieux, nous nous sommes installées sur une terrasse d'un café vers le jardin de Luxembourg. Blandine est arrivée avec quelques minutes de retard, complètement accrochée à son portable. Nous n'avions pas besoin de demander qui était à l'autre bout du fil. Elle mettait un point d'honneur à ponctuer toutes ses phrases par un oui,Vincent. Cette nouvelle manie linguistique nous a fait bien rire, Sophie et moi. Après un rapide topo sur les deux absentes, nous avons parlé de nous-mêmes. Blandine nous a évidemment parlé de sa toute récente relation avec son professeur de maths. Quant à Sophie, après les jeunes stagiaires de sa boîte, elle cherchait quelque chose de plus consistant et draguait sans vergogne son chef timide. Elle nous a confessée qu'elle avait aperçu Guillaume et sa pétasse enceinte jusqu'aux dents dans un magasin pour enfants. Son visage jusque là souriant prenait une autre expression, comme si une soudaine douleur la faisait souffrir. Mais comme toujours, elle a sorti un sourire de nulle part et a réussi à nous faire détourner l'attention. Elle a commencé à commenter la beauté d'un homme qui était attablé seul non loin de notre table.  Elle semblait totalement fascinée par cet homme. Culottée, elle s'est levée en prenant son verre de vin et s'est installée à sa table tout en minaudant. Blandine et moi assistions à cette approche dans un fou rire difficilement contrôlable. Nous pleurions presque en tenant nos ventres. Au bout de quelques minutes, Sophie est revenue triomphante avec un papier sur lequel le mystérieux solitaire avait écrit son numéro de téléphone et son adresse de mails. Lui, s'est levé de table et a jeté un dernier regard bienveillant sur Sophie avant de disparaître de notre vue. Nous avons terminé notre déjeuner sur une note plus légère en fantasmant sur la suite que Sophie allait donner à cet homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, Stan m'a appelée. Sa voix douce et chaude était enjouée. Il semblait heureux. Il m'a raconté sa journée passée en compagnie de son père et de ma mère. Il m'a avoué qu'il s'était retenu de m'envoyer des dizaines de sms dans la journée et de laisser des dizaines de messages sur mon répondeur. Tout ce qu'il me disait me touchait. Habituellement ces considérations me laissaient complètement indifférente mais avec lui, tous les clichés prenaient une autre tournure. Allongée sur mon canapé, je l'écoutais. Je lui racontais ma journée. Quelques silences sont venus troubler notre conversation. Ils étaient touchants. J'étais émue de l'entendre me chuchoter des mots d'amour. Chuchoter car il ne voulait pas que les autres puissent écouter tout ce qu'il me confiait. Nous sommes restés très longtemps au téléphone ne voulant ni l'un ni l'autre raccrocher. Après ce long entretien téléphonique, je suis restée hébétée quelques instants sur mon canapé. J'étais dans un état de manque terrible. J'aurais aimé être dans ses bras rassurants. J'aurais aimé l'entendre me parler encore et encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, en arrivant à mon bureau, j'ai remarqué tout de suite la présence de ma mère. Je l'ai détectée grâce à son parfum lourd qu'elle porte depuis déjà quelques années. Elle m'attendait sagement assise sur un fauteuil de mon bureau tout en admirant les roses blanches de Stan qui se fanaient. J'avais donné l'ordre de ne pas les jeter. Elle s'est levée à mon entrée et m'a adressé un grand sourire des jours heureux. Elle venait pour me kidnapper. En effet, c'était son premier essayage chez son jeune couturier du Marais et voulait que je l'accompagne absolument. J'ai compris son sourire et son empressent mon arrivée. J'ai essayé vainement de lui faire comprendre que j'avais du travail et que je devais préparer des cours. Mais rien n'y faisait. Elle avait décidé que ma présence était indispensable à sa séance d'essayage et que je pouvais lui consacrer une matinée. C'est ainsi que je me suis retrouvée dans ce fameux magasin du jeune couturier en vogue avec une tasse de thé et quelques biscuits secs. Mes dossiers en cours éparpillés autours de moi. Ma mère était dans un état d'excitation extrême et n'arrêtait pas de jouer avec ses cheveux telle une adolescente. Puis la robe est arrivée en grande pompe avec tout un cérémonial. Ma mère s'est enfermée dans la cabine d'essayage avec la robe et une vendeuse. Quand elle en est sortie toute émue, je l'étais moi-même. Elle était tout simplement magnifique dans cette tenue qu'elle avait tant détestée ou critiquée chez les autres. Je me souvenais de ses remarques acerbes à propos des robes de mariage lorsque nous assistions aux noces des cousins ou des amis. Elle n'était jamais très tendre. Il y avait toujours quelque chose qui clochait, la matière,la couleur, la coupe. Dans cette boutique, elle n'était plus ma mère mais une femme amoureuse qui allait épouser l'homme qu'elle aimait. Ca se lisait dans ses yeux et dans son sourire en coin qu'elle se lançait dans la glace. Une larme a coulé sur mon dossier sans que je m'en rende compte puis une autre. Je pleurais d'émotion et ma mère l'a vu. Nous nous sommes jetées dans les bras de l'une et de l'autre. Je froissais sa belle robe, elle faisait couler son maquillage parfait. Les vendeurs et le couturiers étaient attendris par notre étreinte. J'ai dû la quitter vers midi pour assurer mes cours à la faculté. Un sms de Stan est venu illuminer cette matinée hors du commun. Je me suis empressée de lui répondre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc après un après-midi de cours, j'ai rejoint Stan sur la place Verlaine. Il m'y attendait très concentré sur un livre. Même de dos, sa silhouette était reconnaissable. Surtout à cause de ses cheveux noirs bouclés par endroit. Je suis descendue du bus 67 en quatrième vitesse en bousculant tous les passagers. J'ai traversé la rue aussi vite en évitant les voitures et les vélos. J'ai posé mes deux mains sur ses yeux par derrière. Il a eu un moment de surprise puis a caressé mes mains. Il s'est tourné vers moi avec un sourire radieux. Nos lèvres se sont retrouvées dans un élan naturel. Sa main dans la mienne, nous nous sommes dirigés vers mon appartement avec un désir irrésistiblement croissant. Dans le halle d'entrée, ses mains ont rejoint ma peau sous mes vêtements. Nos souffles étaient coupés. Sa bouche me mordillait dans le cou. Tout mon corps était parcouru de frissons. Dans l'ascenseur, j'ai glissé une main sous son pull et ai caressé son torse langoureusement. J'avais peur de rencontrer une de mes voisines acariâtres chaque étage. Mais cette peur au lieu de me stopper dans mon élan faisait accroître mon désir. Stan répondait avec avidité à mes caresses. Nous sommes entrés dans mon appartement dans un état de surexcitation. Mais nous nous sommes contentés de nous allonger l'un à côté de l'autre tout en se tenant par la main. Il a caressé le dos de ma main avec son pouce tendrement. Nous avons parlé à voix basse. Des confidences amoureuses. Des mots d'amour. J'étais heureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Lundi 28 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le départ de Margaux, Emilienne est repassée dans ma chambre. Elle savait que c'était ma dernière nuit à Cochin. Elle avait dans la main un paquet et une boîte dans l'autre main. Elle me les a offerts sans un mot. J'ai commencé par ouvrir la boîte, d'énormes religieuses au chocolat étaient sagement alignées. Dans le paquet, une carte et un livre. J'étais tellement surpris par tous ces cadeaux que je n'ai même pas eu la présence d'esprit de la remercier. Je suis resté sans voix. C'est elle qui m'a tiré de mon mutisme en blaguant. Je me rendais réellement compte de la grande chance de l'avoir rencontrée. Sur la carte qui était une reproduction d'un tableau de Klimt, elle m'a souhaité une bonne sortie et m'a encouragé à vivre pleinement mon amour pour Margaux. Elle y avait inscrit son numéro de téléphone et une adresse de mails si je désirais garder contact avec elle. Elle venait de m'offrir son amitié sur un plateau et je n'avais qu'à acquiescer. Je lui ai tout simplement dit merci et j'ai déchiré une page de mon carnet pour y écrire mes coordonnées. J'ai caressé la couverture du livre, "Le premier amour" de Santiago H. Amigorena. Elle m'expliquait qu'elle venait à peine de le commencer mais les premières pages lui avaient tellement plu qu'elle m'en offrait un exemplaire également. J'étais désolé de ne rien pouvoir lui offrir en échange. Aussi je lui ai promis de l'inviter dans un des meilleurs restaurants japonais parisiens puisqu'elle aimait les sushi. Elle a accepté l'invitation à condition que je vienne avec Margaux. Nous avons longuement parlé durant cette nuit tout en dégustant les religieuses et les restes de mes provisions de bonbons. J'étais content qu'elle soit resté ainsi avec moi car j'avais peur de ne pas réussir à m'endormir pour ma dernière nuit dans cet hôpital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi matin, mon père et Léa ont débarqué très tôt. Tellement tôt que je n'étais pas encore prêt. J'étais encore dans mon lit à sommeiller. Je me suis dépêché de me préparer pendant qu'ils couraient dans tous les sens pour boucler ma valise. Margaux est arrivée une heure plus tard avec un sourire timide. Nous n'étions pas très à l'aise avec nos parents respectifs qui tournoyaient et qui nous essayaient de nous faire participer à leur conversation tout en nous jetant des coups d'oeil. Nous n'étions même pas tranquilles pour nous dévisager en silence. Margaux et moi avions peur que nos parents découvrent notre relation s'ils interceptaient nos manèges visuels. Nous nous dévorions des yeux. J'avais du mal à réprimer mon envie d'elle. Mais heureusement ni mon père ni Léa remarquaient quoi que ce soit, trop occupés à nettoyer ma chambre et à préparer mes affaires. Dans la voiture, j'ai pris audacieusement la main de Margaux que je caressais tout mon saoûl. Elle l'a retirée précipitamment chaque fois que sa mère se retournait pour nous parler. Elle rougissait comme une petite fille et ses joues rouges me touchaient. J'avais envie de la prendre dans mes bras et la couvrir de baisers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez mon père, elle regardait partout avec fascination. Nous avons faussé la compagnie à nos parents pour nous isoler dans ma chambre. Je l'ai entraînée malgré elle car mon désir de l'embrasser ne pouvait plus attendre. Il n'y avait rien de frustrant de l'avoir à quelques centimètres de moi et de ne pas pouvoir la toucher ou lui déposer un baiser dans son cou. Donc une fois la porte close, je l'ai poussée sur mon lit et mes lèvres ont pris les siennes avec une telle violence que le goût de ce baiser était salé. Mes mains se sont fait plus audacieuses et elles se sont glissées sous son chemisier. Lorsque elles ont rencontré ses seins, Margaux a frissonné et ses lèvres répondaient encore plus à mon baiser. Alors que j'allais continuer plus loin mon exploration de son corps, elle s'est dégagée de mes bras. Elle s'est assise sur mon lit pour jeter un coup d'oeil rapide sur ma chambre. Elle s'est approchée de mon mur de photos et a observé méticuleusement chaque photo. Elle les regardait comme si sa vie en dépendait. Elle espérait peut-être apprendre tout de moi à partir de ses quelques clichés. Elle avait un sourire craquant à la vue des photos de moi petit. Elle a dû me trouver mignon. Son visage a changé d'expression quand ses yeux sont tombés sur les photos artistiques de mes ex petites amies. Encore un peu, j'aurais presque cru qu'elle en était jalouse. Son regard se faisait plus interrogateur sur les images de mon père plus jeune puis sur les rares photos de ma mère. Pudique, je n'ai rien dit de l'identité de toutes ces personnes qui peuplaient mon mur de souvenirs. Je me suis levé et je l'ai entourée de mes bras. J'avais une envie irrésistible de la sentir tout près de moi. D'être à son contact. Son corps répondait à mes caresses. Bientôt nos lèvres se sont jointes dans une tendresse infinie puis plus violemment. Je sentais mon désir pour elle croître rapidement et le sien était au comble aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais un bref coup à la porte de ma chambre nous a séparés aussi rapidement que possible. Léa est entrée pour nous annoncer que le déjeuner était prêt. J'étais frustré d'avoir été interrompu mais cette attente augmentait encore plus mon envie d'elle. Habituellement je faisais tout pour coucher rapidement avec les filles mais avec Margaux, je n'avais pas peur d'attendre. C'était comme si plus j'attendais, plus la chose allait être sublime. Chaque baiser échangé, chaque main frôlée, chaque caresse sur son corps étaient déjà quelque chose d'extraordinaire pour moi. Jamais auparavant une fille ne m'avait fait un tel effet. Avec elle, j'avais l'impression de tout redécouvrir. Je me sentais inexpérimenté, gauche et pourtant tellement avide de son corps. J'avais envie de la découvrir petit à petit, parcelle de peau par parcelle de peau. Perdu dans mes pensées, je ne faisais guère attention à la drôlerie de mon père. Je ne voyais qu'elle et son rire. Je lui souriais moi aussi. Le bonheur devrait ressembler à ça, sourire à la femme qu'on aime et se sentir prêt à recueillir le moindre de ses rires comme un trésor précieux. Le déjeuner a été très détendu. Nous n'avons pas abordé ni ma maladie, ni mon séjour à l'hôpital, ni mon prochain traitement. Juste quelques sujets légers et sans importance. Mon père nous divertissait avec ses imitations tandis que Léa nous offrait son plus joli rire communicatif. Margaux et moi nous riions tout en nous dévorant des yeux. Notre complicité se lisait dans nos yeux, secrète mais palpable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Margaux et moi avons profité d'un moment de calme pour allez chez elle laissant nos parents dans des étreintes amoureuses. Dans la rue, je lui ai pris la main autoritairement. Elle était surprise mais n'a pas essayé de l'enlever de la mienne. Main dans la main, nous nous arrêtions fréquemment pour nous embrasser. J'avais tout le temps de l'embrasser, de la toucher, de la croquer. Nous étions comme deux gamins. Sur le chemin, je l'ai regardée me sourire et chaque sourire me faisait chavirer le coeur. Tout en elle respirait une douceur gourmande que j'avais envie de croquer. Elle me jetait un tel regard malicieux que j'avais envie de l'embrasser à pleine bouche toutes les minutes. Elle m'entraînait dans des rues dont je ne soupçonnais pas. Son immeuble était grand et moderne. Une blancheur quasi médicale. Je la suivais à l'intérieur avide de connaître son univers. Dans l'ascenseur, nous nous amusions à nous regarder dans les glaces: nous formions un joli couple heureux et souriant à la belle vie. Dans son appartement, je me comportais comme un gamin courant partout, fouillant partout, posant des tas de questions. La décoration était sobre, aucune faute du mauvais goût. Un mur de son salon était recouvert de photos. J'avais aimé cette même passion pour la photo que nous avions tous les deux. Elle me regardait amusée et souriante et me laissait entrer dans sa bulle brutalement et instantanément. Pour finir, nous nous sommes retrouvés sur son canapé. Elle allongée sur mon torse. Dans cette position, elle pouvait entendre le moindre des battements de mon coeur. Ses accélérations et ses ralentissements.Je ne pouvais pas tricher avec elle car elle entendait tout de mon petit coeur. Je n'ai pas pu m'empêcher de rompre le silence en lui murmurant des mots d'amour si près de son oreille. Je lui tenais sa main que je caressais doucement. Cette tendresse que j'avais toujours sentie pour elle se manifestait de plus en plus. Elle était de ces femmes qu'on avait envie de prendre dans ses bras sans aucun raison, pour qui on pouvait aller chercher la lune, dont un mot pouvait changer toute la surface de la terre. Je me suis résigné à regagner le bercail malgré mon envie de rester auprès d'elle car il ne fallait pas inquiéter nos parents. C'est donc à regret que je l'ai quittée. Dans la rue qui me ramenait vers la Place d'Italie, je me sentais heureux et j'avais le sourire aux lèvres. Même si mon corps était loin d'elle, toutes mes pensées étaient entièrement et exclusivement tournées vers elle. Léa et mon père m'attendaient sagement à l'appartement. Pas d'interrogatoire, même sommaire. Puisqu'ils me savaient entre de bonnes mains, avec Margaux. Ils étaient juste surpris qu'elle ne soit pas revenue avec moi. Dans la nuit, je lui ai envoyé un texto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" J'aimerais être à tes côtés pour te serrer dans mes bras. J'aimerais dormir ainsi, toi dans mes bras. Je t'embrasse tendrement. Stan"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, j'ai profité de ma première grasse mat depuis une éternité. J'ai dormi comme je n'ai jamais dormi sans médicament. Léa et mon père étaient réveillés depuis longtemps et m'attendaient pour aller bruncher. Malheureusement Margaux n'était pas de la partie, elle avait un rendez-vous déjeuner avec ses amis selon sa mère. Nous nous sommes retrouvés donc tous les trois dans la voiture de mon père. Ils avaient envie de m'emmener dans un cadre sympathique. Le soleil était au rendez-vous et nous avons pris notre brunch sur une terrasse avec lunettes de soleil sur le nez. Même si j'appréciais énormément leur présence, mes pensées étaient entièrement tournées vers elle. J'aurais aimé être à ses côtés, lui tenir la main, lui effleurer les épaules, lui susurrer des mots d'amour. Mon portable restait silencieux dans ma poche. Je me retenais de lui envoyer des textos toutes les minutes ou de l'appeler pour entendre sa voix. Mais je ne voulais pas lui imposer sans cesse ma présence malgré le manque d'elle qui se faisait sentir. Alors que je déjeunais avec mon père et Léa, je me rendais compte de l'ampleur de mes sentiments pour ma Margaux. Longtemps, je crois que j'ai lutté contre moi-même pour l'admettre pour je ne sais quelle raison. Sans doute parce qu'elle était capable de me faire perdre raison. Ce que je ressentais pour elle était totalement différent de ce que j'ai pu éprouver pour les autres filles dont je suis tombé amoureux. Je me sentais capable de tout faire pour elle, pour un seul mot d'elle, pour un seul geste d'elle. Les autres ne remarquaient à peine mon absence et se contentaient des quelques réponses que je leur donnais. Pour ne pas paraître ingrat, je faisais de mon mieux pour participer à leur conversation qui passait du coq à l'âne. Leur sujet de conversation favori était leur mariage. J'avais droit à tous les menus détails sur les préparatifs. Léa m'a confiée entre deux parts de tarte au citron qu'elle devait prochainement avoir son premier essayage de sa robe de mariée. Elle semblait totalement excitée par cet événement et j'étais heureux pour elle. Je lisais réellement quelque chose d'exaltant dans ses yeux. Je lui souriais encore davantage car en la regardant je voyais le doux visage de Margaux. Elle me manquait et c'était insupportable. Après le brunch, nous nous sommes promenés sur les quais de la Seine entre les péniches et les bars improvisés. Nous nous serions cru sur une plage même s'il manquait le précieux sable. Mes lunettes de soleil sur le nez, les cheveux au vent, je marchais d'un bon pas. J'étais tout simplement heureux. C'était un après-midi comme j'aimais. Je pensais encore et toujours à elle. Nous sommes rentrés à pied de la Bibliothèque Mitterand jusqu'à la place d'Italie. Une promenade de santé pour un sportif comme mon père. Léa et moi avons dû faire quelques pauses, surtout pour moi car je n'étais pas encore en pleine forme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En arrivant à l'appartement, je me suis précipité dans ma chambre pour pouvoir appeler Margaux. Elle venait à peine de rentrer aussi. Sa voix était pleine d'entrain et elle semblait ravie de me parler. Je ne pouvais pas lui parler d'une voix normale car je ne voulais pas que mon père et sa mère puissent avoir vent de notre conversation. Je lui ai confessé le manque que j'avais ressenti durant toute la journée mais également la fébrilité contenue devant mon portable. Sa voix m'apaisait. Je lui ai raconté en détail la belle journée que je venais de passer, le brunch, la promenade le long des quais, des discussions diverses avec nos parents. J'étais bavard. Plus les minutes passaient, plus j'avais d'anecdotes à lui conter. Elle m'écoutait parfois en émettant un rire qui réchauffait mon coeur. De temps en temps, quelques blancs me permettait d'écouter sa respiration sereine et je l'imaginais  évoluant dans son appartement. Je n'avais aucune envie d'interrompre ce coup de fil. Apparemment elle avait le même désir que moi. Je lui murmurais des mots doux au creux de son oreille. A son rire timide, je devinais que mes mots la touchaient réellement. Quand nous avons raccroché après de longues minutes à nous susurrer la phrase magique, elle me manquait déjà terriblement. Allongé sur mon lit, j'ai fermé les yeux et j'ai revu son sourire angélique.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, mon père est resté avec moi tandis que Léa partait vers le quartier du Marais pour son essayage. Avant de sortir de l'appartement, elle m'a fait un clin d'oeil de connivence que mon père a aussitôt remarqué. Il a essayé de me questionner sans succès. Il était lui aussi dans tous ses états et le voir aussi angoissé me faisait vraiment rire. Vers dix heures, nous sommes dirigés vers le centre commercial Italie II. Le portable de mon père n'a pas arrêté de sonner toutes les deux minutes et il s'excusait chaque fois avant de décrocher: c'était son bureau. Lundi matin n'était pas le meilleur jour pour une journée de congé. Mais malgré tout ça, il a pris la matinée pour moi et je l'ai remercié sincèrement dans la rue en fendant la foule. Nous avons passé la majeure partie à la Fnac à fouiller dans les rayons de livres, de CD et de DVD. Nous avions les mains remplies et nous avons eu du mal à arriver jusqu'à la caisse. Puis nous avons pris l'escalator pour nous diriger vers le Printemps. Mon père avait besoin de nouveaux sachets de thé et nous nous sommes directement allés au stand de chez Mariage Frères. Déjà petit, j'aimais l'accompagner à acheter de nouveaux thés. J'ai toujours aimé sentir chaque pot de thé et  essayer de deviner les différentes composantes de ces boissons. Pendant que mon père choisissait ses précieux breuvages, moi j'ouvrais tous les pots pour humer. J'ai aimé mettre mon nez dans le mélange particulièrement gourmand de caramel et de chocolat, Wedding Imperial que j'ai l'habitude de boire de temps en temps. Je n'ai pas compris mais j'ai eu un besoin irrésistible de lui envoyer un texto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Mon ange, tu me manques. Je t'attendrai sur la Place Verlaine aujourd'hui à 18h. Je dépose mes lèvres doucement sur les tiennes. Stan."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa réponse est arrivée rapidement:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Toi aussi. J'ai hâte d'être au rdv. Je t'embrasse tendrement. Margaux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à chacun de nos rendez-vous, je suis arrivé en avance. Assis sur le même banc vert que la dernière fois, j'ai commencé la lecture du livre qu'Emilienne m'avait offert vendredi soir, "Le premier amour" de Santiago H. Amigorena. Le début de ce roman m'a fasciné. Pourtant ce n'était qu'une banale histoire d'amour adolescent. Je m'imprégnais des mots d'un autre amoureux. Soudain le noir s'est abattu sur moi. Après la seconde de surprise passée, j'ai posé mes deux mains sur les siennes. Son parfum Allure venait chatouiller mes narines. Je me suis tourné vers elle et je me suis emparé de ses lèvres. Elles étaient douces et chaudes. J'ai eu envie d'elle. J'ai pris sa main et je l'ai entraînée vers son appartement. Dans la rue, je ne voyais que son sourire et son doux visage. Je l'embrassais à pleine bouche. Dans le hall d'entrée, mes mains se sont glissées sous son chemisier et je l'ai caressée furtivement. Je mordillais dans le cou et j'ai senti tout son corps vibrer. Dans l'ascenseur, ses mains ont touché audacieusement mon torse. Elle semblait partager le désir que j'avais d'elle. Les caresses se faisaient de plus en plus précises et insistantes. Nos habits étaient en désordre. Son rouge à lèvres dépassait allègrement de sa bouche et j'ai supposé que ma bouche devait l'être également. Quand elle a enfin ouvert la porte de son appartement, nous étions dans un état indescriptible. Malgré notre envie et notre désir, nous avons repris profondément la respiration. Je l'ai suivie en lui souriant. Elle m'a conduit dans sa chambre. Nous nous sommes allongés sur le lit tout en nous regardant droit dans les yeux. Je lui ai pris délicatement la main. Nous avons parlé longuement. Elle avait le même rire que quand je lui ai susurré de doux mots. J'ai aimé ce rire qui me touchait réellement. Encore maintenant dans mon lit, je l'entends distinctement et ce souvenir me donne le sourire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-693952514715855731?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/693952514715855731/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=693952514715855731' title='17 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/693952514715855731'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/693952514715855731'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-lundi-28-novembre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Lundi 28 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>17</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-5365864558034804110</id><published>2007-07-12T16:30:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:36:47.379+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Vendredi 25 novembre 2005</title><content type='html'>Vendredi 25 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'est enfin réveillé. Mercredi soir, quand je suis passée à l'hôpital, il était assis sur son lit. Ce sont ses yeux noirs que j'ai vus en premier. Il avait un regard d'une sérénité incroyable et surtout d'un désir brûlant. Je me suis arrêtée au seuil de la porte. Je n'osais pas y croire. Il était vivant et ses yeux le prouvaient. Nos regards suffisaient pour exprimer ce que nos bouches n'osaient dire. Nous n'avions besoin d'aucun mot. J'y suis entrée précipitamment et c'est là que j'ai vu les autres dans la chambre. J'ai eu un mouvement de surprise, un mouvement de recul.J'ai failli faire tomber le bouquet de roses blanches que j'avais acheté avant d'arriver à l'hôpital. Deux filles étaient assises au pied du lit de Stan. L'une était blonde. L'autre brune à la peau blanche. Elles devaient avoir une vingtaine d'années. La tête de la blonde ne m'était pas totalement étrangère. Jupe courte, T-shirt ultra court moulant et veste ridiculement petite. J'ai reconnu l'insolente étudiante blondasse de L3, Karine Levilain. Punaise, qu'est-ce qu'elle faisait dans cette chambre? Elle était aussi surprise que moi. Elle m'a adressé un regard interrogateur auquel je n'ai pas répondu. Je les ai saluées d'un simple bonsoir puis leur ai adressé un sourire de convenance. Nous sommes restés tous silencieux quelques minutes. Stan a fait les présentations. Constance, Karine et Margaux. La brune m'a regardée attentivement et moi bêtement je lui ai souri à nouveau. J'ai déposé le bouquet de roses blanches au milieu d'autres fleurs, des livres et des paquets de bonbons. j'ai prétexté un rendez-vous important pour sortir le plus rapidement de cette chambre. Bizarrement je ne m'y sentais pas à l'aise et je n'avais qu'une seule envie: m'y soustraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le couloir, je me suis laissée poser sur un banc tout en essayant de retrouver mon souffle. Stan était à nouveau vivant mais semblait avoir retrouvé son petit air suffisant. Karine le connaissait visiblement. Qui était donc cette Constance qui me regardait avec insistance ? Perdue dans mes pensées, je ne voyais pas les patients qui traversaient ce couloir. Je ne voyais que les pieds qui passaient, des chaussures de villes, des baskets, des charentaises, des talons aiguilles, des sabots blancs. Puis une paire de chaussons blancs s'est arrêté devant moi. J'ai levé doucement ma tête tout en suivant les jambes interminables de l'inconnu. Après les chaussons, j'ai examiné le pantalon pyjama de l'hôpital puis le haut du pyjama. Enfin j'ai vu la tête de l'inconnu. Il tenait une bouteille d'eau et un paquet de mouchoir. Philippe avait un sourire triste. J'ai eu sans doute le même sourire. Il a pris fermement ma main et m'a emmenée dans une salle plus claire. Nous nous sommes assis face à face devant une table. Sans un mot, je l'ai observé sous toutes les coutures. Même en pyjama, il était très séduisant. Sa barbe de quelques jours et ses cheveux ébouriffés lui donnaient un air de voyou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Comment vas-tu depuis la dernière fois?&lt;br /&gt;- Hum...je vais bien, merci et toi ?&lt;br /&gt;- Je fais un séjour de repos ici comme tu peux voir. J'ai eu ces derniers jours quelques moments difficiles. Et toi quelqu'un de ton entourage est ici ?&lt;br /&gt;-...oui, le fils de mon futur beau-père. Je viens de lui rendre visite.&lt;br /&gt;- Ah d'accord. J'ai cru en l'espace d'un instant que tu étais venue me voir. C'est grave pour ton futur frère ?&lt;br /&gt;- Non, je crois que tout va bien à présent pour lui. Et toi ?&lt;br /&gt;- Tu me manques affreusement. Je n'arrive pas à t'oublier. Quoique je fasse, tu ne quittes pas mon esprit et j'ai cru que j'allais devenir fou.&lt;br /&gt;- Philippe...&lt;br /&gt;- Tu sais, je peux changer. Nous pouvons tout recommencer si tu voulais seulement me donner une seconde chance. J'ai quitté Mathilde. Je ne veux que toi dans ma vie.&lt;br /&gt;- Philippe...&lt;br /&gt;- Je t'en prie. Ne pouvons-nous pas revenir en arrière ?&lt;br /&gt;- Philippe, je suis désolée mais c'est impossible de reprendre notre relation. Je dois te laisser car j'ai un rendez-vous important. Je te souhaite un bon rétablissement. Au revoir, Philippe."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis levée puis je suis partie sans un regard pour lui. Je me sentais perdue, complètement perdue. Alors que j'ai atteint le couloir, Philippe a crié dans mon dos:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Y a-t-il quelqu'un dans ta vie ? Pourquoi ne veux-tu pas revenir? M'as-tu au moins aimé ? Je peux tout changer."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne lui ai pas répondu. Je l'ai entendu pleurer et ses dernières phrases se sont noyées dans un sanglot. J'ai pleuré malgré moi mais je ne me suis pas retournée et j'ai continué mon chemin. Dehors il pleuvait et j'ai marché dans la rue sans parapluie. La pluie mouillait mes cheveux, mes vêtements, mes chaussures. Mes larmes se mélangeaient à la pluie. Je ne voyais plus rien devant moi. Je ne pensais plus à rien. Je n'étais plus rien. Juste une forme dans l'averse qui pleurait comme une enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, Blandine m'a appelée pour que nous déjeunions ensemble. Nous nous sommes retrouvées au Flore, un café qu'elle affectionnait particulièrement. Elle avait hâte de me parler de l'homme qui lui avait laissé son numéro de téléphone au sushi bar. Le soir, une fois arrivée chez elle, elle l'avait appelé. Ils sont restés plus d'une heure à se parler d'eux. Blandine parlait avec animation et une gaieté certaine. Elle avait du rouge aux joues et riait beaucoup en me narrant les moindres détails de leur conversation. Elle picorait à peine dans sa salade et parlait énormément avec ses mains. Elle était sous le charme de cet homme. Je lui souriais tout en dégustant mon déjeuner mais mon esprit était ailleurs. Le flot de paroles de mon interlocutrice me parvenait mais je n'arrivais à m'y concentrer réellement. Je pensais à lui. Mon portable restait silencieux et je n'avais cherché à le joindre ou à lui envoyer un message. Pendant qu'elle me parlait de sa relation amoureuse naissante, je me pensais à ma propre relation avec Stan. Il a à peine vingt ans et moi trente. Que pouvons-nous faire ensemble avec un tel écart d'âge? Quel point commun avons-nous ? Ne suis-je pas trop âgée pour lui? Qu'en penseraient nos parents respectifs et comment réagirait notre entourage? J'aurais aimé confier toutes ces questions à Blandine mais j'ai finalement préféré me taire et l'écouter. Elle avait besoin de mon écoute et non l'inverse. Elle était comme toute amoureuse subjuguée par son futur amoureux. Elle faisait des tas de projets en l'incluant totalement dans sa vie. Elle avait coutume de dire qu'elle était sauvage et détestait les couples d'amoureux mielleux. Elle se comportait comme nous toutes en somme en train d'établir un plan de relation tout aussi improbable que surréaliste alors qu'elle ne le connaissait que depuis seulement quelques jours. J'ai donc appris que l'homme au papier était professeur de mathématiques et avait trente ans. Il vivait dans le XV ème et aimait jouer au ping pong à ses heures perdues. Visiblement il avait un charme fou, surtout au téléphone quand ils étaient tous les deux. Blandine était amoureuse et j'en étais totalement persuadée. L'amour...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ce déjeuner, je suis passée à la Fnac de Montparnasse. J'ai eu envie d'acheter "Ensemble, c'est tout" d'Anna Galvada. Le livre que j'avais lu au chevet de Stan. Le début m'avait plu et j'avais envie de le continuer. Je voulais lire la même chose que lui. J'ai passé toute ma soirée à le lire et en le refermant, j'ai laissé échapper quelques larmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui j'ai décidé de rendre une petite visite à Stan à l'hôpital. Il me manquait tellement que je n'arrivais à me concentrer sur mon travail. J'ai retouvé Karine dans l'amphi cet après-midi. Nous avons fait comme si de rien n'était. Je ne savais pas très bien ce que Stan a pu lui raconter. Je ne connaissais pas sa relation réelle avec lui. Donc je n'ai rien changé dans mon attitude vis à vis. A la fin des cours, je me suis précipitée dans la rue d'Assas et ai marché d'un pas rapide. J'ai eu une réelle envie de le voir. Arrivée dans le couloir, j'ai regardé partout avant d'entrer dans la chambre. Assis sur son lit, il feuilletait un livre. Mes roses blanches étaient sur la table de nuit, la plus proche de lui. J'ai vérifié qu'il n'y avait personne avant de me jeter sur ses lèvres. J'ai littéralement mangé sa bouche en ne lui laissant aucune possibilité de protester. Mais je n'avais pas besoin de demander son consentement, sa bouchait répondait passionnément à la mienne. Nous nous sommes embrassés durant de longues minutes sans nous lasser. Aucune parole, aucun mot. Juste deux corps qui se cherchaient et qui s'attiraient. Nos mains se sont rapprochées. J'ai passé ma main dans ses cheveux hirsutes. J'ai caressé ses joues, son cou et sa nuque. Nous avons ri comme deux gamins tout en nous embrassant. J'ai frissonné quand ses mains ont rencontré ma nuque et mes seins. Un léger effleurement à peine perceptible et pourtant un grand frisson sur tout mon corps. Nous serions sans doute allés très loin si un bruit venant de la porte ne nous avait pas tirés de notre étreinte passionnelle. Cheveux en bataille, les vêtements en désordre, mon rouge à lèvres sur les siennes, nous devions offrir un spectacle pathétique d'un couple d'amoureux surpris en pleine action. En nous regardant, nous sommes partis dans un fou-rire inexplicable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une infirmière est entrée au bout de quelques minutes. Un jolie brune avec un joli et doux sourire. Elle devait avoir une vingtaine d'années. Elle tenait des livres dans une main et des pots de compote dans l'autre main. Stan m'a présentée à Emilienne son infirmière préférée. Spontanément elle m'a embrassée sur les joues. Surprise et amusée, je me suis laissé faire. Elle était d'une fraîcheur hors du commun et a mis une sacrée ambiance en quelques minutes. Des rires ont fusé à la moindre de ses paroles. Elle nous a raconté les histoires des autres patients du service. Puis nous avons parlé de livres. J'ai compris d'où venait le roman "Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda. Emilienne et moi avons partagé nos différentes émotions ressenties en le lisant. Stan nous écoutait silencieusement tout en nous observant l'une et l'autre. Contrairement à mercredi, je me sentais très à l'aise avec Emilienne. C'était comme si nous nous connaissions depuis très longtemps. Nous riions de bon coeur. Puis elle nous a quittés pour aller s'occuper des autres malades. A regrets, je l'ai embrassée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retrouvés seuls, nous nous sommes jetés dans les bras de l'un et de l'autre. Je me suis allongée à ses côtés. Il m'a demandé de fermer mes yeux et lorsqu'ils étaient fermés, il m'a murmuré une phrase magique. Je ne les ai rouverts qu'après un long moment. Cette phrase aussi inattendue que surprenante a fait bondir mon petit coeur qui s'emballait. En les rouvrant, j'ai vu les siens qui attendaient une réponse. J'y lisais toute la promesse d'un bonheur sans faille, d'un amour sincère, d'une belle vie. Pour toute réponse, je l'ai embrassé délicatement puis fougueusement. Comment ai-je pu avoir peur de lui ? De nous? De notre amour ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi 25 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi, contre toute attente, elle est venue me rendre visite. Elle a eu un sourire tout timide en ouvrant la porte de ma chambre. Totalement surpris par cette visite, je me suis contenté de la regarder s'avancer vers moi. Une légère effluve de son parfum me parvenait de plus en plus distinctement à chacun de ses pas. Sa silhouette fragile s'est penchée vers moi. Sa bouche a frôlé mes joues. Sentir son souffle si près de moi m'a troublé. Elle aussi d'ailleurs car ses joues étaient toutes rouges. Nous nous sentions un peu gênés de nous retrouver ainsi. Sans un mot, elle m'a tendu sa main droite dans laquelle se trouvait une boîte blanche. Elle avait fait un tour à ma boulangerie préférée. De la boîte, j'ai sorti des gâteaux délicieux pour le plus grand bonheur de mon estomac. Je l'ai invitée à s'asseoir sur une des chaises au pied de mon lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" J'ai su par Julie que tu étais ici.&lt;br /&gt;- Merci d'être venue mais il ne fallait pas.&lt;br /&gt;- J'en avais juste envie. Tu vas mieux ?&lt;br /&gt;- Oui... Je me suis trompé dans le dosage des médicaments, ce n'est pas très grave. Et toi, comment vas-tu ?&lt;br /&gt;- Hum... ça va, merci. Je suis très occupée comme toujours et je me laisse emporter par tout ça.&lt;br /&gt;- C'est gentil de m'avoir apporté tous ces gâteaux.&lt;br /&gt;- Je suis passée dans ton quartier et ai choisi tes gâteaux préférés. J'avais envie de te faire plaisir.&lt;br /&gt;- C'est gentil, je ne sais pas si j'ai mérité d'être gâté.&lt;br /&gt;- Stan, tu sais...&lt;br /&gt;- Je n'ai rien à t'offrir en échange. A moins que tu aimes les orchidées ? Julie m'en a offert mais je n'ai pas vraiment la main verte. Si tu veux, tu peux repartir avec le pot d'orchidées.&lt;br /&gt;- Heu... merci. Stan, j'aimerais te dire que...&lt;br /&gt;- Sinon tu peux partir avec le bouquet de fleurs aussi. Julie n'arrête pas de m'en offrir.&lt;br /&gt;- Tu m'as manqué.&lt;br /&gt;- ...&lt;br /&gt;- Tu es vraiment avec cette Margaux ? Tu l'aimes réellement ?&lt;br /&gt;- Constance, je l'aime oui. Nous sommes ensemble. Je suis désolé d'être aussi injuste avec toi.&lt;br /&gt;- Ne t'inquiète pas. Ca passera avec le temps...&lt;br /&gt;- Je suis désolé pour tout ça."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle était sur le point d'éclater en sanglots. On a frappé à la porte et la porte s'est ouverte sur Karine. Elle m'a embrassé puis a déposé sur mon lit d'autres romans. Elle a essayé d'arranger dans une bouteille le bouquet de roses rouges qu'elle venait d'acheter. Karine et Constance se sont saluées courtoisement. Sans rien demander, la première s'est installée sur la chaise à côté de la seconde. Un silence plus que gêné s'est installé entre nous trois. Constance avait un regard perdu. Karine s'étonnait de la présence de mon ex. Puis petit à petit, j'ai essayé de les questionner sur chacune de leur vie. Pour finir, nous nous sommes mis à parler de nos études respectives, de nos lectures récentes, de nos activités. J'ai remercié Karine pour le plaisir que ses romans m'ont procuré ces derniers jours. Je lui ai avoué qu'ils m'avaient tellement plu que je les avais déjà prêtés à une infirmière. Je n'avais pas envie de lui dire que je les avais offerts car sinon elle m'aurait engueulé ! Prudence donc. Elles se sont lancées dans une discussion plus que passionnelle sur la littérature, l'une défendait la littérature américaine tandis que l'autre la littérature russe. Elles se sont battues froidement et férocement. Elles se lançaient des mots comme si elles lançaient des couteaux. Le ton montait. Les critiques et l'ironie fusaient dans tous les sens. J'ai même cru qu'elles allaient en venir aux mains. J'ai pris un Saint-Honoré de la boîte puis j' ai mis de la chantilly sur le bout de mon nez. Elles ont cessé de s'étriper et m'ont regardé bizarrement. Puis je m'en suis mis une pointe sur chaque joue, sur le front et le menton comme si je mettais de la crème hydrantante. Elles ont commencé à rire discrètement puis ont éclaté aux éclats. Devant leur hilarité commune, je me suis levé du lit et je les ai barbouillées de chantilly. Elles en ont profité pour sortir les autres gâteaux et me les lancer. Nous avons ri comme des gamins à courir l'un vers l'autre. Après un passage à la salle de bain et après un rapide nettoyage de la chambre, nous avons retrouvé notre calme et une certaine sérénité. Nous avons repris une conversation moins conventionnelle et moins intéressée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que l'ambiance devenait plus détendue, on a encore frappé à la porte et j'ai cru que les infirmières venaient se plaindre de nos bruits. La porte s'est ouverte pour la troisième fois de l'après-midi. Margaux se tenait au seuil de la porte, complètement interdite. Son visage au sourire angélique m'a tellement manqué. Lorsque nos yeux se sont rencontrés, elle m'a dévisagée avec sa bienveillance habituelle. Mais en y faisant plus attention, j'y pouvais lire les flammes de la passion la consumer. Malgré la présence des autres, j'ai eu envie d'elle. J'aurais aimé n'être qu'avec elle dans cette chambre. L'allonger sur mon lit et lui faire l'amour sans autre préalable qu'un long baiser fougueux. Elle s'est précipitée vers moi avec un bouquet de roses blanches puis s'est arrêtée à la dernière minute à la vue des deux autres. Elle a même failli tomber de surprise mais elle s'est arrêtée à temps. Sûre de son âge, elle a salué les autres d'un simple bonsoir et leur a adressé un sourire. Karine était ahurie par l'apparition de sa prof et elle devait avoir un mal de chien à faire le lien entre cette dernière et moi. Ne voulant pas revivre une nouvelle situation embarrassante avec ces trois femmes, j'ai fait les présentations en commençant par Constance, Karine puis Margaux. Juste un prénom, c'était déjà beaucoup. J'ai observé Constance attentivement essayant d'analyser le moindre de ses gestes. J'ai vu qu'elle ne quittait pas Margaux des yeux. C'était un regard d'admiration  et presque d'affection. Elle devait sûrement se rendre compte que mon choix était irréversible. Margaux a déposé son bouquet de fleurs, des livres et des bonbons sur la table de nuit. Quelques banalités plus tard, elle a prétexté un rendez-vous important et j'ai assisté à son départ impuissant. Une tristesse soudaine m'a gagné et j'ai eu envie de crier de rage. Je ne voulais qu'elle et elle venait de partir. Karine et Constance ont repris leur conversation sur leurs livres préférés et moi je feignais de m'y intéresser. Alors que mon esprit était hanté par ses yeux bleus. Le souvenir de ses lèvres chaudes m'a mis dans un état de frustration extrême.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, Léa et mon père sont passés à l'hôpital. Ils avaient une mine épouvantable mais avaient le sourire aux lèvres. Léa m'a apporté quelques livres de ses auteurs russes préférés et une énorme boîte de chocolat. Ils se sont assis de part et d'autre de mon lit. Puis mon père a commencé à me parler de ses inquiétudes et de ma maladie. Il m'a demandé si mes séances de psy me permettaient réellement d'avancer et si je n'avais pas besoin d'un séjour dans une maison de repos, juste le temps de me reposer et de mettre les idées au clair. Il a commencé à me dire qu'on lui avait conseillé d'autres psy réputés si je voulais en changer. Léa me souriait tout en essayant de cacher ses larmes. J 'étais ému de les voir aussi préoccupés par mes soucis. Leur affection me touchait et me faisait culpabiliser. De quel droit je les faisais souffrir ainsi ? J'ai essayé de leur expliquer que je n'avais aucune envie de me donner la mort mais simplement de dormir profondément. Ils ne semblaient pas convaincus par mes explications et pourtant je ne disais que la vérité. Ils sont restés longtemps dans ma chambre. Nous avons parlé de mon avenir. Je ne savais pas très bien quoi leur répondre puisque je ne pouvais pas leur raconter ce que je vivais avec Margaux. Mon père souhaitait que je revienne habiter chez lui. Léa voulait que Margaux m'encadre pour les cours. Mais comment pouvais-je leur dire ce que je voulais réellement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après cette visite, Emilienne est entrée avec une fraîcheur et une joie de vivre communicative. Elle avait lu en quelques jours  les deux livres que je lui avais offerts et nous avons longuement échangé nos impressions. L'enthousiasme nous a gagnés et nous parlions avec les mains tout en dégustant le chocolat de Léa et les bonbons de Margaux. Il existait un lien si particulier entre elle et moi. Aucune gêne ou aucune ambiguïté entre elle et moi. Ses yeux si grands et si limpides me disaient de lui faire confiance. Je lui ai parlé de mon amour pour Margaux. Je lui ai raconté avec le souci des détails notre première rencontre puis de nos autres croisements fortuits ou voulus. Je lui ai décrit les différents sentiments qui m'habitaient et ce que je ressentais chaque fois que je la voyais. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui relater ce qui s'est passé mercredi après-midi entre Karine, Constance et Margaux. Emilienne m'a écouté silencieusement avec parfois quelques sourires aux lèvres tout en grignotant mes provisions de bonbons. Elle m'a dit simplement dit qu'elle aimerait bien rencontrer la belle amoureuse du beau au bois dormant et lui demander si elle m'avait réveillé d'un baiser. Nous avons éclaté de rire. Notre complicité était réelle, pure et belle. Je me suis endormi en regardant les roses blanches de ma bien aimée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui elle est revenue. Elle vient à peine de me quitter et pourtant elle me manque déjà. Dès qu'elle a franchi la porte de ma chambre, elle s'est jetée sur moi. Elle m'a happé les lèvres. Malgré la surprise, je l'ai embrassée avec fougue et j'ai cherché sa langue au fond de sa bouche. Nous nous sommes embrassés comme si c'était la dernière fois. Ses lèvres étaient sucrées. Je ne me lassais pas de l'embrasser. Malgré nos souffles coupés, nous avons continué à jouer avec nos langues. Ce baiser qui avait commencé tendrement prenait une tournure de moins en moins douce. Mes mains ont cherché les siennes. Elles s'unissaient pour mieux se séparer. Je sentais son désir autant que le mien dans sa bouche et dans ses mains. Puis nous sommes partis à la découverte du corps de l'autre. Nous étions dans un état d'excitation extrême quand quelqu'un a frappé à la porte. Margaux et moi avons eu un fou rire en nous regardant. A moitié déshabillés, les cheveux en bataille et son rouge à lèvre tout autour de sa bouche donc sur mes lèvres aussi. Avant qu'Emilienne ne rentre, nous avons remis un peu d'ordre tout ne riant de plus belle. La rencontre entre mon infirmière préférée et ma belle amoureuse dévoreuse de lèvres s'est bien passée. La fraîcheur et la spontanéité d'Emilienne ont visiblement plu à Margaux. Elles se sont entendues comme si elles se connaissaient depuis très longtemps. Leurs rires me faisaient plaisir car elles étaient deux êtres qui sont devenus chers à mon coeur. Amusé, je les ai regardées échanger leurs impressions sur le livre qu'Emilienne m'avait offert " Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda. Aucune animosité entre elles mais une réelle envie de partager les émotions. Après qu'Emilienne nous a quittés, Margaux est venue tout naturellement s'allonger à mes côtés. Nous nous sommes embrassés encore longuement. Après un long baiser particulièrement fougueux, je lui ai demandé de fermer les yeux. J'avais peur d'être confronté à l'immensité de ses yeux bleus pour ce que j'allais lui dire. Docilement elle s'est exécutée. Je lui ai murmuré au creux de l'oreille "Margaux, je t'aime". Elle a gardé longtemps les yeux fermés. Aucune expression sur son visage. Mon coeur battait la chamade. Je sentais le sien s'accélérer également. Elle les a ouverts et j'ai su que notre amour était réciproque. Ma phrase lui avait coupé le souffle durant quelques instants mais elle m'a embrassé encore plus fougueusement. Cette réponse était celle que j'attendais.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-5365864558034804110?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/5365864558034804110/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=5365864558034804110' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/5365864558034804110'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/5365864558034804110'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-vendredi-25-novembre.html' title='Chapitre A (Automne) Vendredi 25 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-3542816693511354680</id><published>2007-07-12T16:26:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:29:40.295+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Mardi 22 novembre 2005</title><content type='html'>Mardi 22 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis dimanche, je n'ai quasiment pas dormi et je ne tiens plus debout. J'ai la tête qui tourne et je n'ai plus aucune force. Je me sens paumée et je ne fais que subir les événements. J'aimerais réagir mais les forces m'abandonnent. J'erre dans les couloirs animés de l'hôpital Cochin le plus clair de mon temps libre. Je suis installée à ses côtés sur une chaise inconfortable et je trouve enfin un peu de répit pour écrire dans ce carnet. Par où commencer ? Comment en quelques jours les choses se sont basculées ? J'ai l'impression d'évoluer dans un film de série B.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche matin j'ai essayé d'appeler comme prévu au réveil Stanislas. Contre toute attente, il n'a pas décroché et j'ai laissé un petit message. J'ai mis ce silence sur le compte de l'heure matinale. Donc je ne me suis pas alarmée outre mesure. Dans mon message, je lui demandais de me rappeler avant le dîner chez son père. A midi, je n'ai eu aucune nouvelle de sa part malgré de nombreux messages laissés sur son répondeur de portable. Inquiète, j'ai fini par joindre François. Puis les choses se sont accélérées. Il a appelé Stanislas sur son portable, sur son fixe. N'ayant aucune réponse, François et ma mère se sont déplacés jusqu'à son appartement. Ils ont ouvert la porte et ont découvert son corps inanimé sur le lit. Je les ai rejoints aux urgences de Cochin dès que ma mère m'a appelée. Dans le bus qui m'emmenait vers l'hôpital, j'ai essayé de rassembler mes esprits. Ma mère ne m'a donné aucun détail au téléphone et dans ma tête, j'ai commencé à imaginer des tas de choses. Angoissée et paniquée, j'ai pleuré comme une madeleine assise dans ce bus. Quand je suis arrivée aux urgences, ma mère est tombée dans mes bras en larmes et j'ai pensé au pire. J'ai à peine entendu ses explications murmurées qui se perdaient dans mes cheveux. Je ne l'ai jamais vue dans cet état, même à l'enterrement de mon père. Je n'ai eu qu'une seule et unique envie, m'enfuir de cette salle d'attente. Tout cela était surréaliste pour moi. Cette salle d'attente immense remplie de gens, des lits dans d'interminables couloirs, des médecins courant partout, des infirmières sautillant à droite et à gauche. Et ma mère pleurant dans mes cheveux mélangeant ses larmes aux miennes. Ma tête tournait. Mes oreilles bourdonnaient. Mon coeur était prêt à exploser. Heureusement François est arrivé et j'ai su que Stanislas était transféré dans une chambre individuelle. Sa vie n'était pas en danger mais il dormait à cause du nombre important des somnifères avalés. Soulagées ma mère et moi, nous nous sommes mises à pleurer à nouveau. J'ai vu François qui retenait les siennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand nous sommes entrés dans la chambre, je l'ai vu branché à un appareil respiratoire. Il semblait paisible. Tellement paisible qu'on aurait pu le croire simplement endormi. Je n'ai pas pu détacher mon regard de ce visage et de ce corps. Sur ses bras, j'ai vu des bleus. Il s'est battu contre les pompiers qui ont essayé de le mettre sur un brancard. Un dernier sursaut de vie ? Debout autour de son lit, nous avons veillé sur son sommeil. Chacun était perdu dans ses pensées. François ne disait rien mais on lisait dans ses yeux la peur. Quand je lui ai téléphoné quelques heures plus tôt, j'ai senti son inquiétude dans sa voix. Une voix qui déraille pour un homme comme lui était inconcevable. Sa fragilité était touchante et ma mère devait sûrement  penser la même chose que moi puisqu'elle a passé sa main dans celle de son amant. Elle le soutenait comme elle pouvait. Je leur ai proposé de rentrer se reposer pendant que moi je restais dans cette chambre à veiller sur Stanislas. Ils ont eu du mal à l'accepter mais finalement ils sont partis. De toute façon, il était inutile d'être à trois et surtout j'avais envie d'être seule avec lui. Assise le plus près de son lit, j'ai caressé sa main. Cette main qui m'avait fait tressaillir dans cette boutique de mariage. Je pouvais à présent la prendre sans peur et la caresser sans frissonner. Sa respiration était régulière et l'entendre son souffle si près de moi me rassurait. Alors qu'il était allongé dans ce lit d'hôpital, une évidence s'est imposée à moi. Je l'aimais. Depuis cette soirée d'été où nous nous sommes pour la première fois jusqu'à ce rendez-vous dans le café Vavin où il m'a volé un baiser: je crois que j'ai toujours su que je l'aimais. Alors je lui ai parlé. J'ai fait ma déclaration d'amour en le regardant droit dans les yeux, certes les siens étaient fermés. Mais en tout cas, ça m'a aidée car habituellement je laissais l'autre faire tout le travail et je me contentais de dire idem ou moi aussi. Lâche et poltronne, ce sont deux adjectifs  qui me collaient tellement bien. Courageuse mais pas téméraire, je lui ai donc dit des mots doux alors qu'il était loin dans son monde de rêves. Je ne savais pas s'il pouvait m'entendre ou pas mais je lui ai longuement parlé de mon petit coeur fragile, de mes sentiments nouveaux qui me tourmentaient, de mes hésitations. Je lui ai raconté nos rencontres fortuites qui m'avaient amusées. Ce que j'avais ressenti à chacune de ces rencontres. De ce face à face à la Gare du Nord. Je lui ai fait la conversation durant je ne sais combien d'heures mais je lui ai tout dit dans cette chambre d'hôpital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin le réveil a été rapide. J'ai fait les choses machinalement. Une matinée difficile dans le bureau où ses roses blanches embaument encore. Ma secrétaire en a bien pris soin en coupant chaque tige tous les deux jours. J'ai eu l'esprit vraiment ailleurs. Les cours à la faculté ont été les pires moments. Etre face à tous ces étudiants qui devaient avoir son âge, je me sentais mal à l'aise. Je me suis demandé pourquoi eux ils étaient là alors que lui était sur un lit d'hôpital. Pourquoi lui ? Après ces cours qui m'ont paru interminables, j'ai marché jusqu'à Cochin. A peine une dizaine de minutes mais j'étais impatiente. Aucune nouvelle de François ou de ma mère pour me rassurer de son état. La vie reprenait malgré tout et cette constatation m'a agacée car pour moi, cette phrase n'avait aucun sens. Au contraire ma vie s'était arrêtée dans cette chambre d'hôpital et elle ne reprendra sa course que quand il se réveillera. Je suis entrée dans sa chambre sur la pointe des pieds. Sur sa table étaient posés des livres, des fleurs, un téléphone portable, un ordinateur portable. Quelqu'un était venu lui rendre visite. Mais rien n'indiquait qu'il s'était réveillé. J'ai enlevé mon manteau et je me suis installée toujours sur  la même chaise. J'ai souri tout en prenant sa main et je lui ai doucement raconté ma petite journée. Je lui ai aussi décrit tout ce qu'il y avait sur sa table de nuit mais que je ne savais pas qui avait apporté tout ça. Tout en caressant sa main, je lui ai promis que nous ferions tout ce qu'il voudrait et nous irions où il voudrait dès qu'il se serait réveillé. Je n'étais plus triste et au contraire euphorique je faisais des tas de projets pour nous. Plus tard, François est arrivé. Il avait une mine affreuse et semblait surpris de me retrouver dans la chambre de son fils. Je lui ai simplement dit que ma faculté était à deux pas et que je venais d'arriver. Nous avons échangé quelques banalités affligeantes. Je ne trouvais pas de mots adéquats à lui dire. Lui était dans un état d'abattement avec sa mine épouvantable et ses cernes. J'ai pris délicatement sa main dans les miennes. J'avais envie de le rassurer et de lui transmettre toute ma compassion. Dans ses yeux, j'ai lu de la peur et de la souffrance. Nous sommes restés ainsi à veiller sur Stanislas silencieusement jusqu'à ce qu'une infirmière vienne nous chasser. François m'a proposée de me raccompagner chez moi mais j'ai préféré marcher. Seule dans la rue, j'ai enfin pu me laisser aller et j'ai pleuré. Malgré la température basse, la nuit était douce mais tellement terrifiante pour moi. Toute ma carapace se brisait d'un seul coup. Son sourire me venait à l'esprit. J'avais envie de ses bras. Il me manquait tout simplement. Des questions m'ont assaillies. A chaque pas que je faisais vers mon appartement, une question devait me tarauder. Je ne comprenais pas pourquoi il avait fait ça. François et ma mère ne semblent pas comprendre non plus la situation. D'ailleurs je n'ai pas osé les questionner. Je me suis rendu compte aussi qu'il y a avait encore une foule de choses que je ne connaissais pas chez Stanislas. Par exemple, le fait qu'il prenne des somnifères pour s'endormir. Est-ce un accident ou une vraie tentative de suicide ? Etait-il si malheureux ? Avait-il eu une mauvaise nouvelle? Avait-il mal dosé ses médicaments?  Puis d'autres questions se sont succédées dans ma tête embrouillée. Pourrais-je le rendre heureux ? Serais-je à la hauteur de tout ça ? Etait-il raisonnable de nous aimer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me revoilà donc sur cette même chaise aujourd'hui comme hier. Et comme hier, je suis arrivée en fin d'après-midi. Stanislas n'est plus branché aux différents appareils. Il semble toujours aussi serein et endormi. J'ai l'impression qu'il va se réveiller d'un instant à l'autre ou qu'il fait semblant de dormir. Son sommeil semble paisible que ça en a l'air suspect. D'autres fleurs et d'autres livres ont été déposés sur son autre table de nuit. Ainsi que deux carnets Moleskine. Il y a même des paquets de bonbons dont certains sont déjà ouverts. Quelle drôle d'idée d'offrir quelque chose qu'on a déjà ouvert ?  Aujourd'hui, je ne lui ai pas raconté ma journée mais je lui ai lu quelques pages d'un des romans posés sur sa table de nuit. Le titre est "Ensemble, c'est tout" et j'ai réussi à lui faire une heure de lecture tout en caressant sa main. Je le regarde tout en écrivant sur ce carnet et j'aimerais vraiment qu'il se réveille maintenant. J'aimerais revoir ses yeux, m'y noyer en entier, y lire tout son amour. J'aimerais que cette main que je chéris tant s'anime et me caresse. J'aimerais entendre encore sa voix et ses rires. J'aimerais à nouveau me blottir dans ses bras... Il est temps que je parte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi 22 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j'ai ouvert mes yeux, j'ai eu une surprise de taille. Je n'étais pas chez moi dans mon lit mais dans un lit d'hôpital. J'ai eu la bouche pâteuse, la tête qui tournait comme si j'avais trop dormi. J'ai essayé de me redresser mais je n'y ai pas réussi. Mes jambes et bras portaient des bleus et me faisaient atrocement souffrir. Je ne me suis souvenu de rien, à part que j'ai attendu une réponse de Margaux avec le portable à la main allongé sur mon lit. J'avais terriblement envie de m'endormir mais le marchand des sables n'arrivait pas. Quelques cachets plus tard, je somnolais dans un rêve paisible. Je me sentais plus détendu. J'ai cru avoir entendu la voix de mon père et les pleurs de Léa dans mon sommeil. J'ai senti des bras me transporter à droite puis à gauche. J'aurais voulu protester mais aucun son ne sortait de ma bouche. D'autres voix étrangères se sont fait entendre mais je n'ai pas réussi à capter ce qu'elles racontaient. Pourtant j'ai cru reconnaître celle de ma bien aimée. Je n'en suis pas sûr mais je crois qu'elle me disait qu'elle m'aimait. Etait-ce un rêve ou la réalité? Au réveil, il faisait déjà nuit dehors. Il y régnait un silence à faire peur. A part la lumière au dessus de moi, ma chambre était plongée dans le noir. Sur ma table de nuit, j'ai vu des fleurs, mon ordinateur portable, mon téléphone portable, des livres. Julie a dû passer par là. Il n'y avait qu'elle qui savait que j'avais besoin de toutes ces choses. Par contre, je me suis demandé pourquoi elle m'a apporté des orchidées. Serait-ce sa nouvelle lubie ? En tout cas, elles m'ont procurée un sentiment de sérénité et de calme. J'ai sonné et une infirmière est apparue dans l'encadrement de ma porte. Elle était jeune et avait un très joli sourire qui me rassurait. Je lui ai demandé où je me trouvais, quel jour nous étions, qui m'avait amené tout ce qui se trouvait sur la table de nuit. Elle m'a répondu patiemment. J'étais à Cochin et nous étions déjà le lundi 21 novembre. Pour les affaires, elle m'a parlé d'une femme enceinte et d'une blonde au look d'allumeuse. J'en ai déduit que Julie et Karine étaient passées par là. Je n'ai pas osé la questionner pour savoir si mon père m'avait rendu visite. Mais devinant mes pensées, elle m'a avoué que mon père et une jeune brune venaient de me quitter à cause de la fin des visites. Mon coeur a fait un bond, une jeune femme brune. Ca ne devait être que Margaux. C'est donc bien sa voix que j'ai entendue dans mon sommeil.J'ai eu envie de la questionner davantage sur ma brune préférée mais finalement je l'ai alors interrogée pour connaître depuis quand j'étais dans ce lit. Elle m'a indiqué que j'étais arrivé aux urgences depuis dimanche. Elle était plutot cool et ne me faisait pas la morale. Elle m'a surnommé "le beau aux bois dormant" parce que j'ai dormi depuis deux jours. Elle est restée encore quelques moments avec moi, les autres patients dormaient et n'avaient pas besoin d'elle. Nous avons papoté comme si nous étions deux amis. Elle m'a apporté quelques pots de compote et de yaourts en guise de dîner que j'ai avalés goulûment. Elle s'appelait Emilienne et avait tout juste vingt-deux ans. Son joli sourire m'a rappelé celui de Margaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que je suis réveillé hier soir, je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je n'ai pas arrêté de penser à Margaux et elle me manquait terriblement. Je me suis également demandé ce qu'elle pouvait penser de moi à présent. J'ai supposé qu'elle me prenait peut être pour un post ado suicidaire. J'avais tellement envie de la revoir et de l'entendre rire. J'aurais tout donné pour avoir un sourire d'elle. Aucune trace de sa visite pourtant dans ma chambre. Alors j'ai essayé de combler ce manque et ma solitude avec les livres de Karine. Il était facile de savoir qu'ils venaient d'elle puisqu'elle me les avait dédicacées amicalement à l'intérieur de chaque livre. Par ailleurs il n'y avait que des auteurs de littérature américaine, la seule passion qui nous unissait autrefois. Karine m'avait choisi "L'attrape coeur " de J.D. Salinger, "Demande à la poussière" de John Fante et "Le démon" d'Hubert Selby Jr. Trois héros américains au destin si particulier. J'ai choisi de commencer par le moins épais pour avoir le plaisir d'avoir rapidement la fin de l'histoire. Dans "L'attrape coeur", j'ai eu peur avec Holden Caufield. Je l'ai trouvé tellement touchant, désespéré et tellement sensible. J'ai erré avec lui dans New York. Je me suis identifié à lui et à sa vie d'adolescent paumé. Je l'ai refermé avec beaucoup d'émotion et les quelques heures nocturnes que j'ai passée avec ce livre m'ont paru comme un pur délice. Il n'y avait plus rien. Ni ma maladie, ni mes angoisses, ni ma vie lamentable. J'ai enchaîné avec Arturo Bandini dans "Demande à la poussière". J'ai vécu atrocement et quasi épidermiquement l'amour d'Arturo pour Camilla, sa petite serveuse mexicaine. Un amour déchirant et exacerbé. Un amour tellement sensuel et tellement criant de vérité. J'ai vu la lumière du jour en lisant les dernières pages du livre quand Arturo a compris que Camille l'a quitté. J'ai pleuré malgré moi pour cet amour si triste. En le refermant, je me suis enfin redressé sur mon lit malgré les fils pour admirer le lever du soleil et savourer ce moment unique. Qu'il était bon de vivre et de pouvoir d'admirer ces rayons dorés. Il semblait que ce soleil me promettait une vie plus radieuse et plus belle que jamais avec Margaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emilienne est repassée dans la matinée à la fin de sa garde pour me souhaiter une bonne journée. Je lui ai résumé succinctement les deux livres que je venais de lire toute la nuit. Elle semblait s'y intéresser alors je les lui ai donnés après avoir déchiré les dédicaces de Karine. Elle paraissait ravie de mon cadeau et cherchait des mots pour me remercier. Sa simplicité et sa gentillesse m'ont vraiment touché. Elle est allée chercher quelque chose dans son casier. Elle en est revenue avec un autre livre d'un auteur français, "Ensemble, c'est tout " d'Anna Gavalda. Elle m'a expliqué qu'il avait été son plus beau compagnon durant ses longues nuits de garde à l'hôpital. Nous avons pris notre déjeuner ensemble, moi coincé sur mon lit avec les fils et elle sur une chaise à mes côtés. Elle m'a raconté sa vie d'infirmière. Elle travaillait à Cochin depuis presque une année. Elle aimait y rester surtout la nuit car c'était bien calme et elle pouvait lire à loisir tout ce qu'elle voulait. Elle m'a même confié qu'elle écrivait de temps en temps comme ses auteurs préférés dans des carnets. Nous avons longuement parlé de nos lectures et de nos auteurs. Puis elle m'a demandé ce que je faisais dans la vie. Question surprenante car je ne m'y attendais pas vraiment. Je lui ai donc parlé de mes études et de ma vie, en résumé. J'ai alors osé lui demander si la brune était venue souvent me rendre visite. D'après sa réponse, Margaux était venue dès dimanche après mon admission à l'hôpital. Donc ça voulait dire qu'elle était venue chaque jour pour moi. Cette simple nouvelle m'a ébranlé.Elle a sûrement caressé ma main et m'a même embrassé. Elle était venue veiller sur moi. Emilienne est partie avant l'arrivée des médecins. Heureusement ces derniers m'ont permis d'être libéré de tous ces fils qui ne servaient à rien. J'ai enfin pu me lever et bouger de ce lit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai allumé mon portable et j'ai écouté tous les messages de mon répondeur. Margaux en avait laissé plusieurs dimanche. Entendre sa voix m' a fait du bien. Je les ai écoutés plusieurs fois et j'ai eu envie de la rappeler sur le champ. Mais je me suis retenu. Il y a eu aussi un message de mon père, un de Julie, un de Karine et un de Benji. Entendre la voix de tous ces gens m'a rendu le sourire. Tout d'un coup, je me suis senti heureux comme un gamin devant toutes ces preuves d'amour et d'amitié de mes proches. J'ai appelé Julie en premier pour la remercier de sa visite et lui demander si elle pouvait passer prendre mes carnets Moleskine chez moi. Elle ne m'a rien demandé et m'a juste dit qu'elle était contente de m'entendre. Elle m'a promis de me les apporter aussi rapidement que possible. Puis j'ai appelé Karine. Elle devait être en cours puisqu'elle n'a pas répondu. J'ai raccroché sans laisser de message. Pour finir, j'ai appelé mon père. L'hôpital l'avait déjà appelé pour dire que j'étais réveillé donc il n'était pas surpris de mon coup de fil. Je n'ai pas pu dire autre chose que j'étais désolé pour tout et que je ne comprenais pas ce qui s'était réellement passé. Il ne s'est pas énervé, il n'a pas crié. Il semblait abasourdi par les événements. Il a promis de passer ce soir pour qu'on discute ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le déjeuner n'a pas été fameux. A chacun de mes séjours en milieu hospitalier, je déplorais la qualité des plateaux repas et Cochin n'échappait pas à la règle. Sans goût et sans saveur, ils ne remplissaient jamais mon estomac. Pour tout avouer, je n'y touchais carrément pas. J'avais de la chance que mes amis venaient me rendre visite avec toutes sortes de cadeaux comestibles pour me nourrir correctement. C'était donc avec joie que j'ai accueilli Julie avec mes carnets et des paquets de bonbons. Son ventre grossissait vraiment à vue d'oeil. A moins qu'elle grossissait avec tous ses caprices ? La gourmande venait à peine d'arriver qu'elle a déjà ouvert un paquet de bonbons et nous les avons déglutis en un rien temps. Elle m'a également apporté un autre bouquet de fleurs et des livres pour tromper mon ennui. Je lui ai menti ou avoué qu'en fait, je n'ai pas voulu être dans cet hôpital. Je voulais juste m'endormir et j'avais avalé sans doute trop de cachets. Elle ne m'a pas cru. J'ai voulu savoir comment j'étais arrivé dans cet hôpital. Elle m'a raconté qu'en fait mon père m'avait découvert inanimé dimanche en début d'après-midi et avait appelé les pompiers. C'était lui qui l'avait prévenue de mon hospitalisation. Elle-même avait prévenu Karine qui avait cherché à avoir de mes nouvelles. Puis sa voix s'est fait plus grave et elle m'a gentiment reproché d'avoir voulu disparaître. Pour elle, il était hors de question de ne plus vivre à mon âge. La vie m'appartenait et que tout le monde m'aimait. Je devais vivre, j'étais fait pour vivre. Elle a craqué tout en me déclarant tout ça. Ses larmes ont commencé à tomber sur mes draps. Je l'ai prise dans mes bras et je l'ai rassurée. Elle est restée quelques heures avec moi dans l'après-midi et nous avons retrouvé notre complicité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Julie m'a quitté, j'ai commencé à ressentir la fatigue d'une journée sans sommeil. Je me suis endormi et me suis réveillé avec la voix de Margaux qui me faisait la lecture. J'ai hésité entre faire semblant de me réveiller ou lui faire croire que je dormais encore. Je voulais savoir ce qu'elle faisait dans ma chambre pendant tout ce temps où je dormais. Donc j'ouvrais de temps en temps un oeil pour l'observer. Elle était toujours aussi belle. A voir ses yeux, elle n'a sans doute pas beaucoup dormi. J'ai eu envie de l'embrasser et de la prendre dans mes bras. Imperturbable, elle m'a lu "Ensemble, c'est tout" durant un long moment tout en caressant ma main. La sienne était très douce et chaude. Puis elle a lâchée la mienne pour écrire dans un carnet. J'ai cru qu'elle était en train de lire un de mes carnets mais j'ai vu que les miens étaient sur la table de nuit. Ainsi donc nous avons la même frénésie de l'écriture. J'aimerais savoir ce qu'elle a écrit si soigneusement et si sérieusement. De quoi parlait-elle ? De qui parlait-elle ? D'elle ? De moi? De nous ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-3542816693511354680?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/3542816693511354680/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=3542816693511354680' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3542816693511354680'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3542816693511354680'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-mardi-22-novembre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Mardi 22 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-254431977235061052</id><published>2007-07-12T16:22:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:25:50.205+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Samedi 19 novembre 2005</title><content type='html'>Samedi 19 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Jeudi, contre toute attente, j'ai eu un coup de fil de Philippe. Il a tout d'abord présenté ses excuses pour son comportement violent. Sa voix était éteinte. Les mots étaient choisis avec soin et étaient susurrés. Ni cri, ni haine dans sa voix. Juste des excuses sincères et implorantes. Je ne savais pas très bien ce que je pouvais lui répondre et je me sentais très mal à l'aise. A vrai dire, je pensais que la page de Philippe était tournée avec le vase et les roses blanches de la dernière fois. Et là il revenait à la charge. Je n'ai pas pu faire autrement que d'accepter sa proposition de dîner le soir même. C'est ainsi que je me suis retrouvée devant lui dans un petit restaurant coréen de la rue Mouffetard. Il m'attendait devant la porte du restaurant. Barbe de quelques jours, une tenue plus décontractée. Une cigarette dans une main et son portable dans l'autre main, il donnait l'effet d'un homme pressé et très occupé. Comme toujours les femmes qui passaient à ses côtés le reluquaient avec envie. Je n'étais pas très sûre de moi en m'approchant de cet homme que je pensais aimer. Les souvenirs défilaient dans ma tête au fur et à mesure que la distance entre lui et moi s'amenuisait. Comment un homme aussi présentable pouvait montrer une telle figure de violence ? Comment pouvait-il perdre tout son sang froid en quelques secondes ? Lorsque je suis arrivée devant lui, il m'a souri timidement. Nous étions comme deux maladroits incapables de savoir si nous devions nous embrasser ou de nous serrer la main. Deux semaines ont suffi pour nous rendre de parfaits inconnus l'un pour l'autre. Le restaurant était bondé et on nous a installés à une table au fond de la salle. De part et d'autre de notre table, des couples amoureux dégustaient des plats exotiques. Ne pouvant pas le regarder droit dans les yeux, je me suis amusée à observer la décoration sobre du restaurant et les clients. Il y avait beaucoup de Coréens avec des sacs remplis de leur promenade shopping de la journée. Ils semblaient tellement fatigués et avaient dû sans doute vider tout leur pouvoir d'achat dans les grands magasins de luxe parisiens. Quelques couples occidentaux dînaient également là dans un brouhaha de sons étrangers. On se serait cru ailleurs qu'à Paris. Lui, les yeux baissés, il faisait semblant de détailler la carte du menu. Puis il a ouvert sa bouche. J'ai écouté religieusement son monologue. Calmement il a avoué sa liaison récente avec Mathilde. Comment il est tombé dans ses bras sans en avoir réellement décidé. Leur complicité et leur fusion. Je lui ai demandé s'il avait pensé à moi lorsqu'ils étaient ensemble. Bien sûr, m'a-t-il répondu. D'après lui, elle a toujours été au courant de mon existence et de notre liaison officielle. Mais elle avait accepté de le partager. Je me suis demandée quel genre de femme pouvait être cette Mathilde pour supporter une telle situation. Les plats sont arrivés et nous avons dîné silencieusement. Après le thé vert, il a repris son monologue. Il ne voulait pas me perdre, pas maintenant et pas comme ça. Il voulait tout recommencer avec moi. Sa voix s'est fait encore plus basse et je l'ai entendu me parler de sa colère incontrôlable. Déjà petit, il avait montré un caractère hors du commun dont ses parents se félicitaient. L'aîné mâle d'une fière famille bretonne, il avait toujours eu la satisfaction de ses moindres désirs. Plus il me racontait ses histoires, plus je me rendais compte que je m'étais complètement trompée sur lui. Il n'était plus mon charmant homme à la bouteille d'eau qui avait accouru à mon secours dans le métro. L'homme qui m'avait charmée sur le Pont des Arts. L'homme qui m'avait fait rire aux éclats. J'ai découvert sa véritable facette, un homme égoïste et incapable de se contrôler. Sa mine défaite et ses yeux brillants m'ont culpabilisée en l'espace de quelques secondes mais rapidement le souvenir de ses gifles violentes ont eu raison de moi. Je lui ai clairement annoncé que pour moi la page était déjà tournée et que je ne voulais aucunement revenir sur ma décision. Il a semblé quelque peu désarçonné par la raideur de mon ton et la détermination de ma voix. Il n'y avait plus rien à ajouter. Je me suis levée et ai déposé quelques billets sur la table. Sans un mot, sans un regard, je suis partie du restaurant. Mon portable a émis un petit son. Un sms de Stanislas qui m'a fait sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Soirée pas terrible. J'aurais aimé être avec toi. Déjeuner demain ensemble ? Kiss. Stan"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en descendant la rue de Mouffetard, je lui ai répondu avec toujours ce sourire aux lèvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est donc avec une impatience quasi insupportable que j'ai attendu Stanislas au café Vavin hier midi. Dans un miroir de poche, je vérifiais plusieurs fois mon maquillage. J'examinais l'état de mes collants toutes les secondes. Je repassais plusieurs fois les doigts dans mes cheveux. Je jetais un coup d'oeil nerveux sur l'écran de mon portable. J'ai vu des têtes familières dans la salle du restaurant, sans doute des étudiants de mes cours. Assas n'étant pas très loin, ils devaient en profiter pour le déjeuner ou pour un café. Le quartier regorgeait d'étudiants et de lycéens avec toutes les universités et lycéens aux alentours. J'étais perdue dans mes pensées quand il s'est présenté à moi. J'ai remarqué tout de suite qu'il avait fait un gros effort dans sa tenue vestimentaire. Aucun jean à l'horizon, aucun polo. Un blazer, une chemise, un pantalon à pince. Il faisait quelques années de plus que son âge. En le voyant devant moi, mon coeur a  fait des bonds incroyables et j'ai dû presque me rasseoir sur la banquette. D'ailleurs il a profité de ce moment pour me déposer un baiser sur mes lèvres et s'asseoir à mes côtés. Nous nous sommes longuement regardés sans nous parler. Juste avec un sourire, nous avons essayé de nous apprivoiser. Les yeux dans les yeux, nous avons oublié tout ce qui nous entourait pour mieux nous concentrer sur nous-mêmes. Ni lui ni moi n'osions nous toucher de peur de gâcher ce moment de grâce qui nous touchait. Heureusement un serveur est arrivé pour la commande nous permettant ainsi de nous distraire pendant quelques minutes. Dès qu'il fut parti, Stanislas a posé sa main sur la mienne tout en me parlant de sa matinée difficile et de ses récentes lectures. Nos langues se sont déliées et nous avons discuté de littérature, du mariage de nos parents, du prochain dîner à quatre, des roses blanches qui embaumaient mon appartement et mon bureau. Des sourires succédaient aux doux mots et aux anecdotes amusants de la vie de chacun. Nous avons à peine grignoté dans nos assiettes, trop occupés par l'un et l'autre. Malheureusement je n'ai pas vu passer l'heure et c'est avec un pincement au coeur que j'ai dû me lever. En sortant du restaurant, nous avons vu la boulangerie d'en face et nous avons eu un sourire complice. Des souvenirs de septembre n'étaient pas très loin. Pressée par le temps, j'ai dû le laisser sur le trottoir de la rue Vavin. Son baiser encore brûlant sur mes lèvres, j'ai couru vers la faculté. Je me suis sentie légère et joyeuse. J'étais sur un petit nuage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une journée calme à dormir et à ranger mon appartement, ce soir, j'ai rencontré les autres pour une soirée de folles. J'y suis allée de bonne humeur. Elles avaient réservé au restaurant japonais "Matsuri Sushi" dans le premier arrondissement. La particularité de cet établissement résidait dans son tapis roulant d'une longueur incroyable. Sophie, Blandine, Loraine, Delphine et moi nous sommes installées devant ce tapis donc émerveillées par les petites coupoles de toutes les couleurs qui passaient devant nous. Nous piochions au gré de nos envies les sushi, les maki et les sashimi. Un verre de vin blanc frais accompagnait nos bouchées. Le restaurant était bondé et il y avait beaucoup de bruits. Nous avons également participé à faire augmenter le fond sonore du lieu. Delphine nous a présenté la fiche détaillée de son client amoureux. Il travaillait à la BNP et faisait du théâtre à ses heures perdues. Il était brun aux yeux verts. Aux allures sportives avec une gueule d'ange selon elle. Evidemment il était encore trop tôt pour les confidences donc nous avons tu nos questions indiscrètes. Puis Sophie nous a parlé de ses nouvelles conquêtes, visiblement sa boîte embauchait de nouveaux stagiaires. Chacune a raconté ses frasques et ses dernières péripéties depuis nos dernières retrouvailles. Les assiettes de couleurs s'entassaient devant nous. Un premier cadavre puis un deuxième cadavre. Des cigarettes allumées, des tas de mégots écrasés avec des traces de rouge à lèvres. Nous formions un groupe très bruyant avec nos cris et nos rires. Des têtes tournaient vers nous de temps en temps comme des reproches. Alors que Blandine nous racontait ses histoires de kiné, un homme d'une trentaine d'année s'est approché d'elle. Il lui est arrivé dans son dos avec un visage impossible à déchiffrer. Nous sommes restées interdites alors que Blandine ne sachant pas ce qui se tramait derrière son dos continuait à narrer joyeusement. Il a déposé un petit bout de papier devant elle puis a tourné les talons avant qu'elle ait pu se rendre compte de ce qui se passait. Nous avons attendu sagement sa réaction. Elle s'est retournée puis a essayé de chercher l'auteur du papier parmi la foule. Il lui a fait un signe discret de tête avec un verre de saké à la main. Elle a ri puis nous a montré le message. Il lui a écrit qu'il serait ravi d'être massé par ses soins et n'a évidemment pas oublié de laisser son numéro de portable. Il s'appelait Vincent. Nous avons ri comme des gamines. Lui de son coté devait sûrement être avec ses amis également puisque leur table a fait écho à nos rires. Blandine a hésité puis a mis le précieux papier dans son porte feuille. Nous l'avons beaucoup charriée avec cet incident et avons commencé à délirer sur leur éventuelle rencontre prochaine. Comme toujours, nous avons terminé la soirée dans un bar en sirotant quelques cocktails et en nous confiant des intimités. Encore une bonne soirée entre nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un nouveau sms de Stanislas a clôturé ma soirée en beauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Le manque se fait de plus en plus sentir mais heureusement je te vois demain chez mon père. Je t'embrasse. Stan"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fameux dîner entre nous quatre est prévu demain soir. Je me pose des questions. Je ne suis pas sûre que son père et ma mère verraient le rapprochement entre Stanislas et moi d'un bon oeil. Je dois avoir une discussion avec lui à ce sujet avant le dîner. Il est trop tard pour ce soir mais je l'appellerai dès demain matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi 19 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le souvenir de ses lèvres sur les miennes m'ont hanté ces derniers jours. Lorsque je fermais mes yeux, je pensais à la douceur de son visage et à son sourire angélique. Julie m'a précisément demandé de ne pas me précipiter et de prendre le temps de réfléchir mais je n'y suis pas arrivé. C'est un peu comme si Margaux m'a ensorcelé avec son charme. J'ai recommencé à asperger mon écharpe de son parfum. Parfois dans la journée, je la portais à mon nez et je la humais pour mieux combler son absence physique à mes côtés. Mais la réalité m'a rattrapé au tournant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis mardi, Constance a essayé de me joindre. Elle m'a laissé quelques dizaines de messages sur mon répondeur et quelques textos auxquels je n'ai pas répondu. Conscient de ma lâcheté, je l'ai finalement rappelée pour un dernier rendez-vous. Une explication, je lui devais au moins ça. A cause de nos emplois du temps chargés, nous avons décidé qu'elle viendrait chez moi jeudi soir après ses cours et ses diverses activités. J'ai passé toute la journée de jeudi à réfléchir à ce que j'allais lui dire le soir même. J'ai évidemment hésité à lui parler de Margaux car il était inutile de la faire souffrir encore davantage. Je ne savais pas très bien comment la quitter sans faire d'histoire et sans la faire pleurer. Alors que je pensais à cette rupture, Karine a appelé. Elle était devant mon immeuble et ne voulait pas partir sans m'avoir vu en chair et en os. Parce qu'elle avait quelque chose d'important à me raconter. Putain, on était en train de me compliquer la vie alors que je n'avais rien demandé ! Je l'ai laissée entrer dans mon appartement en lui précisant que je n'avais pas beaucoup de temps à lui consacrer. Elle était toujours aussi provocante dans sa tenue et dans son maquillage. Rien de comparable à l'élégance et à la classe de Margaux. Karine a commencé à me reprocher mon silence et ma promesse non tenue. J'ai oublié qu'un face à face avec elle pouvait être aussi pénible et aussi épuisant. Mais comme je ne m'étais pas bien comporté avec elle, je l'ai écouté sans broncher tout en faisant un peu de thé pour nous deux. Elle a continué à réclamer une soirée que je lui avais promise et était décidée à avoir gain de cause coûte que coûte. Ne jamais sortir avec une étudiante en droit, elle a toujours le dernier mot. Tout en me disant ça, j'ai ri en pensant que Margaux était encore plus qu'une étudiante en droit, elle était leur professeur! Nous avons fini par parler de notre quotidien. Je lui ai raconté les derniers potins du groupe avec la grossesse de Julie, les derniers quatre cents coups de Vanessa, Tim et de Benji, le mariage prochain de mon père, ma rupture avec Constance. Elle s'est approchée de moi et m'a avoué qu'elle venait de quitter son petit ami. Jusque là tout allait bien, mais le pire était à venir. Elle m'a déclaré dans un murmure à peine perceptible son amour pour moi. Elle l'avait quitté à cause de moi et avait envie que tout recommence comme avant. Je devais faire une tête incroyable puisqu'elle a lâché  mon bras et s'est éloignée un peu de moi. J'ai essayé de garder mon sang froid en buvant ma tasse de thé. Elle attendait visiblement une réponse de ma part. J'ai pris le temps de finir ma tasse. Puis je l'ai regardée droit dans les yeux pour lui déclarer que j'avais beaucoup d'estime pour elle mais que je n'étais pas libre pour une nouvelle relation amoureuse avec elle. Le ton était ferme et ma voix assurée. Je n'ai jamais détourné mon regard et j'ai soutenu le sien. Je voulais qu'elle comprenne une fois pour toutes. Des larmes ont coulé par magie sur ses joues roses. Que pouvais-je faire pour elle ? Je lui ai passé quelques mouchoirs ne sachant pas très bien quelle parole prononcer. Elle s'est jetée dans mes bras en pleurant et je n'ai pas eu le courage de lui en interdire. Malgré tout ce qui s'est passé entre nous, malgré la haine que j'ai pu éprouver pour elle, je me sentais toute chose de la voir dans cet état. Egoïste et insensible, voilà l'image que je me faisais de moi-même pendant qu'elle inondait ma chemise. J'ai commencé à avoir le dégoût de moi-même. Puis de cette vie insensée. Qui étais-je pour la faire pleurer ainsi ? Après une heure de sanglots silencieux, elle s'est levée et m'a remercié. Merci pour quoi ? Quand elle est sortie de l'appartement, j'étais toujours assis sur le canapé. Une boule s'est formée dans mon ventre. J'ai pris quelques Xanax.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constance est arrivée un peu avant 20 h. elle faisait peine à voir avec ses cheveux gras et ses joues creuses. Ses yeux étaient gonflés et son regard semblait sans vie. Elle s'est jetée sur moi et a sangloté comme un enfant. Il était écrit que toutes les femmes allaient pleurer sur mes épaules. Elle me serrait fort dans ses bras comme si elle avait peur que je m'envole. Aucun mot,aucun son. Juste deux corps entrelacés qui freinaient leur désir et leur envie. J'ai senti ses cheveux. Tout son corps tremblait et ses larmes inondaient ma chemise que j'avais changée avant de la recevoir. Combien de temps sommes-nous restés ainsi à pleurer ? Je n'en sais rien. J'aurais voulu lui expliquer que je n'étais pas celui qui lui fallait et que je ne l'avais jamais aimée. Mais pouvais-je raisonnablement lui dire ces choses-là aussi crûment ? J'avais réfléchi toute la journée sur ce que j'allais lui avouer et j'avais même répété plusieurs fois avant qu'elle n'arrive. Mais devant elle, les mots sont restés bloqués dans ma gorge. Le dégoût que je ressentais pour moi s'est augmenté et j'avais la nausée. Putain, j'étais vraiment un sale connard de première. Elle s'est finalement laissée tomber sur le canapé et s'est endormie en un rien de temps. Je lui ai enlevé son sac, je l'ai déshabillée de son manteau et de son écharpe. Je l'ai couverte d'un plaid et j'ai éteint toutes lumières. J'ai longuement regardé son visage depuis le fauteuil où j'étais. Elle avait cet air si innocent et si pur où je pouvais lire une certaine fatigue, des cernes autours de ses yeux le prouvaient. Son ronflement n'a pas tardé à se faire entendre doucement puis plus fortement. J'ai alors gagné ma chambre et ai envoyé un texto à Margaux tout en enroulant mon écharpe autour de mon cou. Allongé sur mon lit, j'ai fermé les yeux en essayant de mettre les idées au clair. Finalement des larmes ont coulé malgré moi. Heureusement la réponse de Margaux ne s'est pas fait attendre et m'a apporté un peu de gaieté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Soirée idem pour moi. D'accord pour le déjeuner, demain à 12h au Café Vavin. Je pense bien à toi. Je t'embrasse. Margaux"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, je me suis réveillé en sursaut, un bruit m' a tiré de mon sommeil. Je me suis précipité dans le salon et ai vu que Constance venait de partir. Elle avait laissé un mot sur la table de la salle à manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Stan, je sais que tu as quelqu'un d'autre dans ta vie. Je viens de fouiller dans ton portable et j'ai lu les textos. Et j'ai vu autour de ton cou l'écharpe parfumée qui doit sûrement être la sienne. Je pourrais t'en vouloir d'être amoureux d'une autre mais je ne veux pas. Lorsqu'on aime vraiment quelqu'un, on cherche avant tout le bonheur de l'être aimé. J'espère que tu seras heureux avec elle, c'est tout ce qui compte pour moi. Je t'embrasse. Constance."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement elle est sortie de ma vie sans faire de bruit et dans explication. Intelligente , elle a tout compris. Je me suis traité de pauvre type et je suis resté devant le mot durant quelques instants. Mon réveil a sonné et il était temps de me préparer pour les cours. Je suis arrivé avec quelques minutes de retard à la Sorbonne. Les trois autres étaient déjà là à moitié réveillés, ils revenaient tout juste d'une soirée. Vanessa a ouvert grand les yeux quand je me suis installé. Elle m'a demandé si j'allais à un rendez-vous important après les cours pour m'être habillé aussi chic. Les deux autres étaient trop fatigués pour relever quoi que ce soit. Je lui ai répondu que j'avais un rendez-vous galant. A ma réponse, elle a fait une moue exécrable et s'est avachie sur la table. Je n'avais pas le moral et je ne voulais surtout pas être de mauvaise humeur pour retrouver Margaux pour le déjeuner. J'ai essayé me concentrer sur ce que disait le prof mais j'ai eu un mal de chien à m'y intéresser. Les aiguilles de ma montre avançaient trop lentement et je n'avais qu'une hâte: sortir de cet amphi et m'attabler au Café Vavin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anxieux et impatient, j'ai traversé tout le Jardin de Luxembourg d'un pas pressé. Dans la rue Vavin, je l'ai vue se regarder dans un miroir de poche pour vérifier son maquillage qui était déjà parfait. Elle semblait aussi anxieuse que moi et ça m'a rassuré de savoir que je n'étais pas le seul. Sa surprise a été tellement grande en me voyant qu'elle est tombée sur la banquette. J'en ai profité pour lui voler un baiser. Elle était encore plus ahurie de mon audace! Nous avons souri comme si nous n'étions pas vu depuis une éternité. Je n'osais pas prendre sa douce main et pourtant j'en avais terriblement envie. Nous nous regardions sans nous parler comme si les paroles devaient inutiles entre nous. J'aimais me plonger dans ses yeux bleus qui riaient. Un serveur est venu prendre la commande et a rompu ce charme entre nous. Comme si de rien n'était j'ai pris sa main et je lui ai raconté ma matinée. Au début elle a essayé de retirer sa main timidement mais je l'ai maintenue. Il fallait qu'elle comprenne que je la voulais dans ma vie totalement. Nous avons commencé à nous raconter nos vies, des événements prochains comme le mariage de nos parents ou encore le prochain dîner à quatre. Plus rien ne comptait, il n'y avait qu'elle et moi dans ce restaurant, que ses yeux et sa bouche, son rire et sa voix. Malheureusement les aiguilles de ma montre ont décidé d'accélérer et nous avons dû nous séparer. Margaux donnait des cours à Assas. Sur le trottoir, notre regard s'est porté que la boulangerie où je l'avais vue autrefois. Complices, nous avons ri. Nous nous sommes embrassés tendrement puis elle m'a filée entre les mains. J'étais vraiment heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis hier soir, je me retiens de l'appeler. Je ne me sépare pas de mon écharpe Burberry. Je ferme les yeux pour mieux imaginer sa figure angélique et son sourire craquant. La séance chez ma psy d'hier ne m'a pas apaisé et j'ai avalé cachet sur cachet en espérance à un retour à la normale. J'ai passé la journée d'aujourd'hui à rester chez moi. Mes cours n'étaient pas à jour et j'ai eu besoin de me retrouver un peu seul. En effet, ces derniers jours, j'avais fait souffrir deux personnes inutilement alors qu'elles ne le méritaient pas. J'ai fermé tous les volets, éteint tout moyen de communication. Puis j'ai potassé comme jamais. Quand je me suis levé de la chaise pour grignoter quelque chose, le jour était en train de décliner. Les derniers rayons de soleil illuminaient l'intérieur de mon appartement. Ce spectacle très orangé m'a fait penser à elle et j'aurais aimé être à ses côtés pour l'admirer avec elle. Je suis sûr qu'elle l'aurait apprécié. Je pensais à elle sans cesse, un rien me rappelait à elle. Une odeur, une couleur. Tout en pensant à elle, j'ai rallumé mon portable et ai vu que j'avais des messages. Machinalement j'ai écouté mon répondeur, Trois messages. Le premier provenait de mon père. Il voulait juste me rappeler le dîner chez lui demain soir avec Margaux et Léa. Comme si je pouvais l'oublier! Le deuxième était de Karine qui s'excusait de son attitude. Il n'y avait pas de haine et d'aigreur dans sa voix, juste une tristesse. Elle s'en voulait d'être aussi pathétique mais souhaitait garder mon amitié aussi longtemps que possible. Je me suis senti mal en entendant ses mots car je sais ce que veut dire "souffrir". Dans le dernier message, Vanessa m'invitait à une soirée très hype avec les deux autres compères. Décidément j'ai encore raté une occasion de sortir avec eux et elle va encore me dire que je ne tiens jamais mes promesses ! Aucun texto d'elle, aucun message d'elle. Je me suis retenu de l'appeler malgré le manque insupportable d'elle. J'ai alors ouvert le nouveau carnet Moleskine que j'ai acheté après ma séance chez la psy. J'ai eu une brusque envie d'écrire et  d'un nouveau carnet tout neuf et tout beau pour commencer l'écriture. J'ai caressé mon compagnon tendrement puis j'ai pris mon stylo pour noircir les pages. Les premières ont demandé quelques temps de réflexion mais rapidement j'ai écrit à en avoir mal aux doigts. Des lettres, des mots, des phrases pour la décrire et parler d'elle. Elle est ma muse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est déjà très tard mais n'y tenant plus, je viens de lui envoyer un texto et j'attends une réponse. Cette attente est longue. Elle me manque et j'ai hâte d'être à demain pour la revoir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-254431977235061052?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/254431977235061052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=254431977235061052' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/254431977235061052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/254431977235061052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-samedi-19-novembre.html' title='Chapitre A (Automne) Samedi 19 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-6441624794001765800</id><published>2007-07-12T16:19:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:21:55.844+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Mardi 16 novembre 2005</title><content type='html'>Mercredi 16 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe a essayé de me joindre plusieurs fois et a laissé plusieurs messages sur les répondeurs du portable et du téléphone fixe depuis dimanche soir. J'ai laissé des consignes aux secrétaires pour qu'elles ne me passent jamais de communication téléphonique venant de sa part et pour qu'elles ne le laissent jamais entrer dans mon bureau quand j'y suis. Il m' a également écrit plusieurs mails. Je ne lui ai évidemment pas répondu. De dimanche à lundi, j'étais plongée dans un état indescriptible qui passe de la colère à la mélancolie. L'image d'elle collée à lui me hantait chaque fois que j'essayais de fermer les yeux. Je n'ai plus aucune larme à verser. Mon appartement ressemblait davantage à un champ de bataille de mouchoirs parsemés aux quatre coins. Dimanche en rentrant de l'aéroport CDG, je marchais au radar, je faisais les choses machinalement et inconsciemment. Je me laissais emporter par les gens dans les couloirs du RER et dans les rues. Malgré le froid de l'automne,une foule nombreuse avait envahi Paris et ses transports en commun. Je voyais des familles avec des poussettes en promenade dominicale, des couples vieux et jeunes flânant main dans la main, des groupes d'amis en grande discussion. Ils avaient tous l'air heureux et insouciants. Alors que moi je déambulais complètement décalée et perdue au milieu d'eux avec des larmes qui coulaient sur mes joues. Je me suis assise sur une chaise dans le jardin de Luxembourg au milieu de tout ce joli monde endimanché. Je me suis souvenue des larmes de Matthieu dans ce même parc, il y a quelques semaines. Les miennes étaient en train de lui faire écho. Finalement l'amour a un goût salé, un goût de sang et de larmes. Assise sur cette chaise, je pleurais sur moi-même et sur ce bonheur qui me quittait. Il allait devenir leur bonheur à Philippe et à Mathilde. Alors que je sanglotais comme une gamine, une petite fille est venue près de moi et a tiré un mouchoir déjà usagé de sa poche de manteau pour me l'offrir. Elle avait un joli sourire et un air angélique. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui rendre le sourire et de prendre son mouchoir pour essuyer mes larmes. Appelée par sa mère, la petite fille a disparu après un dernier sourire. Je ne sais pas pourquoi mais elle a su me consoler et mon coeur s'est senti plus léger. J'ai quitté le jardin de Luxembourg avec moins de rancoeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré une nuit à pleurer, lundi matin mes yeux étaient encore humides et j'étais à fleur de peau. Un mot de travers ou une musique mélancolique m'aurait sans aucun doute fait pleurer à chaudes larmes. Le café avait un goût salé, les tartines beurrés sentaient le sel et le jus d'orange n'avait pas son goût acidulé habituel Je ne me sentais vraiment pas bien et les choses semblaient différentes. C'est un peu comme si tous les bonheurs me quittaient en même temps. Les saveurs me quittaient également. Les papilles de ma langue devenaient complètement muettes et je ne ressentais strictement rien à part le sel dans chaque aliment que j'avalais. J'étais épuisée et j'avais envie de tout plaquer. Je retrouvais l'état de loque dans lequel je me suis retrouvée lorsque Matthieu et moi nous sommes séparés. J'ai appelé la faculté et le bureau pour signaler mon absence. Je me suis recouchée toute habillée en tailleur et en chemisier. Pendant que je réfléchissais à tout ça, mon téléphone fixe a sonné de nombreuses fois et souvent Philippe me laissait des messages sur le répondeur. Vers midi, quelqu'un est venu sonner plusieurs fois à la porte mais tout mon corps me désobéissait et ne voulais pas se lever. J'aurais dû me douter que ce bonheur inattendu ne pouvait pas durer éternellement et que tôt ou tard, j'allais découvrir une faille monstrueuse chez Philippe. Comment ai-je pu à nouveau tomber dans le panneau ? Comment ai-je pu faire confiance à la gente masculine ? Pourtant j'étais persuadée d'y être allée plus prudemment cette fois. Quelque chose clochait depuis le début mais je ne voyais pas quoi exactement. Le portable posé sur la table de nuit m'a sortie de mes réflexions et je l'ai regardé, c'était ma mère. Je n'ai pas décroché et ai attendu qu'elle me laisse un message. Elle voulait juste prendre de mes nouvelles et m'inviter à un dîner avec François et Stanislas dans la semaine. Pouvais-je lui expliquer rationnellement ce qui s'est passé entre son futur beau-fils et moi dans cette librairie puis sur ce pont ? Comment allais-je me comporter si nous devions nous retrouver face à face ? Décidément les choses se compliquaient alors que je ne demandais rien de plus que la plupart des gens, c'est à dire être heureuse et vivre sereinement. Une journée à rester dans mon lit à pleurer et à ruminer, voilà ma principale activité de la journée de lundi. Quand j'ai émergé, la nuit était tombée depuis déjà longtemps et j'ai allumé petit à petit toutes les lumières de l'appartement. Je suis tombée sur la photo de Philippe sur mon mur de photos. C'était la première photo de lui que j'avais faite. Il avait son habituel sourire qui me faisait fondre. La surprise se lisait sur ses yeux mais sa bouche formait un sourire irrésistible. Je l'ai prise entre mes mains puis méthodiquement je l'ai déchirée. Je crois que c'est par ce geste que j'ai quitté Philippe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier j'ai repris ma vie. Tôt le matin, j'ai envoyé un mail court mais très clair de rupture à Philippe avec l'interdiction formelle de me joindre de quelque manière que ce soit. J'aurais pu chercher à connaître sa version des faits et à avoir une explication mais je sais que ce que j'ai vu dimanche était plus qu'éloquent. Leur relation ne faisait pas l'ombre d'un doute. La page de Philippe était tournée.Dans le métro qui m'amenait vers le bureau, j'étais plongée dans ma musique. Madonna hurlait à tue tête dans mes oreilles et je me sentais plus légère malgré tout. J'avais une terrible envie de bouger mon corps au rythme endiablé des chansons. Assis à côté de moi, un jeune étudiant écoutait également son iPod tout en secouant sa tête et j'ai vu qu'il écoutait la même chose que moi. Je ne sais pas pourquoi mais je lui ai montré le mien. Il a regardé l'écran puis a esquissé un sourire. Nous avons souri, unis par notre complicité musicale. Cet incident a suffi pour me donner le sourire pour la matinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En m'introduisant au cabinet, j'ai senti un changement dans l'air. Les secrétaires n'étaient pas derrière leur téléphone ou à leur place. J'ai tout compris en ouvrant la porte de mon bureau. Stanislas était assis avec son sourire en train de charmer tout le personnel féminin du cabinet. Elles étaient toutes pendues à ses lèvres et riaient aux éclats comme des gamines. Je devais avoir une expression bizarre car il m'a dit que je donnais l'impression d'avoir vu un fantôme. Il était là devant moi avec ses yeux rieurs et son charme irrésistible. Je me suis rendu compte qu'il régnait un parfum de fleurs et pour cause, il n'y avait pas moins de dix bouquets de roses blanches sur la moquette grisâtre de la pièce. Les autres sont sorties reprendre leur place en nous laissants seuls. J'étais heureuse de cette nouvelle intrusion de Stanislas dans ma vie. Son sourire me faisait oublier ma peine et ma rupture avec Philippe. Plus rien ne pouvait m'atteindre. Alors que mon coeur s'accélérait et que mon souffle devenait court, il s'est approché de moi avec un bouquet de roses. Elles sentaient bon le matin. Il venait pour présenter ses excuses par rapport à notre dernière rencontre. Ses yeux semblaient vraiment sincères et j'y lisais une peur palpable d'être rejeté. Son bouquet à la main, il attendait un signe de connivence de ma part. J'ai pris les fleurs et j'ai humé les bonnes senteurs. Il a pris ma main libre qui restait et il y a déposé un baiser délicat. Le contact de sa bouche sur ma main avait quelque chose de surréaliste. J'ai frissonné de tout mon corps et il l'a senti à travers ma main et ma peau. Quand il me l'a rendue, je lisais une sorte de déception dans ses yeux. Je me répétais dans ma tête que je ne devais jamais lui révéler que sa présence me tourmentait. Ne jamais avouer que je ressentais quelque chose de particulier chaque fois qu'il était près de moi. Ne jamais lui révéler les sentiments qui m'habitent. Nos yeux se parlaient et se disaient des choses que nos bouches étaient incapables d'avouer. Je ne voyais pas très bien ce que je pouvais lui répondre et je cherchais des yeux une issue. C'est à ce moment précis que mon téléphone a sonné et m'a sauvée de cette situation difficile. Ma mère me rappelait pour avoir de mes nouvelles. Elle devait retourner à la boutique pour un premier essayage de sa robe de mariée dans le marais. Elle me rappelait le dîner avec François et Stanislas prévu dans la semaine. J'ai mis le haut parleur et Stanislas a compris mon désarroi. Ma mère était volubile et me parlait sans attendre de réponse de ma part.Je ne sais pas pourquoi mais je n'avais aucune envie de lui avouer que justement Stanislas était avec moi. Elle n'aurait pas compris, je pense. Il m'a souri puis s'est installé dans un sofa en patientant la fin rapide de notre conversation filiale. Il a sorti son portable de sa poche et il l'a manipulé durant quelques secondes. Il a sorti également un livre, "La fin des temps" d'Haruki Murakami qu'il a commencé à lire. Il a été vite absorbé par ce qu'il lisait et je pouvais à loisir l'observer pendant que ma mère me racontait sa vie en long et en large. Ses yeux suivaient sans doute les lignes de son livre. Il passait inlassablement sa main droite dans ses cheveux en bataille, cherchant à les discipliner. Sa bouche était gourmande et elle me faisait tellement envie. Son nez était d'une perfection incroyable. Comme il se sentait observé, il prenait la pose cherchant à tout prix à me séduire  par ses mimiques. Son petit jeu de séducteur m'amusait beaucoup et me faisait sourire. Ma mère m'a laissée finalement au bout d'une longue conversation. Il m'a attendue patiemment durant tout ce temps. Sans nous consulter, nous nous sommes rapprochés et nous nous sommes embrassés. C'était un baiser inattendu mais tellement attendu. Ses lèvres étaient douces et sucrées. Il m'a quittée sur ce baiser sans un mot et juste avec un dernier sourire. Le reste de la journée s'est passée comme dans un rêve. Le soir, un SMS de Stanislas sur mon portable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Mes lèvres sur les tiennes, c'était le paradis sur terre. Stanislas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En le lisant, j'ai senti mon coeur s'arrêter brutalement. En une seule phrase, il venait d'arracher mes aveux. Je ne sais comment lui résister car malgré moi il m'attire. Je ne peux plus cacher plus longtemps ce que je ressens pour lui mais je me demande si mon coeur est prêt à une nouvelle vie amoureuse. La vie est vraiment bizarre. Depuis dimanche je pleurais un homme que je pensais aimer mais qui ne m'aimait pas, aujourd'hui je dévoile mes sentiments à un autre qui s'obstine à m'aimer et à me le montrer. Ses roses blanches embaument mon bureau et tout mon appartement. Je lui ai répondu par la même voie, après avoir cherché pendant des heures et des heures des mots qui le toucheraient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui un autre SMS de Stanislas a illuminé ma journée jusqu'à ce que Philippe arrive dans mon bureau. Visiblement les secrétaires ont oublié les consignes et l'ont introduit dans la salle alors que j'étais penchée sur un dossier particulièrement difficile. Il a remarqué les trois énormes bouquets de roses blanches dans mon bureau et ma mine non défaite. Par contre lui, il avait une barbe de quelques jours et il avait une mine épouvantable. Dès que la secrétaire a fermé la porte, il s'est jeté sur moi et m'a donné une gifle d'une incroyable violence. Il a hurlé qu'on ne le quittait jamais et que je n'avais pas le droit d'en décider seule. Une autre gifle est venue illustrer ce qu'il venait de le dire. Mes joues me brûlaient et je sentais une colère noire monter en moi. Je me suis levée et je lui ai balancé à la figure un des vases contenant les roses blanches de Stanislas. Il a hurlé de douleur tout en tenant sa tête ensanglantée entre ses mains.Il est parti sans rien demander de plus. Nos adieux ont eu le goût salé, le goût des larmes et du sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi 16 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dîner avec mon père s'est passé de manière admirable quand on pense que j'étais complètement déchiré. J'avais pris quelques Xanax avant d'y aller avec un verre de vodka. C'est donc en mâchant plein de chewing gum que j'ai pris le métro. Mon père habite un super appartement dans le XIII  tout en haut d'un immeuble à la place d'Italie. J'ai toujours aimé lire en été sur sa grande terrasse perdu dans les différentes plantations dont mon père prenait grand soin. Dimanche soir, je suis donc passé à l'épicier pour une bouteille de Bordeaux. Comme toujours mon père avait pris le temps de faire de la grande cuisine alors que j'aurais pu me contenter d'un MacDo à côté de chez lui. Il semblait ravi de me revoir et je ne voulais pas gâcher cette joie réelle. Il me demandait si j'allais bien, si Constance se portait bien, si mes séances de psy avançaient. Tout en discutant, il fignolait notre dîner. Il me demandait des renseignements sur les différents modèles de robes que Léa a essayés mais comme je lui avais promis de ne rien révéler à cause de ses superstitions, je n'ai rien dit à mon père. Je lui ai expliqué qu'il devait attendre de se retrouver devant elle le jour J pour connaître les moindres détails de sa robe. Devant la blanquette de veau, nous avons refait le monde et surtout refait notre vie. Il voulait savoir ce que je pensais de sa future femme et de Margaux. Il voulait surtout que je bénisse son union avec Léa. Le vin aidant, nous avons abordé des sujets que nous évitons soigneusement habituellement. Nous avons longuement évoqué le souvenir de ses parents donc de mes grand parents. Je lui disais en choisissant mes mots le manque d'eux que je ressentais chaque jour même si je n'en parlais jamais. Je crois qu'il était gêné par cet aveu mais entre la salade et le fromage,il m'a dit qu'ils lui manquaient également. J'étais bluffé par sa souffrance. Ainsi donc mon père pouvait aussi souffrir mais il le faisait en silence et surtout seul.Je voyais une face cachée sensible de son coeur et ça m'a touché. Ses yeux étaient embrumés et je n'aurais pas supporté de le voir en train de pleurer. Aussi j'ai changé de sujet de conversation. Je lui ai parlé de Constance. Je lui ai confié que je ne comprenais pas pourquoi je n'étais pas amoureux d'elle malgré ses nombreuses qualités. En fait, je lui faisais remarquer que nous nous voyions très peu pour un jeune couple mais que ce rythme me suffisait amplement. En effet, quand elle arrivait chez moi, j'en étais heureux sur le coup mais très rapidement j'avais envie qu'elle parte et me laisse seul. Elle remplissait quelques heures et quelques jours dans ma vie mais je n'en voulais pas davantage. Mon père m'a alors demandé sérieusement s'il y avait quelqu'un d'autre, si j'avais quelqu'un dans ma tête le reste du temps et même pendant que j'étais avec Constance. J'ai senti le rouge monter sur mes joues et  pourtant je me suis retenu de tout lui avouer. J'ai préféré jouer la carte de la prudence en lui répondant négativement. Au moment de débarrasser la table, mon père m'a gentiment invité à un future dîner entre Léa et Margaux dans la semaine. Je suis resté dormir dans mon ancienne chambre et il semblait heureux de me garder pour la nuit. Je n'ai pas pu fermer les yeux même en comptant les centaines de moutons, taraudé par mes questions existentielles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi matin, mon père est venu me souhaiter bonne journée avant son départ pour le bureau. J'étais encore complètement dans le coaltar. J'ai vaguement regardé le réveil et j'y ai lu 9 h. J'étais déjà en retard pour le premier cours à la fac alors je me suis recouché et ai terminé la nuit. Il était plus de midi quand je me suis réveillé et j'ai appelé Julie qui a accepté un déjeuner avec moi. Je devais lui parler de ce qui m'arrivait. Nous nous sommes retrouvés dans un petit resto de raclette dans le Quartier Latin car Julie avait des envies de fromages, de pommes de terre et de charcuterie. Les caprices d'une femme enceinte doivent être assouvis sinon elle vous poursuit avec ça jusqu'à ce qu'on cède. Donc nous nous sommes attablés elle avec son ventre qui criait famine et moi avec ma tête pleine de questions. J'ai exposé sans tarder ma situation. Tout d'abord ma relation avec Constance et son amour unilatéral. Julie me faisait observer qu'en apparence devant tout le monde nous semblions former un couple heureux et complice. Evidemment dans nos rares sorties officielles, je montrais l'image d'un amoureux fou. Mais dans quelle mesure, je devais continuer à jouer la comédie ? J'ai confessé à Julie que je ne ressentais rien qui puisse s'appeler des sentiments amoureux pour Constance. Car mon coeur appartenait à quelqu'un d'autre et ce avant même que je ne la rencontre. J'ai décidé alors d'avouer ce qui s'est passé avec Margaux. J'ai dû commencer par le début et lui dire qu'elle allait devenir ma future belle-soeur par alliance. En effet j'ai caché cette nouvelle à Julie. Elle savait que mon père allait se marier mais je lui ai jamais dit que Léa était la mère de Margaux. Après cette mise au point, je lui ai raconté nos différents rendez-vous improvisés ou fortuits. Je lui ai décrit ses yeux bleus qui m'attiraient comme des aimants et sa bouche qui me faisait envie. Nos mains qui se sont frôlées puis cette étreinte inattendue au dernier étage de chez Gibert Joseph. Je lui ai révélé que ces contacts m'avaient donné des sensations bizarres et avaient renforcé mon attirance et ma fascination pour elle. Puis j'ai questionné Julie pour savoir ce que je devais faire, si je devais quitter Constance et déclarer ma flamme à Margaux ou si je devais rester avec Constance et laisser Margaux dans son rôle de future soeur. Elle m'a demandé ce que je reprochais exactement à la première pour préférer la seconde. J'ai beau cherché dans tous les sens, je n'ai aucun reproche à faire à ma petite amie officielle. Le problème venait vraiment de moi puisque c'est moi qui ne voyais pas cette étincelle si particulière dans ses yeux alors que je la voyais dans ceux de Margaux. Julie m'a finalement conseillé de ne pas déclarer tout de suite et de me laisser un peu de temps pour faire le ménage dans ma vie. Elle m'a suggéré de quitter assez rapidement mon officielle pour ne pas faire d'histoire inutilement douloureuse pour elle. Nous avons fini le déjeuner en parlant du ventre de Julie qui s'arrondissait et de ses envies de plus en plus salées et nombreuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ce déjeuner frugal, j'ai rejoint Vanessa, Tim et Benji au café Les Editeurs entre Odéon et Saint Germain des Prés. C'est un café que j'aime beaucoup car nous pouvons y boire du café tout en feuilletant un livre. Les étagères regorgent de livres de toute sorte et l'ambiance feutrée qui y règne me donne souvent l'envie d'écrire. A force de lire tous ces auteurs, j'ai cultivé une fascination pour l'écriture. J'ai tellement de choses en moi qui ne demandent qu'à sortir. Tout ce plein d'émotions qui restent enfouies en moi et que j'aimerais traduire en mots. Donc j'étais plutôt de bonne humeur quand j'ai retrouvé les autres.  Nous avons commandé un café expresso, noir et amer. Un café comme j'apprécie même si je l'ai bu en faisant une grimace. Tout en discutant des soirées de leur week end, je recopiais les cours que j'ai ratés le matin même. Ils ont pris l'habitude de sortir toujours ensemble dans des soirées undergournd où on fumait des joints à longueur de soirée et on buvait comme des trous. Vanessa me faisait remarquer que j'aurais dû les rejoindre car c'était très hype! Tim et Benji s'étaient tellement défoncés au cours de la soirée que Vanessa a dû les ramener en taxi. J'ai essayé de l'imaginer en train de traîner les deux boulets dans la nuit noire parisienne. Je lui ai promis que je viendrais à leur prochaine sortie. Nous sommes restés dans ce café durant tout l'après-midi tout en commandant des cafés serrés toutes les heures et en dégustant des pâtisseries qui fondaient dans la bouche. Nous parlions de tout et de rien, surtout des choses futiles et inutiles comme les musiques que nous écoutions ou encore des derniers films vus. Nous avions retrouvé notre connivence habituelle et Vanessa ne semblait pas aussi bizarre que la dernière fois. Elle semblait avoir retrouvé une certaine sérénité avec moi et elle avait arrêté son jeu de séduction. J'étais content d'avoir retrouvé enfin mon amie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Karine et Constance ont laissé un message sur mon répondeur. La première pour un dîner et l'autre pour une soirée. J'ai tout simplement éteint mon portable et je n'ai pensé qu'à moi. A moi et surtout à Margaux. Elle me manquait de plus en plus et je n'arrivais pas à atténuer ce manque. J'ai pris son parfum dans la salle de bain et me suis allongé sur le lit tout en l'humant.  L'image de son sourire s'est imposée à moi et je pouvais entendre au loin son rire. Ce parfum me rappelait son corps fragile et chaud que j'ai tenu entre mes bras. Je me suis endormi avec le flacon à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, j'ai foncé au réveil chez un fleuriste pour acheter pas moins de dix bouquets de roses blanches. Puis je suis arrivé au cabinet de Margaux. En l'attendant, je me suis amusé à disposer toutes ces fleurs dans son bureau. Rapidement toutes ses collègues féminines m'ont aidé dans cette tâche difficile. Puis elles se sont rassemblées autour de moi pour m'entendre raconter des bêtises en tout genre. J'amusais tout ce parterre de femmes avec mon sourire de séducteur. Elles riaient aux éclats à la moindre de mes paroles. Elle est arrivée comme dans un film, habillée dans un tailleur chic et coiffée impeccablement. Son visage exprimait une surprise et j'ai aimé la regarder. Je lui ai lancé une petite blague sur son expression mais je crois qu'elle n'y a pas fait attention. Elle a vu tous les bouquets de roses blanches dans son bureau. Par magie, les autres sont sorties en nous laissant seuls. J'ai alors attrapé le bouquet le plus proche de moi et je me suis approché d'elle en le lui tendant. Elle n'avait toujours pas prononcé un seul mot depuis son arrivée mais a préféré sentir les roses au lieu de répondre à mes excuses. Ma présence l'intimidait et la troublait. Malgré la peur qui me bloquait, j'ai pris doucement sa main droite et j'y ai déposé un baiser. Elle était douce et sentait bon. Elle était aussi surprise que moi par ce contact entre nos peaux. Elle semblait défaillir mais le téléphone a choisi ce moment béni pour sonner. Sa mère au bout du fil la saoulait littéralement. Je me suis installé sur un sofa. J'ai essayé de m'occuper avec mon portable puis j'ai fait semblant de lire. Je suis sûr que de sa chaise, elle devait m'observer sous toutes les coutures. Sûr de moi, j'essayais de me montrer sous mon meilleur jour tout en jouant avec mes cheveux, tout en faisant un sourire irrésistible. Je savais que la séduction s'opérait entre elle et moi puisqu'elle n'a pas avoué ma présence à sa propre mère. Lorsqu'elle a enfin raccroché, je me suis levé et nous nous sommes approchés sans nous consulter. Ses yeux me dévoraient. En un clin d'oeil, nos lèvres se sont scellées. Ses lèvres étaient douces comme je l'imaginais. Douces et chaudes. Par ce baiser, nous ne faisons qu'un et j'ai compris pourquoi je devais absolument quitter Constance. Je savais pourquoi mon coeur avait choisi Margaux. Après un dernier sourire, je suis sorti de la pièce en la laissant seule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en pensant à ce baiser que j'ai laissé un message de rupture sur le portable de Constance. Je savais pertinemment qu'elle n'allait pas décrocher puisqu'elle était en cours. Je lui ai simplement dit que je ne l'aimais pas et que je n'étais pas celui qui lui fallait. Aussitôt le message laissé sur le répondeur, j'ai envoyé un court texto à Margaux. Sa réponse est arrivée tard dans la nuit alors que je n'en espérais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" J'ai vu aussi le paradis terrestre. Je t'embrasse. Margaux"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, l'état euphorique ne m'a pas quitté et le manque d'elle était là. J'ai eu envie de sa voix, de son sourire et de sa bouche. J'ai eu tout simplement envie d'elle. Son parfum ne m'a pas calmé et a exacerbé davantage encore ce manque d'elle. Je lui ai envoyé un nouveau texto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Tu me manques et mon atterrissage sans toi ne se fait pas sans mal. J'ai envie de tes lèvres. Stan"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est donc de bonne humeur que je suis arrivé à la fac ce matin. Vanessa essaie de lire ce que j'écris dans ce carnet mais je fais tout pour bien cacher. Je veux que personne ne sache mon amour pour Margaux. Je ne veux la garder que pour moi et je veux être le seul à écouter son coeur battre. Je sais que le mien ne bat que pour elle et j'ai bien l'intention de le lui faire savoir tôt ou tard parce que je sais que nos sentiments sont réciproques.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-6441624794001765800?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/6441624794001765800/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=6441624794001765800' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/6441624794001765800'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/6441624794001765800'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-mardi-16-novembre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Mardi 16 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-579680263928549352</id><published>2007-07-12T16:14:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:17:09.912+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Dimanche 13 novembre 2005</title><content type='html'>Dimanche 13 novembre (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le souvenir du contact de sa main est resté intact dans ma tête et j'ai du mal à m'en dépêtrer. J'ai déjà serré la main d'un certain nombre de personnes dans ma vie et pourtant je n'ai encore jamais senti une telle électricité. Philippe m'a déjà effleuré la main à plusieurs reprises et je n'ai jamais éprouvé un tel choc dans ma tête et dans mon coeur. Quelque chose a changé en moi depuis cet incident que je ne saurais réellement analyser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi matin en me préparant pour le bureau, j'étais toujours sous l'effet du contact et je faisais les choses machinalement tout en pensant à l'intensité de son regard noir, à la douceur de sa peau, à ses doigts longs et fins. J'ai toujours aimé regarder en premier les mains et les yeux chez un homme. Ce sont les parties du corps que je trouve les plus personnelles et les moins influencées par le monde qui nous entoure. Elles sont révélatrices de l'état d'âme de la personne sans mensonge et sans fioritures, c'est un peu comme si on regardait le coeur de l'autre à l'oeil nu. Son regard m'a troublée et m'a attirée à la fois. Ses grands yeux noirs font chaque fois un tel effet sur moi. Il m'aspire comme un trou noir. Je comprends mieux comment ma mère a pu tomber amoureuse de son père, tout s'est passé dans le regard. Le père et le fils ont presque le même. Néanmoins celui de Stanislas semble plus mélancolique. J'y pouvais y lire une once de tristesse inexplicable comme un éclat fascinant. Je suis arrivée au bureau avec toutes ces pensées en tête. J'ai pris le bus puis marché dans les rues comme un zombie au milieu de la foule parisienne travailleuse. J'ai allumé mon ordinateur puis me suis installée devant le bureau avec ma première tasse de café de la journée. Un mail de Philippe est arrivé dans la nuit et m'annonçait son atterrissage sur le sol français pour dimanche midi. Pour tout avouer, son absence m'a laissée complètement indifférente. Je ne sais si cette indifférence est liée à Mathilde au sourire Colgate ou à Stanislas au sourire irrésistible. Sa missive s'est terminée par une phrase de tendresse qui a participé à ma bonne humeur de la journée. J'ai même pris quelques minutes pour lui répondre et lui narrer mes dernières nouvelles. Je ne sais s'il aura le temps de la lire avant son départ. Après une matinée consacrée au travail, je suis allée instruire les futurs juristes en herbe. Chaque fois que j'entre dans un amphithéâtre à Assas, je me souviens de mes années d'études comme si c'était hier. Je me rappelle de ma précipitation à chaque cours magistral. Mes fous rires avec Matthieu dans les premiers rangs. Nos compétitions féroces pour être le major de la promo. Nos gueules de bois et nos nombreux cafés le lendemain d'une fête un peu trop arrosée. Je trouve que mes étudiants ne mesurent pas leur chance d'être assis dans cet amphithéâtre et pour ma part, je donnerai n'importe quoi pour être à leur place. Je ne sais si c'est la nostalgie du temps révolu ou la bonne humeur de la matinée, j'ai été bien plus légère et plus drôle que d'habitude avec eux. D'ailleurs les heures ont passé rapidement et je me suis rendu compte que les étudiants étaient plus détendus et plus réceptifs à mes cours. Même la jeune blondasse Karine riait et semblait plus attentive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant de la faculté, mon portable a sonné et j'ai vu un numéro s'afficher. A l'autre bout du fil, j'ai entendu sa voix assurément jeune mais posée. C'était un simple coup de fil de bienveillance mais ça m'a fait très plaisir. Cette complicité entre nous m'étonne toujours autant qu'elle me ravit. Il m'a raconté les menus détails de sa journée entre ses cours et ses obligations d'étudiant. Il a tellement bien caricaturé chacun de ses professeurs que j'étais complètement hilare au bout du fil.  Puis nous avons longuement échangé nos impressions sur le défilé des robes de mariée de la veille avec ma mère. Aucun mot sur le frôlement de nos mains, aucun mot sur cet électrochoc. Malheureusement la communication a été coupée dans le métro et j'ai eu un message que je me suis empressée d'écouter. Il m'a proposé une séance de shopping littéraire pour samedi après-midi. Il m'a juste dit de le retrouver si je le voulais devant la fontaine Saint-Michel vers 15 h. et que si je venais, il serait très heureux sinon ce n'était que partie remise. J'ai souri en écoutant son message sur mon répondeur. Profitant d'une soirée solitaire, j'ai lu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, une visite impromptue à 9 h. m'a tirée de mon lit douillet alors que moi je ne demandais qu'une seule chose, y rester encore pour de longues heures. Blandine et Sophie m'attendaient devant la porte en tenue de sport pour m'entraîner à une séance de jogging pour le bien être de mon corps. Les deux n'avaient rien trouvé mieux à faire un samedi matin que de venir réveiller tout mon immeuble pour leur séance de gymnastique. Alors que moi, je n'ai strictement rien demandé. Donc me voilà, emmenée de force au parc Montsouris à courir avec les deux tarées au milieu d'autres sportifs du samedi. Très rapidement, je les ai abandonnées pour m'asseoir sur un banc et attendre qu'elles aient fini les nombreux tours qu'elles s'étaient imposés. Après avoir récupéré mon souffle, je me suis amusée à observer les gens dans le parc. Il y avait un nombre incalculable de coureurs équipés jusqu'aux orteils avec des gourdes aux couleurs fluorescentes, les chaussures adaptées hors de prix, le lecteur de mp3 dernier cri, le jogging qui ressemblait plutôt à une combinaison de surf, la casquette et sans oublier les indispensables lunettes de soleil. La plupart devait avoir une trentaine d'années et il y avait une certaine mixité contrairement à la pensée générale qui fait passer les femmes pour de grosses feignantes allergiques à toute activité sportive et notamment pour l'endurance. J'étais donc tranquillement assise à regarder de plus près mes semblables et je comprenais mieux pourquoi Sophie et Blandine s'étaient mises à courir. Elles venaient faire leur marché parmi la population masculine sportive. J'ai remarqué que non seulement les coureurs couraient mais en fait  j'ai surtout vu beaucoup de regards croisés et des coups d'oeil peu discrets. En fait, le jogging était un prétexte pour faire des rencontres. Mes deux folles ne dérogeaient pas à la règle et je les voyais en opération de séduction. L'une avait mis un T-shirt très moulant mettant en valeur sa poitrine avantageuse tandis que l'autre avait opté pour un débardeur avec un superbe décolleté. A leur passage, les hommes semblaient totalement séduits et rapidement un groupe s'est formé autour d'elles. Assise en tailleur sur le banc, j'étais totalement hilare et les quelques coureurs qui passaient devant moi devaient me prendre pour une folle. Lorsqu'elles se sont arrêtées devant moi complètement essoufflées d'avoir autant couru, je leur ai fait remarquer que ce parc ressemblait plus à un supermarché de célibataires qu'à un jardin public. Elles ont fait une moue puis ont ri. Nous sommes reparties seules toutes les trois bras dessus bras dessous. Elles n'ont pas rencontré leur prince charmant sportif mais ont oxygéné leurs poumons.Le reste de la matinée a été consacrée à un déjeuner entre coureuses et à des bavardages futiles. Nous avons conclu qu'un jogging entre nous de temps en temps pouvait avoir un effet positif sur notre santé mais que cela ne devait pas tourner à la chasse au prince charmant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis arrivée en avance à la fontaine Saint-Michel. Je me suis préparée la plus neutre possible avec un jean, un chemisier noir et une veste courte. Pas de talon mais une paire de ballerines aux pieds. Je l'ai attendu en ne quittant pas mon portable de vue. Comme toujours, la place regorgeait de touristes, d'étudiants et de personnes en tout genre. Il y avait une effervescence dans l'air et je me sentais moi-même toute légère.Trop occupée à examiner la foule, je ne l'ai pas vu et pas entendu arriver. Son bonjour vite prononcé, il m'a embrassée sur les deux joues puis m'a souri. Dans ses yeux, j'y pouvait sentir à la fois une lueur de malice non dissimulée et de défi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Je suis content que tu sois là. Je me suis demandé si tu allais venir ou pas aujourd'hui.&lt;br /&gt;- Je suis contente d'être là également. Hier, nous avons été coupés par le métro, je suis désolée.&lt;br /&gt;- Que penses-tu de l'idée d'aller boire un verre avant toute chose car je meurs de soif ?&lt;br /&gt;- Ah, un shopping littéraire commence par ça ?&lt;br /&gt;- Oui, toujours car comme tu peux constater, il y a trop de monde donc allons nous désaltérer avant de nous lancer dans la fosse aux lions.&lt;br /&gt;- D'accord."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous sommes attablés à une terrasse de café à Saint-Michel malgré le vent. Un serveur est arrivé rapidement vers nous et nous avons commandé un coca-cola, un normal pour lui et un light pour moi. Face à face, nous n'étions plus aussi timides et aussi malaises qu'avant. Stanislas n'a pas arrêté de me poser une foule de questions comme s'il voulait m'apprendre par coeur. Nous passions du coq à l'âne entre mon enfance, ma vie de maintenant, et mon avenir. Il m'a demandé si j'avais enfin fini "Les amants du Spoutnik" et si j'avais l'intention de lire les autres livres du même auteur qu'il m'avait conseillés sur la place Paul Verlaine. A chacune de mes réponses, sa fugure s'illuminait ou au contraire se renfrognait mais la plupart du temps, il m'adressait un sourire angélique auquel j'avais du mal à résister. Malgré le froid, je sentais monter le rouge sur mes joues et je me suis dépêchée de boire en espérant que la fraîcheur du soda pourrait atténuer cette rougeur. Je me suis alors mise à lui poser aussi des questions sur ses récentes lectures, ses récente sorties, ses récents films, ses études. Plus je l'écoutais me parler, plus je sentais qu'il cherchait à me séduire ou du moins à me plaire par ses réponses. Vers 17 h. nous nous sommes dirigés vers Gibert Joseph pour le shopping littéraire, Stanislas avait une liste incroyable de livres à acheter et à me conseiller par la même occasion. Il en dévorait au moins deux par semaine et passait au moins un samedi par mois dans les les différentes librairies à la recherche de nouveautés. Dans le dernier étage de chez Gibert, je l'ai suivi entre les différents rayons et chacun a conseillé des lectures marquantes et préférées. C'était très difficile de se suivre au milieu de tous ces gens et nous suffoquions presque sur place. Alors que nous étions en pleine discussion autour d'un livre, un jeune homme négligeant m'a bousculée et je me suis retrouvée dans les bras de Stanislas. Tout s'est subitement arrêté, les bruits, les voix, la musique. Tout a subitement disparu de mon champ de vision, les rayons,les livres, les gens. Je pouvais non seulement sentir mes battements de coeur s'accélérer mais aussi entendre les siens. J'ai resserré cette étreinte poussée par je ne sais quel besoin. Dans ses bras, je me sentais en confiance. Rien ne semblait pouvoir m'atteindre et j'avais envie d'y rester pour toujours. Toute cette magie s'est subitement envolée lorsqu'une dame d'un certain âge nous a demandé d'aller faire ça ailleurs. Je me suis détachée de lui et j'ai cherché du regard l'escalier de sortie, honteuse et consciente d'avoir enfreint quelque chose. Sa main gauche a pris sans ménagement ma main droite et m'a tirée vers la sortie. Nous avons descendu les quatre étages sans nous regarder une seule fois mais toujours la main dans la main. Une fois dans la rue, il ne m'a toujours pas lâché cette main et je l'ai suivi silencieusement. Le jour baissait à vue d'oeil. Nous avons descendu tout le boulevard Saint-Michel sans un mot. Nous avons longé le quai. Nous sommes arrivés sur le Pont des Arts et il a alors lâché ma main. Elle était rouge à cause de la force qu'il avait employée pour la garder dans la sienne. Il semblait attendre un mot ou quelque chose de ma part mais je ne pouvais pas parler. Je suis restée sur ce pont sans rien dire et sans rien faire. Au fur et à mesure, la bienveillance a disparu de ses yeux noirs et a laissé place à une fureur. La nuit tombait et les gens se pressaient de quitter le pont autour de nous. La situation devenait de plus en plus gênante et je ne savais même pas les raisons de sa colère visiblement contre moi. J'ai pris finalement la décision de partir en le laissant seul sur le pont. Je me suis approchée de lui et j'ai déposé un léger baiser sur sa joue gauche. J'ai tourné les talons et je me suis dirigée vers Saint-Germain. Je lui étais reconnaissante de ne pas me retenir, de ne pas m'appeler, de ne pas me suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, le retour de Philippe. Les choses n'auraient pas pu être pires. Je suis allée l'accueillir à l'aéroport CDG en voulant sans doute expier mon escapade de la veille avec Stanislas. Profitant de l'insomnie, je me suis préparée toute la nuit en essayant un nouveau maquillage ou une nouvelle tenue. Donc je suis arrivée bien avant l'heure complètement fatiguée mais pimpante à l'aéroport et je l'ai attendu sur un banc dans un coin à l'abri des regards indiscrets. De ma planque, je pouvais observer à loisir tout ce monde et j'imaginais son visage étonné de me voir ici. C'est alors que je l'ai vue. Elle, la fille au sourire Colgate. Elle était encore plus belle que dans mes souvenirs, bronzée et apprêtée. Visiblement elle attendait aussi quelqu'un. Je ne sais pourquoi mais j'ai préféré rester dans ma cachette et attendre la suite des événements. Philippe est apparu poussant un caddie, plus beau que jamais. Elle a littéralement sauté dans ses bras et je n'ai pas pu voir ou je n'ai pas voulu voir ce qui s'est passé ensuite. Des larmes coulaient sur mes joues. J'ai enfoui mon visage dans mes mains. Je n'avais que l'image de ce couple en tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Dimanche 13 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais comment oublier ce premier contact entre elle et moi. Je n'ai jamais ressenti une telle émotion en frôlant la main de quelqu'un. Une sensation de bien être m'avait envahi comme si ce simple toucher nous unissait à jamais. Même si je n'ai pas pu voir ses yeux bleus, je suis sûr qu'elle éprouvais la même chose que moi mais elle n'osait pas se l'avouer. Je sais que je ne devrais pas penser à elle ainsi puisque mon coeur n'est pas libre mais je ne peux m'en empêcher. Dès qu'elle apparaît, toutes les filles ont beau se dandiner, elles n'existent plus pour moi. Même Constance n'échappe pas à la règle. Je crois que je suis en train de tomber fou amoureux de Margaux alors que je fais l'amour à une autre fille. Je ne sais pas très bien comment les choses vont évoluer mais je me rends compte que je me mens non seulement à moi-même mais je mens également à Constance. Ai-je le droit de la faire souffrir ? Au nom de quel sentiment, vais-je continuer cette relation qui est de toute façon vouée à l'échec ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi, après une journée harassante à la fac, je me suis présenté à ma séance habituelle de bi-hebdomadaire. Je n'ai pas eu une vraie séance car d'une part j'étais fatigué et d'autre part je n'avais pas grand chose à raconter à ma psy. Même le velours de son fauteuil n'a pas réussi à m'apaiser et à me rassurer. J'ai été plutôt soulagé de quitter son cabinet rapidement. Dans la rue, j'ai croisé des couples d'amoureux qui marchaient en se donnant la main et je me suis rappelé de l'épisode avec Margaux. J'ai pris mon téléphone et j'ai composé son numéro que je connais par coeur. Aucune idée précise dans ma tête mais simplement une terrible envie d'entendre sa voix, ne serait-ce même son message sur le répondeur. Elle a décroché et sa voix m'a tout de suite fait du bien. J'ai écouté religieusement la mélodie de sa voix et ses différentes intonations. Elle semblait ravie d'entendre la mienne. Puis la communication a été coupée soudainement alors que je lui racontais ma journée. Je l'ai aussitôt rappelée et je suis tombée sur sa messagerie. Je ne sais pas pourquoi mais je lui ai proposé un shopping littéraire, le terme m'est sorti tout seul. J'ai laissé l'heure et le lieu de rendez-vous sur son répondeur en espérant vraiment sa venue. Après ce coup de fil, un sentiment de gaieté a envahi tout mon être et je me sentais prêt à déplacer des montagnes. Je suis passé me chercher un expresso double au Starbucks. Il y avait beaucoup de gens qui faisaient la queue et pourtant cette foule ne m'a nullement gêné. J'ai attendu patiemment mon tour et j'ai même souri à la serveuse. Mon portable a sonné alors que j'étais dans la rue en train de rejoindre mon appartement. Constance était à l'autre bout du fil, prête à me séduire pour une soirée romantique à deux. Je n'avais pas particulièrement envie de la voir mais dans sa voix, j'y ai senti une urgence et une inquiétude. J'allais passer une après-midi avec Margaux alors pourquoi pas une soirée avec Constance? Après tout, elle était ma copine officielle et c'est avec elle que je dois passer du temps. Donc avec regrets, je l'ai autorisée à venir chez moi. Je me suis dépêché de rentrer pour faire un brin de ménage avant qu'elle n'arrive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est arrivée tard dans la soirée, exténuée mais toujours avec un sourire aux lèvres. A peine la porte franchie, elle s'est jetée dans mes bras et a cherché immédiatement mes lèvres.Malgré le froid de l'extérieur, sa bouche était chaude et douce. J'ai eu envie de la manger. Le bout de son nez était glacé. Je me suis enfoui la tête dans son cou où je pouvais sentir Allure de Chanel. Elle a ri au contact de mon nez et de ma bouche sur sa peau. Mes mains se baladaient nonchalamment dans son corsage entre ses petits seins fermes et ronds. Elle a commencé à me déshabiller sauvagement. Ses mains étaient fébriles et impatients. A chacune de nos rencontres, nous avons toujours éprouvé ce désir charnel, quelque chose de violent qui exacerbait tous nos sens. Elle a caressé chaque parcelle de mon corps pendant que je la déshabillais. J'ai toujours du mal à détacher les agrafes de son soutien rouge. Lorsque le corps est impatient, les gestes deviennent maladroits et c'est pourquoi j'ai du mal à défaire ces petits bouts de fer. Constance a ri et l'a enlevé d'une main experte ! Nous nous sommes allongés sur mes draps frais. La voir nue sur ce lit m'a donné encore plus envie d'elle. Ses cheveux sentant la rose, sa bouche chaude , son sourire angélique, son corps nu offert. Je lui ai fait l'amour doucement en étant attentif à chacun de ses gémissements et de ses soupirs, à chacun de ses mouvements et à chacune de ses réactions. Puis j'ai entendu son orgasme discret mais certain. Alors je n'ai pensé qu'à moi-même et j'ai accéléré les mouvements. Mes gestes devenaient plus précis et plus violents. J'ai senti l'excitation monter en moi et les gémissements de Constance se sont intensifiés pour finir en un cri. Bilan: 8.5/10. Elle s'est endormie blottie dans mes bras tandis que je lui caressais le dos. C'est incroyable de penser que nos corps s'unissent dans une telle harmonie. Je crois que je n'ai jamais connu une telle entente sexuelle avec une fille, même pas avec Karine dont j'ai été follement amoureux. Je me suis endormi bercé par quelques ronflements de Constance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, elle s'est réveillée bien avant moi et a attendu que je me lève pour venir me faire un câlin. Le sourire ne quittait pas ses lèvres et elle semblait de bonne humeur. Ca aurait dû être contagieux. Pourtant j'aurais aimé qu'elle parte afin de me retrouver seul chez moi. J'aurais voulu être dans ma bulle, écouter ma musique, manger ce que je veux, me promener dans la tenue de mon choix, être seul avec moi-même. Cette pseudo relation entre elle et moi me donnait la nausée. Elle devait penser que nous formions le plus beau couple des amoureux et dans sa tête, elle devait s'imaginer que je l'aimais. Pourquoi ne croyait-elle pas à une réciprocité de nos sentiments puisque je lui montrais tous les symptômes d'un garçon amoureux et casé. Pourtant mon coeur ne battait pas pour elle. Son portable a sonné alors que nous étions enlacés silencieux sur le canapé.On l'appelait pour une réunion. C'est avec un réel soulagement que je l'ai vue partir et je ne ressentais même pas un manque. J'étais préoccupé par mon rendez-vous de l'après-midi avec Margaux. Viendrait-elle ou pas ? Un coup de fil m'a sorti de mes questionnements: mon père. Il venait aux nouvelles et me proposait un dîner entre mecs pour dimanche. Il m'a raconté sa semaine entre ses différentes affaires résolues et les préparatifs de son mariage avec Léa. Je lui ai conté mes crises de manie qui se sont soldées par des achats compulsifs et ma participation à la très difficile séance d'essayage de robe de mariée. Nous avons longuement ri au téléphone en parlant de choses et d'autres. Alors que je venais à peine de raccrocher avec mon père, mon portable a sonné. Le nom de Karine s'y est affiché. J'ai décroché conscient d'avoir eu un comportement cavalier lors de notre dernière rencontre. Elle allait plutôt bien et voulait prendre elle aussi de mes nouvelles. Elle avait envie de me revoir et me proposait un rendez-vous pour dimanche après-midi. Quelques minutes d'hésitation, je l'ai acceptée et nous avons convenus de nous retrouver chez moi pour le déjeuner. Après ces conversations téléphoniques, il était temps pour moi de me préparer pour le fameux shopping littéraire avec Margaux. J'ai fouillé dans le placard à la recherche d'une tenue. Je suis tombé sur les sacs  non déballés, résultat de ma crise en début de  semaine. J'y ai pris de quoi me vêtir. Je suis passé à la salle de bain pour me parfumer. Je me sentais impatient d'être à la fontaine Saint-Michel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant du métro, je l'ai cherchée des yeux et j'étais soulagé de la voir en train de m'attendre. Elle était adossée sur la barrière qui entourait la place de la fontaine. Elle s'était habillée dans une tenue plus neutre et surtout plus jeune. Malgré la foule qui grouillait sur cette place, je l'ai aperçue de loin. J'ai pris quelques instants pour l'admirer. Une certaine grâce et classe s'émanaient d'elle. Je me suis planté devant elle et je l'ai embrassé sur les deux joues. Visiblement nous partagions le bonheur de nous retrouver. En effet, elle arborait un sourire avenant et joli. Sourire auquel je répondais immédiatement. Elle s'est excusée pour la coupure au téléphone d'hier. Je me suis rendu compte qu'il était complètement fou de l'emmener chez Gibert Joseph avec toutes ces personnes et je lui ai proposé d'aller boire un verre pour commencer. Elle m'a demandé si le shopping littéraire débutait toujours ainsi puis m'a suivi sur la terrasse d'un café. Dès que nous nous sommes installés et avons commandé, j'étais très volubile avec elle. Je lui ai posé des tas de questions sur sa vie. Je lui ai demandé si elle avait fini "Les amants du Spoutnik" et si elle avait l'intention de lire d'autres livres du même auteur. Elle rougissait légèrement et souriait souvent. J'essayais de la séduire. Je lisais dans ses yeux une certaine fascination pour moi, ce qui me rendait encore plus puissant et plus fort. Je me  sentais tellement sûr de moi. Elle a copié ma technique et m'a demandé comment se passaient ma vie et mes études. Nous avons papoté ainsi durant deux heures et à chacun de ses sourires, je fondais. C'est en discutant que nous nous sommes dirigés vers Gibert Joseph. Nous sommes passé d'un étage à un autre tout en parlant de nos différentes lectures qui nous ont marqués. Elle a surtout lu des auteurs français classiques et me les conseillait.Moi je lui conseillais des auteurs fantaisistes américains. Plus je le regardais, plus j'avais envie de la prendre dans mes bras. Souvent nous étions proches de l'un et de l'autre à cause de la foule qui circulait dans la librairie. Son visage était à peine à quelques centimètres de ma bouche et je n'avais qu'à me baisser pour déposer un baiser sur son front. Alors que cette idée de baiser m'obsédait, Margaux s'est retrouvée dans mes bras bousculée par un garçon brutal. J'ai senti son souffle qui s'accélérait, son coeur qui battait à vive allure. D'ailleurs le mien lui faisait écho. Tenir son corps chaud et frêle m'a procuré des sensations encore jamais éprouvées. Un bien être s'est installé dans tout mon corps. Je me sentais léger et surtout heureux. Comme la dernière fois dans cette boutique où j'avais touché sa main, je sentais que quelque chose nous unissait et nous électrisait à la fois. J'aurais aimé rester longtemps ainsi la tenant dans mes bras et sentir son parfum si près de moi. Humer son parfum m'apaisait et me donnait une confiance qui me faisait pousser des ailes. Nous aurions pu rester éternellement dans ce bien être si une vieille sortie de nulle part n'a pas rouspété en disant que nous pouvions faire ça ailleurs. Margaux s'est détachée de moi et a cherché une issue comme si elle se sentait piégée. J'ai pris sa main et je l'ai entraînée malgré elle. Je n'avais qu'une seule idée, l'emmener sur le Pont des Arts. Je savais dans cette librairie qu'elle éprouvait une attirance pour moi et que nos sentiments étaient réciproques. J'en étais vraiment sûr. J'ai lâché sa main une fois arrivé sur le Pont et j'ai plongé mes yeux dans les siens en espérant quelque chose de sa part. Un aveu, un sourire, un je ne sais quoi qui puisse me prouver que je ne me trompais pas. J'ai attendu mais rien n'est venu. J'ai alors senti monter en moi une colère noire car je savais très bien que ce que nous ressentions l'un pour l'autre n'était pas rien. Je n'ai pas rêvé puisque j'ai entendu son coeur battre comme le mien. Je lui en voulais d'être aussi passive et aussi honteuse de ses propres sentiments. Après m'avoir embrassé délicatement, elle a tourné les talons et est partie silencieusement. Je l'ai laissée partir dans le noir sans aucun mot, sans aucun geste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui j'ai finalement annulé le déjeuner avec Karine. Je ne voulais voir personne. Elle a contesté et a réussi à m'extorquer un dîner pour la semaine prochaine. Las, je n'ai pas réussi à m'extirper de cette situation compliquée et j'ai dû accepter son exigence. J'ai passé la majeure partie de ma journée à me morfondre avec volets fermés et musique mélancolique en boucle dans mon ordi. Insidieusement le spleen s'est installé. Je ne comprends pas ce qui se passe dans sa tête et je ne comprends pas cette colère installée dans mon coeur depuis hier. Je sais que je ne me suis fait aucun film, je sais que je lui plais. Ses yeux le disent et son attitude le prouve. Même si elle ne dit rien, je vois que je ne la laisse pas indifférente. Je le constate dans sa façon si particulière de me regarder ou de me sourire. Je l'ai déjà vue sourire à mon père et j'en ai déduit qu'elle ne me réservait pas les mêmes. Elle me sourit comme une femme qui a envie de séduire avec une certaine fausse timidité. Dans ses yeux, je peux voir briller des paillettes à chacune de nos rencontres. Je ne me suis pas trompé, elle est complètement séduite même si elle essaie de ne pas le montrer. Je ressens quelque chose de tellement fort, de tellement inhabituel, de tellement grandiose pour elle. Je sais que ce n'est pas juste une simple attirance. Mon coeur fond à chacun de ses sourires et j'ai du mal à réprimer mon envie de la prendre dans mes bras. Je crois que je suis vraiment en train m'enticher d'elle. Le manque se fait de plus en plus sentir. Je me retrouve comme une loque à attendre que mon portable sonne, qu'elle m'envoie un signe de vie. J'ai envie d'entendre ses rires, de toucher à nouveau sa main, d'embrasser ses joues , de la prendre dans mes bras, d'humer son parfum dans son cou délicat. J'ai envie qu'elle soit près de moi. J'essaie de me demander ce qu'elle a pensé de l'incident d'hier et notre face à face muet sur le Pont des Arts. Je me suis rappelé de notre première rencontre dans cette fête où elle m'avait fusillé du regard. A la minute où mes yeux avaient rencontré les siens, mon coeur n'avait fait qu'un tour. Je crois que j'ai toujours su que mon coeur ne battait que pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois me préparer pour le dîner avec mon père. Même si auparavant, j'aurais tout donné pour un instant de complicité avec  lui et pourtant ce soir, je n'en ai pas réellement envie. Je ne sais même pas si je pourrais m'entretenir avec lui de ces chamboulements. Il faudrait que j'appelle Julie. J'ai besoin d'en parler avec quelqu'un pour être sûr que je ne suis pas en train de devenir complètement fou. Je ne vois pas comment je pourrais sortir indemne de cette situation compliquée. Que faire avec Constance ? Que faire avec Margaux ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-579680263928549352?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/579680263928549352/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=579680263928549352' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/579680263928549352'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/579680263928549352'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-dimanche-13-novembre.html' title='Chapitre A (Automne) Dimanche 13 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-770286220868679395</id><published>2007-07-12T16:11:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:13:53.699+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Jeudi 10 novembre 2005</title><content type='html'>Jeudi 10 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'absence de Philippe ne m'a pas outrageusement ennuyée cette semaine. Je n'ai même pas vu passer tous ces jours sans lui. Complètement accaparée par mon travail et l'essayage de ma mère, je n'ai pas réellement senti de manque. Je crois en fait, je commence petit à petit à m'habituer à ses nombreux voyages d'affaires ou ses nombreuses absences de ma vie. Les turbulences que mon coeur connaît ne semblent pas vouloir disparaître. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe dans ma tête et dans mon for intérieur. Dois-je comprendre quelque chose dans ce soudain chamboulement ? Matthieu essaie toujours de me contacter et j'efface chacun de ses messages. J'efface tout afin que rien ne vienne me troubler davantage encore. Ne suis-je pas en train de devenir complètement folle ? J'aimerais que la vie ne soit pas aussi complexe et qu'elle me laisse un peu de répit. J'ai juste envie que ma vie ressemble à un fleuve tranquille sans surprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi matin, alors que je venais à peine d'arriver dans mon bureau, ma mère y a fait irruption avec les bras chargés de catalogues en tout genre. Des catalogues de robes de mariée bien entendu. Elle n'arrivait pas à faire une sélection et cherchait une aide auprès de moi. Sa dernière séance ayant tourné au fiasco, elle voulait d'abord faire un choix sur papier avant de se lancer dans les essayages. Sans même demander mon autorisation, elle a étalé tous ses catalogues sur mon bureau et a commencé à commenter chaque robe sans attendre ma réponse. Elle était survoltée et feuilletait de plus en plus rapidement les différentes tenues. Je lui faisais remarquer que le mariage n'allait avoir lieu que dans plus de neuf mois et qu'elle avait tout le temps nécessaire pour trouver sa robe. Mais elle m'a rétorquée que la quête de la robe idéale demandait un temps fou et une énergie sans limite. Je me demande en quoi une robe de mariée est aussi importante dans la vie d'une femme ? Surtout dans celle d'une veuve qui se remarie? Toujours est-il que elle a envahi tout mon espace de travail avec toutes ses envies de future mariée. J'ai feuilleté quelques catalogues et y ai admiré les tenues en tous genres, du plus classique au plus extravagant. Au détour d'un commentaire, elle m'a demandé si Stanislas et moi avions réussi à nous apprivoiser. Je ne sais pas pourquoi mais cette question m' a fait rougir et j'ai prétexté un problème de chauffage pour aller ouvrir la fenêtre. Ainsi elle n'a pas vu la couleur de ma figure. Je lui vaguement dit que le courant passait plutôt bien entre lui et moi. Ma mère a semblé contente de cette réponse et a continué de plus belle dans la recherche de la robe sans se préoccuper de moi. Mes dossiers urgents se sont retrouvés sur la moquette de mon bureau. Mon téléphone a été déplacé sur une chaise. Mon ordinateur a eu de la chance de rester sur la table à côté des catalogues. La salle ressemblait à un vrai champ de bataille. Assise sur un fauteuil, je contemplais à la fois le spectacle de mon bureau dérangé et ma mère qui s'affairait entre les différents modèles. Au bout d'une d'une heure de ce désordre, elle m'a quittée après un café et quelques madeleines parfumées à la fleur d'oranger. Ma secrétaire a la manie d'offrir ces pâtisseries d'un autre temps au traditionnel café de 10 h. et parfois quand on recevait des clients. J'ai une affection particulière pour ces gâteaux et je ne ratais jamais les différents rendez-vous prévus dans la journée. Le départ de ma mère a permis le retour au calme et à l'ordre dans mon bureau. J'ai enfin pu me mettre au travail et régler tous les soucis urgents que j'avais délaissés ces derniers jours. La matinée s'est passée sans que je ne m'en rende compte entre les madeleines et les différentes affaires. Plus rien n'est venu me troubler, ni aucun appel de Matthieu, ni aucun mail de Philippe, ni aucun sms de Stanislas. Mais ce calme n'a duré que le temps de la matinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En rejoignant la faculté pour mes cours dans l'après-midi, j'ai été bombardée de coups de fil des folles dingues qui me servent d'amies. Tout a commencé avec Blandine qui proposait une soirée entre filles. Comme j'étais d'accord avec le concept, nous avons élaboré une soirée digne de ce nom, chez moi. Et c'est là que le problème s'est corsé et j'ai mis le temps du trajet en bus pour tout régler et satisfaire tout le monde. En effet, Sophie souhaitait aller fêter nos retrouvailles dans un bar branché du coté du Marais tandis que Loraine voulait une soirée calme et tranquille autour d'un verre de Bordeaux chez moi. Quant à Delphine, elle était injoignable donc ne participait guère à la discussion. Je passais d'une à l'autre tout en essayant de les persuader de choisir le lieu de ralliement sans parler de l'heure du rendez-vous.Tout ça dans un bus presque bondé. Les autres passagers du bus devaient me prendre pour une téléphone-portable-addicted. Si au début, j'ai essayé de garder mon calme et d'écouter tout ce petit monde, vers la fin, consciente que je m'approchais de plus en plus de la faculté, je m'énervais et surtout je haussais le ton avec l'espoir de mettre d'accord toutes les folles. Finalement nous avons décidé de nous retrouver chez moi comme toujours. Toute cette énergie perdue pour rien. C'est donc après quelques heures à prodiguer quelques cours à de futurs juristes en herbe que je suis passée chez notre fournisseur officiel de fêtes, Monoprix et Picard. J'ai vite acheté de quoi nourrir un régiment affamé et me suis précipitée chez moi pour un rangement sommaire de l'appartement. C'est lorsque j'ai posé une bougie parfumée comme touche finale que les filles sont arrivées avec chacune des bouteilles et des victuailles. Même Delphine injoignable toute la journée était là prête à faire la folle avec ses amies. Nous nous sommes installées autour de la très grande table basse en riant et heureuses d'être à nouveau ensemble. Quelques verres et quelques cigarettes plus tard, nous étions passablement éméchées et nous rions encore de plus belle de nos dernières aventures. Aux dernières nouvelles, Delphine avait rencontré l'amour dans sa pharmacie, un client venu acheter de l'antibiotique. Il lui a laissé son numéro de portable sur une feuille de soin sans qu'elle le sache et elle a rappelé. Nous étions curieuses des détails croustillants et n'arrêtions pas de lui poser une foule de questions. Elle semblait radieuse et rougissait comme une petite fille. Pour nos prochaines retrouvailles, elle nous a promis une photo de lui. Sophie nous a avoué qu'elle venait de quitter son jeune amant de vingt ans. Elle n'arrivait plus à suivre le rythme effréné des sorties nocturnes du petit et elle en avait assez de l'entretenir comme une vieille avec son gigolo. Elle n'a évidemment pas raconté aux autres sa récente rencontre avec Guillaume et sa midinette enceinte et je n'en ai pas parlé non plus. La soirée s'est prolongée avec les histoires de chacune avec du bon vin et des cigarettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une telle soirée, j'ai eu tout le mal du monde à me lever hier matin. Mais je ne pouvais pas faire autrement puisque j'avais deux cours magistraux à assurer à la faculté. C'est donc à regrets que je me suis préparée. Mon téléphone a sonné pendant que j'étais en train de me coiffer. Matthieu ne s'est pas résigné à ne plus m'appeler. En colère et de mauvaise humeur, j'ai décroché le combiné. Il était surpris par le ton peu amical de ma voix puis il m'a demandé s'il était possible que nous allions discuter autour d'un café prochainement. Malgré moi, j'étais curieuse de connaître les raisons de ses nombreux appels et surtout je commençais à en avoir assez de cet harcèlement téléphonique. J'ai craqué et lui a proposé un rendez-vous dans l'après-midi après mes cours à Assas. Il m'attendait comme la dernière fois devant la faculté mais sans bouquet de fleurs. Je ne l'ai pas laissé m'embrasser et lui ai présenté ma main droite pour le saluer. Il n'a pas beaucoup changé physiquement. Ca et là quelques cheveux blancs commençaient à apparaître. Ses yeux semblaient avoir perdu de leur éclat mais son sourire était toujours aussi craquant. Nous nous sommes installés au jardin de Luxembourg près de la fontaine. Il souriait et me parlait sans cesse de sa vie comme si de rien n'était. Je l'ai écouté silencieusement tout en observant les touristes qui envahissaient le jardin. Je lui ai demandé pourquoi il cherchait à entrer en contact avec moi alors que nous étions séparés depuis plus de deux ans. Pourquoi maintenant ? Il m'a répondu qu'il s'était rendu compte de son erreur et qu'il m'aimait toujours. C'est drôle mais j'ai attendu cette déclaration durant ces vingt-quatre derniers mois de ma vie et maintenant qu'il était en train de me la dire, cela ne me faisait plus rien. Il a posé sa main gauche sur mon bras droit et je n'ai ressenti aucun frisson. Je n'ai pas essayé d'enlever sa main de la mienne mais je lui ai dit que je n'étais plus disponible. Il semblait ahuri et sa tête faisait une grimace. Je suis sûre qu'il souffrait à l'intérieur de son coeur comme j'avais souffert  lorsque nous nous sommes séparés, il y a deux ans. J'ai senti des gouttes sur mon bras, j'ai levé les yeux au ciel mais en fait j'ai vu que c'était lui qui pleurait. Ses yeux s'embrumaient et j'ai vu ses larmes tomber de plus en plus abondamment. J'aurais pu rester dans ce jardin à savourer cette revanche sur lui. Mais je venais de comprendre que mon coeur se libérait de sa carapace et que je venais de passer enfin à autre chose. Je l'ai laissé en pleur dans ce jardin. Une page s'est tournée pour lui comme pour moi et les mots étaient totalement inutiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui ma mère  nous a appelés Stanislas et moi pour une deuxième séance d'essayages. Nous avions rendez-vous tous les trois vers le Marais, chez un jeune couturier en vogue. Elle était pile à l'heure comme toujours.Elle était en pleine discussion avec Stanislas. Il a eu un sourire sincère envers moi et m' a embrassée spontanément. Il semblait heureux de me revoir et je partageais cette euphorie. Son sourire et son parfum m'ont fait complètement craquer. Le revoir me fait toujours quelque chose. Ca ressemblait à un boum dans mon coeur. Elle a remarqué notre complicité silencieuse mais n'a fait aucun commentaire. Contrairement à la dernière fois, elle se montrait beaucoup moins exigeante et se montrait plus calme avec les assistantes du couturier. Nous nous sommes installés tous les trois sur des fauteuils très confortables et nous avons attendu le défilé des différents modèles. En fait, elle n'a pas pu les essayer mais simplement les admirer sur une jeune fille qui servait de mannequin. Entre deux tasses de thé avec biscuits à la cannelle, nous avons discuté des différentes robes. Stanislas semblait très à l'aise et conseillait de son mieux ma mère. Je sentais sa douce chaleur près de moi et son parfum frais. A cause de la présence de ma mère, j'ai senti Stanislas distant mais toujours aussi souriant avec moi. J'ai lu une certaine bienveillance dans ses yeux noirs. Nous nous sommes observés du coin de l'oeil tout en feignant de nous intéresser aux robes de mariée. Une fois durant cette séance, sa main a frôlé la mienne. Un doux contact qui nous a électrisés. Nous avons sursautés et nous avons retiré nos mains immédiatement. J'ai senti le rouge monter aux joues et je n'ai plus osé le regarder.Ce toucher délicat fortuit a fait faire un bond incroyable à mon coeur qui s'est emballé sans pouvoir s'arrêter. J'ai dû respirer profondément pour reprendre mon souffle. Je ne sais pas pourquoi je pense à ce frôlement ce soir dans mon lit. Chaque fois que je me rapproche de lui physiquement, je perds le contrôle de mon corps. Je ne comprends pas ce qui se passe chez moi et surtout ce qui me fragilise ainsi. Calée dans mon lit, je pense à lui alors que je devrais plutôt penser à quelqu'un d'autre qui est à quelques milliers de kilomètres de Paris. Je me souviens de l'intensité brûlante de ses yeux noirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 10 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je déteste ces crises de manie qui m'obligent à faire doublement attention à l'image que je peux donner aux autres. Je suis toujours sur le qui vive afin que personne ne s'aperçoive de ma maladie. S'il est facile de cacher le spleen, la crise de manie est plus difficile. Je dois sans cesse contrôler mon débit de la parole et mes mouvements. Malgré moi, je n'arrive pas toujours à ralentir tout ce que je fais. C'est ainsi que parfois les gens me regardent comme un homme trop pressé ou trop impatient. Un jeune sans éducation trop stressé par la vie, voilà l'image que les autres perçoivent de moi. Lundi après-midi, je me suis retrouvé avec beaucoup de sacs de toutes tailles semés ça et là dans tout l'appartement. Il y avait là des pulls, des T-shirts, des pantalons, des chaussettes, des caleçons, des carnets Moleskine, des CD, des flacons de parfum pour homme, un sac à dos, des stylos de toutes les couleurs, des cartes, des livres. Dans des sacs en plastiques, étaient entassés des plateaux de sushis, des sandwichs, une grosse boîte de chocolat, des bonbons, des macarons, une bouteille de Sauterne, de lait, de jus d'orange. En une matinée, j'ai dépensé une fortune à cause ma crise de manie. Je me suis enfermé rapidement chez moi avec tous ces achats compulsifs. Je me suis empiffré rapidement de tout ce que j'avais acheté de comestible. Les goûts et les envies s'enchaînaient à une vitesse incroyable. En fait, tout se mélangeait dans la bouche, le mou et le dur, le chaud et le froid, le salé et le sucré. Ma langue semblait apprécier le goût et la texture de chaque aliment que j'ingurgitais. Au bout de quelques minutes d'avalage méthodique, j'ai regardé tous les autres sacs jonchés sur le parquet de mon appartement et je me suis trouvé stupide. Je les ai tout pris et les ai posés dans le placard sans même les ouvrir. J'ai eu un besoin irrésistible de tout ranger dans mon appartement. J'ai sorti l'aspirateur et je l'ai passé dans tous les coins et recoins. J'ai enlevé tous les rideaux et les ai mis dans la machine à laver. J'ai nettoyé toutes les vitres. J'ai frotté avec une grosse éponge la baignoire, le lavabo et le moindre bout d'émaille de la salle de bain. J'ai jeté tous les papiers, journaux, magazines, cartons qui encombraient mon bureau, la table de la salle à manger et le canapé. J'ai mis tout le linge sale dans le panier à linge et j'ai lancé une machine puis une autre avant de commencer à repasser toutes les chemises qui m'attendaient sagement sur une chaise. Après la lessive, je me suis attaqué à la vaisselle. Je suais à grosses gouttes et mon T-shirt était trempé. Je n'ai senti aucune fatigue et je n'ai cessé de continuer de laver, de nettoyer, de frotter, d'essuyer ainsi durant de longues heures. Il faisait déjà nuit quand je me suis enfin arrêté. Je me sentais épuisé comme si je venais de courir un marathon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi matin, j'ai ouvert les yeux avant la sonnerie du réveil et je me sentais en pleine forme malgré la fatigue de la veille. Mon appartement sentait bon et était dans un ordre impeccable. Après un passage rapide à la salle de bain, je me suis dépêché de me préparer pour aller à la fac. J'ai pris l'écharpe où sont restées encore quelques traces du parfum de Margaux. Cette odeur m'a rassuré comme toujours et j'ai lancé un clin d'oeil dans la glace avant de franchir le pas de la porte. J'étais prêt pour attaquer la journée qui semblait bien démarrer. En passant devant ma boulangerie favorite, j'ai pris deux croissants au beurre que j'ai croqués à pleines dents. Je me sentais terriblement en forme et un air joyeux trottait dans ma tête pendant tout mon trajet dans le métro. J'avais un sourire aux lèvres et les jeunes filles me le rendaient comme subjuguées par mon charme. Je suis arrivé quelques minutes avant le début du cours et j'ai eu le temps de discuter des derniers potins de la fac avec Vanessa, Tim et Benji. Je ne sais comment elle le fait mais Vanessa est toujours au courant des moindres informations sur les profs, sur les étudiants de  notre promo, des autres promos, des chargés de Td. Visiblement sa relation naissante avec un collègue de Guillaume n'a pas vraiment abouti à quelque chose de concret et elle a arrêté de jouer avec son portable. Assez bizarrement, je me suis rendu compte ce jour-là qu'elle n'avait plus le même comportement avec moi. Elle me touchait souvent: elle posait une main sur mon épaule, faisait une caresse sur ma joue et frôlait ma main avec la sienne. Même si j'avais toujours éprouvé une grande amitié pour elle, je ne comprenais pas ce brusque changement chez elle. Ou alors je venais seulement de voir sa véritable facette. Karine m'avait déjà vaguement parlé de son comportement inhabituel mais j'avais mis ces remarques sur le compte de la jalousie. En fait, elle ne supportait pas l'amitié que je portais à Vanessa tandis que cette dernière ne lui faisait pas confiance et était persuadée qu'elle passait son temps à me tromper. Je me rends compte maintenant qu'en fait elles me disputaient au nom de l'amitié pour l'une et au nom de l'amour pour l'autre. J'étais en pleine réflexion tandis que le prof est entré et nous avons repris nos places.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La crise de manie a continué dans l'après-midi et je me suis présenté chez ma psy chargé de sacs. Elle a compris que je venais de subir une nouvelle crise et m'a donné quelques pilules qui devaient me calmer. Elle m'a obligé à m'allonger sur son sofa et respirer profondément. J'ai parlé mais toujours à un débit trop rapide visiblement puisqu'elle fronçait les sourcils. Elle noircissait les pages de son carnet avec tout ce que je lui racontais. Ma main caressait le velours du fauteuil tandis que  de l'autre main je touchais mon écharpe Burberry. Tout en parlant, je me rendais compte que mon écharpe au ton beige n'était pas assortie à la couleur  du fauteuil de ma psy. C'est idiot pourquoi je pense toujours à des choses comme ça alors que je suis dans son bureau. Je ne peux m'empêcher de regarder comment elle est habillée et me dire qu'elle n'est pas non plus assortie à la couleur du fauteuil. Certains diraient que je perds mon temps dans des futilités au lieu de me concentrer sur l'entretien avec ma psy qui me coûte au bas mot soixante-quinze euros par séance. J'ai toujours ce besoin irrésistible que les choses qui m'entourent soient d'une harmonie parfaite. Par exemple, c'est dans ce souci d'harmonie que tous mes draps et tous mes rideaux étaient coupés dans le même tissu. Chez Kenzo, on pouvait acheter l'ensemble. J'ai même poussé le vice à me procurer les serviettes du même ton. Je sais que ce ne sont pas les préoccupations normales d'un garçon de vingt ans mais je ne peux m'en empêcher. Je suis sorti de son cabinet plus calme qu'à l'entrée et j'ai allumé mon portable. Beaucoup de messages mais aucun de Margaux. Julie voyant que son message a été réceptionné, merci à l'accusé de réception sur le portable, n'a pas mis longtemps avant de m'appeler. Au son de sa voix, j'ai senti que quelque chose n'allait pas et je lui ai proposé de la retrouver aux Marronniers dans la rue des Archives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En l'attendant, j'ai pris un mojito et j'ai allumé une cigarette. Maintenant qu'elle est enceinte, Julie ne supportait plus la vue des cigarettes donc j'en profitais pour en fumer avant son arrivée. Elle est arrivée avec des cernes et des cheveux gras. Visiblement la phase euphorique de la grossesse était terminée et elle entrait dans la phase déprime. Son ventre s'arrondissait à vue d'oeil. Elle a commandé un jus de fraise et m'a demandé comment j'allais ces derniers temps. Je lui ai relaté mes dernières crises de manie. D'ailleurs, il lui suffisait de regarder les sacs posés sous la table pour s'en rendre compte. Elle semblait vraiment fatiguée et n'avait pas vraiment d'humeur à rire. Son air grave avait quelque chose d'effrayant et je marchais à pas de loup. Elle m'a confessé qu'elle ne supportait pas de voir son ventre grossir de jour en jour, d'avoir des nausées sans arrêt, de manger comme si elle était affamée, d'avoir tous ces regards fixés sur son ventre. Puis elle m'a raconté à demi mot sa rencontre avec l'ex de Guillaume dans une rue à Montparnasse. Je lui ai répété qu'elle ne devait pas penser à cette femme puisqu'elle était le passé de son jules et qu'elle devait penser à leur bébé et à elle qui représentent le présent et le future de Guillaume. Je ne comprends pas pourquoi cette rencontre avec l'autre femme l'a autant touchée. Julie n'était pas du genre sentimental et encore moins altruiste pour deux sous. Elle a séduit cet homme en connaissance de cause et a accepté de rester sa maîtresse durant quelques mois sans aucun scrupule. Pourtant aujourd'hui alors qu'elle porte le fruit de son amour, elle n'arrête pas de penser à cette femme. Cette contradiction est incompréhensible pour moi. Mais je suis resté dans ce café à la rassurer et à la consoler. Elle est mon amie et je suis capable de tout pour elle, encore plus maintenant qu'elle porte la vie dans son ventre. Puis nous sommes passés à autres choses, à mes achats compulsifs, à ma relation avec Constance, à ses nausées, à ses envies de plus en plus capricieuses, à nos cours respectifs barbants. L'autre femme était oubliée à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'ayant pas réussi à m'endormir, j'ai lu toute la nuit. C'est pourquoi hier toute la journée, j'ai passé mon temps au lit à essayer de trouver désespérément le sommeil. Je n'ai pas arrêté de rêvasser. J'étais entre le monde fantastique du rêve et la dure réalité. Je me sentais complètement fatigué pourtant je n'arrivais pas à trouver le sommeil. On peut dire que la journée d'hier a été atroce. Je me levais toutes les heures pour fouiller dans mon frigo, grignoter, changer de livres, mettre un dvd, écouter un cd. J'ai éteint mon portable, mon ordi. J'ai déroché mon fixe. Je voulais juste rester seul chez moi sans que personne ne vienne me troubler. J'aurais aimé entendre juste une seule voix, être dans les bras d'une seule personne, de toucher les cheveux d'une seule personne. Mais j'ai eu peur de l'appeler car je pensais la déranger. Ou encore pire, j'aurais pu lui parler mal  dans un accès de crise. Parfois je n'arrive pas à me contrôler dans mes propos et je blesse beaucoup de gens, particulièrement les personnes les plus proches. Donc j'ai essayé tant bien que mal de passer la journée d'hier seul dans ma bulle. Plus les heures passaient, plus je pensais à elle. Pourtant  mes pensées ne devaient pas être tournées vers elle mais vers une autre personne. Le soir, le spleen m'a encore une fois gagné et les larmes sont tombées sans que je sache pourquoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui Léa m'a appelé sur mon portable pour une nouvelle de séance avec Margaux. Elle tenait à m'avoir pour que je lui  donne mon avis. J'étais content de pouvoir y aller, surtout pour revoir ma Margaux. Je me suis préparé avec soin avant le rendez-vous car je voulais qu'elle ne regarde que moi, qu'elle soit subjurée par moi, qu'elle ne sourie qu'à moi. Je ne sais pas pourquoi mais cette nouvelle séance m'enchantait alors que je savais pertinemment qu'elle allait être atroce. Surtout avec Léa qui allait encore se montrer tyrannique avec les vendeuses. J'ai fait mon possible pour être à l'heure au lieu du rendez-vous. Margaux était en retard comme toujours et elle était ravissante comme toujours également. Je lui ai fait un grand sourire puis je l'ai embrassée. Elle commençait à être habituée à mes baisers spontanés. Nous avons été accueillis comme des princes dans cette nouvelle boutique. Contrairement à la dernière fois, la boutique était plus petite et les vendeuses semblaient beaucoup plus fashion. On nous a installés dans des fauteuils confortable d'un luxe ostentatoire. Margaux était entre sa mère et moi. J'ai surtout discuté avec Léa afin que cette dernière ne remarque pas notre réelle complicité. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que si j'avouais mon attirance pour Margaux à Léa, elle ne serait pas ravie de la nouvelle. Donc je me suis concentré sur Léa et je lui ai donné mon avis sur tous les modèles qui passaient devant nous. Une charmante jeune fille nous servait de modèle et elle portait admirablement les créations du jeune couturier qui attendait beaucoup de cette séance. De temps en temps, je sentais sur moi le regard furtif que me lançait Margaux. J'étais content d'avoir soigné mon apparence avant de venir et je me sentais très sûr de moi. Je lui jetais aussi quelques regards en coin pour m'imprégner de son sourire et de ses regards bleus qui m'ont toujours fasciné. Je ne sais pas comment la chose est arrivée mais nos mains se sont frôlées. En une fraction de seconde, nos mains se sont jointes. Ce contact nous a surpris. J'ai senti un courant d'électricité traverser tout mon corps et je crois que c'est aussi le cas pour Margaux. Toucher cette peau si douce et si délicate m'a totalement ébranlé. A tel point que nous avons très rapidement retiré nos mains. J'ai cherché son regard et j'ai voulu voir l'expression de ses yeux bleus. Mais elle a détourné la tête vers sa mère et ne m'a plus observé. Pourtant j'aurais aimé que nos yeux s'affrontent et se parlent. Même si les mots étaient inutiles, j'aurais aimé être sûr de la réciprocité de notre attirance. Mais peut-être que je me fais un film tout seul ? J'invente peut-être ces éventuels sentiments entre elle et moi. Je pense à elle ce soir. J'aurais aimé garder cette main dans la mienne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-770286220868679395?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/770286220868679395/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=770286220868679395' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/770286220868679395'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/770286220868679395'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-jeudi-10-novembre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Jeudi 10 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-4404911390307798788</id><published>2007-07-12T16:02:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:10:49.570+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Lundi 7 novembre 2005</title><content type='html'>Lundi 7 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cas de Matthieu commence sérieusement à m'inquiéter. Il a encore essayé de me joindre samedi matin malgré mon silence depuis son dernier coup de fil. En fait, plus je fais la morte, plus il essaie de s'accrocher à moi. En l'écoutant me laisser un message plus ou moins convaincant sur mon répondeur, je me suis souvenue de notre relation. Des images s'imposaient à moi, des images de lui et de moi amoureux et heureux. Des sourires d'émerveillement, d'étonnement, de bonheur s'affichaient. Après notre rupture, j'ai gardé durant quelques mois toutes les photos de nous. Il y en avait partout dans tout l'appartement, dans ma chambre autour du lit, dans le bureau, dans le salon. J'ai vécu en regardant mélancoliquement ces photos du passé. Puis un beau jour, je les ai brûlées. Mon coeur a fermé ses portes aux sentiments  ce jour-là autour de ces images qui brûlaient.Tous ces souvenirs me semblent aujourd'hui tellement loin, j'ai même eu l'impression que je n'avais jamais vécu cette vie. Une vie qui appartient à un temps révolu que j'ai essayé d'oublier mais qui me rattrape sans que je puisse faire quoi que ce soit. Pourquoi me rappelle-t-il sans cesse alors que notre dernière face à face a été très claire? Que me veut-il sérieusement ? J'aurais pu décrocher le téléphone qui se trouvait à peine quelques centimètres de moi mais je n'ai fait aucun geste. Je ne veux pas que les fantômes du passé reviennent me troubler maintenant. Dans la voix de Matthieu, j'ai senti un petit quelque chose qui me fait dire qu'il ne fallait le rappeler sous aucun prétexte. J'ai effacé aussitôt son message. Puis je me suis préparée pour rejoindre Sophie pour le déjeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour une fois, je me suis retrouvée au lieu du rendez-vous avec quelques minutes d'avance. J'en ai profité pour m'asseoir sur un siège et l'attendre tout en regardant la foule qui s'agitait autour de moi. Quelle idée saugrenue de se donner rendez-vous dans une station de métro et particulièrement à Denfert-Rochereau où il y avait toujours beaucoup de monde. Des hommes et des femmes se croisaient dans ce lieu sans un mot, sans un sourire. Je me suis souvenue alors de l'incident qui avait fait coïncider ma rencontre visuelle avec Stanislas et ma première rencontre avec Philippe. Si la première rencontre m'a fait perdre tous mes moyens au point de me trouver mal, la seconde n'a pas été aussi marquante. D'ailleurs c'est la deuxième rencontre avec Philippe qui a été déterminante pour notre couple. C'est à partir de cette dernière que nous avons cessé d'être des étrangers. Sophie est arrivée après le passage de plusieurs métros de la ligne six en direction de l'Etoile. Nous avons repris le métro et nous sommes descendues à Montparnasse. Sophie y connaissait la meilleure crêperie de tout Paris. Nous étions installées sur la terrasse sous un soleil radieux à parler des derniers potins. Puis soudain le visage de Sophie s'est décomposée en une grimace horrible. Je me suis retournée et j'ai vu Guillaume avec sa midinette sur le trottoir du restaurant en train de marcher la main dans la main. Le ventre légèrement arrondi, la jeune fille semblait vraiment enceinte. Ils ne nous avaient pas encore vues et s'approchaient dangereusement de notre terrasse. Sophie a mis ses énormes lunettes de soleil et s'est levée précipitamment. En voulant prendre son sac, elle s'est mêlée les pinceaux et s'est retrouvée par terre. Le bruit de sa chute a fait tourner toutes les têtes de notre côté. J'ai vu Sophie devenir toute rouge  et confuse. Evidemment Guillaume et sa midinette l'ont vue également. Nous sommes restés interdits tous les quatre durant quelques secondes qui m'ont paru une éternité. Guillaume a lâché la main de sa petite amie et s'est précipité sur la pauvre Sophie qui se trouvait encore par terre. Aucun mot, aucun son. Il l'a aidée à se relever et a tenu ses mains dans les siennes pendant encore quelques minutes, le temps que Sophie retrouve ses esprits. La jeune fille et moi, nous n'osions rien dire et regardions cet ex-couple. J'ai pris mes affaires et le sac de Sophie puis je l'ai entraînée à l'intérieur du restaurant sans dire un mot car les mots étaient inutiles. Guillaume est resté longtemps à nous regarder nous éloigner puis il est parti accaparé par sa petite amie. Le reste du déjeuner a été très silencieux et surtout rapide. Je l'ai accompagnée chez elle. Je lui ai passé des mouchoirs quand elle a commencé à pleurer. J'ai ouvert mes bras pour qu'elle puisse y trouver un réconfort. Nous sommes restées ainsi à pleurer sur nos fantômes du passé toute la journée. Samedi n'a pas été une bonne journée alors qu'elle aurait dû l'être. C'est dans la soirée très avancée que j'ai rejoint mes pénates avec une certaine mélancolie. Un message de Philippe, Stanslas et de ma mère m'attendaient chez moi. Le premier message était de Philippe qui me faisait juste un coucou de la Corée et me disait que je lui manquais beaucoup. Stanislas voulait juste savoir si j'allais bien et quand ma mère et moi allions refaire la séance d'essayage de robes de mariées. Quant à ma mère, c'était pour prévoir un prochain dîner avec François et Stanislas et si je voulais, je pouvais aussi amener mon petit ami. Je ne sais pas si c'est une très bonne idée de présenter Stanislas et Philippe. Quelque chose me dit que je ferais mieux de ne pas le faire. Pourtant ce serait une chose normale. Je ne sais pas pourquoi mais j'aurais envie que cette rencontre ait lieu le plus tard possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier le réveil a été brutal comme tous les matins en ce moment. C'est à croire que tout le monde m'en veut de dormir autant le matin.  C'est en grommelant contre le monde entier que j'ai décroché et je crois que ma voix n'était pas la plus agréable. Stanislas semblait surpris par mon ton irrité. Il m'appelait pour prendre de mes nouvelles et connaître la prochaine date d'essayages de ma mère. Nous avons longuement conversé de choses et d'autres, aucun de nous deux ne voulait mettre fin à cette conversation téléphonique. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés l'après-midi même devant le cinéma Grand Ecran de la Place d'Italie. Je suis arrivée la première puisque j'habite tout près. Lunettes de soleil sur les yeux, j'observais la foule qui m'entourait. Je suis toujours étonnée de constater de voir autant de monde sur cette place. On pouvait aisément y voir des couples d'amoureux qui s'y retrouvaient, des amis, des familles. C'est au milieu de cette foule que j'ai attendu Stanislas, ne sachant pourquoi il m'attirait autant et pourquoi un simple coup de fil de sa part me mettait de bonne humeur. Il est sorti de la bouche du métro avec des écouteurs vissés aux oreilles et des lunettes de soleil hors de prix sur ses yeux. Habillé dans un style savamment négligé. Ce garçon a une classe inexplicable et inhabituelle pour son âge. Il n'a pas mis longtemps avant de se diriger vers moi et de m'embrasser directement sur la joue comme si nous nous connaissions depuis des siècles. Cette soudaine spontanéité  m'a surprise mais m'a également plu. Comme le temps était radieux, nous nous sommes mis à marcher dans le quartier sans chercher une place précise. Nous avons ri de la séance d'essayage de ma mère dans la boutique Cymbeline. Nous sommes arrivés dans un jardin public et nous sommes installés sur un banc. Des enfants couraient dans tous les sens, des couples s'y promenaient et s'embrassaient à l'abri des regards bien trop curieux de certains passants. C'était un bel après-midi d'automne, le ciel haut était d'un bleu pur. Il était à quelques centimètres de moi. Nos têtes se touchaient presque. Je sentais son parfum me chatouiller le nez. Nos yeux se parlaient autant que nos bouches. Son regard intense me déshabiller sans ménagement et je me suis souvenue de son premier regard à cette fameuse soirée. Je lui ai raconté ma version de la soirée en lui disant que je l'avais trouvé particulièrement arrogant et insolent. Je lui ai même avoué que son regard m'avait dérangée et que c'est à cause de ça que j'avais quitté la soirée plus tôt que prévu. J'avais vécu cette soirée comme un enfer avec tous ces gens inconnus qui passaient leur temps à se pavaner. Il a ri. Son rire chamboulait mon intérieur. A chacun de ses sourires, je ressentais comme un petit pincement au coeur. Je lui ai demandé comment il m'avait trouvée lors de cette première rencontre avec mon air effronté. J'ai encore eu envie de lui demander les raisons de toutes ces rencontres visuelles mais finalement je n'ai pas osé. Nous sommes restés longtemps sur ce banc à raconter nos histoires, nos blessures et tout simplement nos vies à l'ombre d'un chêne. Avant de le quitter, je lui ai promis de l'appeler pour la prochaine expédition avec ma mère. Je l'ai regardé partir vers le métro et j'ai ressenti une certaine frustration s'installer dans mon coeur. Mais je sais que je ne dois pas perdre de vue qu'il sera mon frère par alliance dans quelques mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui une journée en somme très normale et habituelle. Un nouveau mail de Philippe est arrivé pour m'informer du bon déroulement de son séjour. Il se plaît merveilleusement bien à Séoul et me promet de m'y emmener lors d'un prochain voyage d'affaire. Entre ses réunions quotidiennes et ses sorties nocturnes, il ne voit pas passer le temps même si je lui manque beaucoup selon ses dires. Je lui ai répondu rapidement mais le coeur ne se pressait pas réellement. Il y a quelque chose qui me freine mais je n'en connais pas les raisons. J'ai encore un peu de mal à oublier le sourire Colgate de Mathilde et je continue à me demander si elle n'est qu'une simple collaboratrice. Matthieu a encore une fois essayé de m'appeler aujourd'hui et je n'ai encore pas décroché. Quand va-t-il comprendre que je l'ai complètement rayé de ma vie ? Mon coeur connaît des turbulences actuellement que je n'arrive pas à calmer malgré ma bonne volonté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi 7 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constance m'a rejoint vendredi soir très tard dans la nuit après sa réunion hebdomadaire. Dès qu'elle a franchi la porte, elle s'est jetée sur moi et m'a embrassé passionnellement. Visiblement je lui avais manqué et elle me le faisait savoir. Cette fille m'étonne toujours par sa vivacité et sa joie de vivre qu'elle essaie de me transmettre. Habituellement je tombais toujours sur des filles qui étaient de sacrés cas et Karine en était le plus bel exemple. Alors que Constance sort de cet archétype de filles qui m'attirent et elle me surprend par sa vie saine et ses moeurs bien comme il faut. Je commence à me demander pourquoi elle n'a aucun défaut visible. Peut-on être aussi sain d'esprit et de corps quand on a notre âge? C'est dans cet état d'esprit que j'ai accueilli Constance dans mon lit mais j'ai rapidement changé d'idées devant sa moue mutine pour son plus grand bonheur. Quelques minutes plus tard, nos lèvres étaient rougies et gonflées à force de nous être embrassés. Nos mains fébriles pressaient de plus en plus sur nos peaux. Nous étions attentifs à chaque parcelle de nos corps. Le désir était violent et palpable. Bizarrement j'ai eu besoin d'éteindre toute source de lumière pour lui faire l'amour. Je n'ai pas voulu voir son visage malgré le désir que je ressentais pour elle. Je lui ai fait l'amour complètement emporté par la violence du plaisir qui montait en moi. Alors que j'étais en elle, mon esprit était ailleurs et je pensais à un autre visage et à un autre sourire. L'orgasme qui a suivi cet ébat a eu un goût amer pour moi. Bilan: 7.5/10. Honteux de mes propres pensées, j'ai feint de m'endormir rapidement alors que Constance semblait heureuse de se blottir dans mes bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La matinée de samedi a été consacrée à nos cours respectifs. Constance est une étudiante très sérieuse qui ne conçoit pas de ne pas travailler ses cours régulièrement. Cette règle est aussi valable dans la semaine que dans le week end. Donc levée aux aurores, elle s'était mise à travailler sur la table de mon salon alors que moi je dormais. Quand elle a estimé que j'avais suffisamment dormi, elle est venue me réveiller avec un plateau de petit déjeuner. Elle connaît les méthodes pour obtenir quelque chose de moi. Après un câlin vite expédié, elle a repris ses cours et moi j'ai commencé à ouvrir mon ordi à la recherche des derniers cours non fichés. Ce n'était pas la première fois qu'elle m'obligeait à étudier mais je dois dire qu'elle y arrivait mieux que ma dream team. Je suis de ces étudiants touristes efficaces qui bossent à la dernière minute et qui obtiennent des notes plus qu'honorables. Alors évidemment je fais enrager les autres qui suivent studieusement tous les cours sans aucune exception et qui se voient récompensés par une note passable. Je n'ai jamais réellement eu besoin de faire beaucoup d'efforts pour réussir scolairement et c'est un atout non négligeable que j'entretiens. Constance semble faire partie de l'autre groupe des étudiants qui réussissent en travaillant beaucoup. Comme une véritable femme d'intérieur, elle a envahi ma cuisine pour nous concocter un déjeuner. Elle est vraiment merveilleuse et pourtant je ne l'aime toujours pas. Quand elle m'a quittée cet après-midi-là, je me suis senti soulagé de me retrouver seul alors qu'elle, elle semblait déçue de me quitter déjà. Nous nous sommes embrassés au pas de ma porte et je l'ai vue partir sans aucun geste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques heures passées sur mon ordi à bosser mes cours, je me suis décidé à sortir. Je commençais cruellement à manquer de nouvelles lectures. Je me suis dirigé vers Gibert-Joseph avec mon iPod vissés aux oreilles et ma carte bleue. En y entrant, je me suis rappelé que samedi n'était pas forcément le meilleur jour pour aller acheter des livres, en effet il y avait une foule tellement importante que ça m'a presque découragé d'y rester. Finalement comme toujours, je me suis précipité vers le rayon de la littérature américaine à la recherche de nouveautés. Alors que je feuilletais vaguement un autre,  livre de Carson McCullers, j'ai entendu derrière moi une voix s'écrier. Une voix qui ne m'était pas inconnue. Je me suis retourné avec précaution et j'ai cherché l'origine de ces cris. Karine éclatait de rire avec ses amis au milieu du premier étage. Tous les regards étaient concentrés sur elle mais cette dernière ne semblait pas faire attention aux autres et continuait à rire. Elle était toujours aussi jolie et sexy dans son jean cigarette qui moulait merveilleusement ses fesses. Elle avait mis un bonnet rose et d'énormes anneaux aux oreilles qui brillaient. Sa veste cintrée laissait deviner une taille mince. Je suis sûr que la plupart des hommes dans cette librairie devaient la regarder et la désirer. Entre deux éclats de rires, elle m'a aperçu et s'est dirigée vers moi en laissant ses amis. J'ai cru voir dans ses amis, le garçon que j'avais présumé être son nouvel amoureux. D'ailleurs il faisait une drôle de tête lorsqu'elle s'est approchée de moi. Je ne savais que lui dire car je ne l'avais pas vue depuis notre dernière rencontre qui s'est terminée par des pleurs de sa part sur le Pont des Arts. Je l'ai laissée m'embrasser silencieusement et me parler de sa vie. Elle a regardé le livre que je tenais à la main et a eu un sourire. Elle m'a dit qu'il était vraiment très bien et que j'avais raison de vouloir l'acheter. Nous avons vaguement continué une discussion par convenance. L'autre garçon est arrivé derrière elle et lui a dit qu'il était temps de rejoindre les autres. Mais visiblement Karine n'avait aucune envie de me quitter. Alors j'ai décidé de quitter le lieu pour simplifier la situation. Avec une excuse bidon, je les ai salués et je suis parti avec les quelques bouquins que j'avais sélectionnés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père m'a appelé pour avoir de mes nouvelles. Je lui ai relaté ma dernière rencontre avec Léa et Margaux dans le IV ème. Il a ri lorsque je lui ai raconté la séance d'essyage de Léa dans le magasin. Je ne lui ai évidemment pas décrit les différents modèles qu'elle avait essayés mais plutôt les différentes tortures que Léa avait infligées aux vendeuses. Je lui ai même raconté que je devais y retourner prochainement avec elles car Margaux pensait ne pouvoir supporter une nouvelle séance seule avec sa mère. Nous avons continué à parler du quotidien pendant quelques minutes. Rassuré, mon père a raccroché avant de m'annoncer un prochain dîner avec Margaux et Léa auquel je pouvais inviter Constance si je voulais. Je me suis demandé quelle serait la réaction de Margaux quand elle sera en présence de Constance. Etrangement, je n'ai pas envie qu'elles se rencontrent. Après ce coup de fil paternel, j'ai appelé Margaux. Malheureusement je suis tombé sur son répondeur et je lui ai laissé un simple message.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, je me suis réveillé avec une terrible envie d'entendre la voix de Margaux. Le réveil indiquait à peine 8 h. et je ne pouvais pas raisonnablement l'appeler si tôt un dimanche matin. Donc je me suis recouché avec le téléphone et son numéro à la main. Mes oreillers sentaient son parfum et je m'y suis enfoui la tête. Les yeux fermés, je cherchais son visage, ses sourires, ses yeux. Cette douce odeur fleurie m'apaisait. J'ai pris un des livres que j'avais achetés la veille. "L'amour de Phèdre" de Sarah Kane. Je me suis installé confortablement sur mon lit pour le lire. J'avais étudié au lycée "Phèdre" de Racine et le titre de cette pièce de théâtre de cette jeune dramaturge anglaise a attisé ma curiosité. La quatrième de couverture reprenait une réplique de l'héroïne qui m'a intriguée et j'ai pris sans réelle motivation le livre. Lorsque je l'ai fini, le réveil indiquait 11 h. et je pouvais enfin téléphoner à Margaux. Au son de sa voix, j'ai senti que je venais de la réveiller. Mais rapidement sa voix a repris la douceur et l'entrain habituels et nous avons parlé de tout et de rien. Comme il faisait un temps superbe, je lui ai proposé de nous retrouver vers la Place d'Italie pour continuer cette conversation. Proposition aussitôt acceptée. Elle m'attendait devant le cinéma Grand écran lunettes de soleil sur le nez et en robe d'été fluide et légère. Je l'ai embrassée sur la joue sans lui demander l'autorisation car j'avais tellement envie de sentir sa peau. Surprise mais ravie, elle ne m'a fait aucun commentaire. Nous avons longtemps déambulé dans le quartier avant de nous arrêter sur un banc dans un jardin public. Le soleil était radieux et on avait encore l'impression d'être en été. Elle était face à moi, souriante et riante. J'avais envie de la prendre dans les bras et lui parler de douces choses au creux de ses oreilles. Elle m'a parlé de notre première rencontre et m'a confessé qu'elle m'avait trouvé particulièrement arrogant et insolent. Je me suis souvenu de cette soirée et notre bataille de regards. J'ai ri. Elle voulait savoir mes impressions sur elle à cette soirée. Je lui ai dit que je l'avais trouvée terriblement arrogante et insolente. Nous avons ri. Si habituellement je ne supportais pas de rester plus de quelques heures avec quelqu'un, là sur ce banc, j'aurais pu rester encore de longues heures à parler de nos vies avec elle. Ses paroles, sa voix, ses sourires me rassuraient.  C'est donc avec un regret que j'ai pris congé d'elle sur la Place d'Italie. En la quittant, j'ai sorti mon iPod et j'ai écouté une chanson au hasard. Dans le métro, je pensais à elle tandis que mes oreilles étaient bercées par "you are so beautiful" chantée par Joe Cocker.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis ce matin, je suis gagné par une crise de manie. Je parle très vite, je marche vite, j'écris vite. Tout ce que je fais est exécuté à une vitesse incroyable pour le commun des mortels. J'ai dépensé une fortune aux Galeries Lafayettes. Il suffit que le toucher de l'objet me plaît et je l'achète sans penser aux conséquences. J'ai éteint mon portable et j'ai décroché mon téléphone fixe afin que personne ne puisse me joindre. J'ai éteint mon ordi. Je ne suis plus moi-même durant ces crises et un rien peut m'irriter. J'en ai assez d'être malade...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-4404911390307798788?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/4404911390307798788/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=4404911390307798788' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/4404911390307798788'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/4404911390307798788'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-lundi-7-novembre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Lundi 7 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-3678128367946730178</id><published>2007-07-12T15:56:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T16:00:27.534+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Vendredi 4 novembre 2005</title><content type='html'>Vendredi 4 novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;Philippe est à nouveau en voyage d'affaires. Il a quitté le sol français hier midi pour rejoindre ses clients asiatiques à Séoul. Nous nous sommes donné rendez-vous mercredi soir pour le dîner. Mais assez étrangement, nos retrouvailles ont eu un goût amer pour moi. Comme toujours, j'ai passé un certain temps dans la salle de bain pour me préparer et j'ai choisi avec soin une tenue spécialement pour lui. Je l'ai attendu durant de longues minutes avant qu'il n'arrive au lieu du rendez-vous. Il m'a appelée une première fois pour signaler un retard de dix minutes car il devait régler un dernier détail avant de quitter son bureau. Dix minutes plus tard, il m'a rappelée pour s'excuser platement et ajouter quelques minutes supplémentaires à son retard. Trente minutes plus tard alors que ma patience s'est quasiment envolée, il est arrivé avec une mine épouvantable et une barbe de quelques jours. En l'embrassant amoureusement, j'ai vu derrière lui une blonde qui ne m'était pas totalement inconnue. Le visage de cette fille me disait quelque chose mais perdue dans mon baiser passionnel, j'étais incapable de lui donner un nom. Philippe a fait la présentation et j'ai appris que cette blonde était une de ses collaborateurs. Non seulement il est arrivé en retard mais en plus il a détruit toute idée du dîner romantique auquel je m'attendais. Je l'ai saluée chaleureusement voulant faire bonne figure. A son sourire aux lèvres, je me suis rappelée où je l'avais rencontrée. C'était la fille au sourire Colgate qui m'est apparue à la porte de l'appartement de Philippe, il y a à peine quinze jours. J'ai appris qu'elle s'appelait Mathilde. Elle n'a nullement mentionné notre première face à face récente. Pour s'imprégner de son futur voyage, Philippe nous a emmenées dans un restaurant coréen en face de Notre-Dame de Paris, près du quartier Latin. J'ai goûté à une cuisine étonnante et épicée à souhait. De la viande marinée dans une sauce sucrée-salée, aux crêpes salées, aux raviolis grillés et aux divers condiments, mes baguettes ont fait d'interminables aller-retour. Toutes ces saveurs inconnues m'ont séduite. Philippe et Mathilde ont surtout parlé de leur prochain projet auquel je ne comprenais rien. C'est avec un certain soulagement que je l'ai vue nous quitter à la fin du dîner. Une foule de questions m'ont assaillie mais je n'ai pas osé les poser. Elles ont continué à me tarauder même lorsqu'il m'a déshabillée habilement et rapidement. Malgré ses caresses, mon esprit était ailleurs.                 &lt;br /&gt;                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         D'un côté, j'ai eu envie de me laisser aller et de ne plus penser à rien d'autre. Mais de l'autre côté, je n'ai pas réussi à oublier cette Mathilde au sourire Colgate. En fait, j'ai pressenti un certain danger à ses côtés que je suis incapable d'expliquer raisonnablement. Après l'amour, Philippe s'est endormi rapidement, sans doute fatigué de ces derniers jours de travail. Quant à moi, je suis restée longtemps éveillée à cogiter. Hier matin, lorsque je l'ai quitté après un dernier long baiser, une inquiétude s'est emparée de moi sans que je sache quoi que ce soit. Ce dernier baiser sonnait comme un baiser d'adieux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, un coup de fil de ma mère a chamboulé tout le programme de la journée. Elle m'a rappelée pour la fameuse séance d'essayages et m'a prévenue qu'elle m'attendait pour l'après-midi. Je l'ai rejointe après une matinée peu fructueuse au bureau avec un empressement  étonnant. Mais je crois que j'avais envie de changer d'air et de me concentrer sur autre chose. Elle m'attendait dans la rue des Rosiers dans le IV ème devant la très célèbre boutique de Cymbeline en grande conversation avec Stanislas. Que faisait-il avec elle ? N'avais-je pas l'exclusivité de cette si difficile tâche ? Depuis notre dernière rencontre, ni lui ni moi n'avons osé nous appeler. A ma vue, il m'a fait un grand sourire auquel j'ai répondu. Ils venaient de se rencontrer par hasard dans cette rue et ma mère avait décidé que Stanislas devait également donner son avis sur sa future robe. Il valait mieux deux avis qu'un seul pour une telle décision! Donc c'est à trois que nous sommes entrés dans le magasin. Les vendeuses à la tenue stricte se sont empressées auprès de moi pensant qu'à tort que la reine du jour était moi. Ma mère a déclaré haut et fort qu'elle était la future mariée. Pendant qu'elle dictait ses exigences pour le choix des robes d'essayages, Stanislas et moi nous sommes assis dans des sofas confortables et avons repris notre conversation de la dernière fois. C'est un peu comme si nous ne nous étions pas quittés. J'ai senti qu'une certaine complicité inexplicable nous attirait l'un vers l'autre. Nos têtes se touchaient presque et je sentais son souffle dans mon cou lorsqu'il se penchait pour me parler.  Avec une facilité déconcertante, nous avons délaissé ma mère avec les vendeuses. De temps en temps, nous pouvions l'entendre s'exclamer de ses "Non, c'est out'' et "Oui, j'adore''. Elle marchait en tête d'un pas décidé suivie des vendeuses qui couraient presque à ses côtés. Après une heure de course dans tout le magasin, ma mère a choisi une dizaine de robes à essayer. Elle s'est dirigée vers la cabine avec sa suite pendant que nous dégustions un café avec quelques biscuits aux amendes. Stanislas et moi devions donner notre avis sur chaque robe. Nous avons décidé de noter chaque robe sur dix. La première était toute simple et très près du corps. Ma mère faisait une drôle de grimace en se regardant dans la glace. Rouge de confusion et gauche dans cette robe, elle soupirait que cette somptueuse robe ne la mettait pas du tout en valeur. Elle a commencé par critiquer la couleur de la robe qui lui faisait un teint blafard et a réclamé un autre éclairage. Les pauvres vendeuses faisaient de leur mieux pour répondre aux moindres caprices de ma mère. La deuxième robe était plus chargée en dentelle et en perles. Stanislas et moi avons donné une très mauvaise note pour cette robe tout en essayant de garder notre sérieux. Ma mère sans pitié a vraiment essayé les huit robes suivantes en trouvant à chacune un défaut. Tout le personnel de la boutique était mobilisée autour d'elle. Il y avait une vendeuse qui l'aidait à s'habiller, une autre pour ranger la robe recalée et une autre qui tenait la robe suivante. Une autre nous apportait d'innombrables tasses de café tandis qu'une dernière notait les suggestions de ma mère. Trois heures plus tard, elle était toujours aussi en forme pour choisir d'autres robes à essayer tandis que les vendeuses étaient totalement sur les rotules ayant couru tout l'après-midi après elle. Quant à Stanislas et moi, nous ne pouvions plus avaler une goutte de café supplémentaire. Nous avons totalement cessé de noter les robes. Nous avons vu passer toute sorte de robe de la plus simple à la plus fantaisiste, du blanc à la couleur, avec de la dentelle, des perles, des rubans, avec un décolleté, en soie sauvage, en coton, en lin et en satin. Vers cinq heures, ma mère a estimé qu'il était temps de quitter la boutique et nous sommes sortis sous le regard fatigué et haineux des vendeuses. Evidemment aucune robe de mariée n'a eu les préférences de ma mère donc cette séance est à recommencer prochainement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, un coup de fil m'a réveillée. Comme d'habitude, j'ai filtré l'appel en laissant mon interlocuteur parler sur mon répondeur. Cette voix qui m'était si familière m'aga\c cait au plus au point et je ne comprenais pas pourquoi il me rappelait après l'incident de notre dernière rencontre. Assise en tailleur sur mon canapé, j'ai laissé Matthieu débiter un message sur mon répondeur. Le message que je me suis empressée d'effacer. Ce coup de fil inattendu m'a mise de mauvaise humeur dès le matin et me faisait présager d'une mauvaise journée. Je n'ai évidemment pas rappelé Matthieu même s'il me demandait précisément de le faire rapidement. Pourquoi me rappeler alors que vingt-quatre mois ont passé depuis notre rupture ? Durant tout ce moment de silence, j'ai eu envie de le rappeler et lui dire que j'avais eu tort de le quitter. Puis petit à petit, j'ai fait le deuil de cette relation idyllique en apparence. J'ai fait une croix sur notre projet de famille et de carrière commun. Je le pleurais beaucoup les premiers mois et je le cherchais sans cesse dans le trop grand lit dans la nuit. Le coup de fil de ce matin m'a plongée dans une colère noire car tous ces mauvais souvenirs étaient à présent liés à lui. Toutes ces souffrances lui appartenaient et je n'arrivais pas à lui pardonner malgré tous ces mois passés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement le reste de la journée a été plus agréable. Philippe m'a envoyé un mail tendre de Séoul. Il n'osait pas m'appeler à cause du décalage horaire trop important. Mais malgré tout, il pensait à moi chaque instant. Ce message aux doux mots m'a rassurée quelque peu. Je lui ai répondu tout de suite malgré la pile énorme des dossiers qui s'entassaient sur mon bureau. Ma mauvaise humeur s'est dissipée. Vers midi mon portable a reçu plusieurs textos dont un m'invitant à un dîner ce soir entre filles avec Blandine, Sophie, Delphine et Loraine, un autre plus surprenant de Stanislas qui me faisait juste un petit coucou et enfin un de ma mère qui proposait une autre séance dans une autre boutique la semaine prochaine. Assise dans un bus en direction de la faculté pour les cours magistraux, j'ai répondu à chacun des messages. J'ai fini par la réponse à Stan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Salut. Je vais bien oui merci. J'accompagne ma mère dans une boutique la semaine prochaine. Tu veux venir ? Ce serait moins torturant pour moi. Margaux."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi 4 novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi matin, je me suis réveillé avec mon écharpe à la main dans mon lit. Malgré moi, je me suis endormi avec son parfum. Au fond de mon lit, j'ai porté l'écharpe à mon nez en essayant de me rappeler de son visage, de son sourire, de sa voix. Lorsque le réveil a resonné neuf minutes plus tard, j'étais toujours dans le même état, les yeux fermés en humant le parfum d'elle. J'ai arrêté le réveil d'un coup de poing et me suis levé d'un bon pied. La couette essayait de me retenir avec sa chaleur habituelle mais j'ai laissé tomber l'idée de sécher les cours de la matinée. C'est avec cette même écharpe aspergée du parfum de Margaux que je suis arrivé à la Sorbonne. Vanessa a tout de suite remarqué la senteur sans que je le lui dise et m'a lancé sur un ton ironique si j'avais passé la nuit avec Constance et si nous avions échangé nos écharpes. J'étais trop fatigué de lui expliquer le pourquoi du comment de cette nouvelle odeur féminine sur moi. J'ai commencé sérieusement à me demander si elle n'était pas en train de me faire une scène de jalousie. J'ai essayé de me rappeler quelles étaient ses attitudes avec mes copines. Je me suis souvenu que lorsque j'étais avec Karine, Vanessa avait tendance à se mettre à la descendre avec Julie. Quant aux autres filles qui me draguaient, elle les méprisait totalement et me mettait toujours en garde contre elles. Un doute m'a assailli: serait-elle amoureuse de moi ? Est-elle jalouse de Constance?  Le prof est entré et nous nous sommes installés comme d'habitude dans les derniers rangs de l'amphi. J'ai abandonné mes réflexions pour mieux suivre le cours magistral qui commençait. J'ai gardé l'écharpe autour de mon cou près de mon nez durant toute la matinée ainsi j'ai eu l'impression d'être à ses côtés. Cette odeur m'a rassuré comme l'odeur de ma mère sur mon doudou lorsque j'étais enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'après-midi, je me suis présenté au cabinet de ma psy. Au détour d'une conversation anodine, je lui ai parlé du futur mariage de mon père avec Léa, de Margaux et du dîner à quatre de la semaine dernière. Elle m'a demandé quelle a été ma réaction lorsque mon père avait annoncé cette prochaine union. Elle m'a également questionné également sur mes impressions sur Margaux. Je lui ai avoué que je ressentais une attirance obsédante pour cette dernière que je n'arrivais à expliquer. Je lui ai conté l'épisode du parfum que je suis allé acheté lundi et dont j'ai aspergé toute mon écharpe. Très professionnelle, comme toujours, elle a noté le moindre de mes paroles sur un carnet. Pendant que je lui parlais, j'effleurais à peine la matière douceâtre du divan que j'affectionne beaucoup. Ce geste me rassurait tout comme l'écharpe que je tenais à la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une heure plus tard, en sortant de chez elle, j'ai entendu mon portable sonner. Entendre sa voix douce et joyeuse m'a fait un bien fou. Parler des futilités du quotidien. Dire le manque qui se crée et qui devient insupportable. Je lui ai murmuré des mots doux à l'abri des oreilles curieuses dans la rue. Lorsque j'étais encore célibataire, il y a encore quelques mois, je détestais tous ces gens amoureux qui se déclamaient haut et fort leur intimité dans la rue. C'était une attitude qui me dégoûtait comme tous ces couples amoureux qui se mangeaient littéralement la bouche aux regards de tous les passants. Ce qui explique mes chuchotements lorsque je lui téléphonais dans la rue. Lorsque je suis arrivé dans ma rue, de loin j'ai reconnu sa silhouette mince et frêle. J'ai coupé le portable et suis arrivé derrière elle. J'ai déposé un baiser tendre sur sa nuque blanche. Elle a sursauté et s'est retourné en criant. Elle a ri et nous avons ri de plus belle en nous dévisageant comme si nous nous étions quittés depuis une éternité. Nous sommes entrés chez moi en nous arrêtant toutes les dix secondes pour nous embrasser fougueusement. J'étais avide de cette bouche qui ne cessait de chercher la mienne. Nos mains caressaient la peau de l'autre délicatement puis violemment. La fièvre du désir nous gagnait. Une fois que j'ai ouvert la porte de mon appartement, nous nous sommes déshabillés l'un l'autre tout en nous embrassant passionnellement à nous en couper le souffle. Ses mains se faisaient insistantes et ses caresses plus précises. J'ai posé délicatement Constance sur mon lit, sur l'oreiller qui sentait vaguement le parfum de Margaux. J'ai léché son sein droit pendant que ma main gauche caressait brutalement son sein gauche. Au fur et à mesure de mes coups de langue et de mes frôlements, ses gémissements s'intensifiaient pour finir en un cri lorsque je l'ai pénétrée. Bilan: 8.5/10. Elle s'est endormie juste après l'amour alors que je continuais à caresser sa peau délicieusement douce et blanche. Je suis resté dans le lit à écouter sa respiration régulière. Puis je me suis levé sans la réveiller. Je suis sorti acheter un nouveau flacon de "Allure'' de Chanel à la parfumerie du quartier. Je l'ai déballé et ai déposé les deux flacons noués ensemble par un ruban sur la table de nuit à son côté. A son réveil, je lui ai expliqué qu'elle pouvait en laisser un dans ma salle de bain et emmener l'autre chez elle. Constance semblait ravie de mon premier cadeau et était aux anges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier Julie et moi nous sommes retrouvés pour le déjeuner. Elle avait une soudaine envie de déguster des falafels et je l'ai accompagnée. Elle m'a confié qu'elle faisait de nombreux caprices auprès de Guillaume et même en pleine nuit. Elle avait bonne mine et semblait en pleine forme malgré ses nombreuses plaintes de fatigue. Elle a commandé un nombre incroyable de plats et j'ai halluciné de la voir ingurgiter autant de nourriture.  A ce rythme, elle allait dire adieu à ses petits tops taille 36 et à ses mini jupes. Pendant tout le déjeuner, elle m'a longuement parlé de ses nausées insupportables et de ses envies subites de femme enceinte. Après le déjeuner, elle m'a quitté pour reprendre ses cours tandis que moi je me suis promené dans le quartier. C'est ainsi que  j'ai rencontré par hasard Léa dans la rue des Rosiers. Elle était comme toujours très élégante et semblait contente de me revoir. Nous avons papoté ensemble quelques minutes de tout et de rien. Elle voulait savoir mes impressions sur Margaux et savoir si j'avais apprécié le dîner à quatre de la semaine dernière. Elle m'a demandé de rester avec elle si j'avais un peu de temps libre devant moi. Margaux nous a rejoints quelques minutes plus tard. Je lui ai fait un sourire auquel elle a répondu. En l'embrassant, j'ai senti son parfum que je connaissais par coeur à présent. J'étais tellement heureux de la revoir que je me suis laissé entraîner malgré moi dans une séance d'essayages de robes de mariée. Pendant que Léa dirigeait tout le monde dans la boutique de manière assez tyrannique, Margaux et moi avons discuté de Haruki Murakami et de nos auteurs étrangers favoris. Nous étions assis très proches l'un de l'autre et je pouvais humer son parfum délicat. Elle avait perdu toute sa froideur et son inflexibilité que j'avais ressenties lors de notre première rencontre. Nous parlions naturellement comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Elle semblait ahurie des auteurs que je lisais à cause de mon jeune âge. Me prenait-elle pour un gamin n'ayant pas encore terminé son adolescence ingrate ? J'ai vu qu'elle m'écoutait attentivement et souriait à la moindre de mes plates blagues. C'est assez rare pour moi de parler ainsi avec une quasi inconnue. J'ai l'habitude de montrer un masque assez froid et méprisant vis à vis des autres. Je me cache derrière ce masque et y cache mes pensées les plus profondes. Plus nous discutions, plus j'avais envie de connaître Margaux, d'être proche d'elle et d'avoir une réelle complicité avec elle. Elle m'a promis de continuer et de finir "Les amants du Spoutnik''. Je lui ai conseillé "La fin des temps'' et "La ballade de l'impossible'' du même auteur afin qu'elle ait une connaissance plus complète de Haruki Murakami. Les cris et les plaintes de Léa nous rappelaient de temps en temps que nous étions un jury pour élire la plus belle robe de mariée. Mais sa fille et moi, nous en avons profité pour parler de nos impressions sur nos lectures préférées et nos morceaux favorites de musique tout en buvant du café. J'ai conseillé Margaux d'écouter les chansons de Vincent Delerm et d'autres chanteurs contemporains. Nous avons passé quelques instants à écouter mon iPod, unis par le langage de la musique. Chaque fois que je me penchais vers elle, son parfum venait chatouiller agréablement mon nez. A chacune des robes que Léa nous présentait, nous la notions. Si au début, nous étions extrêmement sérieux, petit à petit une certaine hilarité nous a gagnés. Nous sommes sortis en fin d'après-midi de la boutique avec une horrible envie d'aller aux toilettes pour Margaux et moi et sans robe de mariée pour Léa. Les vendeuses semblaient nous haïr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, RAS. J'ai juste envoyé un sms à Margaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Coucou. Tout va bien depuis hier après-midi ? J'ai rêvé de robes de mariée toute la nuit. Bonne journée. Stanislas."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle m'a répondu alors que je sortais de la faculté. Son texto m'a mis de bonne humeur et je suis resté dans cet état d'esprit toute la journée malgré le ton sarcastique de Vanessa. Car visiblement Margaux a envie de me revoir et c'est réciproque.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-3678128367946730178?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/3678128367946730178/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=3678128367946730178' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3678128367946730178'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3678128367946730178'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-vendredi-4-novembre.html' title='Chapitre A (Automne) Vendredi 4 novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-6821762715692613447</id><published>2007-07-12T15:48:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:55:41.164+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Mardi 1er novembre 2005</title><content type='html'>Mardi 1er novembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi soir, j'ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil après ce fameux dîner et surtout après cette balade silencieuse avec Stanislas. J'ai finalement réussi à m'endormir en écoutant les nocturnes de Chopin en boucle toute la nuit. Dimanche au réveil, une question m'a taraudée sérieusement. En effet comment faire pour lui rendre sa veste ? Une veste sûrement hors de prix, vu l'étiquette cousue sur la doublure: Hugo Boss. Depuis quand un étudiant de vingt ans s'habille chez HB ? Je l'ai posée religieusement sur une chaise dans ma chambre. Je l'ai longuement admirée de loin, m'en suis approchée doucement, senti son parfum aux encolures puis par curiosité ai fouillé toutes les poches. J'y ai trouvé le livre de Carson McCullers, un paquet de chewing gum, un petit stylo noir et un ticket de métro usagé. Une maigre récolte décevante. J'ai feuilleté le livre et j'y ai lu "Octobre 2005'' à la première page. Ainsi donc il prenait l'habitude d'écrire la date de l'achat de chacun de ses livres. J'aurais aimé savoir combien de livres il avait achetés ce mois-ci. J'ai plongé ma main dans sa boîte de chewing gum et j'en ai pris un. J'aurais pu rester ainsi toute la journée à toucher sa veste, à lire son livre et à mâcher tout son paquet. Finalement un coup de fil m'a sortie de cette contemplation: ma chère et tendre maman! Elle était impatiente de connaître mes impressions sur Stanislas. Je lui ai lancé un vague "Il a l'air sympathique.'' Ma mère était visiblement déçue du peu d'enthousiasme que je manifestais et m'a demandé de faire un peu plus d'efforts. Après quelques réflexions maternelles sur mon manque d'ouverture d'esprit vis à vis de mon futur petit frère par alliance, elle m'a réclamé un peu de mon temps la semaine prochaine pour une éventuelle séance d'essayage dans une boutique de mariage. Les catastrophes arrivaient au galop! Toute personne normalement constituée ne survivait pas au shopping avec ma mère. Elle criait, hurlait, exigeait et réclamait dans tous les magasins qu'elle fréquentait. Les vendeuses finissaient en déprime: elle se comportait comme un véritable tyran. Donc c'est moi qu'elle a choisie pour cette lourde tâche et je ne pouvais évidemment pas décliner son invitation sous peine de me faire déshériter. Après avoir raccroché avec elle, mon téléphone fixe a sonné. Un numéro inconnu s'est affiché sur l'écran et j'ai décroché poussée par la curiosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Allô ?&lt;br /&gt;- Bonjour. C'est Stanislas.&lt;br /&gt;- Ah oui, bonjour.&lt;br /&gt;- Excusez-moi, devousdérangermaisj'aimeraisrécupérermaveste.Peut-on serencontrerquelquepart? Ou puis-je passerchezvous?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a dit ses phrases d'une seule traite sans que je puisse comprendre quoi que ce soit. J'étais presque sûre qu'il lisait les questions qu'il avait dû noter soigneusement sur un papier. Sa voix assurément jeune mais douce me rappelait ce qui s'était passé la veille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Pardon? Est-ce que tu peux répéter, s'il te plaît?&lt;br /&gt;- Heu... c'est à propos de ma veste.&lt;br /&gt;- Ah oui, pardon. Je t'en remercie car sans elle, j'aurais sans doute pris froid hier soir. Comment puis-je te la rendre ?&lt;br /&gt;- Heu...&lt;br /&gt;- As-tu du temps pour aller boire un verre?&lt;br /&gt;- Oui.&lt;br /&gt;- Tu as un endroit à me proposer ?&lt;br /&gt;- Heu..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant sa volubilité évidente, j'ai pris le devant et je l'ai invité à boire un verre près de chez moi à la Butte aux Cailles. Il a accepté facilement ma proposition et je me suis dépêchée de remettre le livre, son paquet de chewing gum, son petit stylo et le ticket métro usagé dans sa veste. Je me suis préparée pour ce rendez-vous improvisé. Comme la veille, je suis arrivée avec quelques minutes de retard. Je l'ai trouvé assis sur un banc sur la place Paul Verlaine en face de la Butte aux Cailles avec toujours un livre à la main.  Il était en tenue plus décontractée. Je me suis approchée de lui sans bruit. Je me suis installée à ses côtés sur le banc et lui ai demandé ce qu'il était en train de lire. Il a enfin tourné la tête vers moi. Je ne saurais décrire son sourire lorsqu'il m'a reconnue. Un sourire d'ange doux et apaisant.Il lisait "les amants du Spoutnik'' d'Haruki Murakami. Je lui ai timidement avoué que je n'avais pas réussi à aller plus loin que quelques dizaines de pages dans ce livre. Alors il m'a dépeint l'univers fantastique et poétique de cet auteur japonais à la mode. Il faisait parfois quelques infidélités à sa passion de la littérature américaine au profite de cet auteur et d'autres encore. Nous sommes restés à bavarder de l'objet de sa lecture durant de longues heures sur ce même banc sans nous préoccuper du reste du monde. Rapidement, il est passé de vous à tu pour me parler. Il semblait beaucoup plus à l'aise avec moi et même si nos yeux se parlaient leur propre langage, nous avons bavardé comme si nous étions de vieilles connaissances. Si la veille il s'est montré muet quasiment autiste, cet après-midi là, il était un vrai moulin à parole qui ne s'arrêtait que pour respirer. Nous avons fini par poursuivre cette conversation dans un petit restaurant de la Butte aux cailles. Nous y avons passé de longues heures à débattre, à convaincre et à nous jauger à travers nos paroles. Je n'ai aucun souvenir du menu, du cadre, des autres clients du restaurant. Il n'y avait plus que lui et moi. Nous n'avons pas vu passer le temps et nous nous sommes quittés tard dans la nuit sur la même place Paul Verlaine devant le même banc vert. Avec la promesse de nous revoir prochainement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier midi, Philippe m'a appelée pour prendre de mes nouvelles. Avec ce week end mouvementé, je ne me suis même pas étonnée du silence de mon amoureux ces derniers jours. J'étais en train de sortir de la faculté quand mon portable a sonné. Le numéro de Philippe s'est affiché et j'ai mis quelques sonneries avant de décrocher. Pour la première fois, j'ai entendu sa voix presque éteinte et sans force. Il m'a confié qu'il avait passé les dernières quarante-huit heures à mettre au point sa nouvelle campagne de publicité pour une grande chaîne de magasins en Asie. Il semblait totalement fatigué et décalé. Sans savoir réellement pourquoi, je ne lui ai pas avoué mon rendez-vous avec Stanislas de la veille et encore moins mon attirance évidente pour ce garçon. De toute façon, Philippe ne parlait que de lui-même et s'intéressait à peine à ce que je pouvais lui raconter. Il me téléphonait pour me donner de ses nouvelles et non l'inverse. Après quelques minutes de conversation téléphonique, nous avons été coupés par un important coup de fil venant d'Asie. Je passais après le travail. Je n'étais pas sa priorité et je venais de comprendre à mes dépends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, comme tous les ans à la même date, je suis allée rendre visite à mon père. J'ai acheté ses habituelles fleurs préférées, des roses blanches. Hier avant de rentrer à la maison, je suis allée choisir les plus belles roses blanches chez le fleuriste du quartier. Donc ce matin très tôt, je me suis présentée endimanchée avec le bouquet à la dernière demeure de mon père. J'ai mis de l'eau dans le vase puis j'y ai déposé les fleurs en essayant de les arranger. J'avais une soudaine envie d'être sans ses bras, de lui dire qu'il me manquait, de lui confier ce qui m'arrivait. J'avais tout simplement besoin de mon père. Mais lui est resté silencieux comme toujours. Sa photo sur la tombe que j'avais choisie parmi des centaines faites par moi-même me lançait des sourires. Oh papa, tu me manques tellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Mardi 1er novembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi soir, après l'avoir laissée partir, je suis sorti du métro et j'ai préféré marcher. J'avais envie de faire entrer de l'air dans mes poumons, de hurler, de danser, de chanter. Je n'ai pas pu m'expliquer cette soudaine euphorie et cette effervescence. De Trocadéro, j'ai rejoint les Champs Elysées et je me suis mêlé à la foule des touristes. J'entendais ça et là les langues exotiques. J'étais aussi excité qu'eux mais pas pour les mêmes raisons. Malgré le vent qui s'est levé, je n'ai pas eu froid et j'ai marché d'un bon pas. Après la plus belle avenue du monde, je suis arrivé rapidement au Louvre. Paris a bien mérité son surnom de la ville des lumières lorsqu'on s'y promène la nuit. L'obscurité donne une nouvelle dimension à Paris qu'on ne retrouve jamais dans la journée sous la clarté du soleil. Les monuments semblent plus vivants, les rues semblent totalement différentes, les gens eux-mêmes se comportent d'une autre manière. J'ai fini ma promenade sur le Pont des Arts. Tout m'amène toujours sur ce pont et j'aimerais y être un jour avec elle. Je suis sûr qu'elle comprendrait l'importance de ce lieu pour moi, sans explication. Sur ce pont, je suis souvenu le passage d'un roman de Balzac étudié au lycée. Au sommet du cimetière du Père Lachaise, contemplant Paris, Rastignac s'écrie : « À nous deux maintenant ! ». Je me sentais comme Rastignac prêt à conquérir tout Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche matin tôt, réveillé par les rayons de soleil, je me suis souvenu qu'elle avait gardé la veste de mon costume. A vrai dire, ça ressemblait à un vrai coup monté. Allait-elle croire que j'avais fait exprès de la lui donner pour la revoir ? Comment faire pour la récupérer? Il était encore trop tôt pour appeler mon père et Léa pour avoir son numéro de téléphone. Appeler Karine ? J'ai finalement choisi de consulter courageusement tout l'annuaire parisien. J'ai épluché soigneusement toutes les pages de chaque arrondissement et trois heures de lecture plus tard, j'ai eu gain de cause. Margaux Dutilleul est apparue dans le XIIIème arrondissement. J'ai commencé à paniquer à l'idée de l'appeler et lui dire une chose aussi banale que "Pouvez-vous me rendre ma veste ?''. Incapable de formuler correctement mes phrases au téléphone, j'ai noté les différentes phrases sur une feuille que j'ai répétées plusieurs fois avant de composer son numéro de téléphone. A ce moment précis, je ne sais si je l'ai rappelée pour ma veste ou si c'est parce que j'avais envie de la revoir. Le téléphone sonnait et j'étais encore encore en train de répéter dans ma tête mon texte. Son "allô'' ne m'a pas déstabilisé et je me suis présenté. Puis je ne sais pas ce qui m'a pris mais j'ai récité le reste de mon texte à la vitesse d'un concorde traversant le mur du son. Ca va de soi qu'elle n'a rien pu comprendre de ce que je venais dire. D'une voix légère, elle m'a demandé de répéter. Je me suis laissé faire pour le reste de la conversation car je restais muet et émettais un "heu'' à chacune de ses questions. Elle a décidé de la date et du lieu du rendez-vous. Après avoir raccroché avec elle, je me suis traité de tous les noms car ma timidité si soudaine me paralysait. Je n'avais aucune envie de lui montrer qu'elle me troublait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis dépêché de me préparer et suis arrivé avec quelques minutes d'avance à la place Paul Verlaine. Je me suis installé sur un banc vert. Je connaissais très bien ce quartier puisque c'est presque celui de mon père. D'ailleurs, savait-elle qu'ils étaient voisins ?  La Butte aux Caille est un de mes lieux préférés avec le Pont des Arts. Les petits bars et cafés qui s'y trouvaient donnaient une allure de petit village et les pavés me faisaient penser aux rues du sud de la France. Ce quartier m'étant familier, je n'avais pas besoin d'observer tous les environs comme je le faisais chaque fois que j'arrivais dans un lieu inconnu. C'est donc normalement que je suis assis sur le banc avec un livre à la main. Les gens du quartier jouaient aux pétanques sur la place et la fontaine d'eau attirait des assoiffés par la chaleur anormale de la saison. Plongé totalement dans ma lecture, je ne l'ai pas entendue arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Qu'est-ce que tu es en train de lire ?"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai levé ma tête et je l'ai vue à mes côtés avec son sourire magnifique. Elle portait un jean et un joli cache coeur d'un bleu pétrole qui refaisait ressortir la couleur de ses yeux. Sans nous consulter, nous nous sommes accordés une tenue plus "casual'' que la veille. Dans une main, elle tenait ma veste Hugo Boss et de l'autre main, elle a soulevé mon livre pour y lire le titre puis m'a dit qu'elle ne l'avait malheureusement délaissé au bout de quelques pages. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui décrire le monde féerique et poétique de l'auteur japonais Haruki Murakami. J'ai essayé de la persuader de finir non seulement ce livre magnifique et admirablement bien écrit mais aussi de s'intéresser aux autres oeuvres du même auteur. Nous sommes restés à bavarder de littérature sur ce banc banal. J'ai pu observer de plus près encore son joli visage. Parfois un sourire l'illuminait. Je sentais une certaine harmonie sur son visage entre ses yeux expressifs et ses lèvres qui devaient être très douces. Ses oreilles cachées que j'apercevais derrière ses cheveux me semblaient magnifiques. Elles m'invitaient à un baiser audacieux. J'aurais aimé lui susurrer de doux mots et embrasser ses lobes. Elle m'écoutait quasi religieusement et j'ai aimé ce renversement de rôle. Je ne me sentais pas aussi mal à l'aise que la veille et c'est naturellement que  je suis passé de vous à tu en m'adressant à elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cris de famine de nos ventres nous ont ramenés à la réalité et nous nous sommes précipités dans un resto de la Butte aux Cailles. Le sujet principal de notre conversation était la littérature mais j'ai senti que derrière ces banales phrases, nous étions en train de nous observer. Chaque mot qui semblait avoir été dit de manière anodine était en fait choisi avec précaution. J'ai ainsi découvert que Margaux  ne fréquentait pas souvent le cinéma, écoutait beaucoup de musique classique et particulièrement de la musique sacrée. Pour elle, la littérature semblait l'unique espace ouvert sur le reste du monde et l'unique espace où elle se permettait quelques extravagances. Dîner deux jours de suite avec elle me paraissait complètement surréaliste et pourtant elle était bien devant moi en chair et en os. J'ai remarqué que ses yeux avaient parfois des étincelles que je ne savais pas interpréter. Nos yeux s'observaient et semblaient communiquer. Je lisais dans les siens une telle intensité et une telle envie de je ne sais quoi. Ce qui m'attirait vraiment chez elle, c'était sa fa\c con peu prévisible d'agir. Elle ne faisait jamais comme la plupart des filles que j'ai pu connaître. En effet, je devais sans cesse rester sur le qui-vive et faire attention à la moindre de ses paroles. Ce deuxième dîner s'est déroulé dans une ambiance plus détendue qu'au premier et je l'ai sentie plus enclin à s'ouvrir à moi. Au resto, les autres clients devaient nous prendre pour un couple d'amoureux complices. J'ai aimé cette proximité naissante entre nous deux et l'image que nous renvoyons aux autres. C'est avec un pincement au coeur que nous nous sommes quittés sur la place Paul Verlaine. Nous sommes partis dans les directions opposées mais auparavant nous avons échangé nos numéros de portable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier et aujourd'hui, je suis resté enfermé la majeure partie de mes journées dans mon appartement. Après ce week end riche en émotions avec elle, je ne supportais plus du manque d'elle qui se faisait ressentir et je n'avais aucune envie de voir d'autres personnes. Ce manque s'est installé insidieusement. Dimanche, dans le métro, j'ai remis ma veste et j' y ai senti son parfum délicat. Les gens devaient me prendre pour un fou en me voyant humer ma propre veste. Hier, n'y tenant plus, je suis allé sentir tous les parfums pour femmes dans un parfumerie de mon quartier. Après quelques minutes, j'ai reconnu son parfum: "Allure'' de chez Chanel. Je suis sorti de la boutique avec un flacon de ce même parfum et me suis précipité chez moi pour le savourer tout à mon aise. J'ai aspergé une de mes écharpes avec cette senteur  et je la traîne avec moi comme un enfant avec sa peluche fétiche. En portant l'écharpe à mon nez tout en fermant les yeux, je peux la revoir distinctement avec son sourire illuminant son visage. C'est fou de penser qu'une odeur peut rappeler quelqu'un de cette manière. J'ai envie de la revoir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-6821762715692613447?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/6821762715692613447/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=6821762715692613447' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/6821762715692613447'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/6821762715692613447'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-mardi-1er-novembre.html' title='Chapitre A (Automne) Mardi 1er novembre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-3142939358083021871</id><published>2007-07-12T15:42:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:47:38.817+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Samedi 29 otobre 2005</title><content type='html'>Samedi 29 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai du mal à réaliser ce que je viens de vivre ce soir. Il faut que je mette les idées dans l'ordre avant de pouvoir les écrire sur ce carnet. Je rentre tout juste du fameux dîner de la future famille recomposée. Quel dîner! Malgré moi, je suis arrivée en retard au restaurant. J'ai eu quelques circonstances atténuantes. Tout d'abord la soirée avec les quatre folles d'hier soir m'a mise complètement KO et j'ai passé la majeure partie de ma journée d'aujourd'hui au lit avec un terrible mal de crâne. Puis des questions existentielles m'ont taraudée durant de longues heures dans mon dressing à moitié habillée et à moitié chaussée. Quelle tenue ? Quel maquillage? Je ne voulais pas paraître prématurément vieille bique auprès de mon futur petit frèrot! Je voulais faire bonne impression pour cette première rencontre, parce que quand il va savoir ce que je fais, il aura des a priori indéniables. Je voulais soigner mon apparence afin que ces a priori n'arrivent que le plus tard possible. J'ai essayé de mettre un peu fantaisie en essayant plusieurs robes de couleur puis j'ai fini par choisir ma robe noire de mon premier rendez-vous avec Philippe. Vu l'heure qui tournait, je n'ai plus eu le choix et j'ai préféré jouer la carte de l'assurance en prenant une valeur sûre de ma garde-robe. Donc je suis arrivée tant bien que mal au restaurant à peine maquillée et à peine prête à affronter le jeune Stanislas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils étaient déjà installés tous les trois quand je suis entrée dans le restaurant; à une table proche des baies vitrées d'où on pouvait sans aucun doute avoir une vue imprenable. Donc je ne l'ai pas vu tout de suite, il me tournait le dos assis entre Fran\c cois et ma mère. Sa silhouette de dos n'avait rien d'exceptionnel même si j'ai remarqué qu'il s'était également habillé pour l'occasion. En effet, ses vêtements ne sortaient pas de la garde garde robe de l'étudiant moyen. Ses cheveux bruns ondulaient par endroit. Je marchais lentement  guidée par un serveur. Fran\c cois et ma mère se sont levés et il s'est retourné. J'ai croisé ses yeux impertinents et j'ai vu son sourire disparaître en une moue perplexe. Le temps semblait être suspendu durant quelques minutes. Son regard avait toujours ce côté arrogant de notre première rencontre mais aujourd'hui il avait perdu un peu de son assurance. Mon coeur s'est emballé et chaque seconde passée faisait accélérer les battements. J'ai eu du mal à respirer et j'ai senti une chaleur envahir tout mon corps puis un froid. Les sourires de ma mère se fondaient avec le décor et les rires de François se mêlaient au bruits extérieurs. Tout se passait au ralenti. Nos yeux se parlaient dans un langage inconnu pour les autres. Plus rien n'existait et n'avait d'importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Ah voilà la surprise! Nous avons cru que tu nous avais abandonnés.&lt;br /&gt;- Bonsoir, je vous prie de m'excuser pour ce retard.&lt;br /&gt;- Margaux, permets-moi de te présenter mon fils Stanislas. Stanislas, voici Margaux, la fille de Léa.&lt;br /&gt;- Bonsoir. Il m'a tendu sa main droite prestement.&lt;br /&gt;- Bonsoir, ai-je répondu complètement bufflée par cette rencontre en prenant avec précaution sa main droite chaude dans la mienne froide."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans nous consulter, nous avons fait comme si c'était notre première rencontre. Il me semblait inutile et déplacé d'étaler nos différentes rencontres fortuites. J'ai été placée en face de lui entre son père et ma mère. Le dîner promettait d'être amusant. C'était la première fois que je le voyais si près et sûre de mes trente bougies, je l'ai regardé au fond de ses yeux sans gêne et sans peur. Je l'ai étudié sous toutes les coutures. Il semblait mal à l'aise et n'osait pas me regarder en face. Il avait toujours cette classe indescriptible et je voyais que ses yeux cherchaient à m'observer à la dérobée. Son allure altière lui donnait cet air si prétentieux que j'avais détesté lors de cette soirée de l'été dernier. Sa main blanche droite tapotait la serviette et l'autre main tenait une cigarette. Il était nerveux alors que moi je feignais une sérénité à toute épreuve. J'ai remarqué une cicatrice presque invisible au dessus de son sourcil droit. Ainsi mon impertinent n'a que vingt ans. J'écoutais à peine la discussion entre ma mère et son père qui semblaient ravis de nous voir à la même table. Ma mère a parlé de ma vie en long et en large à un Stanislas soudainement muet. On peut dire qu'elle le saoulait littéralement. Devant son malaise évident, j'ai esquissé un sourire compatissant auquel il a répondu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dîner s'est délicieusement bien déroulé et nous avons longuement discuté de la future union entre nos parents respectifs. Ils avaient l'intention de se marier fin août prochain et les préparatifs commençaient tout juste. Ils nous avaient choisis comme premier témoin de leurs noces et ne souhaitaient que quelques dizaines d'invités triés sur le volet. Ma mère et François rêvaient d'un château en Picardie pour célébrer leurs secondes noces. Stanislas et moi-même avons fait en même temps une moue de dégoût en entendant le nom de leur lieu de prédilection: ce qui a fait rire aux éclats les deux tourtereaux. Notre connivence les amusait. La Picardie était sans aucun doute la région la moins glamour de la France et nos parents l'avaient choisie pour se marier. Ma mère a donné une explication à ce choix incongru. Elle et François s'étaient déclarés en visitant un château féerique en Picardie et c'est donc tout naturellement dans ce même lieu qu'ils avaient envie de sceller à jamais leur amour. Ca devenait tout d'un coup beaucoup plus romantique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus je regardais Stanislas, plus je ressentais une attraction mutuelle mais les mots avaient du mal à sortir. Je ne savais pas très bien par quoi je devais commencer. Lui même, il ne me parlait jamais directement. Au fur et à mesure que le dîner avançait, son regard sur moi changeait et je le sentais. A chaque rencontre visuelle, il me souriait et son malaise se dissipait. Je l'ai écouté parler à ma mère de ses dernières lectures. Visiblement ce garçon ne vivait que pour la littérature américaine. Il a sorti un livre de sa poche et l'a tendu vers ma mère,"Le coeur est un chasseur solitaire'' de Carson McCullers. J'ai saisi cette occasion pour lui parler. Je lui ai demandé s'il avait déjà lu quelque chose d'elle et ce qu'il en pensait. Surpris par ma voix, il a mis un certain temps avant de me répondre qu'il venait de se le procurer et que c'était la première fois qu'il lisait une oeuvre de cette écrivaine. Nous avons ainsi continué la conversation sur nos lectures respectives et nos parents y participaient, ma mère avec ses russes et son père avec ses japonais. Nous avons ri, argumenté, expliqué comme si nous étions une vraie famille avec le père, la mère, la fille et le fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir mis nos parents dans un taxi, Stanislas et moi avons marché sans nous parler de la Tour Eiffel jusqu'au Trocadéro. Il y avait un petit vent frais et je commençais à avoir froid. Il s'en est rendu compte et sans rien dire il a posé sa veste délicatement sur mes épaules. Arrivés sur l'esplanade du Trocadéro, nous nous sommes retournés face à la Tour Eiffel et nous l'avons admirée avec toutes ses lumières scintillantes. Notre silence était lourd de signification. C'était comme si aucun de nous deux n'osait poser de question et pourtant quelques réponses étaient nécessaires. Nous n'osions rompre ce silence. Sentir sa respiration si près de moi et sentir son parfum sur mes épaules me faisaient tourner la tête. J'ai eu envie d'être dans ses bras et sentir son odeur. Envie d'embrasser ses lèvres, de toucher ses cheveux bouclés. Comment expliquer cette attraction qu'il excerçait sur moi ? Le froid a eu raison de nous et nous avons pris le métro toujours en silence. Sur le quai de la ligne 6, quelques touristes attendaient le dernier métro dans un brouhaha insupportable. Nous nous sommes longuement regardés sans un mot. Est-il possible de rester aussi silencieux? Lorsque le métro est arrivé, je suis montée en pensant qu'il allait me suivre. Mais en me retournant, je l'ai vu débout sur le quai avec ses yeux fixés sur moi. La sonnerie a retenti et j'ai fermé les yeux. Je ne voulais pas le voir disparaître de ma vue. J'ai serré sa veste autour de mes épaules et j'ai humé son parfum. Je ne comprends pas ce qui m'arrive réellement et je ne pense qu'à la douceur palpable de son regard sur ce quai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi 29 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La surprise de mon père: quelle surprise! Les mots me manquent pour la raconter sur ce carnet. Lorsque j'ai retrouvé Léa et mon père au resto ce soir, je pensais vraiment qu'ils allaient m'annoncer la naissance d'un futur petit frère ou d'une petite soeur. C'était la seule hypothèse possible sur la nature de leur surprise. En fait, je crois que je ne voyais pas Léa autrement qu'une femme d'affaire n'ayant pas succombé aux joies de la maternité jusqu'à la rencontre avec mon père. Par ailleurs, elle ne m'a jamais parlé des enfants donc j'en ai conclu qu'elle n'en avait tout simplement pas.  Après tout, s'ils veulent se marier si rapidement, c'est peut-être à cause de cette naissance ? Toute la nuit, j'ai cherché ce qu'ils pouvaient m'annoncer aujourd'hui. Leur si soudaine envie de se marier m'avait déjà bien surpris mais je l'avais bien accepté donc je ne voyais pas comment ils pouvaient encore m'étonner. Peut-être une grossesse ? Une nouvelle maison ? Mais le fait d'acheter un nouveau lieu d'habitation ne constituait pas en soi une nouvelle d'une haute importance à divulguer lors d'un dîner dans le meilleur resto de tout Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme mon père avait bien insisté plusieurs fois sur la nécessité d'être sur son trente-et-un, j'ai fait l'effort de sortir mon magnifique ensemble Hugo Boss noir que je ne sortais que pour de grandes occasions. J'ai considéré que ce dîner valait bien une tenue plus que correcte et surtout j'avais envie d'épater Léa. Elle ne m'a toujours vu que dans mon traditionnel jean Levis Converses et j'ai eu envie de lui montrer une autre facette de moi-même. Une cravate et une chemise plus tard, j'étais comme un nouvel homme. J'ai vainement essayé de mettre un peu d'ordre dans mes cheveux qui ont tendance à boucler. Rasé de près, j'avais une peau lisse comme les fesses d'un bébé. Mon parfum aspergé ça et là, j'étais vraiment parfait pour ce dîner d'exception. Un dernier coup d 'oeil dans la glace de la salle de bain, je suis sorti affronter les critiques visuels des autres pour jauger de ma tenue. Les regards insistants des femmes dans la rue et dans le métro me disaient que j'étais sapé bien comme il le fallait. Donc c'est avec confiance que j'ai rejoint la Tour Eiffel à l'heure sans me presser. Léa m'a complimenté sur l'élégance de la tenue et tenait fièrement mon bras dans l'ascenseur. Elle semblait fébrile et impatiente de parler de quelque chose. Visiblement le secret lui pesait. Quant à mon père, il avait l'air particulièrement heureux aux côtés de Léa et m'a félicité pour mon ensemble qui m'allait comme un gant selon lui. Ils formaient un couple étonnamment bien assorti. Un serveur nous a guidés vers une table près des baies vitrées du restaurant. Mon père avait réussi à réserver une des plus belles tables avec vue sur la Seine et sur Trocadéro. La lumière tamisée de la salle permettait d'admirer toute la vue illuminée de la nuit parisienne. J'ai regardé passer quelques bateaux mouches sur la Seine. J'ai trouvé amusant de les regarder car j'étais sûr que les touristes de ces bateaux en faisaient autant avec la Tour Eiffel dans laquelle nous étions. Finalement nous nous regardions mutuellement sans le savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons commandé un apéritif, un Perrier citron pour Léa, un Martini blanc pour mon père et un mojito pour moi. Nous avons bu nos verres tout en discutant. Puis mon père et Léa se sont levés en exclamant un "ah''. Je me suis retourné. Elle était là à quelques centimètres de moi et je n'ai rien compris. Elle avait cette magnifique robe noire qui la rendait sublime. Ses yeux bleus trahissaient une surprise aussi grande que la mienne. Sa présence dans ce restaurant me paraissait irréelle. Ma gorge se desséchait et je ne me sentais plus à l'aise. Pourtant j'étais complètement attiré comme la première fois par ses yeux bleus. Soudain je me suis senti pathétique de l'avoir tant cherché à la suivre. Je la fuyais du regard et n'osait pas l'affronter. J'étais gêné d'être en face d'elle. Je pouvais presque sentir les battements de mon coeur sur mes tempes. Mon père a fait les présentations et j'ai tendu ma main à Margaux. Serrer sa main dans la mienne m'a électrisé. Je ne pensais plus à rien et à personne à cet instant. Je ne voyais plus Léa et mon père ainsi que les autres clients  du resto. Je n'entendais plus la musique d'ambiance et les bavardages des autres tables. Tout mon être était concentré sur cette poignée de mains, sur cette peau que j'effleurais délicatement pour la première fois. Cette main qu'elle m'a tendue est si froide que j'ai eu un mouvement imperceptible de recul. Son regard bleu m'a poursuivi durant tout le dîner. J'y ai lu une assurance effrayante et j'ai détourné le mien malgré moi vers Léa et mon père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai allumé une cigarette pour me donner une contenance. Parfois j'ai essayé de la dévisager mais ce n'était pas évident car elle me fixait sans arrêt du regard comme si elle voulait lire toute la profondeur de mon âme dans mes yeux. Léa et mon père s'extasiaient sur la jolie famille que nous formions tous les quatre. Léa m'a longuement entretenu sur ce que faisait son unique fille. J'ai appris une foule de choses à propos de Margaux. Finalement Léa a aussi la fibre maternelle puisqu'elle n'a pas arrêté de me parler de sa fille comme peuvent si bien le faire les mères avec leurs progénitures. Il me tardait de passer à autre chose. Margaux en face de moi me faisait un joli sourire que j'ai toujours envié à l'autre blond. Mon coeur battait de plus en plus fort à la vue de ce sourire. Plus le temps passait, plus je me sentais à l'aise. Margaux n'a fait aucun commentaire sur nos différentes rencontres et a fait comme si de rien n'était.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père et Léa nous ont annoncé les différentes modalités et les divers préparatifs de leur prochain mariage. Le dîner servait en fait de réunion entre les deux familles pour mettre les choses au point. Du reste, nous avons surtout parlé de leur prochaine union dans une campagne paumée de la Picardie. Nos yeux ne cherchaient plus à s'affronter mais s'attiraient comme des aimants. Je me noyais dans l'immensité du bleu de ses yeux. Elle a eu des sourires à mon égard que je lui rendais.Nous ne parlions qu'à travers nos yeux. J'avais tellement de choses à lui dire, à lui demander. Pourtant je n'arrivais pas à lui adresser la moindre parole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons réussi néanmoins à détourner la conversation sur la littérature et nos récentes lectures. J'ai sorti mon dernier achat fait le jour même avant d'arriver au resto, "Le coeur est un chasseur solitaire'' de Carson McCullers que Karine m'avait conseillé. Margaux m'a posé des questions sur mes impressions et mes autres lectures de cet auteur. J'ai été surpris par sa voix qui m'est adressée directement mais heureux d'avoir une occasion de lui parler, je lui ai répondu. Pour finir, nous avons longuement parlé bouquins tous les quatre comme si nous nous connaissions depuis longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'après-dîner a été silencieux. Mon père et Léa sont rentrés en taxi en nous souhaitant une bonne soirée. Restés seuls, Margaux et moi avons marché sans nous consulter. Nous sommes allés vers l'esplanade du Trocadéro. J'ai remarqué qu'elle commençait à grelotter et j'ai enlevé ma veste pour la poser sur ses fragiles épaules. Elle m'a murmuré un merci. Puis le silence a repris ses droits sur nous. Nous avons marché sans échangé le moindre mot comme si notre vie en dépendait. Je l'ai observée à la dérobée. Ses yeux bleus étaient calmes et regardaient droit devant elle. Elle serrait ma veste autour de ses épaules comme si c'était une relique. Je l'ai vue la porter à ses narines pour mieux humer les effluves de mon parfum. Son visage était éclairé par un sourire qui me faisait littéralement fondre. Nous avons longuement admiré la Tour Eiffel de l'esplanade. Les passants devaient sûrement nous prendre un couple d'amoureux. J'ai senti son regard sur moi. Je n'en pouvais plus de ce langage visuel qui nous bloquait. J'ai eu une terrible envie de la prendre dans mes bras pour la sentir encore plus près de moi et goûter à ses lèvres douces. Mais rien n'est venu rompre ce mutisme dans lequel nous étions plongés. Nous avons rejoint le quai du métro bondé. Le métro est arrivé et elle y est montée. Je ne l'ai pas suivie et suis resté sur le quai. Si je l'avais suivie, je l'aurais sans doute embrassée à pleine bouche dans ce métro bondé de touristes en effervescence. Je ne sais si elle l'aurait apprécié. Je me souviens encore de son regard d'étonnement quand je ne suis pas monté dans le même métro qu'elle. Puis très rapidement elle a fermé les yeux et n'a pas pu voir le signe que je lui faisais de l'extérieur. Si elle l'avait vu, elle serait descendue pour me rejoindre sur le quai. Malgré tout, je me sens très heureux ce soir et elle en est à l'origine. J'ai envie de la revoir très rapidement mais je ne sais si c'est réciproque.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-3142939358083021871?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/3142939358083021871/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=3142939358083021871' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3142939358083021871'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3142939358083021871'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-samedi-29-otobre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Samedi 29 otobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-1420139047521403644</id><published>2007-07-12T15:38:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:41:59.837+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Vendredi 28 otobre 2005</title><content type='html'>Vendredi 28 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une surprise m'attendait mercredi matin à la faculté. La secrétaire du département était fière de m'apporter un énorme bouquet de roses rouges entre deux cours magistraux à l'amphithéâtre. Le bouquet était évidemment accompagné d'une carte signée avec des doux mots signés d'une simple lettre P. Tous les étudiants qui sortaient ou qui entraient n'avaient d'yeux que pour mes fleurs qui embaumaient toute la salle. Je me sentais à la fois heureuse et gênée par cette démonstration visible de ma relation avec Philippe. En recevant ce cadeau, j'exhibais explicitement ma vie privée et intime aux autres. J'avais quelques difficultés à me concentrer et surtout attirer l'attention de mes étudiants qui devaient sûrement s'imaginer des histoires à dormir debout sur mon compte. Mais je m'en fichais totalement de ce qu'ils pouvaient en penser car j'étais heureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était donc avec ces fleurs dans les bras que j'ai retrouvé ma mère au Sélect pour le déjeuner. Il n'était guère possible de lui cacher plus longtemps l'existence de Philippe, mon amoureux. Néanmoins, je ne suis pas entrée dans les détails précis et croustillants. Je lui ai annoncé qu'il y avait quelqu'un depuis peu dans ma vie et qu'il aimait m'envoyer des fleurs pendant que d'autres amoureux préféraient envoyer à leurs amoureuses des mails ou passer des coups de fils intempestifs. Ma mère était bien curieuse mais n'a pas réellement osé me demander l'exclusivité du scoop ! Par ailleurs, elle avait envie de m'entretenir au sujet du fils de François, Stanislas de son petit nom. Elle m'a raconté leur déjeuner à quatre de dimanche dernier. Ce futur beau-frère était venu avec sa petite amie délicieuse selon les critères de ma mère. Je l'ai soupçonnée de ne pas être totalement objective d'une part parce qu'elle a très envie de mettre ce fils dans sa poche et d'autre part visiblement cette petite amie partage la folle passion de ma mère, la littérature russe. Elle m'a rappelé le dîner prévu avec François et Stanislas samedi soir dans un restaurant. Alors seulement elle s'est inquiétée de moi et de mon long silence ces derniers jours. Elle m'a trouvé une petite mine et un brin fatiguée. Elle jouait à la maman et ce rôle lui allait comme un gant. J'en ai profité pour me faire plaindre un peu et me faire dorloter beaucoup. Nous avons fini par l'habituelle séance des différents catalogues de robes de mariée. Ma mère ne s'est pas encore décidée sur le modèle et je suis sensée l'aider dans cette tâche. C'est le monde à l'envers chez nous, en effet c'est la fille qui accompagne sa mère dans ses préparatifs de mariage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai appelé Philippe et lui ai laissé un message sur son répondeur pour le remercier. J'ai été déçue de ne pas pouvoir le lui dire de vive voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, un coursier est venu apporté un paquet pour moi au bureau. Philippe m'a envoyé une boîte de mes friandises favorites, les macarons de Ladurée. Les secrétaires se sont émoussées à la vue du jeune coursier et espéraient que cette boîte pour elles-mêmes. Malheureusement pour elles, elle était pour moi. Un mot l'accompagnait et j'ai souri en le lisant. J'ai croqué un de mes péchés mignons avec le thé entre deux dossiers. J'ai laissé encore un message son répondeur pour le remercier de son attention. Dans l'après-midi, un coup de fil sa part m'a invitée pour un dîner en amoureux dans son appartement. Donc en sortant de mon bureau, je me suis précipitée chez Philippe. Nos retrouvailles se sont déroulées comme dans un rêve. Dès que la porte de son appartement s'est ouverte, nous nous sommes jetés dans les bras de l'un et de l'autre et très vite nos bouches se sont cherchées. Il m'a déshabillée fougueusement. Je me suis laissée faire attentive aux moindres de ses gestes en contrôlant ma respiration. J'ai fermé les yeux par gêne et par honte. Je sentais ses mains habiles sur tout mon corps et son souffle sur chaque parcelle de ma peau. De longs frissons ont parcouru tout mon corps. Ce corps auquel je ne donnais jamais de caresse ou d'attention. Il m'a soulevée et m'a déposée délicatement tout en m'embrassant sur son lit. Tout en me regardant, il s'est déshabillé rapidement. J'étais en admiration devant ce corps si bien sculpté et si puissant. Après avoir fait l'amour, nous nous sommes endormis enlacés l'un contre l'autre. J'ai trouvé non sans mal une place pour ma tête sur son épaule droite, mon bras droit sur son torse et ma jambe droite sur ses deux jambes. C'était comme si nos corps s'étaient toujours emboîtées ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, un nouveau paquet est arrivé sur mon bureau. Une fois que j'ai enlevé le papier cadeau qui l'entourait, j'y ai trouvé une magnifique paire de boucles d'oreilles en diamant. Je les ai longuement observées. Je les ai mises tout de suite et me suis admirée sur le miroir des toilettes. Elles étaient magnifiques mais soudain ce cadeau me mettait mal à l'aise. Sans aucun doute parce que je ne suis pas habituée à en mettre. Je me suis amusée à regarder mon reflet dans ce miroir. En quoi suis-je différente d'hier? Suis-je une femme épanouie et comblée à présent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, j'ai retrouvé les autres folles au China Club. Nous avons parfois envie d'un lieu avec une ambiance tamisée et feutrée pour nos conversations intimes. Sophie nous a réunies pour une annonce. C'est autour d'un sex on the beach que nous avons appris la dernière vacherie de son ex. Il allait avoir un enfant avec sa midinette. Sophie nous a assurées que cette nouvelle ne l'atteignait pas et qu'à présent la page était tournée. Néanmoins nous l'avons sentie encore plus fragile et plus démunie devant le bonheur de son ex qui accordait à une autre tout ce qu'elle avait toujours eu envie. Elle a fumé cigarette sur cigarette tout en feignant un sourire qui sonnait faux. Un silence s'est installé durant quelques minutes que personne n'osait rompre. Nous avons bu toutes silencieusement nos cocktails tout en nous laissant bercer par la musique douceâtre d'ambiance du bar. Puis je leur ai annoncé l'inévitable mariage de ma mère et l'arrivée d'un beau-petit-frère d'une vingtaine d'années. Devant ma moue boudeuse, elles ont toutes ri. Nous sommes parties dans une discussion légère sur le fait d'avoir un petit frère de cet âge avec qui on n'a aucun lien de sang.  je l'imagine assez bien, air très prétentieux avec une certaine assurance que lui confère son jeune âge. Un jeune comme la plupart de mes étudiants en jean et converses n'ayant en tête qu'une seule idée: s'amuser. Le dîner de demain soir s'annonce mythique ou catastrophique. Pourvu qu'il ne me trouve pas trop ringarde et vieille peau de vache.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi 28 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi, j'ai passé un peu de temps avec Julie au Café de Flore. L'annonce de sa grossesse m'a surpris mais m'a aussi intrigué car Julie était toujours hostile à l'idée d'avoir des enfants ou de se marier. Elle est une vraie fille moderne préférant la frivolité à une vie rangée et conventionnelle. Nous nous sommes retrouvés vers midi après nos cours respectifs. Moi, je sortais de la Sorbonne et elle de Paris V. Elle avait toujours sa mine réjouie et ses lunettes de soleil sur ses cheveux en guise de serre-tête. D'ailleurs elle m'a demandé de ne plus fumer devant elle car la fumée pouvait contaminer son bébé ! Ah les mères ! Elle n'a pas arrêté de me parler de sa grossesse, de ses nausées insupportables, des vêtements pour enfant, de la poussette, des échographies. J'ai eu l'impression qu'elle ne parlait plus du tout la même langue que moi. Un enfant pas encore né transforme totalement une femme futile en mère courage. Elle m'a néanmoins avoué que ce bébé n'était pas prévu au planning mais a tout de suite ajouté qu'elle était heureuse d'être enceinte. A vingt ans à peine, Julie allait vivre l'expérience la plus terrible et la plus fantastique pour une femme, celle de donner la vie. Je l'ai regardée sous toutes les coutures, son ventre était résolument plat. En jean avec ses petites ballerines, elle n'avait vraiment pas l'air enceinte et donnait encore moins l'image d'une future mère. Mon père a choisi ce moment pour me téléphoner et m'inviter à un dîner surprise samedi soir. Il ne voulait rien me dire sur la nature de la surprise. Décidément tout le monde a envie de me faire des surprises en ce moment. Je me demande qui sera à ce fameux dîner. Estelle et son petit ami Julien nous ont rejoints quelques instants plus tard et nous sommes allés finir la journée au Café News en sirotant quelques verres de mojito pendant que la future mère buvait des cocktails sans alcool.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, Karine et moi sommes allés au cinéma Bercy pour le film "Match Point'' avec Scarlett Johansson. Le film nous a laissés perplexes et complètement déroutés. Nous avons passé le reste de la soirée à boire quelques verres de cocktails tout en refaisant le monde littéraire au Merle Moqueur. Malgré la foule bruyante et les nombreux garçons qui faisaient des avances à Karine, nous avons réussi à discuter ensemble. Nous avons vite délaissé la critique du film au profit de nos lectures respectives. Elle venait de finir "Le coeur est un chasseur solitaire'' de Carson McCullers et m'en a parlé comme d'un bijou d'exception. Karine m'a longuement décrit les différents personnages du roman et plus particulièrement de Mick, une petite fille passionnée de la musique et vivant comme un véritable garçon. Mick avait beaucoup marqué Karine par sa sensibilité à fleur de peau et son côté garçon manqué. Je lui ai promis de le lire un jour. En sortant du café, nous avons décidé de marcher jusqu'à Saint Michel pour profiter de la douceur de la nuit. Arrivés sur le Pont des Arts, elle a éclaté en sanglot sans explication et m'a demandé pardon. Je ne comprenais pas ce brusque changement. Elle était effondrée et nous avons dû nous asseoir sur un banc. Elle ne semblait pas jouer un rôle et semblait complètement paumée. Elle m'a avoué dans un flot de mots inaudibles qu'elle regrettait vraiment notre rupture et son comportement vis à vis de moi. Je n'osais rien dire et rien faire. Je me sentais bloqué dans cette situation qui m'aurait fait bondir de joie,il y a encore quelques mois mais à cet instant précis, mon coeur ne ressentait plus aucune once de haine ou de rancoeur envers elle. Surtout sur ce banc, alors qu'elle pleurait comme une madeleine. Elle m'a avoué ses sentiments et ne voulait pas me perdre. J'ai essayé de lui faire comprendre que je n'avais plus que l'amitié à lui offrir et qu'à présent, mon coeur appartenait à Constance. Que pouvais-je lui offrir de plus ? Karine pleurait de plus belle. Chez moi, Constance m'attendait devant la porte de mon appartement. Elle avait voulu me faire la surprise mais ne pensait pas que j'allais entrer si tard. Je lui ai tu ma soirée passée avec Karine car je n'avais aucune envie de lui expliquer la scène que je venais de subir. Les larmes de Karine m'ont ébranlé pour ne pas dire désolé. Après l'ouverture de la porte, elle s'est jetée littéralement sur moi et nous nous sommes déshabillés rapidement. Complètement excités, nous avons balancés nos habits aux quatre coins de la pièce. Au contact de son corps, je n'avais qu'une seule envie: lui faire l'amour. Elle s'est mise au dessus de moi et a commencé à lécher la peau de mon cou. Ses lèvres sont descendues sur tout mon torse et se sont attardées sur mon sexe. Des vagues de plaisir montaient en moi et je n'arrivais plus à me contrôler. Bilan: 9/10. Elle s'est endormie dans mes bras en ronflant et je l'ai longuement regardée dans la pénombre de la nuit. Elle avait un sourire magnifiquement craquant dans son sommeil. Je pouvais y lire toute la douceur et la sérénité dont j'avais besoin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, sans ouvrir mes yeux, je l'ai cherchée avec certitude dans le lit avec mes mains. Mais je ne l'ai pas trouvée. Elle était déjà debout à s'affairer dans la cuisine d'où sortait une bonne odeur de café chaud. Elle était en train de me préparer un vrai petit-déjeuner. Elle est vraiment adorable, cette fille. Arrivé dans son dos, je l'ai soulevée pour l'embrasser à pleine bouche. Elle a hurlé de surprise et nous avons ri comme deux fous coincés entre le frigo et la table de la cuisine. Une réelle complicité nous unissait sans que je puisse en expliquer la raison. Elle m'a caressée pendant que je dégustais les belles tartines beurrées qu'elle m'avait préparées. C'est avec regret que nous nous sommes quittés sur le quai du métro. Elle m'a fait un coeur sur la vitre et m'a envoyé un baiser avec sa main alors que le métro partait. La matinée s'est passée rapidement entre les cours et les Td. Je n'ai pas eu un moment d'ennui ou d'inactivité. Tim et Benji faisaient les imbéciles au fond de l'amphi pendant que Vanessa continuait à envoyer et à recevoir des sms pendant les cours. En somme, la vie quotidienne des étudiants insouciants. Mon père vient de m'envoyer un mail pour me rappeler du dîner surprise de demain soir au restaurant "le Jules Verne''. Il me demande de l'y retrouver pour 20 h. 30 en tenue plus que correcte donc exit les converses et le jean de la semaine. Je me demande quelle est sa surprise si secrète. Ce n'est pourtant pas encore mon anniversaire. Je m'attends à tout de sa part. Pourquoi pas l'annonce d'un nouveau membre dans cette future famille recomposée ? Je ne sais même pas si Léa a des enfants. Je souris à l'idée qu'ils puissent m'annoncer une éventuelle grossesse de ma future belle-mère. Après tout, ils n'ont pas encore dépassé la cinquantaine et donc peuvent encore avoir des enfants s'ils le souhaitent. La curiosité me gagne et me démange. Quelle est cette surprise ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-1420139047521403644?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/1420139047521403644/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=1420139047521403644' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/1420139047521403644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/1420139047521403644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-vendredi-28-otobre.html' title='Chapitre A (Automne) Vendredi 28 otobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-7929883637755834517</id><published>2007-07-12T15:33:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:37:22.619+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Mardi 25 octobre 2005</title><content type='html'>Mardi 25 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les journées passent dans une déferlante déconcertante. Je me sens  complètement paumée et me laisse vivre sans vraiment réfléchir.Tout d'abord après l'épisode de la blonde au sourire Colgate dimanche après-midi, je n'ai pas rappelé Philippe. J'ai même fait pire, j'ai débranché tous les téléphones et ordinateur. Je n'ai voulu entendre parler ni de Philippe ni de Matthieu. J'ai eu envie qu'on me fiche la paix maintenant que je suis blessée au plus profond de moi. J'ai vidé les lieux et je me suis réfugiée chez Blandine. Elle commence à être habituée à accueillir ses amies dans son appartement sans demander quoi que ce soit. Donc je me suis installée chez elle dimanche soir. J'ai eu l'impression de partir en voyage avec ma petite valise à roulette et mon sac à main. Elle ne m'a pas questionnée mais m'a simplement prêté son lit clic-clac du salon et a essayé de me faire rire toute la soirée. J'ai pleuré silencieusement toute la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, j'ai mis un temps fou à me maquiller car il fallait à tout prix cacher mes cernes et mes yeux gonflés. Je n'avais aucune envie que les autres s'aperçoivent de mon état d'âme et surtout pas à la faculté devant les étudiants. Quand je suis sortie de l'appartement de Blandine, cette dernière était partie depuis bien longtemps pour son cabinet. J'ai pris le double des clés puis le métro. J'ai assuré les différents cours magistraux comme j'ai pu et pour une fois, j'ai été bien contente de ne devoir répondre à personne. L'assemblée m'a écoutée silencieusement et religieusement sans en perdre une seule miette. Ce silence ne m'a pas empêchée d'avoir l'esprit ailleurs que dans cet amphithéâtre bondé d'étudiants. Je n'arrêtais pas de penser à Philippe et à cette blonde entrevue chez lui. Comment a-il pu me remplacer aussi rapidement ? Qui est-elle par rapport à lui ? Depuis quand la connaît-il ? Les questions m'ont tourmentée durant toute la matinée et je n'arrivais à penser à rien d'autre. Fort heureusement, je connaissais le cours par coeur et le débitais telle une  machine. C'est une attitude que j'ai déplorée chez mes autres collègues mais je n'arrivais pas à me mettre au travail. Mon esprit vagabondait sans pouvoir s'attacher à ce que j'étais censée faire. Après les cours terminés, je me suis dépêchée de ranger mes affaires et suis sortie rapidement de l'amphithéâtre. Je ne suis même pas passée par mon bureau pour consulter mes mails et ai quitté la faculté. Les larmes ont commencé à embuer ma vue et j'ai eu besoin de fuir toute cette foule bruyante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai vu alors Matthieu sur le trottoir d'en face de la faculté avec un bouquet de roses blanches. Il m'attendait depuis déjà une paire d'heures. Il était la dernière personne que j'avais envie de rencontrer hier matin sur ce trottoir. Je suis restée sans pouvoir bouger, surprise par cette vue et il a traversé la route pour me rejoindre. Nos yeux se sont parlés comme toujours mais j'ai décidé de rester hermétique à ses messages. Il n'a pas changé depuis la dernière fois au pas de la porte de notre appartement. Il m'a tendu le bouquet avec un sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Tu vois, je n'ai pas oublié tes fleurs préférées !&lt;br /&gt;- Que me veux-tu ? Pourquoi toute cette mascarade ?&lt;br /&gt;- J'avais tellement envie de te revoir. Je me ronge les ongles depuis vingt-quatre mois mais j'en assez de ne plus pouvoir te voir et te parler. Tu m'as tellement manquée et tu me manques tellement. Ne crois-tu pas que j'ai suffisamment été puni?&lt;br /&gt;- Non, je ne crois pas. Je ne te pardonnerai jamais. Tu m'entends, jamais.&lt;br /&gt;- Viens, ne restons pas ici. Allons dans un café pour nous expliquer.&lt;br /&gt;- Non, je ne veux plus entendre parler de toi. Je ne veux plus te revoir. Fiche-moi la paix."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai fondu en larmes devant ce minable de Matthieu. Quelque chose déchirait mon coeur en mille morceaux et je n'ai pas réussi à me contrôler. Les larmes ont coulé malgré moi. Je m'en voulais d'être aussi faible devant lui et honteuse, j'ai couru dans la rue d'Assas sans me retourner en le plantant devant la faculté. Cet imbécile m'a poursuivie et m'a arrêtée au coin de la rue Vavin. Je l'ai giflé et suis montée dans le 83. Surpris, il m'a laissée m'enfuir sans faire aucune geste. Une fois dans le bus, je ne savais où aller mais j'avais envie de m' éloigner de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, en arrivant dans mon bureau, j'ai vu quelques post-it sur l'écran de mon ordinateur. Nos secrétaires ont cette fâcheuse manie de coller les messages sur l'écran en espérant ainsi qu'on n'oublie pas de les lire. Cette méthode est efficace mais me donnait la sensation d'être accaparée dès l'entrée du bureau. Le premier post-it était de ma mère qui s'étonnait de n'avoir aucune nouvelle de ma part et proposait un dîner avec mon futur beau-père et son fils samedi soir. Le second post-it venait de Sophie qui m'invitait à une soirée ce soir chez elle avec les autres folles dingues. Le troisième concernait Philippe qui souhaitait que je le rappelle dès la réception du message. Je ne me suis plus souciée du reste des messages et j'ai attrapé mon portable éteint. En l'allumant, j'ai composé son numéro que je connaissais par coeur. J'ai senti les battements se faire de plus en plus forts sur mes tempes et ma gorge se dessécher. Entendre sa voix douce et chaude m'a fait un bien fou et je n'ai pas parlé. Il s'est excusé d'avoir mal réagi et m'a proposé de dîner ensemble pour en discuter. J'étais à nouveau sur mon petit nuage et je lui ai répondu oui, oui et oui. Le reste de ma journée a été bien plus agréable et j'ai attendu avec impatience ce dîner de réconciliation. J'ai rappelé Blandine pour lui dire que je réintégrais mon  appartement et Sophie pour annuler ma présence à sa soirée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au restaurant japonais de la rue Monsieur le Prince, notre couple a repris le chemin du bonheur, après une explication claire de la situation et de ma relation passée avec Matthieu. Il s'est excusé sincèrement de sa réaction violente et m'a dit que je lui avais beaucoup manqué ces deux derniers jours. Je lui ai pardonné de cet incident et ai préféré ne pas parler de la blonde au sourire Colgate. Je voulais profiter de ce bonheur retrouvé sans l'ombre d'un nuage. J'ai retrouvé son sourire, sa voix, ses baisers passionnés, ses bras rassurants et ses doux mots murmurés. Dans ses bras, j'ai oublié tout ça, l'incident, mes pleurs, la blonde au sourire de Colgate, Matthieu. Plus rien ne compte à présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi 25 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prochain mariage de mon père me réjouit. Je suis dans une phase d'euphorie totale. Cet événement annonce une nouvelle ère dans chacune de nos vies et ce changement me rend heureux. Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, une autre m'est parvenue hier soir. Après la journée passée entre les amphis le matin et la bibliothèque de Beaubourg l'après-midi, j'ai rejoint avec Vanessa, Tim et Benji chez Julie et son vieux Jules hier soir. Dimanche soir, Julie faisait tout un cinéma pour m'inviter chez eux avec Constance. Elle avait quelque chose d'important à nous annoncer mais ne voulait rien dire au téléphone. J'étais outré car je suis son meilleur ami et elle osait me faire des cachotteries alors qu'elle ne changeait pas de mec sans me consulter. L'exception faite pour son vieux Jules qu'elle a choisi seule comme une grande. Constance n'a pas pu venir car elle était submergée de travail entre ses cours et son association politique. Donc nous étions nombreux à attendre la révélation dans le salon de Julie. Garance, la jolie comptable de l'autre soirée faisait partie de ce groupe d'amis. Elle m'a salué distraitement. Son manque d'enthousiasme vient du fait que je lui ai annulé le rendez-vous. Qu'importe, c'est de l'histoire ancienne pour moi et je n'ai pas eu envie de me prendre la tête donc j'ai préféré discuter avec les autres convives. Le salon a été vite rempli de fumées de cigarettes et d'autres substances que Benji faisait tourner dans l'assemblée. Nous avons bu quelques mojito frais à la menthe et quelques vodka à la fraise Tagada. Vanessa draguait un vieux type, vraisemblablement un collègue de Guillaume. Tim et Benji discutaient de politique avec des inconnus à l'autre bout de la salle tout en tirant nerveusement sur leur joint. Quant à moi, j'ai rejoint Estelle et Pierre, deux amis d'enfance de Julie. Alors que tout ce monde buvait, fumait et discutait, Julie et Guillaume ont réclamé le silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Chers amis, merci d'être venus si nombreux ce soir ! Guillaume et moi avons une grande nouvelle à vous faire partager. Tadadada !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Julie a brandi un bâtonnet blanc que tout le monde a passé de main en main religieusement. C'était un test de grossesses et je suis resté ahuri tout en le tenant à la main. J'ai cherché Julie des yeux et nous nous sommes longuement regardés sans rien dire. J'y lisais une certaine fierté et pourtant j'y lisais également une peur. Tout le monde a hurlé "Félicitations'' et nous avons porté un toast en l'honneur de ce bébé de l'amour. La future mère n'a bu que du jus de kiwi pendant que nous, nous avons bu plus que de raison. Pour le bien être du bébé, les habituels sushi et maki que Julie adorait étaient soigneusement remplacés par des bonbons et des gâteaux à la crème. Sur le balcon, isolés des autres Julie et moi avons discuté de ce nouvel événement. Elle ne savait même pas comment elle était tombée enceinte. En tout cas, elle avait fait un test, il y a une semaine, qui s'est révélé exact après un test sanguin. Ils avaient re\c cu les résultats samedi dernier. Par la même occasion, je lui ai fait part du mariage de mon père avec Léa. Nous avons ri de tous ces événements et je l'ai prise dans mes bras. Je lui ai murmuré qu'elle serait la plus belle et la meilleure des mamans et que son bébé serait le plus beau. Toutes ces joies autours de moi me rendent merveilleusement heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journée a été bien difficile pour moi aujourd'hui. Le matin, j'ai réussi à assister aux cours malgré mon terrible mal de crâne et mon mal de ventre. Vanessa, Tim et Benji n'étaient pas plus en forme que moi et sommeillaient au fond de l'amphi cachés derrière l'écran de leur portable. Après cette matinée bien remplie, nous nous sommes allés à Beaubourg d'une part pour que je puisse rattraper tous les cours ratés et d'autre part pour que les autres puissent finir leur nuit. J'ai décidé de me mettre sérieusement au travail; le meilleur moyen de ne pas me laisser envahir par le spleen comme la semaine dernière. J'ai dû déchiffrer l'horrible écriture de Benji qui répondait à peine à mes questions. Il s'était littéralement endormi derrière un gros pavé de Dalloz. Vanessa passait tout son temps à envoyer et à recevoir des sms. Tim bavait sur la table et respirait fort. Nous devions donner une très belle image d'étudiants en plein effort de travail entre deux qui dormaient et une qui s'amusait avec son téléphone portable. Quand je pense qu'il y avait une foule qui faisait la queue dehors pour avoir nos places et que nous, nous en profitons pour ne rien faire. Nous devions en agacer plus d'un! Malgré le manque d'enthousiasme de mes camarades faces au travail, j'ai gratté et travaillé comme un taré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, j'ai dîné avec mon père chez notre japonais habituel. Juste un dîner entre hommes, car Léa avait une réunion très importante qu'elle ne pouvait pas rater. Entre les sushi et les brochettes, j'ai demandé à mon père ses impressions sur Constance. Sa réponse était claire et nette. J'avais une petite amie tout à fait délicieuse et intelligente. Il était complètement emballé par sa jolie frimousse et ce goût pour la littérature russe qu'elle partage avec Léa. Ses compliments sur Constance m'ont fait énormément plaisir et je les ai pris un peu pour moi-même également. Puis nous avons bavardé au sujet de mes études et il s'est inquiété de savoir si j'avais réussi à rattraper tout ce que j'avais raté. Heureusement j'ai pu lui dire que j'avais passé l'après-midi à travailler et que tout était ok. Je lui ai également annoncé la grossesses de Julie. Cette nouvelle l'a étonné et il m'a demandé si je prenais des précautions avec Constance. J'ai ri devant sa moue inquiète et j'ai rassuré d'un "oui, papa!''. Il m'a avoué qu'il s'est senti un peu bête de me poser de pareilles questions à mon âge mais il n'avait pas envie que ma vie soit gâchée par une étourderie d'un soir. J'aime cette complicité qui naît entre nous mais je me demande si c'est bien d'avoir un père responsable prenant son rôle à coeur. J'ai peur qu'il me pose des questions encore plus osées et indiscrètes la prochaine fois. Pourvu qu'il ne nous surprenne jamais dans des positions délicates! Ah mon père !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-7929883637755834517?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/7929883637755834517/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=7929883637755834517' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/7929883637755834517'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/7929883637755834517'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-mardi-25-octobre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Mardi 25 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-3699668403963181015</id><published>2007-07-12T15:31:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:33:19.470+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Dimanche 23 octobre 2005</title><content type='html'>Dimanche 23 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette soirée de jeudi m'a littéralement clouée au lit depuis vendredi ! Je pense que j'ai pris froid en me vêtant comme si nous étions en plein été. J'aurais dû prendre un châle en vraie laine d'agneau pour couvrir mes épaules. Les robes de soirée ne connaissent pas de saison, puisqu'en effet, qu'il pleuve ou qu'il neige elles sont toujours appréciées et toujours très dénudées. Donc voici ma punition d'avoir voulu jouer la femme fatale, je suis enrhumée. J'ai troqué ma belle tenue contre un pyjama pilou avec une grosse boîte de kleenex. Jeudi en rentrant de la soirée, j'ai eu froid et je me suis dépêchée de me mettre au fond de mon lit avez un verre de lait chaud au miel. Vendredi matin au réveil, j'ai eu la gorge en feu, un mal de tête horrible et le nez complètement bouché. Ma voix était réduite à un simple sifflement. La secrétaire de la faculté a eu un mal de chien à reconstituer mon discours qui n'était pourtant pas compliqué et qui annonçait mon absence pour la journée. Je me suis recouchée au fond de mon lit avec une bouillotte et mon téléphone. J'aurais dû appeler un médecin mais j'ai tout d'abord appelé Philippe. J'ai eu envie de me plaindre de mon état physique lamentable mais surtout à quelqu'un qui m'est totalement dévoué. Malheureusement ce n'est pas Philippe mais son répondeur à qui j'ai eu affaire et je lui ai laissé un message. Toute penaude, j'ai appelé Blandine et Sophie mais la première était en train de masser ses clients dans son cabinet de Kiné et la seconde en train de vendre du vin aux Japonais. Elles m'ont promis de passer le soir même pour une séance de guérison à coup de vodka et Macarons Ladurée. C'est évidemment Sophie qui a proposé le sage breuvage et Blandine la petite douceur. J'ai continué à appeler tout mon carnet d'adresses à la recherche d'une bonne âme. Loraine était aux abonnés absents. Seule Delphine est arrivée avec des médicaments rapportés de sa pharmacie et m'a soignée comme une vraie mère. Elle m'a quittée à la fin de sa pause déjeuner en me laissant complètement droguée. J'ai passé la journée de vendredi ainsi sous ma couette. J'ai attendu impatiemment un signe de vie de Philippe qui n'arrivait pas. Le soir, quand Sophie et Blandine sont arrivées, mon état ne s'était pas amélioré mais j'étais contente d'avoir de la compagnie. Nous avons passé une soirée entre filles digne de ce nom entre les boissons peu recommandées quand on est malade et une grosse quantité de gâteaux à nous faire vomir. De verre en verre, nous avons déliré comme des folles et nous nous sommes endormies sur le tapis du salon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi matin, une sonnerie insistante m'a tirée du sommeil et j'ai constaté l'état de déchéance dans lequel nous étions toutes les trois. Philippe est arrivé avec un énorme sachet d'orange devant me remettre d'aplomb. Il a évidemment vu toute la scène au salon. Blandine et Sophie ont enfin pu faire sa connaissance avant de déguerpir de honte de chez moi. Elles se sont sauvées tellement rapidement qu'elles n'ont même pas eu le temps de me donner des impressions sur Philippe. Il m'a aidée à ranger le désordre laissé par les folles furieuses et m'a attendue sagement sur le canapé en écoutant de la musique. Pendant ce temps, j'ai pris un bain moussant et bouillant pour décuver de la soirée. Lorsque je suis sortie toute fraîche de la salle de bain, Philippe semblait contrarié et furieux. Je n'ai pas compris le brusque changement de son attitude. Le répondeur de mon téléphone fixe clignotait rouge. Quelqu'un a laissé un message.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Bonjour Margaux. C'est moi Matthieu. Je suis désolé de te rappeler mais depuis notre dernier coup de fil, je n'arrête pas de penser à toi. J'ai envie de te revoir. Appelle-moi dès que tu auras ce message, s'il te plaît.Je t'embrasse tendrement."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe n'a dit aucun mot pendant que j'écoutais le message. J'ai voulu caresser son visage et il a rejeté violemment ma main. Il s'est éloigné de moi. J'ai voulu m'expliquer et lui raconter qui était Matthieu mais je ne voyais pas comment je pouvais le lui dire clairement sans ambiguïté. Je ne pensais jamais devoir me justifier sur ce triste épisode passé de ma vie. Le message de Matthieu a fait naître un doute chez Philippe. Il devenait de plus en plus rouge et respirait fort. Il a fini par se lever du canapé et je lui ai dit de me laisser lui expliquer la situation. Je me suis accrochée à lui en l'implorant et lui criant que Matthieu était mon ex. Mais déjà il ne m'écoutait plus. Il m'a giflée en me traitant de tous les noms. Pour finir, il m'a balancé tout ce qui lui tombait sous la main. Je suis restée prostrée. J'étais incapable de parler et de crier. Hébétée par sa violence, je n'ai même pas pleuré. Il est parti en claquant la porte. La journée d'hier a été horrible. J'ai vainement essayé de le joindre toute la journée sur son portable et sur son fixe. Je suis tombée chaque fois sur son répondeur auquel j'ai laissé d'innombrables messages. J'ai pleuré toute la journée sans comprendre sa colère injustifiée. N'a-t-il donc pas plus de confiance en moi ? Pourquoi un message d'un autre homme sur mon répondeur le rend-il aussi violent et incontrôlable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet après-midi, lasse je suis allée jusqu'à son appartement après avoir réfléchi toute la nuit sur ce que j'allais lui dire. Une jeune femme m'a ouvert la porte. Une blonde aux yeux bleus avec un sourire Colgate. J'ai eu un moment de surprise devant elle. M'avait-il déjà remplacée ? Les larmes séchées quelques heures auparavant sont revenues petit à petit. Dans un murmure à peine audible, je lui ai demandé si Philippe était chez lui. Elle m'a répondu qu'il dormait mais que si je le voulais, elle pouvait le réveiller. Ne pouvant retenir un sanglot de plus en plus violent, je suis repartie sans un mot. J'ai descendu les escaliers à toute vitesse sans me retourner alors qu'elle m'appelait. J'ai erré dans les rues parisiennes sans but et je suis arrivée par hasard sur le Pont des Arts: le lieu de notre premier rendez-vous. Perdue dans la foule des touristes, je pleurais comme une madeleine sans pourvoir m'arrêter. Hier encore, je me croyais heureuse et un simple coup de fil de mon passé a tout gâché. Pourquoi ai-je aussi mal au coeur en regardant tous ces couples amoureux sur ce pont ? Pourquoi le bonheur ne peut-il pas être simple à vivre ? Pourquoi le passé vient-il toujours vous frapper au moment le moins opportun ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 23 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi après-midi, j'ai eu ma séance habituelle avec ma psy. J'étais beaucoup plus détendu que la dernière fois et les choses se sont bien passées. Ces derniers jours de spleen sont complètement derrière moi et je me sens à nouveau fébrile et prêt à soulever des montagnes. Le coup de fil de mon père de jeudi m'a donné un sacré coup de fouet et m'a procuré un réel plaisir. Je suis en train de devenir quelqu'un pour lui. J'existe par moi-même et non plus par ma maladie ou par ce que je peux faire. D'ailleurs ma psy a remarqué un changement positif dans ce que j'ai pu lui raconter. Je lui ai dit que j'avais enfin l'impression d'exister pour le monde entier et que je ne me sentais pas inutile. Sur mon divan préféré, j'ai même esquissé quelques sourires en lui parlant  des angoisses futiles de ma dernière visite. Pour une fois, je suis sorti de son cabinet avec le coeur léger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, Constance a annulé toutes ses activités pour se consacrer entièrement à moi. Elle s'est excusée de m'avoir négligé ces derniers jours et a voulu se rattraper. Elle est arrivée tôt le matin avec de quoi me concocter un vrai déjeuner anglais que nous avons avalé rapidement. Nous avons glissé ensemble sous la douche pour un jeu pas sage. Elle était aussi excitée que moi sous l'eau chaude. Je l'ai embrassée à pleine bouche à lui faire perdre le souffle. Je l'ai savonnée tendrement avec une éponge chaque parcelle de son corps. Nue, elle m'a paru si fragile. C'est sans doute à cause de la blancheur de sa peau. Certes nous n'y avons passé plus de temps mais nous en sommes sortis comblés et surtout propres! Bilan 8,5/10. Constance avait envie de m'entraîner au Musée d'Orsay car elle avait envie de partager sa passion pour les peintures impressionnistes. Elle n'avait d'yeux que pour les oeuvres de Manet, Monet et Renoir. Elle m'a longuement analysé chaque peinture de l'un de ses peintres préférés et je l'ai écoutée religieusement. Je lui ai fait part de ma surprise de son attachement aux Impressionnistes français puisque son pays de prédilection était plutôt la Russie. Ma remarque la faisait rire et elle m'a répondu qu'elle avait des goûts parfois contradictoires. Après cette visite, nous avons marché le long des quais tout en discutant du fameux brunch chez mon père. Elle a trouvé l'idée bonne mais s'est demandé si ce n'était pas prématuré. Je crois qu'elle a eu peur de ne pas plaire à mon père et surtout de ne rien connaître de lui. Ainsi elle m'a posé des tas de questions sur lui et sur sa vie. Il y a quelques anecdotes que j'ai préférés taire pour ne pas l'angoisser. Nous avons continué la discussion sur le Pont des Arts. Assis à même sur le pont et enlacés dans les bras l'un de l'autre, nous étions comme n'importe quel couple amoureux, fier d'afficher son amour devant tous. Je ne voyais qu'elle et son sourire. Ses grands yeux souriaient également. Tout en elle respirait le bonheur. Elle a passé son temps à me parler et à m'embrasser entre deux phrases. Son rire me rassurait et je me sentais vraiment bien sur ce pont malgré la foule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, Constance est arrivée très tôt chez moi avec un énorme sac. Elle n'a pas réussi à trouver une bonne tenue pour aller bruncher chez mon père. Elle s'est habillée puis s'est déshabillée un nombre incalculable de fois devant moi. Moi je restais au fond de mon lit tout en grognant qu'il était trop tôt pour penser à s'habiller et qu'elle ferait mieux venir me rejoindre au chaud. Elle était désespérée par ma nonchalance mais a fini dans mes bras à ronfler le reste de sa nuit écourtée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque mes yeux se sont posés sur le réveil, j'ai hurlé. J'ai réveillé Constance en la secouant et nous nous sommes habillés à la quatrième vitesse. Elle a enfilé un T-shirt et un jean à la va vite. Nous avons ri tout en nous vêtant. Nous n'avons eu que quelques dizaines de minutes de retard en arrivant devant l'immeuble de mon père. Constance a acheté un bouquet de fleurs et moi une bouteille de Bordeaux. Léa et mon père ont accueilli chaleureusement Constance qui se sentait sûrement intimidée. Nous nous sommes mis à table rapidement où ils ont pu faire de plus amples connaissances. Mon père a posé une foule de questions à Constance sur ses études, ses parents, ses intérêts. Cette dernière a pris de l'assurance au fur et à mesure du brunch et a répondu patiemment à toutes les questions. Je me suis goinfré tellement j'avais faim. Léa nous a demandé comment nous nous étions rencontrés. Constance a pris un malin plaisir à lui raconter en détail le début de notre relation chez Julie et son vieux jules, de nos appels téléphoniques, de nos différents rendez-vous. Elles ont ri ensemble. Ces rires ont mis de l'ambiance à notre déjeuner à quatre. Mon père et moi avons ri également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le déjeuner, nous avons dégusté quelques chocolats au salon tous ensemble. Constance était surprise et impressionnée par la grande bibliothèque de mon père. C'est alors que ce dernier m'a parlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Stanislas, j'ai quelque chose d'important à t'annoncer. J'aspire à une vie plus stable. Léa et moi avons pris la décision de nous marier. J'espère sincèrement que tu béniras cette union et me pardonneras de prendre seulement maintenant mon rôle de père plus au sérieux. Bien entendu, Léa ne remplacera jamais ta mère mais avec elle, j'entends te permettre de vivre dans une vraie famille et te donner une stabilité dont tu as besoin. Qu'en penses-tu ?&lt;br /&gt;- ...&lt;br /&gt;- Tu n'accueilles peut-être pas cette annonce avec plaisir mais j'ai envie de vivre paisiblement à ses côtés. Tu auras toujours une place chez nous et dans ma vie. J'ai envie de rattraper tout ce temps perdu avec toi et Léa m'y aidera.&lt;br /&gt;- Toutes mes félicitations papa."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ma réponse, j'ai vu le visage de mon père s'éclairer et sourire à tout le monde, surtout à Léa. Je ne m'attendais pas du tout à cette annonce de sa part. Une joie inexplicable a envahi tout mon être. Mon père, ce coureur de jupons invétéré, se calmait et était disposé à vivre comme un homme de son âge. Il voulait surtout se consacrer davantage à moi. J'avais l'impression de toucher le bonheur du bout des doigts. Léa est venue m'embrasser en pleurant et en riant à moitié. Je lui ai souhaité beaucoup de bonheur. Constance les a félicités. Il y avait un petit air de fête chez mon père tout à l'heure. Nous avons trinqué au Champagne ce beau mariage.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-3699668403963181015?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/3699668403963181015/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=3699668403963181015' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3699668403963181015'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/3699668403963181015'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-dimanche-23-octobre.html' title='Chapitre A (Automne) Dimanche 23 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-2289954618121775825</id><published>2007-07-12T15:26:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:30:18.862+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Jeudi 20 octobre 2005</title><content type='html'>Jeudi 20 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement j'ai déjeuné avec ma mère mardi midi mais nous n'étions que toutes les deux. Elle n'avait pas de chance puisqu'elle m'a récupérée assez fort énervée et agacée à cause d'une de mes étudiants. Mardi matin, j'étais en amphi avec les L3 et je traitais d'un sujet que je maîtrisais parfaitement. Pourtant mon esprit était fixé sur une seule personne dans l'assemblée. C'était la jeune lolita blonde de la dernière fois qui m'avait posé des questions aussi stupides qu'inintéressantes. Elle était là au milieu de la foule mais j'arrivais à entendre ses moindres conversations de la place où j'étais. Je n'arrivais pas à me souvenir de son nom, aussi j'ai regardé discrètement sur ma liste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Mademoiselle Levilain, si ce que je vous raconte ne vous intéresse pas, veuillez quitter l'amphithéâtre afin que les autres puissent s'y intéresser. Merci par avance de votre coopération.&lt;br /&gt;- Mais madame, je n'ai rien compris à votre explication donnée, il y a quelques minutes et j'étais en train de sonder mes amis.&lt;br /&gt;- Ne serait-ce pas plus simple de vous adresser directement à moi-même au lieu de faire perdre du temps à tout le monde ?&lt;br /&gt;- Non parce que je ne vous aurais posé des questions que si la plupart de mes amis étaient également dans ma situation.&lt;br /&gt;- Pourriez-vous sortir de l'amphithéâtre afin que je puisse finir ce que j'ai à dire aux autres étudiants dans de meilleurs conditions, s'il vous plaît ?&lt;br /&gt;- Vous êtes particulièrement désagréable madame mais je sors quand même pour vous faire plaisir."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut dire qu'elle avait l'art et la manière de se faire remarquer dans un amphithéâtre de plus d'une centaine d'étudiants. Pour ma part, je me demande encore pourquoi je me suis énervée autant pour un simple bavardage. Elle a ce petit quelque chose que je trouve agaçant. Philippe me dirait sûrement que je suis jalouse de la jeunesse et l'assurance de cette petite étudiante. Serais-je déjà vieille et aigrie par la vie ? En tout cas, elle a bien gâché ma matinée avec son insupportable insolence et sa moue désabusée d'adolescente. J'ai tout bâclé, encore marquée par l'incident et je suis sortie de l'amphithéâtre sans un regard pour les étudiants. J'ai rejoint ma mère au Sélect en colère contre moi-même car je me rendais bien compte que cette jeune fille n'avait rien fait de mal et que j'avais agi injustement et maladroitement avec elle. Mais le reconnaître serait difficilement acceptable pour moi. Ma mère était déjà installée avec un verre de Perrier avec une rondelle de citron. D'extérieur du restaurant,  je l'ai longuement observée, elle avait un visage serein et paisible. Elle feuilletait un magazine tout en buvant son verre, sûrement un magazine pour aider et conseiller les futures jeunes mariées dans leurs préparatifs du grand jour. Durant tout le déjeuner, il n'était question que de leur grand mariage et du fils de François. Ils n'avaient pas encore annoncé la grande nouvelle au jeune homme, de peur qu'il la prenne mal. J'étais curieuse de connaître le fils après avoir été charmée par le père. D'après ma mère, ils se ressemblaient beaucoup physiquement. Le jeune homme dépassait largement son jeune âge par son intelligence et sa beauté. Je lui faisais remarquer que la plupart de mon public à la faculté avait le même âge et que je le connaissais bien. Pour preuve, je lui ai raconté le dernier incident de la matinée. Ma mère en a ri et j'ai préféré en faire autant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier j'ai reçu un appel auquel je ne m'attendais pas. Sur mon téléphone portable s'est affiché un numéro que je connaissais bien. J'ai mis quelques secondes avant de me décider à décrocher. Il avait toujours cette voix sûre et grave. Je l'ai écouté me parler de sa vie en long et en large. De vieux souvenirs me sont revenus à l'esprit en entendant cette voix qui m'était si familière. Notre complicité faisait des envieux dans notre cercle d'amis. Notre amour éclaboussait tous les autres couples. Nous étions parfaitement heureux, du moins c'est ce que je croyais durant de longues années. L'amour m'avait totalement aveuglée et je ne voyais pas les infidélités de Matthieu au quotidien. Je ne l'ai pas revu depuis une éternité. Notre dernière entrevue remontait il y a déjà deux ans sur le pas de la porte de notre appartement dans un état de haine et d'incompréhension. C'était une journée particulièrement ensoleillée d'automne et je n'ai eu aucun mal à cacher mes yeux embués derrière les lunettes de soleil. Le souvenir de cette journée me faisait encore mal, il avait explosé mon petit coeur en mille morceaux. Je ne lui avais toujours pas pardonné ce qu'il m'avait fait. Je n'avais rien oublié malgré le temps qui avait passé. Matthieu m'a téléphoné sans raison apparente, juste pour le plaisir d'avoir de mes nouvelles après vingt-quatre mois de silence absolu. Il m'a proposé d'aller prendre un café un de ces quatre prochainement, proposition que j'ai accepté à demi mots en prétextant un retard imaginaire. Après avoir raccroché, je suis restée hébétée quelques minutes. Pourquoi faut-il que les fantômes du passé reviennent nous troubler quand nous pensons avoir enfin trouvé l'apaisement ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, Philippe m'a conviée à une des soirées que sa société organisait. J'ai passé énormément de temps à m'habiller et à me déshabiller. Le choix de la tenue a été un véritable dilemme, surtout pour moi qui n'ai pas l'habitude d'une telle soirée. Je ne voulais pas faire honte à Philippe. J'ai même fini par téléphoner à ma mère pour avoir ses précieux conseils, elle est une femme capable de vous faire une toilette avec trois fois rien. Quelques minutes plus tard, elle a débarqué chez moi avec des tas de sacs remplis de vêtements. Nous avons eu des fous-rires lorsque j'ai essayé toutes les tenues plus ou moins extravagantes de ma mère. Je n'ai pas sa classe innée. J'ai rejoint Philippe à la Tour Eiffel. Il était magnifique dans un costume taillé à la perfection. En l'embrassant, j'ai senti les effluves de son parfum boisé que j'aime tant humer. Il m'a complimentée sur ma tenue. Arrivés à l'entrée du restaurant "le Jules Verne'' au deuxième étage de la Tour Eiffel, nous avons été mitraillés par des photographes. Si Philippe était très à l'aise dans cet exercice et distribuait de grands sourires à tous, pour ma part je me sentais très mal à l'aise et très gauche. C'était notre première photo de nous deux et j'ai pensé que je pouvais enfin visualiser notre relation. A l'intérieur, je ne connaissais vraiment personne et Philippe a été gentil de me présenter à tout le monde. Très vite j'ai eu soif et je me suis éloignée de lui pour aller chercher une coupe de champagne. De loin, je me suis mise à l'observer et à le voir évoluer dans son monde de paillettes. Il semblait comme un poisson dans l'eau, il allait d'un groupe à un autre tout en égrenant ses sourires à des parfaits inconnus pour moi. J'ai vite remarqué que la plupart des femmes lançaient des regards d'envie à Philippe. Derrière une colonne, je me suis amusée à étudier l'assemblée. Les hommes étaient tous habillés par de grands couturiers et fumaient des cigares. Les femmes rivalisaient avec leurs toilettes magnifiques sorties tout droit des vitrines de l'avenue Montaigne. Tout ce monde se trémoussait plus ou moins au son des mix des Dj de la soirée. Quand je l'ai rejoint, Philippe m'a souri et a déposé un baiser rapide sur mon front. Cette première sortie officielle n'a pas été un réel succès mais j'étais heureuse d'être à ses bras si rassurants. Je crois que j'étais bien trop préoccupée par le coup de fil de Matthieu pour apprécier la soirée et de faire des connaissances. Pourquoi et de quel droit venait-il me troubler alors que je pensais enfin l'oublier et démarrer une autre histoire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 20 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la journée mitigée de lundi, mardi a été horrible pour moi. Des idées noires ont envahi mon esprit dès au saut du réveil alors que lundi soir tout allait bien après le coup de fil de Constance. Je n'avais plus goût à rien. Je n'avais aucune envie de sortir. Je ne voulais voir personne. Je n'arrivais même pas à lire quoi que ce soit. Je restais prostré dans le noir sous ma couette à écouter des chansons mélancoliques ou encore le Requiem de Mozart. Ces musiques m'apaisaient tant bien que mal. Mon moral faisait une chute libre vertigineuse et je me laissais submerger par une montée d'angoisses.Volets clos et téléphone fixe décroché, je me suis enfermé dans mon appartement avec pour seules compagnies, la musique et une bouteille de vodka. Je n'arrivais pas à expliquer cette soudaine négation de la vie que je m'imposais.Sans aucune raison, j'étais plongé dans un état de tristesse. Je me sentais tout simplement inutile et incompris par le monde entier. Les larmes coulaient sur mes joues sans que je puisse les arrêter. Les vannes étaient ouvertes et je pleurais toutes les larmes de mon corps. Je me sentais las et fatigué de courir à droite et à gauche. Reprendre le quotidien n'était pas une mince affaire pour moi après ces deux semaines et j'ai dû prendre un rendez-vous express avec ma psy pour ne pas me noyer dans la tristesse permanente et ambiante. J'ai passé la journée à me bourrer de cachets en attendant l'entretien de l'après-midi: elle avait un planning très serré et ne pouvait pas me recevoir rapidement. En sortant de son cabinet quelques heures plus tard, je n'allais pas vraiment mieux mais j'avais cessé de pleurer. Elle m'a prescrit d'autres cachets à avaler pour me détendre. A vingt ans, je suis complètement dépendant de médicaments que la plupart des gens ne connaissent même pas. Les somnifères ne faisaient plus d'effets sur moi. Je suis passé au Starbucks pour un remontant et je me suis dépêché de rentrer chez moi. Je n'avais pas envie d'être entouré de gens et je les fuyais. Paradoxalement je souhaitais fuir également la solitude qui me pesait. J'ai enfoui ma tête dans l'oreiller et j'ai dormi après avoir avalé quelques cachets afin de ne plus m'angoisser comme le matin. Je voulais sombrer dans un sommeil profond et rêver de choses merveilleuses. Quelque chose d'agréable qui m'enlèverait toutes ces idées noires et angoissantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier midi, je me suis réveillé avec la tête à l'envers et je ne comprenais plus rien. J'étais encore habillé sur mon lit et j'avais un affreux mal de tête dû à la bouteille de vodka vide. J'ai mis quelques minutes avant de me rendre compte que mon portable était en train de sonner. Je l'ai cherché partout, dans le lit, sous le lit, sur les tables de nuit, sous les oreillers. J'ai fini par mettre la main dessus en ouvrant mon sac de cours. Le nom de Karine s'affichait sur l'écran de mon portable. J'ai hésité à décrocher mais elle n'arrêtait pas de le faire sonner. J'ai supposé qu'elle aurait insisté jusqu'à ce que je décroche. Elle n'abandonne jamais. Elle a eu envie de savoir ce que je devenais et m'a demandé si elle pouvait passer dans l'après-midi chez moi. J'étais en train de préparer mille et une excuses pour ne pas la recevoir mais j'ai cédé à bout de force devant son insistance. C'est ainsi que pour la deuxième fois en quelques jours, j'ai rangé mon appartement de fond en comble.  Elle est arrivée au milieu de l'après-midi et j'ai eu le temps de me détendre avec quelques pilules avant. Aussitôt qu'elle s'est installée dans le divan, elle m'a parlé de Margaux. J'ai feint de préparer du thé pendant qu'elle me parlait mais en fait j'étais attentif à la moindre de ses paroles. J'étais tout simplement curieux d'avoir de ses nouvelles. Visiblement Karine s'était fait remarquer dans son amphi  le matin même en bavardant plus que raison. Elle avait même poussé l'insolence à répondre à Margaux et s'est fait exclure du cours. Karine trouvait sa prof insupportablement vieux jeu et exaspérante avec son air hautain. Elle a médit pendant au moins une heure sur elle. Elle a pris en grippe ma Margaux. J'étais quasiment sûr qu'en fait mon ex était jalouse du charme, de la classe et de l'aura de sa prof sans se l'avouer ouvertement. Cette jalousie sous-jacente me faisait rire et je n'ai pas pu m'empêcher de pouffer de rire devant la mine défaite de Karine. Elle ne supportait pas la concurrence et se trouvait cette fois devant une rivale à qui elle ne pouvait pas se mesurer. Je lui ai conseillé de changer de cours magistraux et de s'inscrire dans celui où il y a un prof charmant à draguer. Elle a ri à ma proposition. Puis elle m'a demandé si j'étais toujours avec Constance. J'ai attendu avant de lui répondre car je savais qu'elle allait me mitrailler de questions en tout genre. C'est ce qu'elle a fait. Elle voulait tout savoir d'elle, de nous et même des choses indiscrètes. Après Margaux, Karine s'est attaquée méchamment à Constance. Elle l'a trouvée bien fade et bien trop lisse pour moi. Décidément entre Vanessa et Karine, c'était l'osmose totale quand il s'agit de ma nouvelle petite amie. C'était à croire qu'elles s'étaient mises d'accord pour la descendre. Je lui ai dit que Constance était parfaite et qu'elle me satisfaisait pleinement. J'ai même ajouté que j'étais le plus heureux des hommes alors que je me remettais tout doucement du spleen de la journée de mardi. D'un accord tacite, nous avons cessé de parler d'elle et nous avons préféré discuter de nos récentes lectures. Karine partageait ma passion pour la littérature américaine. Nous avons retrouvé une certaine complicité d'autrefois lorsque nous discutions de nos auteurs préférés. Nos coeurs reculaient et nous repassions tous les deux à l'étape de l'amitié, le plus noble des sentiments lorsqu'on s'est brûlé les ailes à l'amour. Karine a compris qu'elle ne pouvait plus réclamer mon coeur et s'est résignée à accepter une relation de tout autre type entre nous. Pour une fois, je n'ai pas vu le temps passer en sa compagnie et nous nous sommes quittés avec la promesse de nous revoir prochainement pour une autre séance d'analyse de nos lectures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après mes cours de ce matin, j'ai rejoint Constance au Jardin de Luxembourg. Nous nous sommes posés sur un banc près du kiosque à musique. Elle s'est allongée sur le banc comme toujours avec sa tête posée sur mes genoux et m'a longuement parlé de ses différents devoirs rendus avec quelques difficultés. Elle a dû passer quelques nuits blanches et s'est excusée de m'avoir négligé depuis lundi soir. Malgré son grand sourire, elle avait une mine fatiguée et j'étais touché par sa façon de s'excuser. Son amour et son attention me rassuraient. Je ne lui ai évidemment pas avoué mon spleen qui reprenait du service mais j'ai préféré profiter d'elle et de sa bonne humeur contagieuse. J'avais tous les symptômes d'un amoureux transi. Je riais à la moindre de ses anecdotes et passais mon temps à lui sourire comme si c'était la première fois que je la voyais. Je la trouvais formidable et merveilleuse mais mon coeur ne s'y trompait pas. Je n'avais pas de sentiment amoureux pour elle mais j'éprouvais de l'affection. Si pour certains, l'affection s'assimile à l'amour, pour moi ce sont deux sentiments totalement différents. En effet dans la pyramide des sentiments, l'amour est au sommet tandis que l'affection en est la base. J'aimais beaucoup sa compagnie car elle était douce et facile à vivre. Elle était toujours attentionnée et pourtant m'accordait quelques moments de solitude dont j'avais besoin de temps en temps. Elle ne m'envahissait pas brutalement avec ses goûts et ses passions. Elle n'entravait pas à ma liberté. Malgré tout ça, je ne l'aimais pas et cette idée me désolait profondément. Je pensais que mon coeur connaissait enfin le printemps. Mais en fait, cette relation était une leurre comme une saison ratée avec une brusque augmentation de températures. Mon coeur est encore en hibernation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père vient de m'appeler pour prendre de mes nouvelles. Ce simple coup de fil m'a fait plus que plaisir et m'a fait oublier la mélancolie de ces derniers jours. Je lui ai banalement raconté ma journée entre la fac et mon rendez-vous avec Constance. Il a très envie de la rencontrer. J'ai entendu derrière lui Léa qui proposait un déjeuner à quatre: mon père, Léa, Constance et moi. Il est décidé que nous irons bruncher ensemble chez mon père dimanche. J'ai hâte qu'il la voie et me donne ses impressions. S'il me donnait sa bénédiction, l'aimerais-je vraiment comme elle le mérite? Peut-être que j'attends cela pour ouvrir mon coeur ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-2289954618121775825?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/2289954618121775825/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=2289954618121775825' title='34 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/2289954618121775825'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/2289954618121775825'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-jeudi-20-octobre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Jeudi 20 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>34</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-5835259564710582048</id><published>2007-07-12T15:21:00.001+02:00</published><updated>2007-07-12T15:25:43.864+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Lundi 17 octobre 2005</title><content type='html'>Lundi 17 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel week end merveilleux! Philippe m'a fait la surprise de rentrer un jour plutôt de son voyage d'affaire. Pour être exact, il savait depuis le début qu'il devait rentrer samedi matin mais voulait m'en faire la surprise. Vendredi, j'étais déçue de ne pas l'avoir eu au bout du fil et je comprenais mieux l'origine de ce silence. C'est donc les cheveux en bataille et les yeux à moitié fermés que j'ai ouvert la porte à un Philippe en pleine forme samedi matin. Mon grognement au saut du réveil et ma tenue l'ont beaucoup fait rire. Moi j'étais complètement ahurie de la situation car je ne l'attendais pas avant dimanche matin. Tellement ahurie que je ne l'ai même pas embrassé et lui tellement hilare qu'il en pleurait ! Nous devions offrir une scène de retrouvailles la plus comique des couples d'amoureux. Mon rire a rejoint rapidement le sien et nous avons ri durant de longues minutes sans pouvoir nous arrêter. Qu'il était bon de laisser éclater sa joie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous sommes retrouvés rapidement dans les bras de l'un et de l'autre avec toujours ce rire complice. Lorsque ses lèvres ont rejoint les miennes, j'ai senti les battements de mon coeur s'accélérer et je me suis sentie défaillir. J'ai fermé les yeux pour mieux me laisser aller dans cet étourdissement, c'est comme si le contact de ses lèvres effaçait tout ce qui nous entourait. Plus rien ne comptait pour moi, les bruits de la rue, la musique hurlante chez mes voisins, les pas dans l'escalier, les sonneries du téléphone. J'étais bien dans ses bras et je n'avais aucune envie de m'en défaire. lorsque nous avons repris notre souffle, Philippe m'a dit cette phrase magique "Tu m'as manquée!''. En une phrase, il venait d'abattre les dernières barrières entre nous, en effet nous passions de "vous'' à "tu'' et il venait de me dire le plus joli mot doux que j'avais envie d'entendre. Mes lèvres ont cherché les siennes et je n'avais aucune envie que cela cesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques longues minutes plus tard, il a déballé ses valises et m'a couverte de cadeaux. J'étais émerveillée par ses petites et grandes attentions qui s'entassaient sur mes genoux. Il avait ce sourire aux lèvres qui faisait fondre mon petit coeur de pierre. Pour chaque paquet, il tentait de me donner des explications sur l'origine et sur le choix. Il avait voulu me faire partager sa visite au Musée d'art moderne de NY en m'apportant quelques reproductions de Gustav Klimt, de Paul Cézanne, de Vincent Van Gogh et d'Henri Matisse. Je me suis empressée de chercher une place sur les murs de mon appartement. De sa séance de shopping sur la 5th Avenue, il m'avait apporté une très jolie écharpe d'une grande marque. Lui même avait acheté la même pour lui et avait envie que nous partagions le même plaisir de porter cette écharpe. Je me suis précipitée pour l'enrouler autour de mon cou pour lui montrer que cela me faisait réellement plaisir. J'ai ouvert et découvert les autres cadeaux avec effervescence. Des papiers cadeaux et des cartons étaient jonchés tout autour de nous comme un rempart contre le monde entier. Nous rions comme deux fous et je me sentais vraiment bien dans cette euphorie ambiante. Je ne voyais que lui et j'étais prête à me noyer dans ses grands yeux verts. J'y lisais la promesse d'un bonheur sans nuage. La journée de samedi s'est déroulée ainsi entre les baisers et les discussions; nous n'étions jamais rassasiés de l'un et de l'autre. Si tôt qu'une discussion se terminait, on s'embrassait à pleine bouche comme deux adolescents s'essayant le baiser avec la langue pour la première fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était amusé d'entrevoir mon univers. Mon appartement présentait le côté bordélique de ma personnalité que personne ne soupçnne. Les gens ont toujours une image très lisse de moi-même. En effet,  avec mon chignon parfait et mes tailleurs sombres je laisse peu de place à la fantaisie. Il regardait partout comme s'il avait envie de tout mémoriser. Il admirait ma petite bibliothèque où étaient entassés pêle-mêle mes auteurs préférés avec les livres plus conventionnels de droit. Il souriait en farfouillant dans mes CD et commentait chacun de mes chanteurs favoris. Parfois il était très étonné de mes goûts car visiblement il ressentait un certain décalage entre ce que je laissais voir de moi-même et ce que j'étais réellement. Les autres me voyaient dans un rôle qui m'arrangeait car ainsi je n'avais pas besoin de me dévoiler. Je ressentais toujours cette nécéssité irrésistible de garder une part de mystère sur moi-même. Je leur donnais le change en me conformant à leurs opinions et à leurs impressions. C'était pour tromper l'ennemie et surtout pour ne pas montrer mes propres faiblesses aux autres. C'était là ma grande arme contre les autres. Il a longuement regardé les nombreuses photos qui tapissaient un des murs du salon. J'avais exposé quasiment toute ma vie sur ce mur. J'avais toujours eu besoin de visualiser les relations et c'est pourquoi je passais mon temps à prendre des photos de tout mon entourage. Cette manie faisait sourire tout le monde qui m'avait parfois surnommée "la Japonaise'' en référence aux touristes japonais qui mitraillaient littéralement tout dans Paris. Ce surnom était dû à l'appareil photo qui ne quittait que trop rarement mes mains et que j'emmenais partout. Ce mur était couvert de photos de ma famille, de mes amis, des connaissances, des inconnus croisés au hasard. Alors qu'il était concentré sur mes différents clichés, j'ai pris avec soin et en silence mon appareil. J'ai regardé Philippe à travers l'appareil et de profil, il était vraiment magnifique; j'ai appuyé sur le bouton. Il a été surpris par le bruit étrange de mon appareil et a souri quand il a compris qu'il avait été objet d'une photo. J'ai réappuyé sur le bouton pour immortaliser son sourire: le sourire d'un homme heureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, je suis allée rendre visite à Sophie avec la bande habituelle de folles. Sophie avait posé deux jours de congé pour changer toute la décoration de son appartement. Quand j'y suis entrée, je n'ai pas cru mes yeux et je me suis même demandée si je ne m'étais pas trompée d'appartement. Elle avait tout réorganisé et tout repeint. Il ne restait plus rien de l'ancien appartement. Elle nous a présenté par la même occasion son jeune amant: un jeune étudiant en droit qui par chance fréquentait la Sorbonnes. Nous avons outrepassé le fait qu'il ne devait sûrement avoir qu'une vingtaine d'années et nous lui avons fait des yeux doux pour le plus grand bonheur de Sophie. Elle semblait heureuse avec ce petit minet brun au corps si parfait et à la bouche pulpeuse. Le petit ne s'est même pas démonté au milieu des femmes trentenaires et nous servait de guide dans ce nouvel appartement de Sophie. J'ai passé une soirée mémorable et j'ai surtout été contente de la revoir rire et plaisanter comme avant. Sa nouvelle vie commençait bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère m'a téléphonée aujourd'hui et m'a informée que je serais invitée prochainement à un dîner officiel. Elle et François avaient décidé de nous réunir tous, c'est à dire le fils de François et moi pour annoncer la bonne nouvelle de l'année et nous présenter l'un à l'autre. Apparemment ce jeune homme n'était pas encore informé de la situation et ils craignaient d'une réaction vive de sa part. Je me suis rendu compte que ma mère était vraiment follement amoureuse de son amant et qu'elle ne ferait qu'une bouchée de ce fils récalcitrant au besoin. Je me suis demandée à quoi il pouvait ressembler. Après tout il allait devenir mon frère par alliance certes, mais tout de même un frère. J'ai toujours rêvé d'un frère. Le dîner annoncé serait bien plus folklorique qu'officiel. Je m'attends à tout de la part de ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi 17 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me voilà de retour au bercail après une petite semaine passée à l'hôpital puis une autre semaine chez mon père. Ca me fait bizarre de me retrouver seul alors que j'ai vécu entouré de gens ces derniers jours. Samedi après-midi, mon père m'a aidé à redéménager mes quelques affaires. Je l'ai remercié sincèrement pour tout ce qu'il avait fait pour moi et lui ai promis de l'appeler aussi souvent que possible. La semaine passée chez lui a été une parenthèse très heureuse et je commence à rêver d'une relation quasi normale entre lui et moi. Il est certain qu'il est difficile d'oublier le passé tumultueux de notre relation  mais cette semaine a été salutaire pour nous deux: chacun prend enfin sa place. J'ai découvert une autre facette de mon père et je me sens capable de lui faire confiance à nouveau. Je sais qu'il y a un peu de place dans sa vie. Quand il est parti, j'ai appelé Constance sur son portable. Comme toujours, je suis tombé sur son répondeur et j'ai laissé un message qui la pressait de me rejoindre dès que possible chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant qu'elle ne me rappelle ce samedi après-midi, j'ai fait le ménage dans mon appartement qui en avait grand besoin. Passé l'aspirateur sur la moquette de la chambre et le parquet du salon. Lavé tous les draps. Rangé tous les livres qui jonchaient le sol de mon appartement. Mis à la corbeille tous les linges sales. Vidé tous les cendriers. Ramassé toutes les bouteilles et médicaments qui décoraient admirablement ma table basse. Après ce ménage, j'ai décidé de me nettoyer. Rasé la barbe. Pris un grand bain avec des bulles. Coupé mes ongles de pieds et de mains. Enveloppé dans mon peignoir, je me sentais un nouvel homme et je me sentais d'une humeur merveilleuse. Mon portable a sonné et Constance m'a murmuré ``Je suis derrière ta porte''. J'ai ouvert précautionneusement la porte et je l'ai vue avec un gros paquet de gâteaux dans une main, des livres dans l'autre et le portable coincé entre son oreille droite et son épaule. Sa position m'a beaucoup fait rire. Mon rire l'a contaminée également et nous avons ri comme si c'était pour la première fois. Mignonne comme elle était, Constance avait pensé à mes gâteaux préférés et quelques livres d'auteurs russes pour parfaire mes connaissances littéraires. Je l'ai vite débarrassée de tout son fardeau et j'ai embrassé ses belles lèvres pulpeuses qui du reste ne demandaient que ça. J'ai pris sa jolie tête entre mes deux mains et je l'ai embrassée doucement d'abord puis goulûment. Nous n'avions encore rien échangé comme parole mais nos corps parlaient pour nous deux. Après ces baisers de plus en plus violents, j'ai eu envie de toucher sa peau si douce et si blanche. Tout en continuant de dévorer ses lèvres, j'ai déboutonné silencieusement son gilet et glissé une main sous son T-Shirt. Le contact de sa peau si douce m'a fait perdre mon sang-froid. Je n'avais qu'une seule pensée en tête: lui faire l'amour... Bilan : 8/10. Enlacés dans mon lit, nous avons fumé une cigarette ensemble. Je me demandais pourquoi je n'arrivais pas à tomber amoureux de Constance alors qu'elle me satisfaisait entièrement et que notre relation ressemblait de plus en plus à celle de la plupart des couples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons passé le reste de l'après-midi entre les gâteaux et les livres qu'elle m'a apportés. Pour la soirée, nous avons rejoint Julie et son vieux jules aux Marronniers. Nous y avons dîné ensemble avant de rejoindre Vanessa, Tim et Benji pour la soirée au Batofar près de la TGB. Ils étaient déjà complètement éméchés et défoncés quand on les a rejoints sur le quai. Visiblement la semaine n'a pas été très facile à la fac et ils avaient besoin de se défouler. Ils étaient heureux de me revoir et n'ont pas touché un mot quant à ma longue absence. Vanessa me faisait juste remarquer qu'ils avaient pris mes cours et qu'ils pouvaient les envoyer par mail quand j'en avais envie. Je leur ai présenté Constance comme ma petite amie. J'ai vu un sourire de bienveillance se dessiner sur les lèvres de Tim et de Benji. Quant à Vanessa, elle a eu un mauvais regard avant de recomposer un sourire lisse face à Constance. J'ai eu la désagréable sensation d'avoir raté un épisode avec Vanessa mais les autres nous pressaient pour entrer dans la boîte et je n'ai plus eu l'occasion de la questionner. Nous avons retrouvé à l'intérieur d'autres connaissances avec qui nous avons passé une nuit entière à danser et à boire. A l'aube, complètement ivres et fourbus, nous avons marché jusqu'à l'appartement de Julie et de son vieux Jules où nous sommes restés pour finir la nuit. Constance s'est endormie rapidement dans mes bras et je me suis amusé à la regarder dormir. Son doux visage respirait une sérénité que je n'aurais sans doute jamais. Sa respiration régulière dans le creux de mon cou, j'avais à nouveau envie d'elle mais je n'osais pas la sortir du sommeil profond dans lequel elle était plongée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier midi, j'étais convié chez mon père pour un déjeuner avec Léa. Je suis arrivé à l'heure après avoir quitté Constance sur le quai de son métro. Elle m'a dessiné un coeur sur la vitre quand le signal a retenti. Je lui ai fait un large sourire. J'étais de fort belle humeur et j'ai même pensé à acheter une bouteille de Bordeaux pour mon père chez l'épicier. Mon père a un petit faible pour le vin rouge au moment du plateau de fromage. Léa était en train de mettre la table quand je suis arrivé et semblait heureuse de me revoir. Elle est une des rares femmes de mon père pour qui je n'éprouve pas de mépris.Tout simplement parce qu'elle a l'âge d'être ma mère et pourtant elle ne me considérait pas comme son fils. Elle respecte ma place et ne se permet de pas de prendre la place d'une autre dans ma vie. Mon père était comme toujours aux fourneaux entre deux casseroles prêt à goûter à la sauce et aux légumes. Il était heureux de ma bouteille et m'en a remercié. Le déjeuner a été paisible. Nous avons parlé de tout et rien. C'était tout ce dont j'avais besoin, une ambiance familiale. Dans le métro du retour, mon moral a commencé à flancher. Me retrouver seul dans mon appartement me donnait déjà la frousse et je ne pouvais pas supporter cette idée. En rentrant chez moi, j'ai pris quelques cachets pour me détendre et j'ai téléphoné à Constance. Elle avait une montagne de devoirs à rendre pour cette semaine et avait beaucoup de mal à se remettre de la soirée de samedi. Ca m'a fait du bien de l'avoir au téléphone et de l'entendre me raconter ses soucis ainsi j'oubliais les miens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, arès un réveil difficile, j'ai réussi à rejoindre ma dream team à la Sorbonnes pour ma première journée de reprise. Je me sentais mal à l'aise en y pénétrant et heureusement les autres étaient déjà là. Le fait d'être absorbé par les cours m'a permis de ne pas stresser durant toute la matinée. Je n'ai eu aucun mal à me mêler aux autres grâce à la présence de mes amis. Vanessa m'a demandé où j'avais déniché ma dernière petite amie car elle ressemblait terriblement à une pauvre fille perdue. J'étais tellement ahuri par sa question que je n'ai rien su lui dire. Elle a ajouté un "just kidding'' quand elle a compris que je ne plaisantais pas. Je ne sais pas ce qui lui a pris de sortir une telle réflexion mais je n'ai pas cherché à avoir une explication. Finalement cette reprise n'a pas été aussi terrible que j'avais pensé et j'ai ri de moi-même. Néanmoins j'ai deux semaines de cours à rattraper et je n'ai pas de quoi me réjouir!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma première séance avec ma psy s'est soldée par un non lieu. Je lui ai avoué ce qui me tracassait mais je n'ai pas osé lui parler de l'objet de mon obsession. Je n'arriverai pas à lui avouer que je fantasmais sur une fille aperçue par hasard dans une soirée.  Je ne suis pas sûr que mes problèmes proviennent de cette rencontre particulière mais sûrement d'autres sources plus existentialistes. Après avoir caressé mon divan préféré durant de longues minutes, je suis sorti de son cabinet et je me suis installé dans le Starbucks.  Je n'ai pas revu ma belle Margaux depuis plus de deux semaines et je me demande ce qu'elle devient. Il faudrait que je rappelle mon ex car elle est la seule personne capable de me donner de ses nouvelles sans soulever de questions dérangeantes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-5835259564710582048?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/5835259564710582048/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=5835259564710582048' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/5835259564710582048'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/5835259564710582048'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-lundi-17-octobre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Lundi 17 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-2693503323255128474</id><published>2007-07-12T15:19:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:20:37.194+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Vendredi 14 otobre 2005</title><content type='html'>Vendredi 14 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe m'appelle presque quotidiennement et je ne vois pas le temps passer lorsque je suis au téléphone avec lui: nous avons tellement de choses à nous raconter. Le décalage horaire entre NY et Paris n'arrange pas vraiment nos échanges téléphoniques. Mais c'est toujours avec un réel plaisir que je discute avec lui chaque jour. Il ressent comme moi un manque s'installer quand nous sommes loin de l'un de l'autre. Son avion atterrira dimanche matin et je lui ai promis que je viendrai le chercher à la sortie comme au départ dimanche dernier. Visiblement ses différentes affaires prenaient une bonne tournure et il m'a avoué à demi-mots que s'il obtenait ce contrat, il allait devoir voyager encore plus que maintenant. Il m'a décrit ses différentes sorties nocturnes dans les bars branchés de NY, j'ai eu envie d'être à ses côtés dans cette ville que j'aime tant. J'ai une grande fascination pour NY que j'ai toujours considéré comme la plus belle ville au monde après Paris. Même si j'ai un immense plaisir à l'avoir au téléphone, juste après le coup de fil je sens une certaine frustration. Le téléphone donne l'illusion d'être proche de quelqu'un, presque physiquement, on n'a juste à tendre la main et on pourrait toucher la peau de l'autre. Mais une fois le combiné raccroché, le vide s'installe sans qu'on puisse le combler par autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En parlant de NY, je me suis souvenue de la première rencontre avec le mystérieux impertinent au sourire moqueur. NY était l'objet de notre confrontation. J'avais été invitée par une connaissance lointaine, perdue de vue depuis quelques années. Cette dernière fêtait la fin de l'été et m'y avait confiée. J'y étais allée sans grand enthousiasme et surtout pour renouer contact avec elle. Non seulement je n'avais que rarement parlé avec elle durant toute la soirée mais je n'y connaissais vraiment personne. Je me souviens parfaitement de ce groupe au milieu duquel il évoluait: des parisiens typiquement jeunes et snobs. C'était sa voix qui m'avait attirée même si je n'aimais pas ses propos. Il avait un regard terriblement attirant et dérangeant. Après quelques minutes de confrontation visuelle, j'avais préféré rendre les armes et sortir sur le balcon pour respirer profondément. L'ambiance était étouffante dans la salle de réception et surtout je n'arrivais pas à supporter le regard de cet inconnu. Lui était resté complètement muet avec seulement un sourire moqueur aux lèvres, c'était plus qu'insupportable pour moi. J'étais partie à l'anglaise par la porte de la cuisine. Une fois dans la rue, j'allais mieux et j'avais ri de l'incident. Lors de notre dernier face à face, il a perdu de sa belle assurance et a semblé fragile dans cette grande gare du Nord. Je n'arrive pas à oublier ce regard et cette voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi après-midi, Blandine et moi avons aidé Sophie à réintégrer son appartement. Traîner les nombreuses valises de cette dernière n'a pas été une mince affaire et les différents taxis n'ont pas voulu nous prendre. Nous y sommes arrivées tant bien que mal jusqu'à la porte de son immeuble. Sophie a poussé un long soupir avant d'y entrer. Elle a couru d'une pièce à l'autre pour vérifier s'il ne restait pas une quelconque trace de Guillaume. J'ai ouvert toutes les fenêtres et les rideaux pour laisser entrer de l'air pur dans l'appartement. Après avoir erré quelques minutes, Sophie a décidé de déchirer le papier peint de tout l'appartement et nous l'avons aidée. Nous nous sommes défoulées comme des gamines sur ces murs qui ont vu vivre leur amour. Nous rions comme des folles et nous avons fait une bataille de boules de papiers peints. Sophie a voulu changer tous les meubles de place et nous nous sommes exécutées à mettre les choses selon ses désirs. Nous avons couru tout l'après-midi entre la chambre à coucher, la salle à manger, le bureau et le salon. La salle de bain n'a pas été épargnée, les différents produits ont été balayés d'un coup de main et jetés. Son appartement ressemblait davantage à un champ de bataille qu'à un nid douillet d'amoureux mais elle se sentait complètement libérée et prête à recommencer sa vie. Nous avons descendu en repartant de chez elle mercredi soir, je ne sais combien de sacs poubelle remplis. Sophie venait de tourner la page de Guillaume pour démarrer une nouvelle page blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, après une journée harassante entre la fac et le bureau, j'ai eu l'agréable visite surprise de ma mère. Elle a sonné  alors que j'étais au téléphone comme tous les soirs avec Philippe. J'ai dû écourter la conversation avec mon homme et ai ouvert la porte à ma mère, transformée pour l'occasion en mère bourgeoise parfaite avec son tailleur bon chic bon genre dans une couleur plutôt sombre. Elle m'a habituée à des couleurs plus pétantes et à des tenues bien moins conventionnelles. Après l'avoir embrassée, je lui ai demandé si elle revenait d'un enterrement et je lui ai fait remarquer que sa nouvelle garde-robe manquait cruellement de couleur. Elle a préféré me répondre par un sourire à ma provocation insolente. Ma mère est venue me consulter pour le choix de sa robe de mariée et quand elle m'a avoué l'objet de sa visite, j'ai levé les yeux au ciel. J'ai simplement crié d'une voix coléreuse et forte ``Ainsi donc ce mariage va vraiment avoir lieu ?''. Ma mère semblait affectée par ma phrase et regardait le sol de mon appartement sans oser m'affronter. Des larmes ont commencé à couler sur ses joues maquillées et faisaient couler par la même occasion son mascara. J'ai fait la chose que je savais le mieux faire en ce moment, c'est à dire passer des mouchoirs! Je n'ai pas vu pleurer ma mère depuis déjà une éternité et j'ai essayé de me souvenir de la dernière fois. Ma mère n'est une pas une femme qui montre facilement ses faiblesses et c'est pourquoi je ne l'ai quasiment pas vue dans un état larmoyant. D'après elle, les larmes ne sont que le reflet de nos faiblesses. Après qu'elle s'est calmée et que tout son maquillage est parti sur les mouchoirs, je lui ai dit qu'il ne fallait surtout pas choisir une robe meringue mais une très jolie robe sexy pour son second mariage. Je lui ai fait un sourire franc et elle a compris que je venais d'accepter ses secondes noces. Elle a aussitôt sorti les différents catalogues de son énorme mallette et nous avons passé toute une soirée à éliminer et à discuter des divers modèles de robes. Elle rêvait d'une robe rouge pour symboliser leur passion et moi je lui faisais remarquer que les robes de mariée colorées n'étaient plus dans le vent. Ma mère m'a avoué lors de cette soirée improvisée qu'elle désirait une vie familiale à presque cinquante ans. Ai-je le droit de l'empêcher d'être heureuse à nouveau ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, une journée calme sans pleur et sans mouchoir. Après l'épisode de Sophie puis de ma mère, j'ai craint de voir le reste de mon entourage venir pleurer dans mes jupons mais les Dieux ont eu pitié de moi et fichent la paix à tout le monde. Finalement c'est moi qui ai à présent besoin d'être cajolée et d'être entourée. J'ai hâte que Philippe rentre pour me blottir dans ses bras et lui confier tous mes petits tracas. Il ne nous reste plus que deux nuits sans lui et c'est déjà deux nuits de trop à mon goût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Vendredi 14 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi comme prévu, j'ai rencontré Julie aux Marronniers, notre café préféré. Avant notre entrevue, je suis passé chez moi récupérer quelques affaires comme mon précieux carnet. Mon appartement est resté tel que je l'avais laissé dimanche dernier. Ma chambre sentait le renfermé et j'ai ouvert toutes les fenêtres pour aérer. J'ai rangé quelques petites choses avant d'aller au rendez-vous avec Julie. Elle m'attendait devant un café tout en fumant comme un pompier, cigarette sur cigarette. La voir dans un état aussi nerveux m'a étonné car Julie est tout sauf une angoissée. Elle ne semblait pas dans son assiette; elle avait le regard vague et ses mains tremblaient comme des feuilles. Je l'ai embrassée sur ses deux joues et je me suis installé à ses côtés tout en allumant une cigarette. C'était la première depuis une éternité et j'ai savouré les premières bouffées comme si c'était la dernière de toute ma vie. Julie est restée longtemps silencieuse et j'ai préféré lui laisser du temps avant de me donner des explications de son état d'âme. Nous avons fumé nos cigarettes sans nous regarder et sans nous parler. Cigarette après cigarette. Je n'osais pas lui demander ce qui n'allait pas et pour quelles raisons elle ressentait des remords. Toutes les questions restaient bloquées et je ne lui ai offert que le silence pour seule compagnie. A la deuxième cigarette, elle a commencé à pleurer et à dire des mots incompréhensibles. Par délicatesse ou tact, je ne lui ai pas demandé de répéter ce qu'elle venait de dire. Mais je me rendais compte que j'avais raté un épisode dans sa vie et j'essayais de le deviner.  A la quatrième cigarette, elle s'est mouchée le nez et m'a regardé. Je ne savais que lui dire. A la septième cigarette, elle a séché ses larmes et a commencé à me parler d'une voix monocorde.Elle avait aidé son vieux jules à prendre toutes ses affaires  chez son ex appartement qu'il partageait avec son ex vieille fiancée. Elle avait visité pour la première fois leur univers et a vu des photos de l'autre: l'ex de son jules à qui elle avait piqué l'homme de sa vie. Un mois après avoir officialisé leur relation aux yeux de tous, Julie ressentait des remords d'avoir brisé un couple. Son portable a sonné sur la table. Ni elle ni moi n'avons bougé le moindre petit doigt pour regarder qui était en train de la joindre. Alors qu'habituellement nous nous précipitons pour regarder en premier le nom ou le numéro qui s'affiche. Le temps n'était pas aux futilités. Julie se sentait coupable d'être une briseuse de couple alors qu'elle avait fait tout et n'importe quoi pour conquérir son vieux jules. Il représentait un idéal à ses yeux avec son costume à trois pièces et sa passion pour les opéras de Mozart. Je lui faisais simplement remarquer que tout ce qu'elle avait pu regarder dans cet appartement appartenait au passé de son vieux jules et que son présent est chez elle avec elle. Je lui ai dit que le reste n'avait aucune importance, son ex, leur vie à deux, les photos, les souvenirs. Je ne sais pas si j'ai réussi à la consoler mais en tout cas, elle ne pleurait plus et m'a raconté les dernières frasques de son petit ami dans un Starbucks. A ce changement de sujet, j'ai compris qu'elle avait enterré sa culpabilité au fond de son coeur. Nous avons passé la soirée à boire des cocktails tout en médisant sur les uns et les autres, les choses étaient à nouveau normales comme avant, nous avons retrouvé notre insouciance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, mon père et moi avons pris la journée pour continuer les coins sympas de Paris. Nous avons décidé de marcher pour respirer le bon air parisien ! De la place d'Italie, nous avons mis quelques minutes pour rejoindre la mosquée de Paris. En entrant à l'intérieur, on pourrait presque se croire ailleurs que dans la Capitale. Mon père me parlait longuement de son histoire et de son architecture. Avec le soleil radieux, j'ai cru que nous étions en Tunisie ou au Maroc. Les mosaïques étaient minutieusement taillées et formaient de multitudes dessins géométriques. Les colonnes étaient d'une blancheur éclatante. J'étais fasciné par tout ce que je voyais et j'essayais d'imprimer toute l'ambiance de ce monument dans ma tête. Nous y avons bu un thé à la menthe et dégusté d'exquises pâtisseries tout en discutant de nos dernières lectures. Cet après-midi ensoleillé me rappelait nos rares moments de complicités durant mes vacances d'été où je cherchais sans cesse sa compagnie. Je me voyais gamin courant derrière lui jour et nuit pour avoir une parole ou une attention de sa part. Ce temps passé me semblait tellement loin cet après-midi là. Nous avons continué la promenade en poursuivant la marche jusqu'à Notre-Dame de Paris où nous nous sommes mélangés avec joie avec tous les touristes. J'ai traîné mon père dans le quartier latin à la recherche d'un livre ou d'un CD. Habituellement je déteste la foule car je n'aime pas que les étrangers me touchent même par inadvertance. J'ai toujours l'impression de manquer d'air et de suffoquer alors que les autres n'éprouvent pas autant de malaise. Bizarrement en compagnie de mon père, je ne ressentais pas cette suffocation et au contraire je cherchais à tout prix à être dans la foule avec mon père. C'est comme si je voulais que tout le monde nous voie ensemble et se rende compte de notre complicité. Nous nous sommes dirigés vers le jardin de Luxembourg que nous n'avons seulement traversé. J'avais eu une soudaine envie d'emmener mon père au Café Vavin. Nous avons commandé un mojito à la menthe et nous avons continué notre conversation littéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui j'ai eu rendez-vous avec Constance dans les arènes de Lutèce. J'y suis allé en avance et je l'ai attendue sur un banc avec un livre prêté par elle, ``l'idiot'' de Dostoïevski. Comme toujours, elle est arrivée à l'heure avec un sourire qui me faisait craquer chaque fois. Elle semblait heureuse de me voir et ses yeux brillaient. Nos lèvres se sont rencontrés avec une rare violence et mes mains caressaient chaque parcelle de sa peau, timidement puis plus hardiment. Rapidement nous avions envie de faire l'amour l'un comme l'autre. Elle a vu ma lecture du moment et m'a longuement parlé de ce qui l'avait poussée à lire ``l'idiot''. Tout en parlant, elle s'est allongée et a posé sa tête sur mes genoux. Je la regardais amusé et j'ai caressé ses cheveux que j'aimais tant. Plus je la regardais, plus j'avais envie de l'embrasser. Nous avons échangé longuement nos impressions sur ce livre et nous avons fini l'après-midi tout en buvant un thé à la menthe à la Mosquée de Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine s'est passée presque comme dans un rêve. Vais-je me réveiller un jour tout en regrettant que tout cela ne soit qu'un simple rêve ? Je ne comprends pas le brusque changement chez mon père, c'est comme s'il venait de prendre conscience de son rôle de père. Mais je ne vais pas me plaindre, au contraire j'ai envie que nos relations deviennent quasi normales comme entre un père et un fils. Je n'ai presque pas pris de médicaments et s'est contenté de vivre au gré des événements sans avoir recours au Xanax ou Rivotril. Constance semble totalement folle amoureuse de moi et même si mes sentiments ne sont pas encore au stade de l'amoureux transi, j'aime me sentir aimé et d'avoir quelqu'un à mes côtés qui me susurre de doux mots d'amour. Est-ce ça le bonheur ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-2693503323255128474?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/2693503323255128474/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=2693503323255128474' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/2693503323255128474'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/2693503323255128474'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-vendredi-14-otobre.html' title='Chapitre A (Automne) Vendredi 14 otobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-7299679045587498309</id><published>2007-07-12T15:14:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:18:35.579+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Mardi 11 octobre 2005</title><content type='html'>Mardi 11 Octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe a pris l'avion pour New York dimanche matin et j'ai même eu le privilège de le regarder s'éloigner de moi à travers mes yeux embués de larmes dans l'aéroport si froid et si glauque. Charles de Gaulle est un lieu que je n'aime pas particulièrement et pourtant j'ai une affection spéciale pour les gares. C'est vraiment paradoxal, ce que j'aime dans une gare n'est pas valable pour un aéroport. L'explication vient sans doute de l'association à tort que je fais entre l'avion et la longue distance alors que le train me fait plutôt penser à une distance raisonnablement moins angoissante. Philippe a essayé de me dérider dans le taxi qui nous emmenait vers CDG sans succès. Je n'ai pas su pourquoi j'ai été aussi angoissée à l'idée qu'il parte pour NYC alors que notre relation prenait tout bonnement l'allure d'une relation d'un couple amoureux. Il a essayé de me cajoler et de me consoler. Je n'ai réussi qu'à lui donner un pâle sourire en guise d'acquiescement. Son avion n'allait pas décoller avant une bonne heure et pourtant en rejoignant le RER, j'ai regardé le ciel à la recherche d'un avion. Le ciel était aussi gris que mon coeur. J'ai traîné tout mon corps las vers la sortie et je me suis rendue compte que les larmes coulaient malgré moi sur mes joues. Pourquoi ce simple voyage d'affaire me mettait dans une telle angoisse ? Il ne partait que pour quelques jours, au plus une petite semaine mais en l'accompagnant à l'aéroport, j'ai cru assister à une scène d'adieux. J'ai hâte que ces jours sans lui passent rapidement et qu'en un clin d'oeil, il revienne m'entourer de ses grands bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le reste de la journée de ce dimanche n'a pas été glorieux. J'ai erré dans mon appartement devenu soudainement beaucoup trop grand pour moi seule. Le vide se faisait sentir dans chaque pièce où j'entrais. Pourtant Philippe n'était encore jamais venu dans mon chez moi et donc il n'y a jamais pu laissé de traces pouvant marquer sa présence. J'ai entrepris de lire un livre qu'on m'a offert à l'occasion de mon anniversaire, un auteur japonais dont les titres faisaient fureur chez le jeune public: Haruki Murakami. Le titre était très drôle et dénué de tout sens, ``Les amants du Spoutnik''. Je l'ai feuilleté, entrelu quelques lignes puis abandonné car je n'arrivais pas à me concentrer sur les lettres. Elles préféraient danser et ainsi rendre ma vue complètement floue. Allongée sur mon canapé, je me suis laissée aller et j'ai dormi une bonne partie de la journée. Un dimanche sans lui est vraiment insupportable à vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, en arrivant au bureau, je me suis retrouvée nez à nez avec une Sophie presque normalement habillée sauf peut-être ses converses roses qui tranchaient avec son tailleur strict noir. Elle semblait complètement nerveuse et ses mains tremblaient comme une feuille. Je l'ai invitée à s'installer dans mon bureau et lui ai proposé un thé. Tout en préparant le précieux breuvage, je lui ai demandé comment elle allait et si la nouvelle mode était aux converses dans sa boîte. Elle est restée sans voix pendant que j'essayais de détendre l'ambiance étouffante dans laquelle nous étions plongées toutes les deux. Je l'ai observée du coin de l'oeil avec un certain attendrissement. Son visage indiquait des signes de fatigue accumulée depuis quelques jours. Ses cheveux semblaient ternes et elle n'était même pas maquillée. Son regard était vague et je me suis même demandée si elle ne dormait pas avec les yeux ouverts. Je lui ai demandé d'une voix la plus douce possible:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;" Alors quoi de neuf depuis la dernière fois ma vieille ?&lt;br /&gt;- Je viens de passer une nuit blanche et je n'en peux plus. Je n'ai qu'une envie, dormir toute la journée!&lt;br /&gt;- Mais pourquoi une nuit blanche ?&lt;br /&gt;- Mon dernier amant et moi sommes sortis hier soir et nous avons passé le reste de la nuit à nous épuiser merveilleusement. Mais qu'est-ce que je ne donnerai pas pour avoir encore vingt ans parce qu'une nuit blanche et hop je suis sur les rotules.&lt;br /&gt;- Effectivement tu n'as plus vingt ans donc fais attention à ce que tu fais quand même!&lt;br /&gt;- Oh tu ne vas pas t'y mettre non plus. J'ai déjà Blandine qui me casse les pieds avec \c ca! Laissez-moi vivre comme je l'entends !&lt;br /&gt;- Justement tu devrais peut-être réintégrer ton appartement si tu ne veux plus de réflexion de sa part, non ? Chez toi, tu pourras vivre comme tu l'entends sans nos jérémiades et nos reproches.&lt;br /&gt;- ...&lt;br /&gt;- Sophie, nous ne voulons pas t'empêcher de vivre selon tes désirs mais tu nous inquiètes ces derniers temps. Nous voulons t'aider."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a pleuré de longues minutes pendant lesquelles je ne faisais que lui passer des mouchoirs en papier. Le thé se refroidissait et je n'entendais plus que ses pleurs. Elle n'arrivait toujours pas à oublier son Guillaume qui l'avait abandonnée et se jetait dans les bras des jeunes amants sans expérience facilement impressionnables. Elle avait ainsi l'espoir de se perdre dans les paillettes d'une pseudo-relation. Elle se mentait à elle-même. Je lui ai promis que nous allions l'aider à se réinstaller dans son appartement et à faire en sorte de détruire toutes les traces de son ex. C'est alors qu'elle m'a demandé de contacter Guillaume afin qu'il débarrasse une fois pour toutes ses affaires. L'objet de sa visite matinale était dit et j'ai accepté de rendre ce service. Lorsqu'elle m'a quittée, elle avait retrouvé son sourire communicatif qui a éclairé ma deuxième journée sans Philippe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui comme prévu, j'ai passé un coup de fil à l'ex de Sophie. Ce dernier était bien surpris par ma démarche mais a vite compris les enjeux. Je lui ai fixé un rendez-vous pour ce soir pour qu'il vienne déménager. Sophie dans sa colère vengeresse a changé la serrure et elle m'avait confié hier les nouvelles clés donc même si Guillaume avait voulu récupérer ses affaires, il n'aurait jamais pu le faire avant. C'est donc devant la porte de leur ancien appartement commun que je l'ai attendu ce soir. Je me suis souvenue de leur première rencontre à la fac: Guillaume et elle se sont rencontrés dans la bibliothèque Sainte-Geneviève. Ils ont posé leurs mains sur le même livre et se sont littéralement disputés au point de l'abîmer: aucun des deux ne voulait céder. Ils se sont fait jeter dehors comme des malpropres après avoir rembourser chacun la moitié de l'objet du délit. Leur relation a commencé ainsi sur le trottoir de la rue Soufflot avec le Panthéon d'un côté et le jardin de Luxembourg de l'autre. Guillaume est arrivé avec une très jeune fille à ses côtés que j'ai supposée sa maîtresse. Elle avait beaucoup d'allure et une certaine assurance que lui procurait sa jeunesse. Mais elle semblait terriblement jeune, à peine une vingtaine d'années. Guillaume n'a pas jugé utile de faire les présentations et a simplement demandé à ce que les choses se fassent le plus rapidement possible. Je l'ai trouvé lâche et vraiment pathétique avec sa petite amie qui avait sûrement l'âge de sa petite soeur. Je les ai conduits à l'intérieur et  leur ai ouvert la porte de l'appartement. La jeune fille semblait curieuse de connaître l'univers de Guillaume avant elle et jetait des regards partout. Afin que tout se passe rapidement, je les ai aidés à tout emballer dans des sacs et des cartons. En grand prince, il laissait à Sophie tous les appareils ménagers et électroniques. Il lui laissait également les objets dont les souvenirs étaient communs comme les rares photos ayant survécu à la tempête de son ex petite amie. Il a emmené des vêtements, des chaussures, des livres, des documents, des CD, son ordinateur, son rasoir électrique. Il a jeté dans un autre sac poubelle les photos d'eux déchirés, les vêtements rendus immettables et le téléphone cassé en mille morceaux. Il semblait ému en regardant chaque pièce et pourtant il ne m'a même pas demandé des nouvelles de Sophie. Est-il possible qu'on puisse aimer à ce point quelqu'un et de l'ignorer ainsi du jour au lendemain ? En regardant Guillaume agir avec sa nouvelle compagne,  je me suis rendue compte que la page de Sophie était vraiment tournée pour lui. Je les ai regardés monter dans leur voiture et quitter ce nid d'amour qui n'en est plus un. J'en voulais vraiment à Guillaume d'être aussi heureux alors que Sophie était en train de sombrer de plus en plus. Est-il possible d'être aussi inégaux devant le bonheur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En rentrant chez moi, j'ai découvert plusieurs messages de Philippe sur mon répondeur et je m'en suis voulu de l'avoir raté. D'après ce qu'il racontait, les négociations s'engageaient bien pour le moment et il avait hâte que tout cela se termine pour rentrer. Il a toujours cette même voix chaude et envoûtante qui me rassure. Il a essayé de me joindre pendant sa pause déjeuner et semblait un peu déçu d'être tombé sur mon répondeur. J'ai eu envie de le rappeler mais après un rapide calcul, je me suis rendue compte qu'il devait sûrement en train de travailler. Alors en attendant de l'avoir à nouveau au téléphone, je lui ai envoyé un long mail. Il me manque et son absence devient difficilement supportable pour moi, surtout avec cette soirée gâchée par l'apparition de Guillaume le lâche avec sa petite pétasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi 11 octobre 2005 (Lui) Papier ajouté au carnet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme prévu, mon père est venu me récupérer hier matin à l'hôpital. Dans la voiture, il m'a fait promettre de ne plus recommencer une telle chose et il m'a avoué qu'il a réellement eu peur de me perdre ces derniers jours. C'était sans doute la première fois que j'entendais de tel propos de sa bouche. Il est véritablement entré dans ma vie l'été de mes quinze ans. Jusque là c'étaient des colis à Noël et à mon anniversaire avec une carte postale, de courts séjours passés à ses côtés en été. Il avait mieux à faire que de s'occuper de son fils. Sa grande carrière et sa vie de Don Juan avaient priorité sur moi. C'est pourquoi tous mes souvenirs d'enfant sont intiment liés à mes grand-parents paternels. Aussi loin que je puisse me souvenir, ils étaient toujours là pour moi et ce jusqu'à mes quinze ans lorsqu'ils sont décédés dans un terrible accident de voiture sur la route des vacances en me laissant seul. Il a pris ma vie en main à partir de cet été. J'ai vécu tant bien que mal avec lui entre les coups de gueules et les disputes incessantes les trois années qui me séparaient de la majorité. Nous étions des étrangers et il m'était impossible de l'appeler père. A mes dix-huit ans, il a décidé que je pouvais désormais vivre seul dans un autre appartement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le voir aussi attentif à moi hier matin me réchauffait le coeur et je prenais ce changement comme le signal d'un nouveau départ pour nous deux. Dans la voiture, il m'a proposé d'aller me reposer quelques jours chez lui, le temps de reprendre mon quotidien. Je n'en croyais pas mes oreilles et j'ai mis un certain temps avant de lui répondre que je le voulais bien. Il avait justement pris quelques jours de congé pour s'occuper de moi et il souhaitait que nous nous accordions quelques moments de répit ensemble, juste lui et moi. Il m'a raconté comment il avait supplié ma psy pour que je ne commence mes heures obligatoires dans un centre de jour qu'à partir de la semaine prochaine. Il a eu gain de cause. Pendant qu'il me parlait, je l'ai observé et j'ai lu toute sa fatigue sur son visage pâle. Ses cheveux étaient en bataille et il avait vraiment mauvaise mine. Pourtant il avait un sourire heureux sur les lèvres. J'ai fermé les yeux pour mieux savourer ce petit moment de bonheur intense et pour rien au monde, je n'aurais voulu qu'il ne finisse. Mais l'hôpital Sainte-Anne n'était pas très loin de la Place d'Italie et nous sommes arrivés rapidement à notre destination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois arrivés dans l'appartement, mon père s'est mis au fourneau pour me préparer un festin. Il s'est mis en tête que j'avais beaucoup maigri ces derniers temps et qu'il était temps que je prenne quelque chose de consistant pour remplumer tout ça. Je l'ai regardé s'affairer entre les casseroles et le four.Les bonnes odeurs n'ont pas tardé à se faire sentir et mon estomac criait famine. Une fois à table, mon père m'a longuement parlé de ses erreurs qu'il avait commises avec moi et il avait envie que cela cesse pour laisser enfin place à une relation normale entre nous deux. Je ne savais pas très bien ce que je devais lui répondre et je me suis contenté d'acquiescer de la tête. Mon père venait enfin de comprendre que son rôle ne consistait pas uniquement à me faire un chèque tous les mois. J'étais à la fois heureux et dérouté par ce brusque changement dans son attitude. Il m'a répété plusieurs fois au cours de cette conversation qu'il avait envie d'une ambiance familiale pour lui et moi. A cinquante ans, il voulait enfin se poser et s'établir dans la stabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après le déjeuner, nous nous sommes amusés à faire la vaisselle ensemble et nous avons trouvé dans cet acte si banal une complicité. Les éclaboussements d'eau savonneuse se sont terminés en une vraie bataille d'eau. Nous étions complètement trempés tout comme le sol de la cuisine. Quelques assiettes cassées plus tard, mon père et moi rions comme des fous assis parterre. Nous serions restés ainsi longtemps si le téléphone n'avait pas sonné; c'était le bureau de mon père. Je suis entré dans ma chambre et ai appelé dans l'ordre Julie et Constance. Julie m'a trouvé en pleine forme et me demandait si Constance était pour quelque chose dans cette bonne humeur. Je lui ai raconté en détail ce qui se passait dans ma vie et elle semblait plutôt contente. Par contre, Julie n'allait pas très bien et je lui ai promis de la voir dès que possible. Constance n'était pas disponible et j'ai dû me résigner à lui laisser un long message sur son portable. Je lui ai juste dit qu'elle me manquait et que j'avais hâte de la serrer dans mes bras. Son absence physique se faisait de plus en plus sentir en moi et pourtant je n'étais pas réellement amoureux d'elle; je ressentais un sentiment de bien être à ses côtés et je me sentais apaisé dans ses bras. Mais mon coeur ne savait pas mentir et il me rappelait sans cesse qu'il ne battait pas pour cette fille aussi attirante et aussi aimante soit elle. Je m'en voulais d'être aussi malhonnête et aussi faible au point de m'attacher à quelqu'un pour qui je n'avais aucun sentiment amoureux. Ce que je ressentais pour Constance était vraiment très différent de ce que j'ai pu ressentir pour Karine lorsque nous étions encore ensemble. J'étais totalement fou de cette dernière et quand elle m'avait quitté, mon coeur s'était brisé en mille morceaux. C'était un soir de mars et elle m'avait quitté par téléphone lâchement et méchamment. Ce soir-là, j'avais envie de disparaître à jamais et j'avais pris des médicaments avec la ferme intention de me suicider. Mais à la dernière minute, j'avais eu peur ou des remords. J'avais eu le temps de composer le numéro du SAMU avant de m'effondrer dans un coma profond. Je n'ai jamais su pourquoi ils n'ont jamais alerté mon père et de toute façon il était à l'étranger au moment de l'incident.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, Constance m'a rappelé tard dans la nuit. Elle venait d'écouter mon message et avait passé une journée difficile entre ses cours et une réunion hebdomadaire à son parti politique. Je l'ai écoutée me raconter en détail sa vie. Elle m'a demandé plusieurs fois si j'allais bien et si je me sentais bien. Ma tentative de suicide l'inquiétait beaucoup et elle ne savait pas très bien comment elle devait agir avec moi. Je lui ai dit tout d'abord qu'elle devait arrêter de me demander plusieurs fois de suite si j'allais bien et qu'elle ne devait rien changer dans son comportement. Je lui ai longuement expliqué qu'elle n'y était pour rien dans mes bêtises et qu'elle ne devait pas se sentir coupable de quoi que ce soit. De toute manière, personne ne pouvait faire quoi que ce soit. Je lui ai avoué que j'étais malade. Un long silence s'est installé entre nous et nous n'arrivions pas à le briser. J'entendais juste son souffle court dans mon téléphone. J'essayais de deviner ses pensées à travers sa respiration. J'avais envie de savoir ce qu'elle pensait de moi juste au moment où je lui ai confié que j'étais malade. Elle ne comprenait pas ma maladie puisque j'étais normal à ses yeux. Comment expliquer à quelqu'un qu'on a une maladie qui ne se voit pas mais qui nous ronge de l'intérieur ? C'était presque s'avouer qu'on est fou finalement. Constance semblait effrayée et je comprenais très bien ce qu'elle pouvait ressentir. Moi-même j'ai eu beaucoup de mal à me faire à l'idée de ma maladie et je commence tout juste à l'accepter. J'ai mis fin à la conversation téléphonique prétextant une fatigue soudaine. Avant de raccrocher, elle m'a murmuré des mots doux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui mon père a décidé de m'emmener dans les coins sympas de Paris. Nous sommes partis comme deux touristes à la conquête de cette ville que nous aimons tant. Nous avons commencé par Montmartre. Nous avons gravi une à une les marches pour arriver au Sacré-Coeur. Depuis que je suis tout petit, j'ai une affection particulière pour les églises et le Sacré-Coeur ne déroge pas à cette règle. J'y passais de longs moments avec ma grand-mère qui y priait et qui me faisait admirer les jolis vitraux. Une fois arrivés tout en haut de Montmartre, j'ai admiré durant de longues minutes tout Paris et je me sentais puissant devant cette vue. Dans le village des artistes,  mon père a fait faire un portrait de moi par un peintre asiatique. Le dessin était plus que ressemblant et il lui ai laissé une somme plus importante que le tarif demandé. Après Montmartre, nous nous sommes dirigés vers le musée du Louvre où nous avons pu admirer des chefs d'oeuvres durant la fin de la matinée. Nous nous sommes rendus compte que nous avions les mêmes goûts en matière d'art. Pour le déjeuner, nous nous sommes posés dans un restaurant devant Beaubourg où quelqu'un nous attendait. La copine de mon père était déjà attablée devant un verre de Bordeaux quand nous y sommes arrivés. Elle m'a fait un grand sourire et a embrassé mon père. Je l'ai trouvée beaucoup plus sympathique et agréable que lors de notre dernière et unique rencontre. Elle avait un joli prénom Léa que mon père aimait dire à chaque fin de phrase. Bizarrement je n'ai pas trouvé leur couple dégoulinant d'amour comme la dernière fois. Ils me faisaient l'effet d'un vieux couple marié depuis de longue date. Le déjeuner s'est déroulé dans une ambiance bon enfant et j'ai appris à mieux connaître Léa. Le reste de la journée s'est terminé au Musée d'Orsay puis j'ai traîné mon père dans un Starbucks pour un frappucino caramel: il n'a pas détesté mais il m'a dit pas tous les jours ce truc ! J'ai eu un nouveau coup de fil de Constance tout à l'heure qui clôture bien cette journée. Que demander de plus ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un seul bémol, Julie m'a téléphoné ce soir et n'allait pas fort. Elle semblait dans un état indescriptible et a refusé de dire les raisons de tout cela. Elle m'a simplement dit qu'elle avait des remords. Des remords mais pourquoi ? Je n'ai pas eu de réponse. Je dois la voir demain. Pourquoi quand une partie des gens sont heureux, il faut toujours que l'autre partie soit malheureux ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-7299679045587498309?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/7299679045587498309/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=7299679045587498309' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/7299679045587498309'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/7299679045587498309'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-mardi-11-octobre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Mardi 11 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-6655967187781846520</id><published>2007-07-12T15:11:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:13:40.809+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Samedi 8 otobre 2005</title><content type='html'>Samedi 8 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, je n'ai pas oublié mon cours et je me suis présentée à la fac à la même heure que le semaine dernière. C'est avec un soulagement réel que j'ai retrouvé l'amphi rempli d'étudiants et j'ai ri dans mon fort intérieur de mon erreur de samedi dernier. Malgré une heure matinale, ils étaient nombreux assis sur des sièges à m'attendre. Après deux heures de cours magistraux plus tard, une étudiant est venue me poser une foule de questions, visiblement elle n'avait rien suivi ou alors elle faisait exprès de descendre du haut de l'amphi pour faire admirer son corps par l'ensemble des étudiants.  C'était une petite blonde à la jupe ultra courte et un pull over avec un col en v qui montrait tout, même ses bretelles de soutien-gorge: le genre d'étudiante qui m'insupporte par leur look provocateur de lolita et leur ingénuité désarmante. Elle minaudait tout en me posant ses questions stupides et pourtant je lui répondais patiemment sans oublier de lui sourire. Avant qu'elle ne me quitte, je lui ai demandé son nom. Elle a répondu avec une voix toute mielleuse Karine Levilain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après cette matinée studieuse, j'ai rejoint Philippe au jardin de Luxembourg pour un bain de soleil. Il part demain matin pour New York où il a le plus grand rendez-vous professionnel de sa carrière. Assis confortablement sur les sièges du jardin, je lui ai parlé du prochain mariage de ma mère et de ma colère contre elle par rapport à ce projet insensé. Je lui ai fait part de mon agacement et lui ai parlé longuement de ma mère et de ses frasques. Philippe connaissait ma mère de réputation et s'était même étonné que je puisse être sa fille. Pendant qu'il m'écoutait déblatérer sur ma mère, j'ai vu qu'il m'observait sous toutes les coutures comme s'il était photographe et moi son modèle. J'ai eu une soudaine envie de lui sourire mais pour finir je lui ai volé un baiser court et je me suis amusée à regarder sa réaction. Il était tout simplement bluffé par mon audace car il n'était vraiment pas habitué à ce que je l'embrasse à pleine bouche dans un endroit aussi fréquenté. J'aime le surprendre et je crois qu'à son contact, je suis en train de me changer. La journée a été merveilleuse avec Philippe comme chacune de nos rencontres. Philippe est un compagnon idéal avec qui j'aime passer du temps, de passer toute une soirée à parler de tout et de rien, d'aller au cinéma, de déjeuner ou de dîner au restaurant, de déguster des gâteaux délicieux. Sa voix me rassure et m'envoûte. Sa bouche est toujours avide de la mienne. J'aime le regarder passer ses mains dans cheveux blonds et le regarder sourire de son sourire radieux quand quelque chose lui fait plaisir. Je suis en train de tomber amoureuse de Philippe et pourtant une toute petite voix dans mon for intérieur me dit de me méfier et de ne pas baisser mes gardes. Alors que je suis heureuse avec lui, je pense à mon mystérieux impertinent et à son sourire moqueur. Je ne l'ai pas revu depuis cet épisode à la gare du Nord. Ce soir quand j'ai quitté Philippe sur le pas de ma porte après un dernier baiser, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir peur, de sentir une montée d'angoisse et mes mains tremblaient. A chacune de nos séparations, j'ai l'impression de perdre mon fragile bonheur qui s'installe à peine dans ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, j'ai dîné avec Blandine dans un de nos restos préférés, un petit indien dans le XVème où on peut déguster un curry fort épicé. Ce plat me fait monter des larmes et pourtant je le prends chaque fois parce que j'aime tout ce qui est épicé et qui me fait pleurer. Blandine m'attendait devant le resto et j'étais comme toujours légèrement en retard sur l'heure du rendez-vous. Quand elle m'a vue, elle m'a souri tout en tapotant sur le cadran de sa montre, elle connaît bien l'animal. Tout en buvant un apéritif, nous avons parlé de nos vies respectives, le travail, les amours et la famille. Blandine est une amie de longue date qui était une amie d'une amie rencontrée à la fac. La première fois que je l'avais rencontrée, elle portait un blouson bleu qui contrastait avec son sac à dos rouge et semblait prête pour une randonnée. Je l'avais trouvée fraîche et folklorique dans ce cercle d'amis bien pensants et elle savait écouter les gens comme personne. Elle mettait les gens à l'aise comme si elle les avait connus depuis une éternité et était toujours intéressée par tout ce qui l'entourait. J'étais conquise par sa personnalité dès la première minute de notre conversation et je savais qu'elle allait compter énormément pour moi. Le temps ne m'a fait pas mentir puisqu' elle est encore là même quelques années d'amitié et a priori elle n'était pas prête à sortir de ma vie. Nous sommes donc attablées devant un curry très épicé d'agneau et la discussion s'est fait de plus en plus intime. Blandine m'a confiée de l'évolution inquiétante de Sophie qui se prenait de plus en plus pour une lolita et qui amenait fréquemment des garçons beaucoup plus jeunes qu'elle. Bien qu'elle soit ouverte d'esprit, Blandine avait de plus en plus de mal à supporter la jeunesse retrouvée de notre amie et surtout son comportement nonchalant. C'est vrai que les changements brusques et radicaux de Sophie m'inquiétaient autant qu'à Blandine et je lui ai promis une discussion sérieuse avec la fautive en question. Puis elle m'a questionnée sur mon prince charmant et j'ai senti le rouge monter sur mes joues en parlant de lui. Elle  a ri quand je lui ai dit que Philippe était un homme exceptionnel qui me faisait perdre la tête et que j'étais en train de tomber amoureuse, une chose qui ne m'était pas arrivée depuis très longtemps. Nous avons fini la soirée à boire des cocktails au Café Dupont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi 8 octobre 2005 (Lui) Papier ajouté au carnet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis toujours dans la même chambre à l'hôpital Sainte Anne. Les nuits, j'entends les cris et les pleurs dans les chambres voisines et je n'ose pas jeter un regard dans le couloir. Julie et Constance me rendent visite quotidiennement et m'apportent chaque jour  des nouvelles de l'extérieur. Mon père m'a appelé plusieurs fois à ma grande surprise et me parlait comme si de rien n'était. En vingt ans de ma pauvre existence, c'est la première fois qu'il prend autant soins de moi. Je le vois différemment depuis sa dernière visite dans cette chambre où je l'ai vu si fragile et si impuissant. Est-il en train de changer et va-t-il assumer son rôle de père qu'il a toujours refusé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui à l'heure du déjeuner, Karine a poussé la porte de ma chambre. Elle sortait de ses cours et portait une très jolie mini jupe qui mettait en valeur ses belles jambes. Sans me demander la permission, elle s'est installée sur mon lit et m'a demandé comment j'allais. Je lui ai demandé comment elle avait su que j'étais à l'hôpital et elle m'a répondu qu'elle avait rencontré par hasard Vanessa, Tim et Benji à une soirée jeudi soir. C'est ainsi qu'elle avait appris que j'avais fait une overdose de médicaments. Elle m'a demandé pourquoi je ne l'avais pas appelé durant ces derniers jours et m'a reproché de ne pas avoir pris de ses nouvelles. Elle était toujours ainsi, il fallait que le monde tourne autours d'elle et non l'inverse. Karine est une fille narcissique qui aime jouer de son pouvoir de séduction et je m'étais promis de ne plus tomber dans un de ses pièges pour ne plus souffrir. Je lui ai rétorqué qu'elle n'avait pas cherché non plus à me donner de ses nouvelles depuis nos dernières retrouvailles. Agacée par ma réponse, elle m'a fait taire d'un signe de la main et m'a parlé des cours aux quels elle venait d'assister. Elle m'a détaillé l'amphi qui était rempli d'étudiants et m'a même raconté comment elle a fait pour être l'objet de tous les regards en descendant l'escalier de l'amphi en feignant d'aller  poser des questions à sa prof. Elle m'a demandé si je me souvenais de sa prof de droit international croisée dans le restaurant japonais près de chez moi. Bien sûr que je me souvenais de margaux mais comment je pouvais expliquer à Karine que sa prof m'obsédait nuit et jour? Karine a continué à me raconter sa vie et je regardais par l'unique fenêtre de ma chambre. Consciente de mon inattention, elle s'est approchée de moi et s'est blottie dans mes bras. Nous sommes restés ainsi durant de longues minutes. Elle m'a dit d'une voix douce qu'elle était là à présent pour moi et que je ne devais pas recommencer à mettre ma vie en danger. Je me suis demandé pourquoi elle cherchait soudain à vouloir s'occuper de moi alors que d'habitude, elle ne pense qu'à elle-même et à ses petites affaires. J'ai eu envie qu'elle se détache de moi et qu'elle parte pour toujours, je n'ai pas envie de sa pitié larmoyante. J'ai senti monter en moi un sentiment de colère terrible contre Karine, de quel droit se permet-elle de venir me consoler après tout ce qu'elle a pu me faire par le passé?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est alors qu'on a frappé à la porte de ma chambre et Karine s'est levée précipitamment.Constance est entrée avec Julie et son Jules. Ces deux derniers sont restés stupéfiés sur le pas de la porte avec la bouche grande ouverte pendant que Constance me faisait un grand sourire craquant. Pour couper court aux explications longues et fatigantes, j'ai fait les présentations. J'ai présenté Constance à Karine en précisant sur le terme ``ma petite amie'' et Karine à Constance comme une amie de longue date. Julie en a profité pour présenter son vieux Jules à Karine comme si elle avait besoin de marquer sa possession. Pendant quelques minutes, nous sommes restés dans un silence gênant et j'ai encore regardé par la fenêtre de la chambre le spectacle des arbres perdant leurs feuilles. Je me suis dit que l'automne s'est vraiment installé à Paris avec ses changements de couleurs et de température. Le jules de Julie a cassé le silence en me parlant de l'effet surprenant du joint qu'on lui avait fait fumer lors d'une soirée. Julie a raconté les prochains concerts qu'elle avait l'intention de faire avec moi et son jules. Constance m'a parlé des livres qu'elle m'avait apportés pour combler ma longue solitude. L'infirmière a apporté le plateau repas et a suggéré à tout ce petit monde de déguerpir pour me laisser déjeuner au calme. Je lui étais reconnaissant de m'en débarrasser car je commen\c cais à être fatigué de toutes ces visites. Constance m'a longuement embrassé avant de partir et j'ai vu les flammes de la jalousie dans les yeux de Karine. A l'évidence, cette dernière n'avait pas apprécié que je l'ai remplacée et pensait m'avoir retrouvé pour toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier ma psy est aussi venue me rendre visite. Elle n'a pas demandé les raisons pour lesquelles j'avais pris autant de médicaments et elle a juste demandé si j'avais envie de rester quelques jours supplémentaires à l'hôpital pour me reposer. Elle a lu mon impatience à sortir de ce milieu de fous dans ce que j'ai pu lui raconter. Je lui ai raconté mon rêve et la voix que j'ai entendue pendant les trente-six heures de sommeil forcé. Je lui ai fait part de mon incompréhension car la voix m'était à la fois étrangère et familière. Même en cherchant loin dans mes connaissances, je n'arrivais à mettre une identité à cette voix douce et chaude. Je lui ai demandé comment on pouvait hurler le prénom de quelqu'un sans se réveiller. Elle m'a expliqué que la dose des somnifères était tellement importante que leurs effets avaient duré longtemps chez moi et c'est pourquoi mes propres cris ne m'ont pas réveillé. Elle a signé pour que je sorte lundi matin et il ne me reste plus qu'à compter les jours jusqu'à ma sortie. Elle m'a obligé à suivre un traitement quotidien dès que je serai rentré chez moi. Heureusement mon père m'a promis de venir me chercher lundi matin. J'ai l'impression qu'une nouvelle vie s'annonce pour moi, tout va bien!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-6655967187781846520?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/6655967187781846520/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=6655967187781846520' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/6655967187781846520'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/6655967187781846520'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-samedi-8-otobre-2005.html' title='Chapitre A (Automne) Samedi 8 otobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-1283215501470555776</id><published>2007-07-12T15:08:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:10:59.294+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Mercredi 5 octobre 2005</title><content type='html'>Mercredi 5 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui mon carnet Moleskine a fêté son premier mois et je me rends compte que finalement il est devenu le confident idéal, mieux qu'une bonne copine trop curieuse ou une mère trop envahissante qui ne veut pas vieillir. Au lieu d'un bilan en bonne et due forme de mes trente ans comme j'avais prévu au début du carnet, j'ai préféré raconter ma vie en long et en large. En relisant l'ensemble, je me suis rendu compte que l'homme mystérieux m'avait fait noircir quelques pages et les sentiments ambigus que je ressens pour lui n'ont pas réellement évolués même si à présent j'ai un homme dans ma petite vie. Il exacerbe ma curiosité à faire ces apparitions aussi rapides que muettes au moment où je m'y attends le moins. Ce sont des rencontres qui semblent suivre une cohérence qui pourtant m'échappe et qui me déroute. Je commence à me demander si l'impertinent ne cherche pas à créer une rencontre, une vrai où on pourrait enfin se parler, se connaître vraiment et s'expliquer aussi. Mais quand viendra ce moment?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi soir, c'était la soirée au QG avec mes quatre meilleures amies, c'est à dire une soirée improvisée à quelques minutes avant de quitter le bureau, une soirée sans thème avec toutes les cochonneries achetées au Monoprix du coin, une soirée entre filles où les garçons en prennent pour leur grade toute la nuit. Ce sont Delphine et Loraine qui ont décidé de faire une de ces fêtes comme toujours chez moi. Blandine et Sophie n'ont pas réussi à garder mon secret à propos de Philippe et les deux autres folles ont décidé qu'il était temps pour moi de passer à la grille. J'ai dû rentrer en quatrième vitesse pour ranger l'appartement dans lequel j'avais repris mes vieilles habitudes d'ermite depuis le départ de Sophie. Elles sont arrivées avec des provisions et surtout avec une foule de questions plus ou moins indiscrètes sur ma relation avec Philippe. Sophie ne participait guère à cette inquisition puisqu'elle avait été la première à être au courant de la chose. Elle s'amusait de voir les autres aussi curieuses et aussi fouilleuses. Depuis notre dernier QG, elle avait énormément changer physiquement: elle avait troqué son look de trentenaire épanouie pour un look d'adulescent. Lundi soir, elle portait une micro jupe avec des bottes en cuir qui cachaient ses genoux et un pull moulant à souhait: elle avait l'air d'une étudiante avec sa queue de cheval et ses boucles d'oreilles énormes. Elle avait l'intention de faire percer un deuxième trou aux oreilles pour être encore plus dans le coup comme elle le dit. En tout cas, elle avait retrouvé le sourire et ses fossettes. Elle avait recommencé à fumer alors qu'elle avait arrêter la cigarette quelques mois avant pour débuter l'opération bébé avec Guillaume. Les filles étaient dé\c cues de ne voir aucune photo de Philippe dans mes affaires et semblaient outrées que je ne la lui ai pas demandée. Elles se sont encore plus outrées quand je leur ai dit que nous n'en étions qu'à l'étape des ``vous'' et des ``baiser enflammés''. De nous cinq, j'ai toujours été la plus en retard en matière de relation amoureuse et encore plus en matière de sexe. J'était la plus bosseuse et la plus sérieuse qui passais plus de temps le nez dans les bouquins que dans les soirées étudiantes à flirter avec les garçons. Nous avons bu quelques litres  de vin et de vodka tout en nous empiffrant de gâteaux et de bonbons en tout genre en écoutant les chansons de notre jeunesse! Les discussions allaient bon train entre deux verres. C'est dans cette ambiance des confidences que j'ai réalisé qu'elles étaient toujours là dans les moments heureux et dans les moments malheureux à me soutenir: ce sont de vraies amies d'une vraie amitié née sur le banc de la fac. Lundi soir, je les ai regardées une par une et  je mesurais ma chance de les avoir depuis si longtemps, dix ans d'amitié. La soirée s'est terminée dans des fous-rires interminables comme à chacune de nos rencontres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier j'ai déjeuné avec ma mère dans son restaurant favori. Elle était impatiente de me voir et de m'annoncer une bonne nouvelle. A cause de la soirée de lundi, j'étais dans un état impossible à décrire et je picorais dans mon assiette tout en essayant d'être attentive aux bavardages de ma mère. Elle me parlait de la pluie et du beau temps, laissant l'essentiel de côté, sûrement comme toujours pour le dessert avec le champagne rosé qu'elle aime tant. Dans le restaurant, je remarquais qu'elle avait beaucoup de succès, tous les hommes la reluquaient sans retenue. Elle a toujours été ainsi, l'objet de tous les regards surtout masculins, moi-même j'ai parfois du mal à croire qu'elle est ma mère. A cinquante ans, elle en paraît à peine quarante et son éternelle beauté agace toute la gente féminine. Au moment du dessert, entre le moelleux au chocolat et la crème brûlée, ma mère a commandé une bouteille de Champagne rosé et  elle m'a annoncé d'une voix toute enjouée son prochain mariage avec François. Je suis restée interdite pendant quelques minutes, était-ce une blague de sa part pourtant on n'était pas le 1er avril? Que doit-on dire à sa mère qui va se remarier ? Je lui ai murmuré des félicitations de circonstances et suis entrée dans un mutisme. Ma mère a continué son monologue à propos de son union avec son amant. Elle avait envie d'un grand mariage avec une énorme pièce montée et une robe blanche d'un grand couturier. Avait-elle oublié qu'elle avait déjà eu tout \c ca une fois ? J'ai bu silencieusement ma flûte de champagne et j'ai vainement essayé de toucher les bulles pétillantes avec le bout de ma langue. Je ne comprenais pas très bien la précipitation soudaine de ma mère dans un tel engagement. Ce n'était pas la premières fois qu'elle s'amourachait d'un type mais jusqu'à présent elle a toujours refusé de s'engager préférant de loin sa liberté de mouvement et sa liberté de femme dégagée de toute attache. La fin du déjeuner s'est terminée en quatrième vitesse, j'avais besoin d'être ailleurs et surtout sans ma mère. L'annonce a eu l'effet d'une bombe dans ma tête. J'ai prétexté du travail urgent pour la quitter et j'ai marché sans but dans la rue. J'ai senti un poids m'écraser toute la poitrine et j'ai eu une terrible envie de hurler. Ma mère venait de m'annoncer quelque chose de terrible que je n'arrivais pas à accepter pour une fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce midi, je me suis précipitée à ma boulangerie préférée pour retrouver Philippe, c'était le seul moment de la journée où il était disponible pour moi. Il m'attendait devant la vitrine où s'étalaient une montagne de pâtisseries délicieusement appétissantes. J'ai presque couru dans la rue Vavin impatiente de le voir et d'être happée par ses lèvres. Il attirait tous les regards de la plupart des passantes, surtout des étudiantes, c'est la population du quartier. Il lisait son journal comme à son habitude et ne prêtait pas attention à ce qui l'entourait. Lorsque je me suis présentée à lui, il m'a fait le sourire qui me fait craquer chaque fois. Une heure de déjeuner ne m'a pas suffi à être rassasiée de lui et j'ai vécu comme une déchirure lorsqu'il a dû retourner au bureau: le devoir l'appelait à coup de sonneries de portable qui n'a pas arrêté de nous déranger durant tout le déjeuner. Alors qu'il s'éloignait de moi, j'ai longuement admiré sa silhouette de dos et j'avais envie de courir derrière lui pour lui voler un long baiser. Il venait de me quitter et pourtant je ressentais déjà un réel manque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi 5 octobre 2005 (Lui) Papier ajouté au carnet&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, je me retrouve dans une chambre immaculée et médicalement correcte de l'hôpital Sainte Anne. Dimanche soir, en rentrant chez moi, je me sentais tellement mal que j'ai pris plus que de raison mes médicaments. Quelques pilules et cachets plus tard, je me suis réveillé à l'hôpital branché à un appareil respiratoire. N'ayant aucune nouvelle durant toute la journée de lundi, le soir même Julie est entrée chez moi avec les clés que je lui avais laissées, il y a quelques mois et m'avait trouvé inconscient sur mon lit. Elle a appelé le SAMU et mon père mais ce dernier était injoignable. De toute façon, ça ne m'étonne pas, il n'est jamais là quand j'ai besoin de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant ces quelques heures de long sommeil forcé, j'ai senti un bien être qui me rassurait. J'ai le souvenir d'un rêve particulièrement heureux, j'étais allongé sur une colline à regarder passer les nuages dans le ciel et je me sentais apaisé. Les fleurs avaient une senteur extraordinairement douces et épicées. Un vent léger soufflait sur ma figure et je sentais la brise caresser mes cheveux. C'était un endroit paisible qui ne ressemble à un aucun lieu que je connaissais. Je fermais mes yeux pour mieux savourer les rayons de soleil sur tout mon corps. J'étais heureux dans ce monde féerique et je savourais ce bien être m'envahir doucement mais sûrement. Une voix de femme m'appelait au loin. Une voix qui m'était familière et pourtant je n'arrivais pas à mettre une figure à cette voix douce et chaude. Je me suis réveillé au son de cette voix qui se faisait de plus en plus précise mais que je n'arrivais pas à attribuer à quelqu'un de mon entourage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au réveil, il faisait jour et j'étais allongé dans le même lit sur lequel je suis en train d'écrire. La porte de la chambre était grande ouverte et je pouvais observer l'interminable couloir de l'hôpital. J'ai cherché de part et d'autre du lit le bouton pour appeler une infirmière qui a accouru rapidement. Elle a débranché l'appareil qui m'aidait à respirer et me parlait sans cesse du beau temps à l'extérieur. Elle a pris la température et mon pouls tout en faisant un monologue dont elle seule savait le sujet exact. J'ai eu à peine le temps de lui demander depuis quand je dormais sur ce lit et quel jour nous étions. Au lieu de me répondre, elle m'a parlé d'un prénom que j'avais hurlé toutes les nuits depuis que j'étais dans ce service. Elle me demandait si ma petite amie s'appelait Margaux car c'était le prénom que j'avais crié en empêchant tous les autres patients de cet étage de s'endormir la nuit. Elle m'a annoncé qu'un certain nombre de personnes avaient essayé de me joindre et que si je me sentais en forme, elle pouvait me donner les messages qu'ils avaient laissés à mon attention. Je lui ai demandé discrètement si mon père m'avait rendu visite ou s'il avait téléphoné pour moi. J'étais presque sûr de la réponse négative et pourtant je m'attendais à un petit miracle. Elle m'a remis des affaires personnelles que Julie avait laissées, j'ai retrouvé avec une joie non dissimulée mon téléphone portable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que l'infirmière m'a laissé seul dans ma chambre après quelques examens d'usage, j'ai dégainé mon portable pour appeler Julie puis Constance. Julie a décroché rapidement et m'a engueulé de l'avoir mise dans une situation angoissante. Elle parlait sans cesse et ne me laissait pas le temps de m'expliquer ou même de m'excuser. Elle criait presque au téléphone et je suis sûr que les gens qui étaient autours d'elle devaient la prendre pour une folle hystérique. Elle mêlait une certaine colère et un soulagement dans ses mots. Elle pleurait et hurlait en même temps. Il n'y pas de juste milieu avec Julie, elle passait d'un extrême à un autre en un rien de temps. Elle a quand même dit qu'elle était heureuse de m'entendre et qu'elle était soulagée de me savoir réveillé après ces longs jours d'angoisse à attendre. Elle a enchaîné sur sa vie et celle de son vieux Jules. Je lui étais reconnaissant de ne plus me parler de moi-même et de parler des futilités. J'étais presque heureux de l'entendre me raconter leurs soucis de voiture cassée et de répartitions des tâches ménagères entre elle et son jules. C'est avec un sourire que j'ai raccroché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constance était plus difficile à amadouer car elle avait cru que j'avais fait exprès de ne pas la rappeler après le resto de dimanche. Elle m'avait laissé un nombre très important de messages sur mon répondeur et m'avait envoyé quelques dizaines de sms. Elle avait cette voix aiguë quand elle était en colère et je l'imaginais toute rouge, ce qui m'a donné un fou-rire pendant une minute. Au lieu d'être outrée, elle a suivi mon exemple et s'est laissée gagner par mon fou-rire. Après ce moment de complicité retrouvée, je lui ai expliqué sur un ton calme et anodin que j'étais à l'hôpital pour avoir absorbé trop de médicaments. Elle est restée silencieuse ne sachant que dire et que faire. Je lui ai simplement dit qu'elle n'était pour rien dans cette histoire et qu'elle ne devait pas se sentir coupable de quoi que ce soit. Elle m'a demandé d'une voix blanche pourquoi j'avais essayé de me suicider. Je lui ai répondu que le suicide n'était pas mon intention mais que j'avais simplement abusé des somnifères pour m'endormir. Pendant qu'elle me racontait tout ce qu'elle a pu faire depuis notre dernier rendez-vous, j'ai essayé de me rappeler de la voix entendue dans mon rêve. Etrangement cette voix ne correspondait ni à celle de Constance ni à celle de Julie. Puis je me suis demandé comment on pouvait hurler un prénom aussi souvent dans son sommeil sans se réveiller. En plus d'être un malade, je devenais un véritable fou criant sans raison apparente le prénom de quelqu'un que je ne connaissais même pas. Constance me racontait en détail ses journées et c'est ainsi que j'ai appris que nous étions mardi, j'avais dormi pendant plus de trente-six heures d'affilée. Après la promesse d'une visite prochaine, nous avons raccroché; elle heureuse que je ne l'ai pas oubliée et moi heureux de retrouver le silence apaisant de l'hôpital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui Julie, Constance et mon père sont venus me rendre visite, chacun à son horaire. Mon père est passé en quatrième vitesse entre deux rendez-vous professionnels. Il ne comprend pas ce qui se passe chez moi et semble pour une fois désemparé par moi. Le voir si fragile m'a ému et je lui ai promis de ne plus lui faire revivre une telle situation. J'ai lu de la peur et de l'angoisse dans ses yeux verts et j'ai interprété son silence par des mots d'amour manqués.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Julie a dévalisé un traiteur japonais avant d'arriver à l'hôpital. Elle s'était mise dans la tête qu'elle devait absolument me faire plaisir. Elle a réussi à cacher un plateau de maki et de sushi dans son sac que j'ai engloutis en un rien temps: je n'avais rien mangé depuis dimanche soir et mon estomac jubilait à la vue de toutes ces bonnes choses. Elle est restée longtemps me parlant de tout et de rien, nous avons écouté nos musiques préférées allongés sur mon lit. Elle m'avait apporté quelques livres de poches et quelques confiseries pour faire passer le temps. Elle avait prévenu Vanessa, Timothée et Benjamin de mon incident. Ils allaient sûrement passer prochainement me voir et s'occuper de prendre mes cours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constance est arrivée avant six heures et m'avait apporté quelques gâteaux, elle est retournée à la boulangerie proche de chez moi pour acheter mes préférés. Nous avons peu parlé, elle gênée par ses reproches au téléphone et moi fatigué par la journée. Après quelques longues minutes de silence, nous nous sommes embrassés assez maladroitement, moi allongé dans mon lit et elle assise sur une chaise à côté de mon lit. Son baiser timide s'est fait plus pressant et je me suis laissé faire. Cette fille me fait vraiment de l'effet et je dirais même qu'elle m'excite. Mais alors pourquoi je pense sans cesse à cette Margaux ? Pourquoi c'est son sourire qui me revient à l'esprit? Constance est partie en me laissant un dernier baiser et un sourire craquant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-1283215501470555776?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/1283215501470555776/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=1283215501470555776' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/1283215501470555776'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/1283215501470555776'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-mercredi-5-octobre.html' title='Chapitre A (Automne) Mercredi 5 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-2206281145909007361</id><published>2007-07-12T15:04:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:07:55.016+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Dimanche 2 octobre 2005</title><content type='html'>Dimanche 2 octobre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment j'ai pu être aussi tête en l'air et idiote! Hier matin après un réveil plus que difficile je suis arrivée à la fac non sans mal pour 9 h. Quelle ne fut ma surprise de ne trouver personne dans l'amphi à l'heure dite. C'est alors que j'ai ouvert mon agenda et j'ai découvert que le cours en question était prévu pour la semaine prochaine. Dans l'amphi vide, j'étais désespérée d'une part parce que j'avais annulé un dernier verre chez moi avec Philippe en raison de ce cours et d'autre part parce que je me suis déplacée pour rien. Il n'y avait même pas un chat dans la rue d'Assas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis dirigée vers la rue Vavin où j'ai acheté deux croissants dans une boulangerie et ai pris un cappucino dans un Colombus Café. Avec toutes ces bonnes choses, je me suis installée dans une de ces chaises typiques du jardin de Luxembourg, j'étais face à la fontaine pour admirer le beau silence matinal de Paris. Je me sentais apaisée et ma colère contre moi-même s'effaçait petit à petit devant ce spectacle silencieux. J'ai dégusté mon breuvage brûlant, j'y trempais à peine mes lèvres de peur de me brûler. Alors que j'allais croquer dans un des croissants, j'ai entendu une voix crier mon prénom. Je me suis retournée et j'ai vu Philippe en tenue de jogging venir vers moi. Ses yeux étaient protégés par des lunettes de soleil et il me souriait. Alors que vendredi soir, sur le quai il m'avait embrassée spontanément, là on se regardait un peu gauches et ne sachant comment faire. Finalement il s'est avancé et a déposé un baiser délicat sur mes lèvres. J'aurais aimé que cet instant dure une éternité, ses lèvres contre mes lèvres. Il a ri quand je lui ai expliqué ma situation et il m'a proposé d'aller prendre un vrai petit-déjeuner chez lui à deux pas du jardin. Sur le chemin, je lui ai demandé s'il avait écouté mon message d'hier soir sur le répondeur de son portable. Il m'a répondu d'une voix douce qu'il l'avait beaucoup aimé et que ce message l'avait mis de très bonne humeur dès le réveil. Il avait l'intention de me rappeler cet après-midi après le cours. Il semblait heureux de cette rencontre fortuite et me souriait sans cesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son appartement était au dernier étage d'un immeuble bourgeois dans la rue Soufflot. Il n'y avait que deux appartements par étage et le tapis rouge était de rigueur dans l'escalier. J'étais très nerveuse à l'idée d'entrer dans son intimité. Je ne sais pas s'il a deviné mon angoisse mais dans l'étroit ascenseur, il m'a embrassée plusieurs fois. Au début complètement paralysée, je me laissais faire puis j'ai entrepris de mettre plus de fougue dans ces baisers au goût sucré. Quand nous sommes entrés dans son appartement, nous n'avions plus de souffle comme si nous venions de faire une longue course.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe me laissait seule pendant quelques minutes durant lesquelles je passais d'une pièce à une autre pour découvrir son univers. Il avait vraiment  bon goût en matière de décoration, chaque objet semblait être étudié pour former un ensemble cohérent et assorti. J'aimais beaucoup ses canapés blancs d'une douceur incroyable et le tapis blanc de la salle à manger qui était aussi grand que la pièce. Des cadres de toutes tailles trônaient sur un piano droit dans la salle à manger, des photos de Philippe avec des inconnus, sans doute sa famille et ses amis. Une bibliothèque occupait une grande partie du salon, il y avait un nombre incalculable de livres qui touchaient presque le plafond. Les rideaux étaient d'une blancheur éclatante et laissaient entrer les rayons de soleil dans les pièces. Pendant que je regardais les moindres détails de son appartement, Philippe avait eu le temps de prendre une douche et de se changer. Sa barbe de quelques jours lui donnait un air de voyou et j'ai eu envie de l'embrasser à pleine bouche. Mais je me suis retenue et je l'ai suivi sagement dans la cuisine pour préparer et déguster un petit-déjeuner. Il m'a raconté tous les petits anecdotes liés à son voyage à Londres et m'a parlé avec passion de son métier. Je l'écoutais docilement et religieusement, totalement sous son emprise. Même en buvant son café, Philippe me paraissait magnifique. Je me suis demandée ce qui pouvait l'attirer chez moi, ce qu'il pouvait trouver chez moi de si extraordinaire. Une boule d'angoisse s'est installée petit à petit au plus profond de moi et j'ai eu une soudaine envie de quitter cet appartement si immaculé où toutes les choses semblaient harmonieusement en place sauf moi, je faisais l'effet d'une tâche dans cet ordre. J'ai fermé les yeux et je me suis sentie partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais allongée sur un lit à baldaquin. La pièce était plongée dans le noir, j'ai dû plisser mes yeux dans la pénombre pour distinguer les objets. Je me suis levée et j'ai cherché la porte à tâtons. Je sentais le parquet froid sous mes pieds et j'ai eu quelques mouvements de frissons. Philippe était devant un bureau dans une pièce remplie de livres en tout genre, ses lunettes sur le nez il était concentré sur son ordinateur. Je le contemplais ainsi pendant quelques minutes: ses cheveux blonds étaient en bataille et sa figure éclairée par une petite lampe avait un air grave. Ses yeux verts défilaient de gauche à droite sans cesse au fur à mesure que ses doigts frappaient quelque chose sur le clavier. J'ai soulevé mes pieds à cause du froid et ce geste a fait craquer le parquet. Il a levé sa tête et j'ai rencontré ses yeux verts. Selon lui, j'avais dormi toute la journée et il me conseillait de dormir davantage la nuit. Nous avons fini le reste de la journée dans un restaurant japonais rue monsieur le Prince tout près de chez lui. Nous avons longuement parlé de nous et c'est ainsi que j'ai appris que ses parents vivaient en Bretagne, qu'il avait un frère et une soeur plus jeunes, qu'il aimait la musique sacrée plus particulièrement J.-S. Bach, qu'il détestait les épinards, qu'il faisait du sport régulièrement au Club Med de la place d'Italie et qu'il courait tous les matins dans le jardin de Luxembourg. Nous sommes sortis du restaurant quand ce dernier allait fermer ses portes et nous nous sommes retrouvés dans la froideur de l'automne avec ma main dans sa main. Quand il m'a déposée chez moi quelques minutes plus tard en voiture, j'avais envie qu'il reste encore avec moi. Nous avons continué à bavarder dans la voiture longuement entre deux baisers. J'étais dans un état d'excitation  et de frustration extrême quand je suis entrée chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sophie et Blandine, les créatures les plus folles du monde m'ont tirée du sommeil dès ce matin 10 h alors que je dormais comme une bienheureuse. Sophie avait encore mes clés d'appartement et elles ont fait irruption dans ma chambre en ouvrant les volets en grand et en mettant de la musique douce et calme dans toute la pièce. J'ai cru assister à un débarquement de martiens sur mon lit. Elles venaient de courir au jardin de Luxembourg et étaient en grande forme pour venir me réveiller. Elles s'invitaient pour un petit-déjeuner chez moi mais comme elles sont bien élevées, elles se sont procurées tout ce qu'il fallait chez le petit épicier du coin. Malgré ma mauvaise humeur du matin, j'étais contente de voir Sophie dans son état naturel, avec ses jolies sourires et ses fossettes. L'épisode de Guillaume semblait totalement terminé et elle semblait enfin reprendre goût à la vie. Elles m'ont raconté leur jogging matinal et leur rencontre avec les pompiers de Paris au corps parfait et au sourire craquant. Nous avons profité de ce dimanche pour faire les larves chez moi et nous nous sommes affalées devant un dvd toutes les trois avec un saladier rempli de pop-corns. Nous n'avons évidemment pas regardé le dvd mais en avons profité pour parler de nos dernières aventures sentimentales. Je leur ai parlé de Philippe et de notre relation qui débute à peine. Elles étaient curieuses comme des poux et voulaient des détails croustillants. Elles n'ont pas arrêté de me poser des tas de questions pour savoir quel genre d'homme était Philippe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est seulement que quand elles m'ont quittée dans la fin d'après-midi que je me suis rendu compte que j'avais quelques messages sur mon portable: un de ma mère et deux de Philippe. Ma mère me proposait un dîner entre filles un soir de la semaine, elle avait une bonne nouvelle à m'annoncer. Le premier message de Philippe disait que je lui manquais affreusement et qu'il avait très envie de me revoir avant la fin du week-end. Le deuxième me proposait un dîner ce soir avec lui. Je l'ai aussitôt rappelé et ai convenu d'un rendez-vous dans la rue Mouffetard. C'était l'endroit idéal pour nous deux, c'est à mi-chemin entre son appartement et le mien. Nous nous sommes posés dans un de ces minuscules restaurants rappelant l'ambiance du sud. Plus je le voyais, plus je le trouvais magnifique et pourtant une petite voix en moi disait qu'il fallait être prudente et méfiante. J'aimais sa façon de passer ses mains dans ses cheveux blonds, ses yeux verts qui éclairaient son sourire, sa bouche qui bougeait sans cesse et qui ne demandait qu'à être embrassée. Sur place Monge, devant la fontaine, nous nous sommes embrassés avec passion puis nous nous sommes quittés avec la promesse de nous revoir la semaine prochaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir dans mon lit, je réfléchis à l'homme mystérieux et notre dernière rencontre dans la gare du Nord. Est-ce une simple coïncidence ou m'avait-il suivie? Sa présence crée chez moi des sentiments ambigus et je n'arrive pas les canaliser. Que me veut-il réellement ? Pourquoi est-il si souvent sur mon chemin?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 2 octobre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme prévu j'avais rendez-vous avec les deux filles ce week-end. Je devais voir Constance hier en fin d'après-midi dans un bar devant Beaubourg. Comme d'habitude, j'y étais en avance et je lisais ``La pianiste'' tout en buvant un mojito à la menthe. Constance est arrivée pile à l'heure et s'est installée à mes côtés spontanément. Tout en l'observant, je me disais qu'elle était loin d'être vilaine et qu'elle avait même quelque chose d'amusant dans sa façon de me regarder droit dans les yeux. Elle m'a raconté ses diverses activités qui lui prenaient beaucoup de temps et c'est sans doute à cause d'elles, qu'elle était souvent célibataire, incapable de garder une relation plus d'une semaine. Elle avait un rire cristallin et communicatif. Au fur et à mesure que les minutes passaient, elle me séduisait sans grande peine. Elle lisait de la littérature russe comme moi je dévorais la littérature américaine. Elle avait perdu un peu de son assurance qui m'agaçait et semblait plus douce. Quelques verres plus tard, nous sommes allés chez moi fumer un joint et tout en discutant nous nous sommes déshabillés sans nous consulter. Lui faire l'amour est un jeu d'enfant, elle était douce et très tendre dans ses gestes. Je me perdais dans ses cheveux qui sentaient bon la rose et mes lèvres s'attardaient sur la peau blanche dans son cou. Pourtant pendant que j'étais dans ses bras, je pensais à Margaux. Pour ne plus penser à elle, je fermais les yeux et c'est son sourire qui s'imposait à moi sans que je puisse faire quoi que ce soit. Ce sourire a gâché ma soirée et j'ai mis Constance à la porte sans aucune autre explication que celle de la fatigue. Je me suis encore comporté comme un goujat alors que je n'avais pas particulièrement envie de l'être. Après que Constance est partie, j'ai mis de la musique et j'ai allumé une cigarette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Putain, pourquoi elle me faisait un tel effet cette Margaux ? Habituellement quand je tombais amoureux d'une fille, les choses n'étaient pas aussi compliquées. J'éprouvais une certaine attirance pour le même type de filles, étudiantes de mon âge ayant un goût prononcé pour la littérature et les soirées clubbing. Des filles au corps facile et à la bouche pulpeuse, des filles ne buvant aucun vin mais descendant sans aucun problème les verres de vodka cul sec, des filles aguicheuses et pourtant tellement fragiles pleurant à la moindre contrariété: en somme des filles pas encore femmes qui se cherchent. Depuis que je vis à Paris, mes relations s'étaient limitées à ces filles et je n'éprouvais pas particulièrement de honte car elles correspondaient à un idéal que je m'étais fixé, des belles filles sachant discuter et sachant jouer avec leur corps. Alors pourquoi je me sens attiré par cette Margaux qui n'entre pas du tout dans mon idéal ? Elle n'est pas de mon âge visiblement, elle n'est pas du genre à s'éclater dans des soirées de clubbing, elle n'est pas une fille mais une femme, une vraie. Tout respire chez elle une certaine perfection sous son chignon sévère et ses tenues sobres, aucun brin de folie et pourtant je la trouve exceptionnellement belle et au dessus de toutes les filles que j'ai pu connaître ou que j'ai pu croiser. Quelque chose dans son regard bleu m'électrise comme si c'était la première fois que je regardais des yeux. Pourtant j'ai l'habitude de toiser les gens du regard et je ne perds jamais à ce jeu. C'est en me posant toutes ces questions et tout en essayant de remettre des idées en place dans ma tête que je me suis endormi, pour une fois sans rien prendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin au réveil, j'ai décidé d'annuler mon rendez-vous avec Garance et j'ai rappelé Constance pour m'excuser. Cette dernière est tout à fait mon genre malgré son engagement politique qui pourrait vite me retourner le cerveau. J'avais pris quelques Xanax pour être complètement détendu et j'ai composé son numéro de portable. Elle ne s'attendait pas vraiment à réentendre parler de moi et semblait froide et distante lorsque je lui ai demandé comment elle allait. J'ai vite pris le contrôle de notre conversation et je me suis excusé pour mon comportement inadmissible d'hier soir. Lorsque je lui ai présenté mes  plates excuses, elle avait repris sa voix douce et timide. Nous avons longuement parlé de littérature et de musique, elle n'avait pas si mauvais goût finalement même si son éducation en matière de musique s'arrêtait aux Beatles et aux vieux tubes de l'antiquité. Je pourrais toujours parfaire son éducation dans ce domaine et dans celui de la danse car elle était une vraie catastrophe sur une piste de danse. Ainsi elle pourrait devenir potable à mes côtés, il n'est pas question d'amour avec Constance mais j'ai de plus en plus de mal à supporter la solitude ces derniers temps et j'ai envie que Karine ne me croie pas acquis pour l'éternité. Il va falloir qu'elle apprenne à être au second plan et partager ma présence avec une autre. La connaissant, elle supportera très mal cette situation de partage et fera tout son possible pour me récupérer mais je n'ai aucune intention de lui céder mon coeur pour la seconde fois. Elle a eu sa chance et elle l'a négligée: pour moi la page est tournée même si je la supporte encore dans mon cercle d'intimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai invité Constance à revenir chez moi dans l'après-midi pour un thé et pour lui prêter quelques livres; chose qu'elle a acceptée sans aucun problème. Elle a réussi à faire un peu de place dans son emploi du temps de ministre et s'est présentée chez moi vers 15 h. avec un paquet de gâteaux achetés dans une boulangerie près de chez moi. Nous avons bavardé tout en discutant de la pluie et du beau temps, de littérature russe et de littérature américaine, de nos quartiers favoris dans Paris, de nos études, de nos familles respectives, de nos plats préférés, de nos parfums. L'après-midi s'est écoulée sans que nous ayons vu l'heure tourner tout en mangeant les gâteaux à la crème et buvant le thé Wedding de chez Mariage Frères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme hier, tout en discutant, nous nous sommes déshabillés l'un l'autre sur fond des Nocturnes de Chopin rapidement comme si nous ne nous étions pas vus depuis trop longtemps. Elle avait une peau toujours aussi douce et blanche, je me suis amusé à dessiner sur son dos avec un pinceau fin qui la chatouillait; elle riait d'un rire franc et semblait s'amuser à mes côtés. Nous avons passé une partie de la journée à assouvir nos envies et à découvrir nos corps de plus en plus audacieusement. Elle avait de magnifiques cheveux dans lesquels j'aimais me perdre et que j'aimais sentir comme on sent les fleurs. Mes doigts s'amusaient à parcourir tout son corps inépuisablement et habilement. L'image de Margaux était plus floue dans ma tête et son sourire radieux semblait se confondre avec celui de Constance. Mais elle était sans cesse dans ma tête et cette pensée m'était insupportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Complètement fatigué, j'ai proposé à Constance que nous allions nous restaurer. Elle avait envie de choisir un restaurant dans la rue Mouffetard. Cette proposition m'aga\c cait car ce n'était pas tout près de chez moi et je n'aimais pas particulièrement cette rue bondée de touristes mais j'ai accepté de l'y emmener puisque tel était son désir.&lt;br /&gt;Dans la rue, Constance était aux anges et me lan\c cait des sourires craquants. Elle me parlait de tout et de rien avec une moue terrible de gamine qui cherchait mon acquiescement pour chaque chose dite ou pour chaque anecdote racontée. Elle m'amusait beaucoup. Comme prévu, la rue Mouffetard était remplie de monde et trouver une table libre dans un restaurant  était un défi de haute volée. Alors que nous nous sommes installés tant bien que mal dans un coin, j'ai aper\c cu Margaux et son homme élégant à quelques tables voisines. Ils étaient en grande discussion, ne se préoccupaient pas des autres et riaient comme s'ils étaient uniques au monde. Margaux avait comme toujours son sourire magnifique et j'ai senti un pincement au coeur qu'elle  daigne ne sourire qu'en présence de cet homme élégant. J'avais envie de la lui voler et de m'échapper avec elle ailleurs, dans un autre endroit où rien ne pourrait nous attraper. Constance continuait son bavardage  tout en consultant sa carte et ne s'était pas rendu compte que je l'écoutais à peine. Malgré moi, je n'arrêtais pas de regarder Margaux et plus je la voyais sourire à l'autre, plus je sentais mon coeur se déchirer.  Heureusement ils sont sortis bien avant nous du restaurant et j'ai pu ressaisir tout mon esprit pour continuer correctement la conversation avec Constance. Pourquoi tout ce qu'elle disait me paraissait soudainement fade? Pourquoi je trouvais Constance sans saveur et sans goût? Malgré tout, je faisais bonne figure devant elle car je m'étais déjà comporté comme un goujat une fois et je n'avais pas envie de lui rejouer cette carte. J'ai accompagné Constance au métro et sur le quai, je me suis laissé embrasser mollement. Elle avait toujours le sourire lorsqu'elle est montée dans le wagon et me faisait de petits signes m'indiquant qu'elle allait m'appeler. Je suis sorti de la bouche du métro, j'avais besoin de respirer et de marcher sans but. Dans le froid de l'automne, j'ai marché tout en pensant à Elle.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9095427935071764098-2206281145909007361?l=luielle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://luielle.blogspot.com/feeds/2206281145909007361/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9095427935071764098&amp;postID=2206281145909007361' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/2206281145909007361'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9095427935071764098/posts/default/2206281145909007361'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://luielle.blogspot.com/2007/07/chapitre-automne-dimanche-25-septembre_12.html' title='Chapitre A (Automne) Dimanche 2 octobre 2005'/><author><name>mlys</name><uri>http://www.blogger.com/profile/00202660290110285796</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/_kh-A1Vfy4Xo/SODzPvOPzyI/AAAAAAAAAB4/cWH46k956uI/S220/IMG_1611.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9095427935071764098.post-2292716297871917441</id><published>2007-07-12T15:00:00.000+02:00</published><updated>2007-07-12T15:04:20.277+02:00</updated><title type='text'>Chapitre A (Automne) Vendredi 30 septembre 2005</title><content type='html'>Vendredi 30 septembre 2005 (Elle)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les petits bonheurs ont la prétention d'être simplement rapides, nombreux et sans prise de tête. Depuis mercredi, quelques-uns de ces petits bonheur m'ont permis de tenir jusqu'à son retour. Hier soir, j'ai eu le bonheur de dîner avec ma mère et son amant dans un très beau restaurant, je me suis fait plaisir en buvant un très bon Bordeaux et en discutant de tout et de rien avec eux. Ils m'ont beaucoup fait rire avec leur histoire d'amour à la guimauve. Amoureuse comme une adolescente, ma mère semblait plus heureuse que jamais et s'accrochait aux bras de son homme avec un joli et franc sourire. J'avais l'impression que ma mère inversait nos rôles, je jouais la mère et elle la fille:  dans le taxi qui nous emmenait au restaurant, elle a piqué mon unique rouge à lèvre de ma trousse et s'est aspergée de mon parfum que j'ai toujours dans mon sac à main. Elle n'a pas arrêté de lui téléphoner toutes les deux secondes pour lui demander ce qu'il faisait ou encore où il était. Je riais sans cesse chaque fois qu'elle composait le numéro de François, je riais tellement que j'avais envie de faire pipi dans ma culotte et pleurais à chaudes larmes. L'amour infantilise les gens et ma mère en est la plus belle preuve: elle est comme une gamine qui tombe amoureuse pour la première fois et vient d'embrasser pour la première fois un garçon avec la langue. Pendant l'apéritif, ma mère m'incitait à entrer dans le cabinet de François, elle avait toujours trouvé mes choix de carrière cruellement manquant d'ambition et pour elle, intégrer un tel cabinet ne pouvait que favoriser mon ascension sociale. Pour ma part, j'aime ce que je fais, certes l'enseignement à l'université n'a plus le prestige d'autrefois mais transmettre un savoir a toujours été ma vocation première; aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours admiré mes professeurs et je les ai vénérés pendant que les autres vénéraient leurs idoles éphémères. François semblait amusé de constater que j'avais hérité du trait de caractère le plus imposant chez ma mère, ``être têtue comme un mule'', et nous observait en train d'argumenter pour persuader l'autre. C'est vrai que je suis aussi têtue qu'elle et nos discordes peuvent parfois se finir en disputes de longue durée avec des mots d'injures ou des assiettes cassées comme de véritables scènes de ménage. Mais ces disputes peuvent également se finir autour d'un verre de vin avec quelques pistaches en soirée de confidences entre deux soeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai toujours considéré ma mère comme une grande soeur plutôt qu'une mère pour moi, elle a su me donner ce dont j'avais besoin, tout sauf de la tendresse mais je ne peux pas dire que j'ai eu une enfance malheureuse. Elle m'a encouragée à faire des études aussi poussées que possible, c'est un peu une revanche qu'elle prenait sur sa propre vie. Elle s'était mariée à l'âge de dix-neuf ans à la suite d'une grossesse non désirée: inconsciente et avide de liberté, elle allait souvent dans des soirées et couchait avec n'importe qui. On l'a mariée très rapidement à un jeune diplômé d'HEC qui était fou amoureux d'elle et qui acceptait son enfant par la même occasion. Je n'ai jamais réellement su si mes parents étaient amoureux mais ils formaient un couple harmonieux en apparence et ce même devant moi. C'est ainsi qu'elle s'est retrouvée mariée et mère à l'âge de vingt ans, elle n'a jamais pu continuer ses études de littérature russe qui la passionnait. Elle s'est vengée de cette injustice en me poussant à être la première de la classe et en m'inculquant une bonne culture générale. Par ailleurs, elle s'est vite consolée de cette vie de femme au foyer en prenant des amants. Par amour, mon père a toujours fermé les yeux sur les liaisons de ma mère. Elle n'a jamais eu d'autres enfants que moi, trop préoccupée par ses amants qui sont toute sa vie. A la mort de mon père, elle a pris les rênes de son agence de publicité et a fait fructifier l'affaire grâce à ses nombreuses relations: ma mère est une femme d'affaire redoutable et intraitable qui obtient toujours ce qu'elle désire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant tout le dîner, je me demandais quelle aurait pu être la vie de ma mère si elle ne m'avait pas eue aussi rapidement, car je me rends bien compte que je lui ai bloqué son avenir. Peut-être qu'elle aurait pu rencontrer François et finir ses études pour devenir traductrice d'auteurs russes comme elle avait prévu. Elle aurait peut-être eu d'autres enfants et aurait connu une vie de famille plus traditionnelle si elle s'était mariée plus tardivement après avoir fait toutes ses bêtises de jeune fille pas sage. Quelle aurait pu être sa vie si elle ne s'était pas retrouvée enceinte à dix-neuf ans ? Après le dîner, François et ma mère voulaient me déposer chez moi mais j'ai préféré prendre un taxi, j'avais besoin de me retrouver seule avec toutes mes questions de culpabilité: j'avais l'impression d'avoir gâché la vie de ma mère et ne voulait pas à nouveau gâcher sa vie amoureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui après mes cours à la fac, je me suis dépêchée de prendre le RER B pour accueillir Philippe à l'arrivée de son Eurostar. Comme à chacune de nos rencontres, les heures qui précèdent nos retrouvailles me paraissent trop longues et j'ai du mal à contenir mon impatience. Je n'ai même pas pris le temps de répondre aux questions de mes étudiants à la fin de mon dernier cours et je me suis sauvée aussi vite que possible, comme ces étudiants qui se mettent au fond de l'amphi proche de la porte de sortie pour être les premiers à sortir de l'enfer. Dans le RER, j'étais incapable de lire ou d'observer les gens discrètement, mon esprit avait beaucoup de mal à se concentrer sur une chose. C'est avec soulagement que je suis descendue rapidement à la gare du Nord et j'ai presque couru dans les escaliers pour me retrouver sous le tableau électronique des horaires d'arrivée des trains. Son Eurostar n'était pas encore arrivé et j'ai foncé dans les toilettes pour vérifier mon maquillage et ma tenue; j'avais envie d'être belle pour le revoir. J'étais en avance de quelques minutes sur son train et j'ai flâné dans la gare. J'ai toujours eu une affection particulière pour les gares. La gare est un endroit magnifique où les gens s'observent autant qu'ils sont observés, où les horaires ont encore plus d'importance qu'ailleurs, où une jolie voix de femme vous guide, où les kiosques à journaux regorgent de lecteurs pressés, où les distributeurs de bonbons font trépigner les petits. Alors que je regardais dans la vitrine d'une des nombreuses boutiques de la gare, j'ai remarqué une silhouette familière. Le prétentieux était à quelques mètres derrière moi et était en train de m'observer. Mon coeur a fait un énorme bond et je suis restée pétrifiée sur place en feignant d'admirer la vitrine qui ne comportait que des cravates et des écharpes. Il ne semblait pas paré pour partir en voyage. Je ne savais pas si sa présence était le fruit d'un hasard ou s'il m'avait suivie. Au bout de quelques minutes qui m'ont paru une éternité, je me suis retournée aussi vite que possible et mes yeux sont tombés sur les siens: j'ai lu une lueur de peur teintée d'étonnement dans ses yeux. Pour la deuxième fois, nous nous sommes retrouvés face à face silencieusement, indifférents à ce qui nous entourait, le remue-ménage habituel d'une gare: les voyageurs, la voix de l'agent SNCF, le crissement des trains sur les rails. Nos yeux se cherchaient et essayaient de lire tout ce qu'il y avait dans ce miroir de notre âme. Une voix féminine a annoncé l'arrivée imminente de l'Eurostar de Philippe et c'est alors seulement que j'ai détourné mon regard de ses yeux et je suis partie en direction du quai indiqué par la voix. Avant que je puisse analyser ce qui m'arrivait, Philippe se dressait devant moi avec un énorme bouquet de fleurs. Il  s'est jeté sur moi avec tous ses bagages et a littéralement mangé mes lèvres sans même me consulter. Ce premier baiser violent avait un goût salé et agréable. Philippe s'est écarté au bout de quelques minutes de l'étreinte et m'a emmenée vers la sortie de la gare tout en me regardant droit dans les yeux et en me souriant de son plus beau sourire dont lui seul connaît le secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques baisers plus tard et quelques verres de vin dans un bar près de mon appartement, j'ai dû me résigner à le laisser prendre un taxi. Nous avons eu beaucoup de mal à nous quitter mais le devoir nous rappelait à l'ordre. Il devait repasser à son agence régler tout ce qu'il n'a pas pu pendant la semaine et moi j'avais un cours à assurer demain matin tôt. Ce soir dans mon lit, je ressens encore plus son absence physique et malgré moi je l'ai appelé sur son portable pour lui dire tous les mots doux que je n'ai pas pu lui dire tout à l'heure dans le bar: je suis tombée directement sur son répondeur auquel j'ai laissé un  long message.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi 30 septembre 2005 (Lui)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie est faite de petits bonheurs banals et insignifiants, je me rends compte que la plupart des mortels se contentent de ces ersatz de bonheur éphémère. Pour ma part, j'ai toujours refusé d'adhérer à cette résignation universelle, j'attends de la vie l'exclusivité et l'absolu du grand bonheur éternel. Quand je vois mon entourage simplifier de cette manière leur exigence vis à vis de la vie, je les envie car ils sont bien plus heureux que moi au quotidien en acceptant de bien modestes choses: ils ne traînent pas ce mal d'être qui noircit le moindre de leur sourire. Néanmoins c'est désespérément et dérisoirement fade comme vie terrestre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier matin, pour une fois je suis arrivé en avance à la Sorbonne, pour être plus exact je me suis trompé dans les horaires de mes cours. Donc à 8 h., j'étais déjà dans les locaux de la fac et j'étais à la recherche d'une salle pour tuer le temps qui me restait avant le début du cours. J'ai eu tout le loisir d'observer tout ce qui se passait dans une fac si tôt le matin, une chose dont je suis incapable car habituellement j'arrive pile à l'heure pour entrer dans l'amphi. Mes congénères avaient l'air très heureux d'être dans les murs et se promenaient par petit groupe de deux ou trois en grande discussion animée entre eux, je suppose qu'ils parlaient de leurs prochains cours ou leurs prochaines notes en TD. Ils semblaient heureux de venir remplir les amphis: avoir cours avec les profs les plus prestigieux dont les noms s'affichaient dans les librairies du coin. C'était un de ces petits bonheurs qui les rendaient heureux visiblement alors que pour moi c'était une contrainte permanente. Comment reconnaître les étudiants heureux de venir en cours? C'est très simple, en général un étudiant heureux a toujours le sourire niais, c'est-à-dire qu'il sourit comme s'il venait de fumer un joint pour la première fois. Il a toujours une mallette très chicos à forte valeur ajoutée en cuir qu'il a toujours à la main droite puisque la main gauche est occupée par un gobelet de café, l'étudiant heureux a toujours un gobelet de café à tout moment de la journée. Il parle très fort, à la limite d'un hurlement bestial qui pourrait déchirer les tympans de ses interlocuteurs et surtout il parle avec ses mains mais attention seulement quand il n'a pas son gobelet ou sa mallette dans les mains. Il est toujours au courant des derniers potins de la fac, telle chargée de TD entretient une relation avec tel prof ou encore tel prof vient de divorcer mais aussi des informations plus terre-à-terre, comme comment obtenir des réductions chez Gibert Joseph ou encore comment entrer dans une soirée étudiante du jeudi soir sans débourser un centime. Las, au bout de quelques minutes d'observation du hall d'entrée de l'université, je me suis dirigé vers la sortie. Je me suis installé sur le terrasse d'un des cafés du Boulevard Saint-Michel en face du magasin Gap.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai retrouvé Vanessa, Timothée et Benjamin dans l'amphi installés comme d'habitude au fond. Chacun avait sorti son mac et attendait l'entrée du prof en se demandant à quelle soirée ils allaient s'amuser le soir. Je les ai connus, il y a trois ans dans la queue du bureau d'inscription. Vanessa n'arrêtait pas de me regarder à cause du livre que je lisais puis elle a fini par m'adresser la parole pour connaître mon avis sur l'auteur, nous avons vite sympathisé car nous avions des centres d'intérêt communs: la littérature et la musique. Timothée était juste derrière moi dans la queue  et s'est joint naturellement à notre conversation puisqu'il n'y avait strictement rien à faire qu'attendre notre tour dans la très longue queue. Nous avons rencontré Benjamin un peu plus tard dans le bureau d'inscription, il était en train de faire tourner la pauvre secrétaire en bourrique car il voulait payer les frais de scolarité avec un billet de cinq cents euros, chose que la secrétaire n'acceptait pas. D'ailleurs elle n'acceptait pas grand chose en cet après-midi chaud. Gentiment Vanessa lui a fait un chèque et a pris son billet: pour faire de la monnaie, nous sommes allés boire un verre dans un bar près du jardin de Luxembourg tous les quatre et nous ne nous sommes pas quittés depuis ce jour. Hier matin, quand je suis entré dans l'amphi donc ils étaient en train de se quereller à propos de leur soirée. Comme à chaque fois lorsqu'ils se disputent, c'est moi qui ai pris la décision finale. Nous avons décidé d'aller à une soirée pendaison de crémaillère d'un ami de notre cercle habituel. Ma journée s'est déroulée tranquillement entre les différents cours et TD avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, je me suis réveillé bien trop tard pour assister aux cours et je me suis contenté de rester en pyjama durant toute la matinée chez moi à écouter de la musique et lire. La soirée d'hier a été une fête digne de ce nom, le mec qui nous recevait avait prévu tout en grand et avait bien organisé sa soirée. J'y ai retrouvé Julie toujours avec son jules, Vanessa, Timothée, Benjamin et d'autres de mon cercle. Nous y avons mis une sacrée ambiance et le jules de Julie est complètement pété après le joint que nous lui avons fait fumer, c'est à croire qu'il n'a jamais rien fumé ce gar\c con alors qu'il était bien plus âgé que nous tous. Il a passé le reste de la soirée la tête dans la cuvette des toilettes et Julie m'en a voulu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet après-midi, je suis retourné à Assas pour guetter Margaux. Ce matin, j'ai téléphoné au secrétariat de Paris II pour connaître son emploi du temps et elle donnait deux cours magistraux cet après-midi. Je me suis caché au même endroit que la dernière fois et ai attendu la fin de ses cours. Elle est sortie de l'amphi et marchait rapidement dans le couloir entre les étudiants. J'ai presque couru derrière elle pour ne pas la perdre de vue. Elle ne se dirigeait pas vers la rue Vavin mais prenait la rue Auguste Comte qui longeait le jardin de Luxembourg. Elle marchait d'un pas pressé, elle devait avoir un rendez-vous. Je me suis demandé vers quelle destination et pour qui elle se pressait ainsi. Est-ce que pour l'homme élégant qui l'accompagnait au resto japonais de la dernière fois? Est-il son amant ou un ami ? Perdu dans mes pensées, j'ai failli entrer dans un lycéen qui sortait du Lycée Montaigne. Je me suis excusé et me suis dépêché de rattraper Margaux qui ne soupçonnait pas d'être suivie. Je l'ai suivie jusque dans la station RER Luxembourg et suis monté dans le même wagon qu'elle. Elle semblait dans un état d'angoisse ou d'excitation, en effet elle montrait des signes de nervosité. Elle remettait sans cesse ses cheveux derrière les oreilles qui revenaient devant la figure quelques secondes plus tard
